‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme, Du nationalisme, Les femmes et la politique. Anthisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps. Timidité intellectuelle de certains catholiques. L'abus des dévotions nouvelles. Le christianisme social et les conversateurs. La loi du 1er juillet 1901 et les "Dreyfusards". Du clergé séculier et des congrégations. Etc., etc. Articles, comptes rendus, notices bibliographiquesChapitre 73 sur 134 · TAIN · texte numérisé non relu

TAIN

Fête nationale. — La fête nationale a été dignement célébrée à Tain. Un banquet admirablement ordonné réunissait plus de quatre-vingts citoyens sous la présidence de M. le D' Gazet, conseiller général. Au dessert après le speech d'usage prononcé par le sympathique président, M. Moulin, professeur au lycée et président de la section tainoise de la ligue des droits de l'homme a prononcé une fort intéressante allocution sur l'affaire Dreyfus, ses principales phases, son dénouement si impatiemment attendu. Le nombreux auditoire écoutait avec émotion cet exposé d'une clarté saisissante, fait par un dreyfusard de la première heure et à qui n'ont été épargnés, aux jours tragiques, ni les outrages, ni les menaces, ni les vexations administratives

Sur sa proposition l'assemblée vote des félicitations enthousiastes au commandant Dreyfus, au général Picquart, au ministère et notamment à Clemenceau et Etienne,

au président Brisson, à Jaurès, au Comité catholique pour la Défense du Droit (à Paul VioUet de Tlnstitut, à Léon Ghaine^ à Tabbé Lemire, etc.) et à tous ces vaillants pionniers de la vérité et de la justice. Les glorieux morts ne sont pas oubliés : Les noms des Scheurer-Kestner, des Zola, des Trarieux, des Bernard Lazarre, des Grimaux, sont salués d'applaudissements émus. Un vote unanime de flétrissure et de honte est émis aussi à l'adresse des hommes (civils ou militaires), des associations, des ligues et journaux qui ont été les artisans passionnés et haineux du crime, des mensonges et des faux.

M. le D' Gazet, visiblement émotionné par la belle allocution de M. Moulin, a adressé de vibrantes félicitations à l'orateur à qui l'auditoire a fait une longue ovation.

Les républicains présents à ce banquet se rappelleront longtemps de cette belle fête.

Le Poli/biblion (Paris), i'' août 1906.

La jeune fille chrétienne et moderne, par Simaris d'Yèvre, Lyon et Paris, Vitte, 1905.

Ecrit sur les bords du lac d'Aiguebelette, site à la fois sauvage et charmant, ce livre est plein de jolis paysages et de bons conseils. M*' Tévêque de Grenoble, dans une lettre-préface, loue beaucoup Tauteur qui est sa diocésaine.

Le livre, en effet, qui est d'ailleurs le livre d'une débutante, ne contient que de très bons conseils, gentiment écrits, mais témoigne d'une expérience pédagogique

encore courte et d'une connaissance bien restreinte de la littérature du sujet. Ses principales sources sont Léon Chaine, FabbéBrugerette et M. Paulin Malapert ; les deux premiers connus surtout par des livres catholiques, teintés de dreyfusisme, le troisième, professeur de morale laïque, d'ailleurs distingué. La pédagogie chrétienne peut invoquer, grâce à Dieu, de plus sérieuses autorités et quelques rares notes montrent que Fauteur ne les ignore pas, mais qu'elle s'en est vraiment trop peu servie (1)

Ed. PONTAL.

(i) A la réception de la « coupure » du Polybiblion nous avons eu la curiosité de savoir ce qu'était ce livre et d'apprendre ce qui avait pu mériter à son auteur le reproche juste mais teinté de quelque amertume d*avoir invoqué une autorité aussi peu sérieuse que la nôtre.

Nous devons au sévère critique du Polybblion une joie dont nous lui sommes reconnaissant car les pages exquises qu'il nous a fait lire sont remplies d*un charme délicat qui nous a ravi ; elles révèlent chez la jeune fille qui les a écrites plus qu'un talent naissant et sont déjà d'un véritable écrivain.

Si M'*« Simaris d'Yèvre a encouru un blâme de M. Ed. Pontal c'est que dans une lettre consacrée à la Bonté, elle a commis la faute de rappeler ces quelques lignes tirées de nos Catholiques français :

« Si j'avais une statue à élever, je relèverais à la Bonté, nous disait un jour le Docteur Dubois, une des illustrations médicales de la Suisse, qui fait de la sympathie comme de la raison Tun des premiers agents curatifs d'une maladie psychique ou physique et qui voit accourir dans sa fameuse clinique de Berne, des neurasthéniques de toutes les parties du monde. Le propos de ce thérapeute éminent, qui est en même temps un profond philosophe, nous avait beaucoup frappé, et nous le rapprochions de la belle parole de Bossuet, si digne d'être méditée, »

Quant aux citations de l'abbé Brugerette qui n'ont pas eu plus que les nôtres l'heur de plaire elles sont tirées des plus récents

ouvrages de cet éminent et fécond publiciste : Histoire Contemporaine lySg 1 88g, — Les Morales indépendantes et la Morale E^ang-élique. — Lettres à un Jeune prédicateur.

