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gnementsde TÉglise, Le programme de Demain conserve, on le remarquera, cette attitude.
Est-ce par tactique» pour ne pas mettre le pied sur un terrain dangereux que les hommes distingués qui ont écrit ce programme ou qui lui ont donné leur adhésion ont agi ainsi, ou réellement, dans la profondeur de leur conscience, croient-ils que les enseignements de TEglise qui constituent la religion catholique, sont à Tabri de toute critique? Ont-ils entrepris de sauver TEglise et la religion catholique en France quelles qu'elles soient, comme un moindre mal, en faisant abstraction de toutes considérations philosophiques, où ont-ils fait vœu de non-examen des dogmes ?
Dans Tun et l'autre cas ils ont renoncé à la liberté de l'intérieur, à la liberté de l'esprit.
Gela se comprend d'ailleurs. Avec quelque prudence qu'ils puissent entreprendre l'étude du dogme, ils risquent de glisser dans le protestantisme, dont le principe est l'examen individuel du livre saint, et de là dans la libre pensée. Ils sont déjà, sans s'en douter, en plein protestantisme, puisqu'ils disent : a L'esprit critique a pénétré dans tous les domaines; rien ne Tarrètera plus. Le meilleur est de s'en accommoder et de ne faire usage que de procédés scientifiques. » Ils ne sont pas, cependant encore libre-penseurs, puisque pour ne pas se laisser entraîner trop loin, ils se raccrochent à la morale chrétienne. C'est un reste de préjugé.
Nous n'avons pas à dissimuler que c'est sur ce point faible, que les catholiques libéraux essaient de dissimuler en le passant sous silence, que portera dans l'avenir, comme il a porté dans le passé, notre effort à nous. Nous continuerons de faire appel au sens critique, à la raison, au bon sens du peuple pour démolir une religion que nous considérons comme un tissu d'absurdités.
Nous ne savons si, dans ces batailles, nous nous trou-
verons en face des prudents rédacteurs de Demain^ ou s'ils auront la force de caractère suffisante pour toujours éviter le terrain dogmatique. Nous souhaiterions de croiser le fer avec eux. Nous les estimons plus que les ultramontains ; nous voyons, jusqu'à présent, en eux des adversaires loyaux; mais pour notre campagne, pour le but que nous voulons atteindre, nous préférons les ultramontains. Nous comprenons que les catholiques libéraux considèrent ceux-ci comme des défenseurs dangereux de l'Eglise, car ils nous prêtent, à nous, le collier.
Nous aurons à examiner la question du rôle que les catholiques libéraux pourraient jouer quand nous étudierons la situation nouvelle créée par la séparation des églises et de l'Etat. Nous n'avons voulu aujourd'hui que souhaiter la bienvenue — en le saluant du glaive avant de le croiser avec le sien -^ au nouvel organe catholique libéral (1).