‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme. Du nationalisme. Les femmes et la politique. Antisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps (volume 2)Chapitre 80 sur 121 · CHRONIQUE FANTAISISTE · texte numérisé non relu

CHRONIQUE FANTAISISTE

Un écrivain catholique, M. Léon Chaîne, que citait dernièrement mon confrère Sancho, regrettait l'emploi, pour les dignitaires de l'Eglise, des expressions Sa Grandeur, Son Eminence, Monseigneur, qui eussent évidemment Tcandalisé Jésus-Christ. Je n'aime pas davantage l'expression Sa Majesté, appliquée aux souverains, d'autant plus que le pronom Elle, avec un grand E, que l'on emploie dans ces formules courtisanesque.';, est bien humiliant pour un homme.

Sait-on d'ailleurs à quel souverain on doit l'usage de cet écœurant « Sa Majesté »? A Henri III, prince lâche et infâme, plus connu par ses mignons que par ses hauts faits. On se rappelle que sa manie était de se déguiser en femme ; il portait de longs cheveux, jouait de la prunelle et de l'éventail, se fardait outrageusement. Et c'est pour compléter l'équivoque qu'il se fit appeler (( Sa Majesté », savourant avec une satisfaction équivoque les adjectifs possessifs et les pronoms féminins.

Les rois auraient dû repousser avec indignation une expression ayant pareille origine. Chaque fois que je vois ce « Sa Majesté » dans un journal, je crois voir se dresser devant moi le répugnant Henri III avec sa face glabre et ses allures de fille.

Pour ma part j'écrirai toujours « le Roi » et je dirai qu' « il » a fait ceci ou cela

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