‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme. Du nationalisme. Les femmes et la politique. Antisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps (volume 2)Chapitre 15 sur 121 · A PROPOS DE SAINT ANTOINE · texte numérisé non relu

A PROPOS DE SAINT ANTOINE

La discussion qui se poursuit actuellement à la Chambre au sujet des demandes d'autorisation est intéressante et instructive à plus d'un titre. Non seulement elle permet aux républicains de mettre en lumière l'œuvre et le but que poursuivent les congre-

gâtions, la puissance et la richesse dont elles disposent, l'esprit qui les anime, les procédés auxquels elles ont recours, non seulement elle leur fournit l'occasion de constater la passion et la violence des défenseurs des ordres religieux, puisque M. Lerolle nous a promis en terminant son discours rien moins qu'une véritable guerre religieuse si les autorisations sont refusées, mais encore elle nous a mis à même d'apprécier l'excessive indulgence dont font preuve à l'égard de l'Eglise les libéraux d'aujourd'hui qui se prétendent cependant les héritiers de la bourgeoisie voltairienne d'autrefois.

M. Barthou s'était élevé dans son discours contre l'exiploitation de C€ qu'on appelle le miracle antoinin

M. Aynard en lui répondant a déclaré qu'il s'agissait là de faits mineurs contre lesquels la majorité avait bien tort de s'indigner et qui ne devaient pas être pris au sérieux, M. Aynard, s'est ainsi montré moins sévère à l'égard de semblables pratiques que ne l'ont été M. l'abbé Hemmer dont le Siècle il y a quelques Jours reproduisait les critiques au congrès sacerdotal de Bourges et que M. Léon Chaîne, un catholique fervent qui a eu le courage de dire à ses coreligionnaires que dans ce qui se produit aujourd'hui, ils ont, par leur ardeur à se mêler de politique et le niercantihsme introduit dans les choses religieuses, une large part de responsabilité

Alfred Massé.

Le Petit Bleu de Paris, 19 mars 1903.

La crise morale qui a secoué la France jjendant ces dernières cnnées n'a pas seulement troublé les consciences ; elle a porté à un tel point la perturbation dans les milieux politiques que la composition et la classification des « partis ». en ont été modifiées de fond en comble. Quelques-uns de ces anciens <( partis ». de ces anciens « groupes » en ont même été à ce point bouleversés que leurs adhérents se trouvent complètement désorientés, à l'abandon, ballottés de l'un à l'autre.

De ce nombre sont les catholiques libéraux, croyants et pratiquants,qui ont toujours cherché, de bonne foi, à concilier le verbe

de i "Evangile, les dogmes, avec les nécessités de la politique. Leur première stupeur a été de voir le vieux parti catholique français, — c'est-à-dire les hommes se réclamant du Divin qui a prêché l'amour du prochain et dont toute la loi peut se résumer en ce conseil : (( Aimez-vous les uns les autres ! » — s'unir, se confondre presque avec la faction des séditieux qui, au nom d'un Dieu de paix, prêchaient la guerre à d'autres hommes et les voulaient vouer à la mort. Quelques-uns de ces catholiques pratiquants, — et non des moindres, — M. l'abbé Viollet, M. l'abbé Pichot, d'autres encore ont osé naguère le dire bien haut. Ils ont, eux aussi, comme jadis leur Maître, prêché dans le désert ; et leur ancien parti, divisé, tiraillé, ballotté en tous sens, est en proie, à l'heure actuelle, à de grandes difficultés.

Un homme de ce parti, M. Léon Chaîne, vient, à son tour, objurguer ses <( collègues » de se ressaisir et de ne pas continuer à méconnaître les « préceptes de leur religion ». En un ouvrage scrupuleux et documenté, il passe en revue tous les grands problèmes qui se posent actuellement devant la conscience catholique et il affirme que la façon la plus simple de les résoudre est encore de revenir à la conception primitive du catholicisme, de la chrétienté, au dogme ipur.

Son œuvre n'est pas seulement un acte de courage. C'est un <( document » de la plus haute importance dont ne pouiTont point, à l'avenir, ne pas tenir compte ceux de nos historiens qui s'efforceront d'écrire avec impartialité l'histoire des temps troublés que nous traversons.

La Gazette de France, 27 mars 1903.

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