‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme, Du nationalisme, Les femmes et la politique. Anthisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps. Timidité intellectuelle de certains catholiques. L'abus des dévotions nouvelles. Le christianisme social et les conversateurs. La loi du 1er juillet 1901 et les "Dreyfusards". Du clergé séculier et des congrégations. Etc., etc. Articles, comptes rendus, notices bibliographiquesChapitre 101 sur 134 · LETTRE DE PARIS · texte numérisé non relu

LETTRE DE PARIS

Correspondance particulière du Matin

Les conséquences du Syllabus. — La peine de mort

ET SES DÉFENSEURS. La RAGE ET LE VACCIN ANTIRABIQUE,

Paris, 27 juillet.

Comme il était à prévoir, le Syllabus de Pie X a consterné les intellectuels catholiques. D'aucuns s'inclinent par obéissance ; d'autres sourient et passent outre ; d'autres encore se découragent. Parmi ces derniers il faut ranger les fondateurs de la revue catholique Demain qui exprimait les idées de ce qu'on a appelé Vécole de Lyon. Cette revue cesse sa publication. 11 n'y paraissait pas une page,

en effet, qui ne tombât sous le coup des excommunications du Syllabus. Là collaboraient des hommes éminents, Léon Chaine(i), Marcel Rifaux, Tabbé Brugerette et bien

(i) Nous avons déjà protesté contre cette erreur, nous n^avons pas rhonneur d'appartenir à la direction du Demain de notre éminent ami Pierre Jay.

Voici ce que nous pouvons publier au sujet des circonstances au milieu desquelles la vaillante Revue a suspendu sa publication, vaillante Revue, dont ses adversaires disent qu'elle a fait trop de bruit mais qui, croyons-nous, a fait beaucoup plus de bien encore.

Quelques jours après le décret de la Congrégation du Saint- Office daté du 3 juillet 1907, la Semaine religieuse de Lyon publiait ce communiqué :

La Semaine religieuse n'a jamais encore parlé de la revue Demain et de ses tendances, qui affligent depuis longtemps déjà les catholiques sérieusement attachés à la sainte Église.

Nous savions que des efforts se faisaient auprès des directeurs de cette revue, afin de les ramener au véritable esprit de TÉglise catholique, et nous ne désespérons point tout à fait de voir aboutir ces eflbrts.

Malheureusement, nous sommes obligés de constater que, soit dans le choix des documents présentés aux lecteurs, soit dans la trame ellemême de ses propres articles, il s*y glisse souvent des lignes, et parfois des pages, qui sont de nature à réjouir les ennemis de notre foi. Il n'y a pas longtemps encore, on y lisait un long extrait des Annales de la Jeunesse laïque, qui, dans une publication catholique, ne peut être considéré que comme une défection, pour ne rien dire de plus.

Aussi, tout dernièrement, une revue maçonnique, V Acacia, félicitait, « cette élite de penseurs religieux qui voudraient réconcilier le catholicisme avec la pensée moderne » . Sans doute, les rédacteurs de Demain ne sont pas seuls visés dans cet humiliant éloge, mais ils y ont sûrement leur part. Et c'est avec une vraie tristesse que nous avons vu cet adversaire déclaré de la région, décorer du titre d* « École de Lyon » cette w pléiade d'esprits fiers » qui, tout en se disant catholiques, et en déclarant — avec une bonne foi que nous n'avons pas l'intention de mettre en doute — qu'ils se soumettent aux décisions

d'autres qui popularisaient l'idée religieuse par la tolérance, la largeur de vues, la profonde loyauté qu'ils apportaient dans l'expression de leurs opinions. Le libredoctrinales de Rome, ne craignent point, en fait, de blâmer les actes pontificaux, et d'applaudir à toutes les audaces des novateurs, contre lesquels Notre Saint-Père le pape Pie X a plus d'une fois élevé la voix.

Le Demain du 216 juillet même mois donnait en tête de son numéro la note suivante :

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