LOURDES QUESTIONS
Je veux parler ici d'un des livres d'idées les plus âprement sincères, les plus forts et les plus vrais que nous ayons lus depuis quelques années. Ecrit au milieu d'une des plus formidables tourmentes qui aient agité la conscience de notre pays, il porte la trace aiguë des actuelles préoccupations, il aborde les problèmes vivaces de l'heure présente, et cela avec une franchise et une clarté qu'il faut vanter hautement.
Il s'agit du livre intitulé les Catholiques français et leurs difficultés actuelles dont l'auteur, un Lyonnais, M. Léon Chaîne, avoué, est un écrivain de la vigoureuse et claire lignée des Ballanche et des Tisseur. Léon Chaîne publia, le 29 mars 1902, dans le journal de l'abbé Naudet, la Justice Sociale, une Lettre d'un catholique lyonnais à un Evêque sur l'attitude de la grande majorité de ses coreligionnaires dans les récents événements. Les commentaires et les polémiques soulevés par cette lettre prouvèrent à son auteur qu'il avait effleuré de passionnantes questions. Il résolut de les développer en une œuvre de longue haleine, «... de venir témoigner, dit-il dans sa préface, sans autre considération personnelle que l'entière indépendance de son jugement et sa fière bonne foi, en faveur de ce qu'il estime être la vérité..., de libérer sa pensée et son âme ». Il suffit de passer en revue les principaux chapitres du livre pour comprendre quel puissant intérêt se dégage de ces pages d'ardente bonne volonté, de rigoureuse logique. Du militarisme, d'abord, M. Léon Chaîne pense qu'il est fondamentalement opposé à toutes les doctrines du Christ ; les catholiques, héritiers d'une religion de paix et d'amour,ne devraient-ils pas être les premiers à repousser imssion-
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nément le Moloch cruel et sanglant de la guerre ? — De même dans le chapitre du nationalisme, tout en reconnaissant la touchante et naturelle réalité du sentiment patriotique, l'auteur se refuse à admettre, de la patrie, « un culte étroit, puéril et grossier ». (( Le catholicisme est une internationale sublime ; chaque membre de cette association, mieux que cela, de cette communion, ne ressemble-t-il pas à ce citoyen de l'ancienne Rome qui, si loin qu'il égarât ses pas, portait avec lui, dans son nom seul, la grandeur, la majesté, la puissance du peuple romain... ? » Et ce sont aussi des vérités audacieuses que renferment les chapitres suivants : Les femmes et la iwlitique ; Antisémitisme^ ; Les catholiques et le bon vieux temps, où l'auteur montre combien à tort certains catholiques restent obstinément attachés au passé, les yeux tournés vers les régimes déchus, qui pourtant ne leur furent pas toujours absolument favorables. <( Les rois de France étaient les fils aînés de l'Église, mais avouez-le, c'étaient des fils bien méchants et qui parfois battaient leur mère. »
Un autre point tient à cœur à M. Léon Chaîne : il reproche à ses coreligionnaires ce qu'il appelle leur timidité intellectuelle, la crainte d'envisager sous leur vrai jour les problèmes sociaux qui se posent aujourd'hui avec une impitoyable violence devant la conscience des foules et des classes, de ne pas revendiquer, pour le plus grand honneur de la foi chrétienne, toutes les nobles campagnes en faveur de la justice, de la liberté, de la bonté. Il se moque agréablement des dévotions nouvelles, à saint Expédit, à saint Antoine de Padoue, à saint Joseph de Cupertino, « végétations parasitaires qui ont poussé comme des champignons vénéneux sur le grand arbre de la Croix ».
