DEMAIN
Tel est le titre d'une nouvelle revue dont le premier numéro paraîtra le l*"" octobre à Lyon et qui doit être accueillie avec d'autant plus de sympathie parmi nous, que l'un de ses principaux rédacteurs — M. Auguste Cholat, fils de l'éminent directeur des Aciéries de Saint- Etienne — porte un nom justement considéré dans notre région forézienne.
Mais ce qui doit attirer à la Revue naissante — conçue du reste sur un type vraiment nouveau, très différent du genre habituel des Revues françaises de Paris ou de la
province — la faveur particulière du public qui pense et qui réfléchit, c'est la hauteur des vues et la jeune hardiesse du programme que j'ai dans ce moment sous les yeux.
La ville de Lyon a toujours été et tend à devenir de plus en plus un des foyers les plus intenses de la vie et de la pensée religieuses. Il est même remarquable que depuis plusieurs années ce foyer acquiert une puissance et une vitalité nouvelles. L'âme lyonnaise, profondément religieuse, est servie par un esprit froid, singulièrement pratique et par un caractère à la fois audacieux et entreprenant. A cette âme dont les lois antireligieuses actuelles surexcitaient les facultés mystiques, les nécessités nouvelles de la lutte offraient un champ d'action à la fois vaste et fécond, sur lequel pouvaient se déployer à l'aise
les qualités du caractère et de l'esprit lyonnais
Les manifestations de la pensée religieuse à Lyon revêtent donc une importance particulière aux yeux de tous les hommes attentifs. Plusieurs de ces manifestations ont eu un retentissement extraordinaire : ainsi l'apparition du livre de M. Léon Chaine : les Catholiques français et leurs difficultés actuelles. Plus récemment, la conférence donnée à Lyon dans la salle philharmonique, le22novemvre 1904, par M. Tabbé Brugerette, professeur licencié d'histoire et de philosophie, excitait denouveau l'attention. L'apparition de la Revue catholique, dirigée par M. Pierre Jay et M- Auguste Cholat, constitue également un de ces événements intellectuels qui doivent attirer l'attention. .
Le Siècle (Paris), 5 août 1905.