L'ÉGLISE ET LA DÉCLARATION DES DROITS
Il y a encore des catholiques libéraux, des catholiques qui veulent concilier ou réconcilier TÉglise avec la Révolution française.
Un des plus zélés parmi ces catholiques, c'est M. Tabbé .1. Brugerette, licencié d'histoire et de philosophie, qui, à Lyon, semble être, avec M. Léon Chaine, le principal interprète de ces tendances.
Sous ce titre : La déclaration des Droits de l'Homme et la Doctrine catholique^ il a publié un très intéressant opuscule, où il n'y a pas seulement de la générosité de cœur, mais des faits et des textes vraiment utiles.
Il cherche à y démontrer: l® Que la déclaration des droits est parfaitement conforme à TÉvangile ; 2® Qu'il y a eu dans TÉglise plusieurs docteurs, et non des moindres, qui ont par avance glorifié les principes essentiels de la Déclaration
(Suit une savante discussion au cours de laquelle l'auteur de rarticle cite des textes émanant de Pie VI, de Pie IX et même de Léon XIII qui semblent être en contradiction absolue avec la déclaration des droits de Thomme.)
Ainsi, après rinfaillibilité comme avant rinfaillibilité, le pape n'a pas cessé de condamner la Déclaration des Droits. Léon XIII la condamne dans le même style et presque dans les mêmes termes que ceux dont s'était servi Pie VI.
M. Tabbé Brugerette, au contraire, l'approuve et dit que rÉglise va se réconcilier, s'est même peut-être déjà réconciliée avec les principes de 1789, c'est-à-dire qu'il dit cette chose même que le pape lui défend de dire sous peine d'être anathème
Pour ma part, je m'en tiens, mécréant, à l'enseignement du pape, et à tout ce que disent ou diront les catholiques libéraux, je me bornerai à répondre, avec le Syllabus :
Anathème à qui dira que le pontife romain peut et doit réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne I