‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme. Du nationalisme. Les femmes et la politique. Antisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps (volume 2)Chapitre 69 sur 121 · LES DEVOTIONS PARASITAIRES · texte numérisé non relu

LES DEVOTIONS PARASITAIRES

Le mot est de l'abbé Hemmer qui, au congrès eucharistique de Bourges, dénonça certaines dévotions nouvelles qui, par leur anthropomorphisme et leur mercantilisme, déshonorent la vraie religion. Au nombre de ces dévotions se trouvent celle de saint Antoine de Padoue, celle du culte perpétuel de saint Joseph, celle du petit enfant Jésus de Prague et d'autres encore. Dans la séance de la Chambre du 1" avril, M. Paul Ilymans a lu un certain nombre de prospectus religieux qui ont eu un vif succès. Ainsi l'œuvre du petit Jésus de Prague tient un commerce de poupées représentant l'enfant divin, poupées plus ou moins grandes, plus

OU moins travaillées, plus ou moins vêtues même, selon le prix qu'on y met. Ainsi un petit Jésus tout nu et médiocrement équarri coût^ 9 francs, tandis qu'en fine porcelaine et vêtu (( d'un costume riche avec couronne », il revient à 65 francs. Les prospectus assurent que l'on peut, après un quart d'heure de garde près de la sainte poupée (on laisse entendre discrètement que celle de 65 francs est la plus efficace), on peut obtenir la réalisation d'un vœu, tel que gros lot, réussite d'un procès, établissement convenable, etc

Comment se fait-il que les autorités religieuses n'aient pas mis fin depuis longtemps à tous ces commerces ? Comment le pape, chef de la chrétienté, peut-il tolérer que tant de petits autels, semblables à ceux des dieux mineurs dans l'Olympe païen, se substituent peu à peu à celui du Dieu unique et s'accompagnent, par-dessus le marché, d'un comptoir ?

Un catholique français, M. Léon Chaîne, écrivain d'une rare élévation, vient de publier, sous ce titre : les Catholiques français et leurs difficultés actuelles, un livre oij il a le courage, tout en confessant résolument sa foi, de dire la vérité à ses coreligionnaires. Chacun des chapitres de cet ouvrage est à lire, mais nous nous arrêterons pour l'instant à celui que l'auteur a intitulé : (( De certaines dévotions nouvelles ». Il cite saint Expédit qui, sur la foi d'un mauvais calembour, s'occupe soi-disant des choses pressées, et sainte Etoupie, que l'on invoque dans certaines parties de la France, à beaux deniers comptants, pour défendre les « étoupes » du maïs des atteintes des rats, et qui n'est mentionnée dans aucun calendrier. M. Chaîne s'indigne naturellement de ce qu'on se permette d'inventer des saints, mais il n'est pas moins dur pour l'exploitation dont les saints véritables sont l'objet. (( Nul n'ignore, dit-il, en quel honteux marchandage le culte voué à saint Antoine de Padoue a dégénéré ; c'est la dévotion du (( donnant donnant ». Mais il n'est pas jusqu'au culte rendu à saint Joseph, l'humble charpentier de Nazareth, qui n'ait été profané par ce mercantilisme grossier. » Et notre auteur pour montrer jusqu'à quel point le fétichisme peut oblitérer le sens moral, cite le Propagateur de la dévotion à saint Joseph, fascicule de février 1899, page 76, qui raconte le fait suivant comme une grâce du saint : « Une pauvre religieuse molestée par son curé. .

M. Léon Chaiiie constate qu'ils sont plusieurs douzaines de journaux qui servent pareille pâture à des milliers de naïfs lecteurs, et ce croyant sincère conclut avec force : « Arrière donc ce trafic de faveurs temporelles „

Ce qui afflige, c'est que les voix de M. Chaîne, de l'abbé Hemraer et de quelques autres demeurent sans écho et que le haut clergé semble encourager la superstition, le fétichisme, le culte des images, comme s'il en vivait. Certes, il y a des brebis galeuses partout, et l'on comprend que, par surprise, des marchands puissent s'introduire dans le temple. Ce que l'on ne comprend pas, et ce qui a écarté de l'Eglise nombre d'esprits distingués qui ne pouvaient admettre cette complicité morale, c'est qu'aucune autorité ecclésiastique n'intervienne pour faire cesser le scandale et rappeler la simplicité et la grandeur de l'Evangile à ceux qui trafiquent des choses saintes et discréditent la religion par des pratiques dignes des naturels de la Malaisie.