Ce qui illumine ce livre, lui donne le caractère spécial des œuvres prédestinées à une grande fortune parce qu'elles sont une date, un moment de la pensée des hommes, c'est, pour employer un mot cher à l'auteur, un grand souffle de bonne volonté, et de bo7ine foy comme eût dit Montaigne ; l'ardent désir de mettre d'accord avec leurs propres principes les honnêtes gens de tous les partis ; la virile certitude que si tous les hommes avaient au cœur le véritable amour de la liberté, il faudrait bien, enfin, que la liberté triomphât ; la conviction que beaucoup de haines et de calomnies reposent sur des ignorances et des malentendus ; et par-dessus tout, une vive allure de courage et d'indépendance,
une merveilleuse sincérité, une bonté vraiment chrétienne, dans l'antique et primordiale acception du mot.
Oui, lorsqu'on a lu ces pages solides et bien françaises où l'auteur invoque désespérément, chez ses amis comme chez ses adversaires, cette bonne foy trop souvent étouffée par de vils intérêts, lorsqu'on l'a en tendu, en une envolée d'une incontestable poésie, s'apitoyer sur le sort de toutes les âmes rêveuses et douces chassées de leurs Thébaïdes par des lois dont il ne m'appartient pas de parler ici, comme lorsque nous le voyons défendre virulemment la cause d'un pana, victime du complot de tous les préjugés et de toutes les puissances sociales aveuglées, on a la sensation d'un recueil de pures méditations écrites avec le sang de ses angoisses et de ses doutes par un chrétien des premiers âges, assoiffé de justice et de vérité !
Un paladin de la justice et de la vérité, et en même temps un philosophe profond et doux, de ceux que l'on peut suivre sans crainte, même malgré quelques divergences d'opinions, parce qu'ils ne vous mèneront que sur des voies d'honneur et de vertu, telle nous apparaît, à travers les feuillets de son livre, la physionomie de M. Léon Chaîne. <( Catholiques, catholiques, dit-il, vous avez laissé, sans protestations, voiler la statue de la Justice, ne vous étonnez donc pas de voir renverser celle de la Liberté ! »
Nous qui ne sommes partisans d'aucunes représailles, mais qui avons une invincible foi en les triomphes futurs de la Raison, nous devons seulement lutter pour elle, à côté de tous les hommes (( de bonne foi et de bonne volonté ».
Léon Chaîne, en terminant son livre, se demande quelle en sera la destinée : « Qu'arrivera-t-il de la fragile barque que, téméraire, nous jetons hardiment sur la mer démontée, au milieu des bruits sinistres de la tempête et des effrayantes clameurs de l'orage ? »
Nous répondons à la belle *âme d'apôtre et de penseur qui a frété cet esquif aux blanches voiles d'espoir : <( Rassurez-vous : parmi le fracas des vagues et des ouragans, parmi la pénombre et les nuées des forces contraires, hypocrites ou ténébreuses, elle ira, votre barque, ballottée mais finalement triomphante (car elle porte le bagage de la sincérité et de l'amour humains) vers les havres meilleurs de l'avenir ! »
José Bloch.
Cet article qui a paru aussi dans le Monde Lyonnais a été reproduit par le Jour du 28 février, Je Grand National du 1" mars, la Cocarde du 1" mars, la Royauté Natiotiale du 6 mars.
Alliance Républicaine Démocratique, 13 mars 1904.
L'ECOLE DE LYON
Au moment où, pour la seconde fois, la Cour de cassation évoque à sa barre le procès Dreyfus, un ecclésiastique, lyonnais sans doute, fait paraître, en manière de suite au beau livre de M. Léon Chaîne, une brochure intitulée : le Dreyfusisme et la mentalité catholique en France.
VEcole de Lyon, ainsi qu'on nous permettra de l'appeler, se manifeste dans cet opuscule avec le même courage '^t la même persévérance. Catholiques sincères, ceux qui la composent n'ont pas craint d'élever la voix en faveur du juif injustement condamné, ils ont bravé les outrages et les excommunications, ils sont prêts à les braver encore.
