A PROPOS DE L'AFF.\IRE DREYFUS
(( L'affaire Dreyfus a révélé chez un trop grand nombre de catholiques des défaillances multiples de conscience et d'intellect »
Voici ce qu'a osé écrire un catholique pratiquant, M. Léon Chaine, avoué à Lyon. Les foudres de ses coreligionnaires le menacent. Tous ceux qui, par fanatisme religieux, par haine du juif, descendant de ceux qui crucifièrent Jésus, sans rien vouloir examiner et sans rien vouloir entendre, condamnaient Dreyfus, vont jeter l'anathème sur leur ami d'hier qui devient leur ennemi d'aujourd'hui.
Ils vont crier : « Trahison ! » Et pourtant M. Chaine est resté le chrétien fervent qu'il était autrefois. Mais une lumière a jailli dans les ténèbres de sa conscience. Il a vu clair et il a osé parler, n'ignorant point que quand un mal existe dans un organisme, il faut le signaler, fût-ce avec éclat, et non pas le taire.
Dans un bel accès de franchise, M. Chaine s'écrie :
<< Au lieu d'équivoquer dans les communiqués à la presse, de mentir à la tribune de la Chambre, de prêter de faux serments devant l'image du Christ aux audiences des cours d'assises, il fallait avouer ce qui ne pouvait plus être nié, et ce qu'il a bien fallu reconnaître par la suite, il fallait avouer tout simplement enfin que l'accusé avait été condamné sur des pièces qui n'avaient été communiquées ni à lui, ni à son défenseur.
(( Si certains militaires avaient agi avec cette élémentaire franchise que leur demandaient des civils, que de calamités, que de hontes auraient été évitées à notre malheureux pays. »
Avant peu, M. Chaine sera excommunié et condamné sans rémission par tous les défenseurs de sacristie, qui n'ont jamais été les défenseurs de la Vérité.
La Bourgogne (Auxerre), 5 septembre 1903.
TRIBUNE LIBRE
En rappelant aux masses catholiques combien il était souverainement désirable de les voir se rallier à la République librement choisie par la nation, Léon XIII continuait la tradition vivante de l'Eglise et brisait l'étroit préjugé de ceux qui sem-
blaient croire que le trône périssable et l'autel immortel étaient indissolublement liés. i
Et du reste, comme l'écrivait Anatole Leroy-Baulieu dans les Débats :
»( Les papes, après tout, n'avaient pas eu tant à se louer des enîi)ereurs et des rois, leurs prédécesseurs à la souveraineté, pour lier à perpétuité leur cause à celle des dynasties vieillies et des aristocraties en déclin. L'Eglise n'aime pas à s'attarder indéfiniment dans les ruines. »
Mous lisions la même idée dans un livre intitulé : les Catholiques français H leurs difficulfés actuelles, par Léon Chaîne, livre qui produit depuis six mois une réelle et légitime émotion dans les milieux catholiques et libres-penseurs.
L'auteur, catholique convaincu et fervent, a eu le rare courage de dire aux catholiques, ses frères, de bien dures et opportunes vérités. Si la première partie du volume entre autres manque de mesure et semble trop systématique, on lira néanmoins avec le plus grand fruit et le plus palpitant intérêt la majeure partie de l'ouvrage.
<( Il faut, dit M. Léon Chaine, nous féliciter que Léon XIII ait une aussi lumineuse intuition des dangers que court l'Eglise de France, si ses fidèles demeurent obstinément attachés à des formes de régimes politiques et .d'institutions sociales cà jamais évanouies, s'ils espèrent en la résurrection des morts dès ici-bas. De tels enseignements, malgré la résistance ouverte ou sournoise, inintelligente en tout cas, qu'on leur oppose, porteront un jour leur fruit de vie et de salut ; ils ont déjà, d'ailleurs, sérieusement battu en brèche la superstition monarchique d'un grand n^imbre de catholiques de notre cher pays. C'est ce qui explique l'opposition désesj)érée qui leur est faite par des conservateurs aveugles et vindicatifs. »
Nous aurons, nous n'en doutons pas, à revenir sur tous ces points en litige lorsque nous analyserons la lettre de Mgr Lacroix. Le débat, loin d'être clos, reste donc largement ouvert.
l,a Bourgogne, 9 septembre 1903.
TRIBUNE LIBRE
Qui donc ose être assez téméraire pour prétendre régler ce que l'Eglise elle-même ne règle pas ?
Et qui donc est Léon Chaîne, pour se donner le droit d'appeler <( superstition monarchique ». une institution sanctionnée par quatorze siècles d'existence, et traiter ses fidèles croyants de (( conservateurs aveugles et vindicatifs » ?
Hommes d'hier, qui serez oubliés demain, je ne veux pas vous rendre invectives pour invectives...
La Bourgogne, 18 septembre 1903.
