LA « SUPPLIQUE » AU PAPE
Il se confirmerait que ce document qui, depuis sa publication par le Temps du 2 septembre, a fait couler des flots d'encre et que Ton avait d'abord attribué à quelques-
uns des académiciens, auteurs de la récente lettre aux cardinaux, archevêques et évéques de France, serait Tœuvre du groupe de catholiques libéraux à la tète duquel se trouvent MM. Paul Viollet et Léon Chaîne.
Ce dernier, notre distingué compatriote, s'adonnerait de plus en plus aux études politico-religieuses.
Nous lui souhaitons la continuation du succès que lui a valu son premier livre dont le retentissementdure encore.
Dans ce livre, qui depuis, a suscité diverses publications empreintes du même esprit, nous avions particulièrement remarqué un passage. ,
C'est celui-ci :
Et quelques-uns n'ont-ils pas pu souffrir aussi de la façon dont sont rédigées certaines de ces annonces de mariage P Dans le silence de TEglise tombent ces mots: « Fils ou fille légitime de... » et, un instant après, fils ou fille, tout simplement, ce qui signifie : enfant naturel. Ces désignations ne devraient-elles pas revêtir une forme commune pour tous ceux entre qui il y a « promesse de mariage? » N'y a-t-il pas là uue grossière injustice? Cette flétrissure publique, infligée dans la maison du Dieu de miséricorde k des enfants, irresponsables d'une faute commise, et à leurs parents vivants ou morts, ne nous paraît pas suflisamment justifiée, par le souci très juste, d'ailleurs^ de maintenir le respect dû à l'institution du mariage.
Or, il est arrivé qu'en cette circonstances, M. Léon Chaîne n'a pas prêché dans le désert. En efliît, depuis, dans bien des diocèses on a modifié la formule des annonces de mariage dans un sens plus humain, ainsi que le demandait si généreusement Tauteur des Catholiques français.
Et vox non clamabat in déserte.