‹ Les catholiques français et leurs difficultés actuelles. Du militarisme, Du nationalisme, Les femmes et la politique. Anthisémitisme. Les catholiques et le bon vieux temps. Timidité intellectuelle de certains catholiques. L'abus des dévotions nouvelles. Le christianisme social et les conversateurs. La loi du 1er juillet 1901 et les "Dreyfusards". Du clergé séculier et des congrégations. Etc., etc. Articles, comptes rendus, notices bibliographiquesChapitre 9 sur 134 · LES FAUX SAINTS · texte numérisé non relu

LES FAUX SAINTS

Des journaux bien pensants ont reproduit avec amour une lettre d'une fillette italienne qui, peu de jours avant la naissance du prince de Piémont, avait envoyé à la reine d'Italie une image de saint Expédit avec une lettre où elle lui disait :

<K Madame, saint Expédit, martyr, que j'eus tout à l'heure l'honneur de voir en songe, m'a certifié qu'une grande joie régnerait bientôt dans votre royaume, parce qu'il est dans les desseins du Très-Haut que vous donniez un héritier mâle à la couronne d'Italie- »

Toute la lettre est d'un ton qui ne permet pas de croire qu elle ait été écrite par une enfant. La naïveté y fait entièrement défaut. Mais ce n'est pas de cela que je veux m'occuper ici. Quel est cet Expédit dont de bonnes

âmes, plus naïves, certes» que la fillette italienne, invoquent les bons offices dans les cas urgents ?

C*est un mythe.

Ouvrons plutôt le livre de M. Léon Chaine, les Catholiques français et leurs difficultés actuelles^ à la page 153. Nous y lisons ceci :

a Tout le monde, hélas ! a entendu parler de la spécialité qu'a saint Expédit de s'occuper des choses pressées» mais ne trouvez- vous imbécile cette dévotion fondée sur un mauvais calembour ? Nous avouons ne rien connaître, du reste, de Texistence de saint Expédit. d

Connaissez- vous sainte Etoupie? C'est une martyre qu'on invoque dans les campagnes françaises, spécialement dans la Bresse, pour défendre les c étoupes » du mais des atteintes des rats.

M. Léon Chaine, parlant de cette superstition» écrite la page 54 :

« C'est en vain qu'un vicaire nouvellement arrivé essaya de faire comprendre à ses paroissiennes que cette sainte, qui n'existait pas, ne pouvait protéger les récoltes contre les rongeurs. Une bonne paysanne lui répondit d'un air entendu : « Vous êtes trop jeune, monsieur le vicaire, pour connaître tous les saints du paradis ! »

Les saints qui n'ont jamais existé sont plus nombreux qu'on ne pense.

Pour en revenir à saint Expédit, dont M. Chaine, croyant sincère, qui, à propos de son beau livre, reçut les félicitations d'un cardinal-archevêque et de deux évèques, se moque si agréablement, exprimons le regret avec ce noble penseur, de ne pas voir le haut clergé protester plus énergiquement contre toutes les petites idolâtries dont on déshonore la religion chrétienne.

Il est vrai qu'elles ont été flétries par les abbés Hemmer, Lemire, Naudet, Birot et Dabry au congrès sacerdotal

qui fut tenu à Bourges, en 1901, sous la présidence de Tarchevêque Servonnet, mais les marchands du temple ont eu grand soin d'étouffer les paroles éloquentes qui furent prononcées à cette occasion.

M. Paul Hymans s'occupant récemment à la Chambre belge de ces « dévotions parasites », comme disait Tabbé Hemmer, mit l'assemblée en gaîté, la droite comme la gauche, en lisant des prospectus lancés au nom de divers saints qui se font la concurrence. L'honorable député de Bruxelles a même découvert des obligations hypothécaires émises à Binche par un patronage religieux, avec coupons de 15 centimes, etqui'portent ces mots : « Payable ici-bas au comptant et remboursable au Ciel par la sainte Vierge ! »

M. Chaine qui fouaille les ce Propagateurs de la dévotion à saint Joseph », ainsi que les exploiteurs de saint Antoine, et à qui certainement les obligations mentionnées par M. Hymans arracheraient des protestions indignées, écrit courageusement :

oc Ce sont ces inepties que flagellait naguère, de sa plume cinglante, un catholique connu pour l'indépendance de son esprit, quand il disait qu'elles menacent de laisser finir dans le ridicule une religion qui commença dans le sublime. . . Arrière donc ce trafic de faveurs temporelles demandées contre argent à tel ou tel saint dont on a spécialisé l'emploi au paradis! Arrière toutes ces petites dévotions parasitaires qui ont poussé comme des champignons vénéneux sur le grand arbre de la Croix I

On ne saurait mieux dire, mais pourquoi faut-il que ceux qui vengent en ces termes la religion et la morale en soient réduits à prêcher dans le désert?