TRIBUNE LIBRE
A PROPOS d'un livre
Mon cher directei r.
Vous m'embarrassez beaucoup en me demandant ce que je pense du livre : les Catholiques français, ouvrage d'un M. Léon Chaîne.
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de ce .salmigondis dreyfusard, où l'auteur parle de tout, surtout de lui-même ? Tout d'abord j'ai pensé que M. Chaîne était un rédacteur de V Aurore ou du Siècle, ou Reinach en personne avec un faux-nez de catholique.
Mais il paraît que M. Chaîne n'est ni un mythe, ni un pseudonyme, ni un Hébreu : c'est un avoué de Lyon, et qui plus est (c'est lui qui le dit) un catholique pratiquant égaré dans la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen, et qui s'est converti au dreyfusisme.
Cet officier plus ministériel qu'il ne convient à un chrétien, s'est constitué l'avocat de Dreyfus, le panégyriste des dreyfusards, et un peu le grand juge des vivants et des morts.
II morigène tout le monde, les évêques, les prêtres, les religieux et les catholiques. Il reproche amèrement à l'Eglise de n'avoir pas emboîté le pas de Trarieux, ni suivi le cortège de la Vérité (!!!) en marche.
Mais tandis que ce sagittaire lyonnais crible de ses flèches plus ou moins barbelées ces pauvres catholiques et surtout les nationalistes, sans oublier les religieux exilés, particulièrement le père Coubé, ce qui a dû combler de joie les crocheteurs, les expulseurs et tous ceux qui crient : A bas la calotte, il couvre de fleurs les dreyfusards les plus enragés et les francs-maçons les plus malfaisants.
Ainsi il est plein d'admiration <( pour les démonstrations si pressantes, si rigoureuses et si éloquentes d'un Bernard Lazare, d'un Zola, d'un Clemenceau, d'un Joseph Reinach, d'un Jaurès ». Toute la lyre en un mot.
Apporte-t-il au moins un argument en faveur de son client ? Pas le moins du monde, il se contente d'affirmer l'innocence, la main étendue sur la lettre J'accuse, qui est pour lui le cinquième évangile.
Ce brave avoué est presque aussi antimilitariste que le Pioupou de r Yonne, et il déclare que <( le militarisme est la perversion du sentiment raisonnable que l'on doit éprouver pour l'armée, comme le nationalisme est la caricature toute récente du vrai patriotisme ». (Attrapez, Drumont, Coppée, Lemaître.)
Sa pieuse oreille dreyfusarde est on ne peut plus choquée « des cantiques du genre de celui-ci : (( Catholiques et Français ». En revanche, il déclare avoir <( pour le caractère (!!) et le talent de M. de Pressensé une estime qu'il ne tient pas à dissimuler ». Il y tient si peu qu'il se fait présenter à lui dans une réunion publique à Lyon et « qu'il se félicite de la bonne fortune qu'il a eue de l'entendre » !!!
Mais celui qu'il admire par-dessus tout, c'est Zola. Il trouve odieux que Zola, « l'auteur de la courageuse et prophétique lettre J'accuse, ait pu perdre cette popularité acquise par une littéralure malsaine, au moment même où, s'élevant au-dessus des obscurités et des lâchetés ambiantes, il accomplissait un acte noble et généreux » (p. 371).
(( Cet homme, dit-il, jusque-là honoré, adulé par la foule pour ce qu'il avait fait de mal, a été bafoué, honni, vilipendé pour ce
qu'il a fait de bien. Porté au Capitole pour avoir écrit avec un immense talent des ordures, il a été précipité de la roche tarpéienne le jour oîi, sans souci de l'impopularité, il a proclamé la vérité ! »
M. Chaîne fait même de Zola une sorte de Moïse, car il écrit ceci : « Nous espérons que Celui qui a dit qu'un verre d'eau ne serait jamais' donné ici-bas sans récompense, en tiendra compte à l'homme qui a essayé un jour d'abreuver les foules à des ondes de vérité. »
Ceci est raide, mais voici mieux encore :
(( Qu'il l'ait voulu ou non, Zola a encore honoré la sainte mère du Christ, par son Lourdes, qu'on ne crie pas au paradoxe ! » De sorte que le cri de blasphème devient un hymne d'adorat'on, et que le Lourdes de Zola a fait plus de bien que le Lourdes de Lasserre !
M. Chaîne le dit positivement. Ecoutez-le : « Il est des gens qui avaient lu, sans en être vivement touchés, le livre cependant si impressionnant de Lasserre, et que celui de Zola a bien autrement frappés et même bouleversés...
