LES CATHOLIQUES ET LA SÉPARATION
... La solution d'un tel problème dépend en partie du gouvernement de demain, mais aussi beaucoup des catholiques, de leur attitude en face d'une situation nouvelle à laquelle ils sont mal préparés et qu'ils subissent sans l'avoir prévue.
Nous n'avons pas à leur donner de conseils, ni surtout à en donner à l'Eglise. Mais il est intéressant de relever ceux que leur donnent quelques-uns des membres les plus éminents de cette Eglise, ceux dont il serait le plus désirable, semble-t-il, que la voix fût écoutée. Il y a quelque temps l'archevêque d'Albi publiait une lettre pastorale où les questions relatives à la séparation sont abordées avec beaucoup de modération et une belle largeur d'esprit. Je n'ai pas sous les yeux la lettre de M*' Mignot qui est sans doute par sa haute culture et la façon dont il entend les devoirs de sa charge, l'une des personnalités les plus remarquables, sinon la plus remarquable de l'épiscopat français
M . l'abbé Henxmer ne se livre pas à de vaines récriminations sur le passé. On voit à quelques mots qu'il le juge avec impartialité et franchise, mais il ne s'étend pas sur les fautes et les erreurs des catholiques. Non qu'il
cherche à les dissimuler ou à les voiler, mais il juge inutile d'y insister, quand il n'est plus possible de les réparer. A ce point de vue, son étude, plus large et plus sérieuse, se distingue de quelques livres récents publiés par des catholiques, animés d'excellentes intentions, prêtres ou laïques, MM. Naudet, Dabry, Léon Chaine, etc., qui sont surtout des meâ'Culpâ sur le dos d'adversaires et où la polémique a souvent plus de place que la critique impartiale et désintéressée. II passe tout à fait sous silence l'histoire du capitaine d'artillerie, dont quelques-uns ne parlent pas assez, dont quelques autres parlent trop. Elle n'est pas suffisante à expliquer un réveil d'anticléricalisme auquel elle a pu contribuer, et qui a pu nous surprendre, mais qui vient d'ailleurs et qui se serait certainement produit sans elle
Pierre de Quirielle
Mémorial de la Loire (Saint-Étienne), 17 juillet 1905.