Brabo. (1)

(i) On ne lira pas sans intérêt à la suite de cet article la lettre adressée à TEpiscopat français par le Comité catholique pour la

défense du Droit, le 3i mai 1900 (Voir Recueil, Paris 1900, Imprimerie de V Indépendance de VEst.)

Lettre aux cardinaux, archevêques et éi^êques de France sur des formes noupelles de déi^otion à certains saints.

Paris, lo 3i mai 1900.

« Monseigneur,

« Préoccupés du développement anormal que prennent en ce moment parmi les catholiques certaines pratiques religieuses et du dommage qu'elles peuvent causer à la religion, nous prenons respectueusement la liberté de confier nos craintes à Votre Grandeur. Nous la prions d'étudier, si elle ne Ta déjà fait, le problème que nous nous sommes posé. Nous serions heureux et honorés de recevoir, sur ce sujet, un avis de Votre Grandeur.

« Il nous est recommandé, sans doute, d'honorer les saints et de leur adresser des prières ; nous pouvons les prier, même en vue d'obtenir des grâces temporelles. Mais il nous semble que le culte de certains saints revêt, en ce moment, une forme élrange. De bons esprits, d'excellents chrétiens se demandent, en lisant telle et telle publication pieuse, si nous n'assistons pas à une perversion du sens religieux dans les masses et à un certain retour vers le paganisme.

« Nous citerons — et cela suffira pour que Votre Grandeur saisisse notre pensée — la dévotion à saint Antoine de Padoue et à saint Expédit. Chacun sait que saint Antoine de Padoue n'est guère invoqué qu'en vue de grâces temporelles, et, ce qui est plus inquiétant, toujours en échange de quelques pièces de monnaie ou au moyen d'une correspondance, au moins bien singulière. Nous ne parlons pas des demandes étranges qui lui sont adressées.

« Quant à la dévotion à saint Expédit, elle est toute nouvelle, et le prestige de ce saint n'est dû qu'à un véritable Jeu de mots. On peut lire à ce sujet une étude dans Mélusine, t. IX, col. 169 et suivantes, col. 1187, a88, et un article des savants Jésuites Bollandistes dans Analecta Bollandiana, t. XVIII, p. 425.

« Nous pourrions ajouter, Monseigneur, qu'il n'y a pas jusqu'à la

déTotion à saint Joseph qui ne tende à prendre de plus en pins cette forme inquiétante (voir par exemple, le Propagateur de la déçotion à saint Joseph).

« Font-ils réellement œuvre utile à la religion, ceux qui propagent ces dévotions bizarres ? N'y aurait-il pas lieu au contraire, de condamner ces procédés et en même temps d'arrêter ce flot de puérilités dont les extraits ci-joints donneront une idée à Votre Grandeur ?

« On a établi à Rome une sorte de canon des indulgences d'où sont éliminées toutes les indulgences inauthentiques ou simplement suspectes. Ne conviendrait-il pas d'éliminer aussi les formes de dévotion, dont le caractère est nettement abusif ou suspect?

« Le budget de certaines œuvres perdrait peut-être à cette mesure quelques milliers de francs. Mais on ne peut s'arrêter un instant à des considérations de cette nature, s'il doit résulter de la réforme que nous indiquons un bénéfice d'ordre plus élevé.

« Un fait caractéristique a attiré notre attention : le vénérable curé de Saint-Sulpice, récemment rappelé à Dieu, ne voulut jamais laisser introduire dans son église la dévotion à saint Antoine de Padoue, sous la forme qu'elle revêt depuis quelques années et qui est précisément celle qui nons inquiète. On nous assure que son digne successeur n'entend point changer d'attitude.

« Nous avons obéi. Monseigneur, à la voix de notre conscience, en nous adressant à Votre Grandeur et en lui soumettant une question qui a déjà pu la préoccuper, s'il lui est arrivé comme à nous-mêmes de voir, dans certaines églises, le tabernacle du Divin Maître abandonné, et les fidèles en grand nombre à genoux devant la statue de saint Antoine de Padoue.

« Ce n'est pas, est-il besoin de le dire? dans un esprit de vaine critique, que nous venons de faire respectueusement et discrètement auprès de Votre Grandeur, cette démarche : nous avons cru servir une cause qui nous est chère.

« Daigne Votre Grandeur agréer l'expression du profond respect avec laquelle nous sommes, etc. »

Plusieurs Ëvèques ont répondu au Comité càlholique pour la défense du Droit ^diV des lettres très encourageantes et son initiative n'a pas été sans résultat.