(( ... Il n'en a pas été tout à fait de même quand le grand romancier a fait pénétrer dans certains milieux le récit des merveilles qui s'y accomplissaient. »
(( Nous croyons, nous, ajoute M. Chaîne, aux grâces et même aux miracles obtenus à Lourdes, et c'e^^ Zola qui nous a mis sur le chemin de cette croyance. » Aussi il demande (( que Notre-Dame de Lourdes accueille avec miséricorde cet homme que ses amis disaient bon et pitoyable, et qui a fait tourner plus d'un esprit vers la grotte de Massabielle ». Un peu plus l'avoué catholique canoniserait le libre-penseur franc-maçon et blasphémateur.
Quand on lui dit : <( Vous voulez donc ressusciter l'Affaire ? » il répond sans sourciller : « Pourquoi pas ?... Si nous avions pensé qu'elle fût morte... Si l'affaire Dreyfus, venait à s'éteindre, elle se rallumerait toute seule... Elle n'est pas morte ; n'essayez pas de la coucher dans son tombeau ; elle le ferait voler en éclats. Nous, chrétiens, nous savons bien qu'elle peut ressusciter, la Vérité mise par les hommes au sépulcre ! ! ! »
Comparer Dreyfus à Notre-Seigneur ! cela vous donne la mesure de la mentalité religieuse de l'avoué catholique.
U a dépensé toute l'encre de son encrier et toute la sensibilité
fti
de son cœur pour Dreyfus, de sorte qu'il ne lui en reste plus pour les persécutés. Le sort de trois cent mille Arméniens égorgés et massacrés, et celui de milliers et de milliers de religieux et religieuses français chassés de leurs couvents, traqués et exilés, le touchent moins que le sort de Dreyfus qui mange des dindes truffées. Dans tous les cas il vitupère beaucoup plus contre les conseils de guerre qui ont condamné un traître que contre le Sultan rouge de Constantinople qui fait couper les têtes de ses sujets par ses égorgeurs, et le Sultan maçonnique de la place Beauvau qui fait expulser les Français par ses crocheteurs et ses apaches. De ceuxci, c'est à peine s'il souffle mot, le sensible et larmoyant avoué.
Voilà l'auteur et voilà le livre. Pour le commun des mortels, le livre ne vaut pas deux sous ; mais pour les Hébreux il vaut beaucoup plus que son prix de hbrairie. Si les douze tribus d'Israël et la treizième, la tribu de Trarieux, n'enlèvent pas plusieurs éditions des Catholiques français, c'est que la reconnaissance est bannie des ghettos.
Si M. Chaîne ne perd pas son temps avec les juifs, il le perd certainement avec les catholiques et son livre ne fera pas un seul prosélyte parmi les croyants. M. Chaîne est condamné à être le nycticorax solitarius in tecto, c'est-à-dire le hibou catholique dreyfusard, perché solitaire sur le pignon de la synagogue.
Trois-Etoiles.
L'Avenir d'Arras, T' octobre 1903.
UN BON LIVRE
Un hasard, que nous n'hésiterons pas à qualifier d'heureux, vient de mettre entre nos mains un livre de brûlante actualité ayant pour titre les Catholiques français et leurs difficultés actuelles et pour auteur M. Léon Chaîne, avoué à Lyon. L'on ne peut parcourir, sans une vive émotion, ces pages sincères et vibrantes, où l'on retrouve l'expression non affaiblie des angoisses intellecluelles et morales qu'à une heure douloureuse beaucoup d'entre les meilleurs ont ressenties. )
Ce livre, écrit sans prétention littéraire, mais où la bonté et la probité transparaissent à chaque ligne, vaudrait d'être puis-
samment diffusé. Il porte en lui une très prenante influence d'apaisement dont on peut difficilement se défendre. Puisse-t-il répondre à son but : agrandir les horizons étroits, éclairer des âmes obscures et éveiller dans les consciences des voix trop longtemps muettes.
M. Léon Chaîne est un croyant. On peut légitimement inférer de certains pasages de son livre que le croyant se double d'un pratiquant. Il confesse sa foi avec un tranquille courage. Rien de bien extraordinaire là-dedans, mais ce qui fait l'originalité de M. Léon Chaîne, c'est que de communes prémisses il tire des conclusions diamétralement opposées à celles que ses coreligionnaires ont la fâcheuse coutume d'en extraire..
C'est ainsi que, pendant la crise dreyfusarde, M. Léon Chaîne a puisé dans le sentiment de la justice chrétienne d'amples raisons de protester contre la violation des garanties légales commise par un conseil de guerre et de s'élever, de toute la force de son indignation, contre les abominables théories du faux patriotique et de la chose jugée.
Dans la pratique d'une religion de fraternité, de paix et d'amour, il a trouvé un péremptoire motif de ne pas se solidariser avec le parti militariste glorifiant l'homme de guerre et son œuvre criminelle de dévastation et de mort.
Membre d'une Eglise qui est, à ses yeux, l'expression la plus haute et la plus noble de l'internationalisme, il n'a pas cru que le patriotisme dût nécessairement se confondre avec un nationalisme étroit et sectaire.
