J. QUINCAMPOIX
Paul ViOLLET, membre de l'Institut,
Il ne faudrait pas induire des termes très modérés de cette protestation que, personnellement au moins, nous ayons blâmé le moins du monde ceux qui, parce qu'il ne saurait y avoir de droit contre le Droit, ont voulu résister à la force par la force.
Dans un pays civilisé tous doivent être soumis aux lois ; mais faut-il encore que ces lois écrites ne soient pas en opposition avec la loi naturelle. Déjà, dans l'antiquité, Cicéron proclamait : « Il est une loi véritable, celle de la droite raison conforme à la nature, immuable, éternelle. Cette loi ne peut être infirmée par aucune autre. » Disent-ils autre chose les chrétiens qui répètent encore aujourd'hui : « Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes » ?
D'anciens révolutionnaires se sont voilés pudiquement la face et ont pris des airs indignés parce que des citoyens ne se sont pas montrés suffisamment respectueux, quand des commissaires de police sont venus exécuter de la façon que l'on sait des lois,
de soigner les malades et les infirmes. Tous les pères de famille ont le droit de confier leurs enfants aux maîtres de leur choix.
En foulant aux pieds ces droits de l'homme, vous nous ramenez, Monsieur le député, à Louis XIV et à la révocation de l'édit de Nantes. Le roi enlevait aux protestants leurs enfants et chassait les pasteurs. Vous enlevez aux catholiques leurs enfants et vous chassez les éducateurs.
Au père vous substituez l'Etat ; et comme Louis XIV, vous osez dire : " l'Etat, c'est moi ! »
Des lois violatrices de la Déclaration des Droits méritent-elles le nom' de lois ?
Veuillez agréer, Monsieur le député, l'assurance de notre haute considération.