Nous trouvons en effet à la suite de cette supplique dans le recueil où nous l'empruntons la note suivante :

D'Annecy nous a été transmis, en réponse à notre communication, le n° du i5 juin 1900 de la Semaine religieuse de ce diocèse ; ce numéro contient un article extrêmement énergique :

« Que MM. les curés, conclut le rédacteurauloriséqui tient la plume, que MM les curés préviennent les fidèles contre toute idée de s'abonner à de telles publications, d'en suivre les avis ; que les fidèles intelligents se gardent eux-mêmes et défendent aussi leur famille contre des pratiques qui rapetissent la religion, plus souvent encore en dénaturent complètement l'esprit. »

Le mal que nous signalions aux évêques parait très senti en ce moment, ainsi, d'ailleurs, que nous l'écrit un de nos vénérables correspondants. Deux jours après l'envoi de notre circulaire, la Semaine religieuse de Paris commençait la publication d'une série d'articles sur la question (2 juin, 23 juin, 3ojuin, etc,).

La Semaine religieuse du diocèse de Quimper du 7 septembre 1900 et celle du diocèse de Lyon dudit jour 7 septembre, se sont prononcées dans le même sens que nous et que la Semaine religieuse de Paris. La Semaine religieuse du diocèse de Vannes a publié, dans le n® du 28 juillet 1900, une note par laquelle l'évêque de Vannes défend à toutes les maisons religieuses du diocèse de recevoir, à moins d'une autorisation écrite, les publications « malavisées qui, sous prétexte d'augmenter dans les cœurs la confiance à quelques saints, racontent parfois des faits plus ou moins ridicules on controuvés qui ne peuvent que nuire à ce culte salutaire. » L'évêque ajoute : « Nous espérons que nos pieux diocésains tiendront bon comple pour eux-mêmes de l'avertissement donné à nos communautés religieuses )) (d'après {Univers^ du 5 août 1900).

Enfin, Le Pèlerin, nommé avec d'antres revues dans la Semaine

religieuse de Paris du 3o juin, vient de supprimer son bulletin intitulé : Le pain de saint Antoine de la rue François /*% à Paris.

Il appartient à tous les amis éclairés de la religion de travailler, chacun dans sa sphère, avec persévérance, douceur et fermeté, à la continuation et à l'achèvement de Toeuvre commencée.

Le Comité se fait un devoir d'ajouter qu'il ne revendique point l'initiative de ce mouvement : en effet, un de ses Amis et correspondants a bien voulu lui signaler un document de 1897, établissant qu'à cette date de bons chrétiens s'inspiraient déjà efficacement des mêmes préoccupations.

Il est opportun de placer aussi sous les yeux du lecteur la lettre que le Comité catholique pour la défense du Droit adressa au Cardinal-archevêque de Lyon à la date du 5 mars 1905.

M**^ Couillé a honoré le Comité d'une réponse fort bienveillante.

Paris» 5 mars 1906.

Emineïice.

Nous prenons très respectueusement la liberté de vous soumettre les réflexions qui suivent au sujet d une pratique tendant à se propager dans le diocèse de Lyon et dans les régions avoisinantes.

Cette pratique est celle qui consiste à absorber, soit dans un but de sanctification, soit en vue d'obtenir telles ou telles grâces, notamment des guérisons de maladie, de petites miniatures de la Sainte Vierge ou des saints.

La question ayant été portée devant la Congrégation du Saint-Office, celle-ci a formulé la réponse suivante :

« Dummodo vanaomnis observantia^ et periculum in ipsum incidenti removeatur, libère.

« Pourvu que toute vaine observance et le danger de tomber dans la vaine observance soient écartes, cette pratique est permise. »

Nous respectons l'avis du Saint-Office; mais n'est-il pas permis de craindre que le « danger de tomber dans la vaine observance » ne soit, le plus souvent, pour les fidèles, bien difficile à éviter?

Il nous paraît d'ailleurs, résulter des termes mêmes de cet avis que, g°. - ,.office n*a pas cru devoir formuler de blâme, il s'est, d 'autre dU ^^gneusement abstenu de rien dire qui put être interprété comme «n encouragement même implicite

E dehors de la « vaine observance » dont se préoccupe à bon ^mUla Sacrée Congrégation, n'est-il pas à redouter que cette absorp- Tn d'images, qui n'est, au fond, qu'un étrange pastiche de l-EucharTstienesoitde nature à provoquer les sarcasmes des ennemis . VEelise ainsi qu'à scandaliser la plupart des catbohques ?

Les sifçnes extérieurs de la piété ne doivent-ils pas, pour traduire W sentiments de Vâme, rester en harmonie avec les habitudes, et la pratique e» question ne présente-t-elle pas un caractère absolument contraire à nos mœurs?

Tels sont les doutes qui nous préoccupent. Votre haute sagesse

saura les lever.

Daigne votre Eminence agréer l'expression du profond respect avec

lequel nous sommes

Ses très humbles et très obéissants serviteurs.