Il n'est rien arrivé qu'ils n'eussent prédit. Prenez garde, clamèrent-ils à l'épiscopat et à leurs coreligionnaires, l'intolérance appelle l'intolérance. La moisson que vous semez lèvera en tempête. Et les crimes contre le droit et la justice, cela se paie, et chèrement. L'épiscopat et les catholiques demeurèrent sourds à cette éloquente adjuration : les uns n'écoutèrent que leurs passions antisémites, les autres eurent peur de Drumont et des Croix comme Mercier en avait eu peur il y a dix ans.
Hâtons-nous de rendre à M. Léon Chaîne et à ses amis ce témoignage qu'ils ne se bornèrent pas à faire appel à ce sentiment d'ordre matériel et égoïste, du tort causé aux intérêts religieux par les répercussions et les conséquences de l'affaire Dreyfus. Plus noble et plus élevé était le mobile qui les inspirait. Convaincus que la source des Droits de l'Homme est dans l'Evangile, ils eurent surtout cette préoccupation de conformer, en une douloureuse occurrence, leurs actes et leurs paroles à la doctrine chrétienne '; quand les autres se montrèrent cléricaux, eux se con-
tentèrent d'être catholiques. Ils nous firent mesurer l'abîme qui sépare le croyant du sectaire, le chrétien qui cherche dans la foi une règle de justice de celui qui veut en faire un instrument d'oppression politique. 11 nous a été donné personnellement d'entretenir avec M. Léon Chaîne une copieuse correspondance sur l'affaire Dreyfus et ses suites. Nous en avons gardé une vive et sympathique admiration pour son caractère, son libéralisme et son ouverture d'esprit. « Si tous les catholiques vous ressemblaient, lui écrivions-nous, rien de tout ce qui est advenu depuis quatre ans ne serait arrivé. » Et il est fâcheux que les partis politiques ne soient pas accessibles aux raisons qui eussent décidé le Jéhova de l'Ancien Testament à épargner une ville coupable, si elle eût contenu seulement dix justes : en pareil cas, les congrégations auraient été, sans nul doute, épargnées par égard pour les dix justes de l'Ecole de Lyon.
L'expérience n'a malheureusement pas corrigé les catholiques. Lisez leurs journaux : ils sont remplis des mêmes clameurs de haine contre le juif. Rien ne les désarme ni ne les convainc.
Et pourtant nous sommes sortis de la première phase de l'affaire, celle où l'on était quelque p-CcJ excusable, dans le tumulte et la confusion des polémiques, de laisser prendre en défaut son jugement et son esprit critique.
Chacun a eu le loisir de reprendre sur nouveaux frais, et à tête reposée, comme on dit, l'étude du procès. Depuis Rennes, bien des partis pris sont tombés devant l'évidence : d'infime minorité, les (( dreyfusards », puisque « dreyfusards » il y a, sont devenus l'immense majorité. C'est fort heureux, car c'eût été à désespérer du bon sens du pays que la croyance à une pareille fable, si pauvrement imaginée, eût pu survivre à l'exaltation patriotique, habilement, mais artificiellement déterminée dans les masses profondes au début de l'affaire. L'esprit de corps luimême, de sa nature le plus irréductible et le plus rel^elle à la conversion, s'est départi de l'entêtement dont il se faisait un point d'honneur.
Seuls, les cléricaux ràsistent. La culpabilité de Dreyfus est un dogme à ajouter à leur credo. Rien de plus déconcertant, rien de plus décourageant.
Nous savons des républicains, que leur tempérament incline plutôt à l'indulgence et au pardon, et qui faisaient fonds sur la
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résipiscence présumée des catholiques, au moment du second procès, pour obtenir quelque tempérament dans l'application des récentes lois de défense laïque. Ils en seront fort empêchés par l'attitude des chefs et des organes catholiques, qui tiennent absolument à se perdre et à perdre leur cause pour que Mercier et Gonse n'en aient pas le démenti. C'est du dévouement, ou nous ne nous y connaissons pas. Si les conservateurs avaient dépensé jadis à défendre leur situation politique le quart des efforts qu'ils ont déployés pour repêcher ces deux hommes, on ne les eût pas aisément délogés du pouvoir. L'histoire enregistrera de telles abnégations. Nous doutons fort qu'elle les admire.