Esprit clairvoyant, il a discerné ce que les haines antisémitiques ont d'artificiel et d'injustifié et ce qu'il y a d'absurde à représenter une puissante nation courbée sous le joug d'une infime minorité de récente émancipation.
Esprit indépendant, il repousse pour l'Eglise les Mcheuses solidarités du passé monarchique, il a le culte de la vérité historique : il admire l'imbécillité de certains historiens catholiques obstinés, au grand dam de leur crédibilité, à tripatouiller les annales et à voiler les humaines faiblesses au sein d'une <( institution divine », la pusillanimité intellectuelle des maladroits ardents à opposer aux progrès et aux découvertes les résistances religieuses dont le plus clair résultat est de faire encaisser à l'Eglise les démentis et les camouflets.
M, Léon Chaine u la foi, il n'en déteste que mieux les dévotions nouvelles, les grossières pratiques fétichistes mises récemment en honneur et les scandaleux abus dont saint Antoine de Padoue est, en compagnie de quelques autres saints, le prétexte.
Profondément convaincu, selon le mot du poète allemand Novalis, que l'Evangile est la source de toute démocratie, il s'afflige que l'Eglise viole trop souvent dans ses temples le principe de « l'égalité des enfants de Dieu » et que les catholiques, imbus de conservatisme jusqu'aux moelles, ne manquent jamais d'opposer aux réformes démocratiques un incorrigible esprit de régression comme de se trouver du côté des plus forts et des plus riches.
Dans cette pensée que le christianisme est fondé sur l'indulgence, la tolérance et le pardon, M. Léon Chaîne déplore que les catholiques et leurs journaux semblent avoir pris à tâche de molester et de décourager les hommes de bonne foi et de bonne volonté qu'on trouve dans les camps les plus divers.
Au gré de M. Léon Chaîne, le nationalisme, le militarisme, l'antisémitisme, loin d'être des éléments essentiels de la qualité de catholique, sont en contradiction formelle avec la doctrine du Christ. Il pleure sur l'absence d'esprit critique, la débilité intellectuelle, la mentalité moutonnière qui ont conduit le parti catholique français à élever à la hauteur de dogmes intangibles les billevesées et les contes à dormir debout de quelques militaires embarqués dans une sale histoire. Obtus, trois fois obtus, les catholiques qui n'ont pas deviné les conséquences politiques, ni pressenti les répercussions sociales de l'Affaire, qui ont fait faillite à leur mission de défenseurs-nés de la justice.
Qu'est-ce que les catholiques ont gagné à faire profession de militarisme, de nationalisme et d'antisémitisme ? De faire participer à la pérennité et à la nature même de l'Eglise des crimes et des préjugés qu'on aurait pu croire transitoires et passagers et imputer uniquement aux ignorances des âges lointains.
Comment répudier les crimes de l'Inquisition et de la Saint-Bar- Ihélemy quand on les revigore quotidiennement dans les excitations anti juives et antiprotestantes ?
Comment traiter la « morale jésuitique » de fable quand on vient de la mettre en action en apothéosant le faux d'un officier ?
Le mal est fait. Les catholiques ont semé la haine et l'intolérance. La moisson est en train de lever. Ceux d'entre leux qui, à
l'instar de M. Chaîne, s'étaient revêtus de libéralisme et de charité, sont apparus dans nos temps à l'état de brillantes exceptions comme pour rendre témoignage à la règle.
M. Chaîne a libéré sa conscience. Sans doute, lui, croyant, pratiquant, dévot à Lourdes, sera-t-U conspué et insulté par ses coreligionnaires pour avoir refusé de canoniser le colonel Henry, de suivre les directions patriotiques de M. Rochefort et d'emboîter le pas aux fous furieux de la Croix. Il n'en a pas moims accompli une bonne action susceptible de n'être pas inutile, et pratiquement résolu, en ce qui le concerne, ces contradictions : la foi chrétienne et la pensée moderne, l'autorité et la liberté.
On peut hardiment maximer que si les catholiques s'étalent pénétrés de la pensée de M. Chaîne, rien de tout ce qui est advenu de fâcheux pour la paix civique ne serait arrivé, et que s'ils étaient capables de se l'assimiler, cette paix serait restaurée en moins de quelques semaines.
Quoi qu'il survienne, et, si ses généreux efforts demeurent stériles, M. Léon Chaîne aura du moins une place d'honneur marquée dans ce « temple de sagesse et de sérénité » dont parle le poète latin et qui, en présence du choc endiablé de toutes les intolérances, restera bientôt le seul asile des libéraux sincères de tous credos, adversaires de toutes les contraintes, de la tyrannie sacerdotale comme de l'oppression étatiste.
J. Dessaint.
U Avenir d'Arras, 6 octobre 1903.