‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme, Du nationalisme, Les femmes et la politique. Anthisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps. Timidité intellectuelle de certains catholiques. L'abus des dévotions nouvelles. Le christianisme social et les conversateurs. La loi du 1er juillet 1901 et les "Dreyfusards". Du clergé séculier et des congrégations. Etc., etc. Articles, comptes rendus, notices bibliographiquesChapitre 32 sur 134 · MERCANTILISME RELIGIEUX · texte numérisé non relu

MERCANTILISME RELIGIEUX

Nous avons qualifié de courageux l'article que le XX^ Siècle a consacré au mercantilisme religieux. Notre confrère décline modestement le compliment : « Quel courage, dit-il, y a-t-il à obéir aux évêques qui ont dénoncé depuis longtemps l'exploitation de la religion par des industriels sans scrupules » Hum I nous connaissons sans doute de dignes prélats qui voient avec regret certains autels de saints se transformer en comptoirs, mais si Tépiscopat a protesté contre cet industrialisme, ce qui est possible, il doit Tavoir fait bien faiblement, car il n'a cessé de croître et embellir. Nous croyons fermement que si S. E. le cardinal archevêque de Malines montrait à cet égard le zèle qu'il a mis à faire blâmer dans toutes les églises, par une lecture publique, les abbés Daens et Fonteyne, l'exploitation si justement flétrie par le JOl" Siècle serait frappée au cœur, en Belgique du moins.

Nous n'avons pas mémoire d'un mandement d'évêque qui ait engagé les fidèles à se détourner de ces « petites dévotions parasitaires et ridicules » que d'excellents catholiques comme MM. Léon Chaîne, Paul VioUet, Quincampoix, les abbés Naudet, Hemmer, Brugerette et d'autres ont vouées au mépris des vrais chrétiens. Soit faiblesse, soit crainte, car des congrégations entières vivent du trafic condamné par le XX* Siècle^ et ces congrégations, comme on en a vu plus d'un exemple en France, se défendent du bec et de l'ongle contre les évèques qui osent se mêler de leurs petites affaires.

Si le XX"" Siècle persévère dans son attitude courageuse — nous ne retirons pas notre compliment — nous lui promettons bien de ne jamais chercher à tirer de ses observations Toccasion d'un triomphe mesquin. Fidèles aux principes du vrai libéralisme, pénétrés de cette belle parole de Frère-Orban qu'il faut, au sommet des libertés de l'homme, placer celle de se développer religieusement, convaincus que la religion est chose grande et noble, digne du respect de quiconque est capable de concevoir un idéal, c'est avec une peine sincère que nous voyons se greffer sur la pure doctrine du Christ tant de petits cultes équivoques, dont chacun tend à devenir l'objet d'un trafic éhonté. Nous souffrons de cela comme nous souffrons de toute profanation, comme nous souffrons de voir une fleur charmante ravagée par des insectes, une pure jeune fille tombant entre des mains de proxénètes, une noble statue lapidée par des vandales, une idée sublime dénaturée par des scribes fielleux. Nous sommes donc de cœur avec ceux qui, tout en dénonçant un honteux mercantilisme essayent de relever les âmes qui, par leur superstition, leur manque de force et de grandeur offrent une proie facile aux marchands du Temple. Ceux-là travaillent à une œuvre de progrès, et.

s'ils persévèrent, nous leur deyrons, dans les sphères où leur parole fait autorité, des esprits plus ouverts et des consciences plus hautes.

Max.

Le Salui Public (Lyon), 21 mai 1905.

SŒURS DE FRANGE ET DE POLOGNE par M. Louis Fournier, Lyon.

Si le souffle desséchant de notre criticisme contemporain devait jamais flétrir dans Tâme lyonnaise la fleur délicate du mysticisme, on peut dire qu'on la verrait encore s'épanouir dans le cœur et dans les œuvres de M. Louis Fournier.

Telle est bien l'impression que laisse la lecture de ce livre exquis que l'auteur intitule : Sœurs de France et de Pologne,

Ajoutons que peu de livres se présentent aujourd'hui au lecteur avec une pareille richesse de style et d'art. L'aiiteurde Sœurs de France et de Pologne veut bien nous avertir que pour être traité dans toute son ampleur, ce sujet exigerait « le génie chrétien et la période majestueuse d'un Chateaubriand, l'éloquence d'un Montalembert et l'harmonie divine qui chante dans les strophes des Méditations ». Il voudrait y ajouter la patriotique indignation d'un André Chénier.

Fouettant d'un vers sanglant les bourreaux barbouilleurs de lois.

Nous ne croyons pas froisser outre mesure la modestie de M. Louis Fournier en rappelant qu'un commerce assidu avec ces grands maîtres a donné à sa. plume les tons

chauds et les accents vibrants que peuvent inspirer une grande foi et un grand cœur.

Notre auteur a d'ailleurs de qui répondre. Ne fut-il pas, avec plusieurs de nos éminents compatriotes, le savant M. Locard, qui vient de mourir, M. le vicomte Melchior de Vogué, de l'Académie française, le piquant écrivain qu'est M. Léon Chaine, et tant d'autres, un des élèves les plus brillants de ce vieux collège d'Oullins que le Père Lacordaire reçut des mains de MM. les abbés Dauphin et Chaine, leurs fondateurs d'inoubliable mémoire, et qu'il conduisit à son apogée ? La culture enthousiaste des belles lettres y allait de pair avec celle des plus beaux sentiments humains. On y faisait, pour employer un mot si juste tombé en désuétude, de splendides humanités. L'œuvre si délicate et en même temps si forte de M. Louis Kournier nous en est, après plus de trente ans, un fier témoignage (1).

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