DEUXIEME REPONSE A MONSIEUR P. N
Monsieur,
Je continue ma réponse à votre Lettre ouverte à M.André,\mvwQ, dans le Journal d'Alençon du 19 mai 1904.
Quant à votre démonstration sur votre libéralisme et celui de MM. de Lévis-Mirepoix et Delahaye, elle est plus longue que convaincante. De quoi ces messieurs auraient-ils pu se plaindre ?
C'est la première fois que vous écrivez dans le Journal d'Alençon que <( vous êtes étranger aux dogmes religieux ». Jusqu'ici vous avez toujours défendu dans vos articles le trône et l'autel, la République césarienne et le cléricalisme. Vous ne croyez pas au catholicisme et cependant vous écrivez dans un journal « bien pensant » en n'y défendant que de (( saintes pensées » au sens très catholique du mot. M. dte Lévis-Mirepoix ne saurait, je pense, vous demander davantage.
Vous n'avez pas besoin, Monsieur, de supposer le « renversement des rôles », car plus d'un catholique écrit dans VAve?ur de l'Orne et peut-être même plus d'un ecclésiastique et non des moindres m'envoient des communications. G 'est dans V Avenir de l'Orne qu'il a été rendu compte dti beau livre de M. Chaîne sur le Catholicisme et il me semble que j'ai fait, à cette occasion, preuve d'un libéralisme aussi large que le vôtre.
(( Je suis un jacobin, dites-vous, et je veux l'Etat oppresseur des catholiques. )> Mais non, mais non. Monsieur ! Je veux les Eglises libres dans l'Etat libre et je crois que l'Etat doit ignorer
officiellement l'existence des Eglises. Je veux la libre concurrence des idées religieuses et si je demande la « Séparation des Eglises et de l'Etat » c'est surtout pour que l'Etat n'asservisse pas les Eglises. Le Concordat oppresseur ne me plaît pas, qu'il soit oppresseur pour les Eglises ou pour l'Etat.
Au revoir, Monsieur, la conversation continuera autant que vous le voudrez. En attendant, croyez à ma considération distinguée.
A. André (1).
Le Signal (Paris), 28 mai 1904.
LA VIE CATHOLIQUE