Alors qu'un homme de bonne foi ne peut pas étudier les documents de l'affaire Dreyfus sans voir, au bout d'un quart d'heure, l'innocence du condamné s'imposer à sa conviction avec la force de l'évidence absolue, les cléricaux demeurent incapables de l'effort intellectuel qu'il faudrait pour entreprendre cette étude et s'émanciper des suggestions de la presse nationaliste et antisémite.
Contre une pareille inertie, rien n'a de prise. Et les braves gens de 1'» Ecole de Lyon )) y perdront leur temps et leur peine.
Dès 1897, M. Anatole Leroy-Beaulieu avertissait les catholiques du danger qu'ils couraient en suivant les mauvais bergers de l'antisémitisme.
L'antisémitisme, ajoutait cet économiste clairvoyant, a jeté le discrédit sur les catholiques, il leur a enlevé le droit de parler de liberté ; il a permis de révoquer en doute leur sincérité et leur loyauté ; il a justifié, pour beaucoup, les mesures de défiance et de défense proposées contre l'Eglise et contre les congrégations.
M. Leroy-Beaulieu se contente d'être un économiste de science et de conscience. Bien que croyant, il n'a pas été plus écouté que M. Léon Chaîne.
Drumont, ce sociologue en toc et en simili ; Rochefort, ce banquiste ridicule, voilà les docteurs de la pensée catholique en France. La théorie des cardinaux, des évêques, des curés, des séminaristes, des marguilliers et des fidèles leur emboîte le pas.
J. Dessaint.
Cet article a été reproduit par le Coumer de VAreyron du 9 mars, la Correspo?idance Politique du 11 mars, le Paysan de
France du 13 mars, le Progrès de ChaHres du 13 mars, le Petit Troyen du 14 mars, la Dépêche de Rouen du 15 mars, VAvenir d'Alençon du 16 mars, VAvenir de la Vienne du 18 mars, VArdèche du 19 mars, VEcho des Cévennes du 20 mars, le Journal de Vernon du 9 avril.
Le Rappel, 16 mars 1904.
MENTALITE CATHOLIQUE
Il y a quelques mois, nous signalions à nos lecteurs un beau livre de M. Léon Chaîne, qui restera comme un des plus piécieux et des plus curieux documents pouvant servir à l'histoire de l'Eglise catholique à notre époque. C'était l'ouvrage, en quelque sorte classique dès aujourd'hui, intitulé : les Catholiques français et leurs difficultés actuelles.
M. Léon Chaîne est catholique, on le sait, et personne n'a oublié avec quelle sincérité, ni avec quelle modération de langage il critiquait les erreurs de jugement et les fautes commises par ses coreligionnaires, notamment au cours de la dernière grande crise militaire, judiciaire et politique traversée par notre pays.
Un esprit en tout semblable pénètre le livre que puJjlie à. son tour un autre catholique qui, de plus, est un prêtre. Je veux praler de : l'Affaire Dreyfus et la mentalité catholique en France. Je reçois ce volume signé de ce nom : abbé Henri de Saint- Poli.
Deux épigraphes, empruntées à Bossuet, nous renseignent dès le seuil du livre sur la philosophie dont il est pénétré :
« Il faut chercher de soi-même et aller au devant de la vérité, si nous voulons la connaître et la découvrir. »
(( ... .Voyez comme la justice est contrainte de marcher par des voies serrées, secourez-la, tendez-lui la main, faites-vous honneur, déchargez votre âme et délivrez votre conscience en la protégeant. »
Vous apercevez d'ici le reproche principal que l'écrivain va faire à la mentalité catholique. Lé catholique ne cherche pas de lui-même la vérité. Il charge des intermédiaires de trouver pour lui la vérité et de la lui enseigner. Par exemple, au cours des discussions auxquelles donnait lieu partout l' affaire Dreyfus, on entendait rarement un catholique dire : n Je me suis fait telle conviction parce que j'ai lu telles et telles pièces du dossier, qui ont été publiées et qui ont été reconnues authentiques. » Non. Le catholique sortait des phrases dans le genre de celle-ci : « Dreyfus est coupable. L'abbé Huntel me l'a affirmé. Et l'abbé Huntel est le petit cousin d'un officier qui connaît les dessous de l'affaire. » Plus simplement, d'autres catholiques affirmaient: « Dreyfus est coupable : mon journal, qui est bien pensant, le jure tous les matins. » Or, le publiciste clérical, lui-même, n'ai>puyait sa conviction que sur les affirmations du général Mercier ou du colonel Henry.
