‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme, Du nationalisme, Les femmes et la politique. Anthisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps. Timidité intellectuelle de certains catholiques. L'abus des dévotions nouvelles. Le christianisme social et les conversateurs. La loi du 1er juillet 1901 et les "Dreyfusards". Du clergé séculier et des congrégations. Etc., etc. Articles, comptes rendus, notices bibliographiquesChapitre 53 sur 134 · LES VOILA LES ENNEMIS DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

LES VOILA LES ENNEMIS DE LA RELIGION

Dans le livre de M. Léon Chaine : Les Catholiques français et leurs difficultés actuelles, il y a un chapitre que je recommande à l'attention de M. Giblat et de Jean Penthièvre. C'est le chapitre IX, intitulé : De quelques dévotions noui^elles. L'auteur, qui est, on le sait, un fervent et sincère catholique, proteste avec autant de courage que d'esprit « contre certaines pratiques absurdes qui constituent un paganisme grossier » et aussi contre la presse <c moins pieuse qu'imbécile qui les entretient ». M. Léon Chaine eut sans doute ajouté quelques pages

sur ce sujet, s'il avait alors connu les tracts que l'on distribue actuellement à la porte d'une église de Paris.

De ces tracts, le Siècle a extrait quelques réclames assez curieuses. On engage les fidèles à acheter des a images de saint Antoine imprimées sur étoffe » ; des ce bénédiction^ de saint François d'Assise également imprimées sur étoffe » ; des « plaques du Sacré-Cœur » qui, fixées sur les portes des maisons, sauvegardent les intérêts matériels de leurs propriétaires ; des a scapulaires du Sacré-Cœur de Pellevoisin » à raison de 0 fr. 25 pièce ; des « images sur drap rougé renfermant les reliques de la Bienheureuse Marguerite-Marie ; « toute une série de médailles miraculeuses, etc. : S'il faut en croire la Semaine Religieuse de Cambrai, ces médailles ont un succès énorme puisque en quarante-cinq années il en a été vendu, paraît-il, 380 millions.

On accuse les républicains anticléricaux de vouloir détruire la religion. Allons donc ! Ceux qui la détruisent, ses pires ennemis, sont ceux qui battent monnaie avec les croyances et qui ne servent la religion que pour les profits qu'ils en retirent

Le Catholique français^ (organe de l'église catholique gallicane), (Paris), 28 février 1906.

Nous signalions dans notre dernier numéro des Catholiques romains libéraux et nous analysions brièvement le remarquable ouvrage de l'un d'eux, M. Léon Chaîne. Nous voudrions aujourd'hui appeler l'attention de nos lecteurs sur l'ouvrage d'un autre, M. J. de Narfon. L'auteur qui est catholique romain croyant et pratiquant se réjouit de la

séparation de l'Eglise et de l'Etat parce qu'un clergé salarié par TEtat est un clergé trop dépendant dont Tautorité

est viciée dans sa source même

Parlant de Tautorité papale il ne craint pas de dire : a On peut dire qu'elle a abouti à une centralisation qu'il est permis de trouver excessive, parce qu'elle absorbe en réalité tous les pouvoirs et confine par quelques-unes des manifestations extérieures qu'elle provoque, à une véritable idolâtrie.

Les évêques ne sont plus rien ou du moins ils ne sont quelque chose que dans l'exacte mesure où leur autorité est couverte par l'autorité du Saint-Siège. Ils n'osent pas prendre la décision la plus insignifiante, si du moins elle leur apparaît comme une nouveauté, sans en référer d'abord aux congréations romaines, c'est-à-dire au Saint-Siège. Ils ne sont plus, semble-t-il, les successeurs des apôtres, investis comme tels de la mission de gouverner l'Eglise de Dieu, mais les préfets, révocables ad nutum^ du pontife romain. La papimanie, pour employer l'expression peu convenable de Rabelais, a pris des proportions véritablement extravagantes »

Enfin, comme M. Léon Chaine, M. de Nerfon a le courage de condamner hautement certains abus et superstitions très autorisés et très pratiqués dans l'Eglise romaine.

The Bombay Gazette (Bombay), 2 mars 1906.

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