Româaul Literar^ tomul V, Litteraturà, Politicà, Relîgiune. Numârul 7-11, Directeur M. Gaion. (Bukarest), !•' août 1905.

Les Catholiques français et leurs difficultés actuelles^ par Léon Chaîne. Storck, Lyon-Paris.

Catolicismul francez trece printr'o mare încercare, din care fârâ Indoialâ câ va e§i învingàtor. Momentan însâ, suferà mult. D; 1 Léon Chaîne crede câ a descoperit solutiunea acestei crize, prin democratizarea cre§tinismului, opunând eu alte cuvinte teoriilor lui Joseph de Maistre, Bonald §i Boulogne, tecriile mai noua aie lui Félicité de Lamennais sau celé pe care azi le apârâ D-1 Marc Sangnier, elocventul prezident al grupului Le Sillon.

D*l Léon Chaîne e un brav §i bun cregtin, dar e un democrat si aci încep erorile sale. Sântem de acord eu D-sa : cre§tinismul este contra ràzboiului când este ofensiv, dar ce doctrinâ cre§tinâ poate condamna râzboiul defensiv ?

Prefer conservatorîsmul crcîjtin, democratizmuluî, §inu potaprobà nici republicanizmul preojilor Lemire §i Gayraud, dupa cum nu pot înîelege supunerea cre§tinîlor francezi, Ja hidoasa legede spolia^innei.

Democratiznciul a dus catolicizmul francez la legea lui VValdeck §i ma mir cum pârintele Maumus a putut sa se lasea fi amâgit ; dealtmîntrelea însuçi D-1 Léon Chaîne e un âmàgit de formele libérale pe care leprezintà democratia.

Gre§tinizmul fiind religia ordinei, nici odatâ nu se va puteà supune anardhiei combiste.

Bun e regimul republican care tine départe de Franta, patrioti §i cregtini ca pârintele Ollivier, ilustrul dominican ?

Bunâ e democra{ia care a izgonit congregatiunile ? Bun e sistemul vadecardist care persécuta pe militarii ce-§i Indeplinesc datoriile càtre bisericâ ?

Sâ-si arunce D-1 Léon Chaîne privirea spre spitalele laicizate §i sa ne spunàce vede în locul bunelor surori ?

Si regim démocratie fârà acestelucruri nu se poate.

Atingând chestia Dreyfus, D-1 Léon Chaine pare a fi favorabil ticâlocului trâdâtor. Ne mîrâm ; azi mai mult ca ori cànd, se vede destul débine câ Dreyfus î§i recapâtà légal inocen|a prin bani.

Oare cartea D-lui Dutruit Cruzon nu ne aratâ falgurile lui Joseph Reinach, ca sâscoatâbasmàcuratâpe ignobilul trâdâtor, pe care Jules Soury a§teaptâsà-l vadàîmpugcat?

D-1 Léon Chaine pecareîlaprob în teoriile sale religioase, eu totul se desparte de mine, când e vorba sa apere democrajia §i republica.

Waldeck, Combes, Pelletan, André, Briand §i alji dezgustâtori politiciani, dintre cari Jaurès nu trebue sa lipsiascâ, sânt argumente pretiose spre a se judecà democra^îa §i republica.

Se va zice câ confund ^^r^oa/i^/^ eu ideia.

Este imposibil regim démocratie cinstit. Istoria ne dovedegte §i Bonald a documentât, câ regimul démocratie e regimul ho^ilor §i oamenilor prosti.

Bisericei cre§tine îi trebue pace ; dansa nu va puteà fraternizà eu anarchia plebei, pentrucâ datoria ei este tocmai sa punâ ordine acolo unde nu-i. A§à se explicâ conservatorismul multor cregtini.

D-1 Léon Chaine face parte din entuziastul grup delà Demain §i sânt fericit sa aduc omagiile mêle D-lui Pierre

jay,clirectorulacestei reviste, fârà a aprobà însâ, demo> cra.tizïnul sàu.

In Belgia abatele Daens, în Italia Murri ci în Ki-an Ja Mar Sangnier, aufâcutmult râu creçtinizmului, prin teoriîle lor democratice.

Lucrâtorui creçtin vâzând pe preotul lui democrat, a crezut câ e mai bine sa fie §i mai înaintat §î îl \redem irecând în càmpul socialist, unde de voe sau nu, devine liber cugetâtor.

