JUSTICE ! POUR LE LIEUTENANT GHAPELIN
II y a quelques jours, un journal rappelait au public — et aussi au ministre de la guerre — le nom d'un homme qui fut une des premières victimes de l'AlFaire Dreyfus. Et quelle victime !...
Il s'agit du lieutenant d'artillerie Chapelin, frappé en 1898 par le sinistre Billot dans des conditions particulièrement monstrueuses. Bien qu'ancien élève des Postes et catholique sincère, le lieutenant Chapelin pensait que Ton pouvait réclamer la justice, même pour un juif innocent, Ainsi pensèrent l'abbé Viollet, Léon Chaine, Hervé de Kérohant, l'abbé Brugerette et quelques autres catholiques.
Empoigné comme nous le fûmes tous par l'immortel r accuse ! le lieutenant Chapelin envoya sa carte à Emile Zola. Sa femme qui partageait ses sentiments, raconta la chose à des femmes d'officiers. Il n'en fallut pas davantage pour que l'infortuné lieutenant fut mis en quarantaine par ses camarades du 22* d'artillerie. La quarantaine fut votée par trente-six oui contre quatre non. Informé du fait, le général Billot qui avait laissé Esterhasy en toute liberté, mit aussitôt le lieutenant Chapelin en non-activité
Z'/l//o6/'o^^ (Bonneville), 1®'^ septembre 1906.