Max.

Cet article a été reproduit par le Journal de Charleroi du 25 avril, et par le Réveil du Nord (Lille), du 27 avril.

Prager Tagblatt (Bohême), 8 avril 1903.

EINE KAÏHOLISCHE DREYFUS-PARÏEl

Unser K. S.-Korrespondent schreibt uns : Dass es auch eine Katholische Dreyfus-Partei gegeben, ja noch giebt, ist den wenigsten unserer Zeit-und Kampfgenossen klar geworden. Nichtsdestoweniger bat sie wâhrend der « Affaire ^) schon bestanden und scheint jetzt mehr denn vorher von sich reden machen zu wollen. Einer ihrer Wortfiihrer ist Léon Chaîne, advokat am Appellationsgericht in Lyon. Glaubiger Katholik und dennoch Anhanger der Prozessrevision, giebt er uns in einem les Catholiques français et leurs difficultés actuelles, benannten Bûche eine Schilderung der Schwierigkeiten, aus denen franzôsische Katholiken, wie er, heute einen Ausweg suchen. Die Hauptklippen der franzôsischen Katholiken, sagt Chaine, sind Militarismus, Nationalismus und Antisemitismus. Gesgen dièse Uebel suchen

Mànner wie Chaîne iind seine Gesinnungsgenossen vom (( Katholischen Komité ziir \erteidigung des Redites » (gegrûndet, um (iie Revision des Dreyfus-Prozesses zu fôrdern) anzukâmpfen. Der Katholik, sagt Chaîne, braucht durchaus kein Milllarist zu sein, die bedeutendsten Vertreter der Kathollschen Kirche haben den Krieg verurteilt.Elnzig Verteidlgungskriege sind nicht absolut \erwei'lllch. Elne Vergôtterung der Armée Ist schâdlich, der <( Herr der Herrscharen » ist kein chrlstllcher Begriff. Der Katholik braucht kein Nationalist zu sein, ist der Kathollzismus doch elne « gôttliche Internationale ». Jeder liebt sein Vaterland und jedes Vaterland verdient geliebt zu werden. Der Katholik braucht vor allem kein Antisemit zu sein. Erstens ist der Hass nicht christlich, zweitens ist es nicht wahr, dass die Juden die Haupttrager des vaterlandslosen Kosmopolitismus sind. Gambetta war jûdischen Ursprungs, Disraeli ein Jude und Lassalle ein wiitender Pangermanist. Auch die Geldherrschaft der Juden ist stark iibertrieben : unter den grossen franzôsischen Banken sind sehr wenig jiidische. Die Befàhigung der Juden zum Handel ist ein Produkt christlicher Zwangsherrschaft. An die Màrchen vom Ritualmord glaubt kein verstândiger Mensch mehr. Viele (( Antisemiten » haben iiberhaupt nie einen Juden gesehen. Die Légende vom « Komplott der Juden und Protestanten » gegen die Katholiken ist — eine Légende. Die Katholiken Frankreichs verfallen den drei oben. genannten (( ismen » dehalb so leicht, weil sie sich daran gewôhnt haben, nicht nur religiôse, sondern auch politische W.ahrheiten ohne Priifung hinzunehmen. Ihre Frômmigkeit wird oft irregeleitet und zu Kindereien, zu Gôtzendienst missbraucht. Die Scheu der Katholiken vor der Bibelforschung und Bibelkritik ist eine <( geistige Feigheit ». Wissen und glauben sind beide von Gott, sie beherrschen verschiedene Gebiete, aber sie kônnen einander nicht fein sein. Die franzôsischen Katholiken haben in ihrer Angst vor Aufklarung und Fortschritt einer blind konservativen, reaktionâren Richtung Vorspann geleistet, sich von alen sozialen Reformen fern gehalten, die besten Neuerungen bekàmpft und dem Sozialismus daher in die Hande gearbeitet.

Die Republik, der Fortschritt, die Wissenschaft aber sind. Sache aller Franzosen, es ist Zeit, dass die franzôsischen Katholiken ihre veralteten Vorurteile aufgeben. Zeit, dass sie modem und solide werden.

Rinuovamento (Rome), 11 avril 1903.

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