Creçtinizmultrebuesâ fie intégral. MântuitoruI nostru nu ne-adato invâtâturàdin care putem, dupânevoile vremei sàlâsàm ceeace nu ne place.

Nici odatâ creçtinizmul n'a aprobat vadecardismul sau spoliatiunaa ticàlosului Combes.

Si abatele Lemire care vrea sa joace pe le curé de Meudon, ar trebui sa pâràsîascà politica, dacâ nu poate ascultàdeordineleçefuluî sàu spiritual. Cazul d-lui Fogazzaro ar trebui sâ-1 punâ pegânduri.

Cartead-lui Léon Chaîne e frumoasâ §;i plinâ de nobil entuziasm. Am citit-o eu plâcere §i am gâsit în ea vibra- Jiunile unui mare suflet cregtin.

Azi când nu se mai a crede pe fajâ )), dar cànd se crede nciai mult pe ascuns, dupa cum ziceà açà de spiritual d. Lasies, cartea creçtinului bun care este d. Chaîne, e un mare act de curagiu creçtinesc.

Sa primiascâ d-sa, cât §i prietenii sài delà Vemain, amicalele noastre salutâri §i urârile celé mai bune în luptele ce au întreprins, în contra liberei cugetârî.

Caion.

Le Voltaire (Paris), 7 août 1907.

A PROPOS d'un congres

Je n'ai malheureusement pas qualité pour vous expliquer avec des précisions suffisantes ce que c'est que le Sillon

Je ne crois pas me tromper cependant, en disant que le Sillon est une association de chrétiens démocrates qui, par sa propagande acharnée et par la hardiesse relative de son programme social donne beaucoup de tintouin à sa Sainte Mère TEglise... C'est un peu This^oire de la poule qui a couvé des œufs de canard.

Telle doit être l'impression de l'évêque de Quimper, car, l'autre jour, ce prélat a rigoureusement interdit à tous les ecclésiastiques de son diocèse d'assister aux réunions du congrès des « sillonnistes », congrès qui vient de se tenir à Brest.

A quoi M. Marc Sangnier a répondu : « Si j'étais prêtre, je m'abstiendrais. Quand on est prêtre on a des obligations à remplir. Mais cela n'empêche pas le prêtre de penser que son évêque a commis une gaffe, etc., etc »

Eh oui! Le catholicisme lui-même n'est pas à Tabri des soufQes nouveaux qui s'élèvent de toutes parts. .. soit qu'il s'agisse d'interpréter les « Saintes Ecritures », soit qu'il s'agisse de problèmes sociaux d'aujourd'hui et de demain, l'esprit de discussion fait de singuliers progrès jusque dans les rangs du clergé.

Pendant des siècles et des siècles, l'Eglise, en matière sociale, s'en est tenue à cette conception : « Le riche doit

la charité au pauvre. Le prêtre, intermédiaire désigné par Dieu entre le riche et le pauvre, doit rappeler au premier ses devoirs d'assistance et, au second, la résignation ».

Mais aujourd'hui, il se rencontre nombre de catholiques et non des moindres — M. Léon Ghaine, de Lyon, par exemple — pour dire :

La prière du pain quotidien n*indique-t-elle pas que tous nous avons droit à Texistence?. .. Sans nous insurger violemment contre le triste ordre social actuel, nous devons rechercher tous les moyens d'éleindre ou, du moins, d'atténuer dans la mesure du possible, le paupérisme... Certes, il est criminel d'avoir interrompu la vieille chanson qui a si longtemps bercé la douleur humaine . Mais puisqu'on a ôté le ciel auxmisérables, il faudra peut-être bien se résoudre à leur donner la terre. . . D'ailleurs la résignation chrétienne, si désirable soit-elle, ne doit pas nous empêcher de travailler au redressement possible des injustices engendrées par la nature des choses ou par la malice et l'indifférence des hommes.. . Le prolétariat, tel qu^il est constitué n'est pas la forme définitive de l'organisation du travail et surtout de la distribution de ses produits... L'Eglise doit s'attacher les classes pauvres et laborieuses par l'immense supériorité des bienfaits sociaux... Mais que de gens que l'on appelle catholiques et qui ne sont que d'âpres conservateurs I Beaucoup de ceux-là ne voient dans le clergé quune sorte de gendarmerie spirituelle aidant la maréchaussée à garder leurs biens, leurs personnes et leurs vies. L'âme de l'Eglise et l'esprit du Christ sont depuis longtemps morts en eux. . . »

Tel doit être également le langage du Sillon... De là l'arrêté de Tévèque de Quimper... De là la lutte désormais ouverte...

a Mais aussi bien au prélat qu'à M. MarcSangnier, nous nous permettons de dire : « Trop tard, messieurs ! »

Paul Degouy.

Le Soir (Paris), 16 avril 1906.

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