Croire sans discuter des personnes jugées a priori dignes de foi, au lieu de discuter et de comparer les faits : telle est, suivant l'aveu du prêtre qui a écrit les pages que je résume, un des traits principaux de la mentalité des catholiques.
Cette disposition d'esprit explique que le cléricalisme se confond presque avec la religion : en effet, les réactionnaires dupent aisément les catholiques en leur tenant de faux raisonnements. Les réactionnaires s'écrient soudain : « Défendons l'Église. Le seul soutien possible de l'Église est le trône. » Et les catholiques se font monarchistes. L'Union conservatrice est battue aux élections. « Autre chose, reprennent les réactionnaires : Défendons encore l'Eglise. Les ennemis de l'Eglise sont les juifs, les protestants et les francs-maçons. » Et les catholiques sont antisémites, antiprotestants et antifrancs-maçons.
En persistant dans cette voie, constate l'abbé de Saint-Poli, les catholiques seront constamment bernés par les politiciens qui ambitionneront de se servir d'eux. Mais la mentalité des croyants ne peut-elle se guérir de son absurde crédulité ? Ne peutelle faire son bien de la Raison moderne ?
Si, reprend l'abbé. La preuve, c'est qu'il y a des catholiques raisonnables. Il y a, entre autres, les meniljres du Comité catholique pow la Défense du Droit dont l'attitude a été si courageuse dans les luttes récentes.
Le Comité pour la Défense du Droit (( tendait à la conciliation, sur le terrain des faits, de ces prétendues antinomies qui s'appellent la foi chrétienne et la pensée moderne, l'autorité et la liberté. Son credo, c'était, en effet, le libre examen politique... »
Le lecteur m'arrête ici et remarque :
— Votre abbé parle du libre examen politique. Est-il donc nécessaire de joindre un adjectif au mot libre examen ? Le libre examen n'est-il pas la critique illimitée des faits, des actes, des doctrines et des croyances ?
Hélas, non ! Les catholiques dont nous parlons, et dont nous serions coupables de ne pas reconnaître la loyauté et les quahtés de cœur, ne vont pas aussi loin que vous l'espérez. Ils s'en tiennent au libre examen politique.
Notre abbé écrit :
(( Le libre examen politique devrait, ce semble, rendre toute union impossible entre l'Eglise et le siècle, s'il s'était confondu avec le libre examen en matière de foi. Mais le dreyfusisme catholique se déclarait entièrement soumis aux directions venues de la chaire de Pierre. Il ne prétendit rien innover en matière d'exégèse ou de dogme. Et c'est en cela qu'il allait différer du Loysisme. »
Ne nous y trompons pas. Entre les âmes religieuses, — comme l'auteur des Catholiques français et celui de la Mentalité catholique, — et les esprits laïques il y a bien un abîme. Nous ne voulons aucune entrave au libre examen. M. Léon Chaîne et l'abbé de Saint-Poli attachent au pied du libre examen ce boulet : le dogme.
Il y a quelques catholiques qui sont des hommes de beaucoup de cœur, des citoyens imi)eccables ; nous avons le droit de les admirer. Nous avons le devoir de les considérer comme des adversaires.
Hugues Destrem.
Cet article a paru le même jour dans le X/X* Siècle et a été reproduit par V Yonne d'Auxerre.
Floréal, 20 mars 1904.