CAMII-1.E PiNTA, Paul Violi^et,

Félix DupréLaTour, J. Quincampoix,

Léow Chaîne, Paul Bureau,

Ed. VlOLLET.

Kcdnische Zcitung {GazetU de Cologne) 4 octobre i904.

' in Paris und den grossen Fabrikorten erfûllt nur ein kleiner Teil der Bevœlkerung das, was man religiœse Pflichten nennt. Der Besuch der Messe in den Panser Arbeitervierteln ist sehr gering. Ein Pfarrer erzaeh tedem Verfàsser -was ^vir schon frûher an dieser Stelle nut- Su^n !^, dass wahrscheinlich ein Drittel der K.nder »oLetauft bleiben, dass viele nur getauft werden, wed d.e Mut er die S.ug ingsausteuer verdienen w.ll, dje von ^Xtigen Ve'reinen ausgesetzt wird, aber ntcht aus

religiœsem Pflichtgefûhl. Derselbe Pfarrer hœlt dafûr, dass die Dinge sich cher verschlechtern als verbessern, und die Kirche nach und nach ihrenEinfluss auf das Volk, insbesondere die gebildeten Klassen, veriiert. Es konnte die Namen von mehrern bekannten Franzosen nennen, die bis zu ihrcm Tode allgemein als Katholiken galten, aber kraft letzwilliger Verfûgung unter Beistand eines protestantischen Geistlichen oder auch ohne jeden Geistiichen begraben wurden. Ueber die Ursachen, die den Abfall der Gebildeten hervorrufen, sind die aufgeklœrten Katholiken so ziemlich einig. Wir mœgen hier an das frûher schon besprochene, jetzt in einer grœssern Ausgabeerschienene Werk von Léon Chaîne: Les Catholiques français et leurs difficultés actuelles erinnern. Der Gewaehrsmann der Times macht hauptsaîchlich Rom verantwortlich. Der Vatican hat waehrend der zweiter IlaBifte des 19. Jahrhunderts und schon frûher die Fanatiker beharlich anfgemuntert, aber jede Bewegung unterdrûckt, dieeine Belebung des reliziœsen Geistes in Frankreich versprach. Solche Regungen gaben sich mehrfach seit den Tagen Lamennais, kund, aber sie endeten immer wie diejenige, die dieser hervorragende Katholik vertrat. Im Amfang der ISOO*" Jahre, wenigstens teilweise înfolge der Enrjklika Novarum rerum Léon XIII war eine grosse Begeisterungwach geworden

Le Courrier de VAin (Bourg)» 5 octobre 1904. A LA MÉMOIRE DE ZOLA

En cette circonstance, il s'éleva bien au-dessus des misères de la politique et des pauvres débats qui lui font

cortège. Sa lettre : — J'accuse ! est comme la proclamation, la charte du plus imprescriptible des droits humains. Et cela est si vrai qu'il se trouva dans tous les camps des hommes pour venir à lui et le suivre dans la voie magnifique où il s'était engagé. Des catholiques ardents — comme M. Léon Chaine, qui écrivit un livre admirable — des Libre-penseurs intransigeants, des protestants pratiquants, des hommes de toute race et de toute nationalité se levèrent au nom de la vérité et du droit dans un mouvement de protestation ardente qui restera un des plus nobles et des plus caractéristiques de notre époque.

Voilà pourquoi le souvenir de Zola ne périra pas. Il a élevé à notre littérature nationale un monument de gloire robuste et qui durera. Mais il a dressé à la justice éternelle, en laquelle ont foi tous les êtres du monde, un temple de marbre pur impérissable. C'est vers ce temple idéal que se sont dirigés les manifestants de dimanche dernier. Et tous ceux qui songent à la Patrie, grande et forte parce qu'elle défendit toujours l'innocent, le faible et le persécuté, se sont de loin, avec ferveur, mêlés au cortège. La France est toujours la première nation du monde puisque les grandes vérités ont encore parmi ses fils de passionnés défenseurs.

Jean Renoud.

Brookly Daily Eagle (New- York), 30 octobre 1904.

Even fervent Catholics like the Comte d'Haussonville are beginning to see that there may be a conciliatory end to the slow moral révolution taking place in religions France, and that the séparation of church and State will not interfère withthe rites and rights of French Catholics.

Indeed, ît may be followed by an awakeningwhich will, in years, be called the revival of Catholicism in France, after Combes administration.

In a long article, d'Haussonville gives the history of the séparation of church and state in the Canton of Geneva...

The Comte d'Haussonville thus concludes his article : c I hope that the energy and the honor of the French Catholics will be equal to those of Geneva, that the zeal of French bishops will compare favorably with that of Bishop Mermillod, and that the clergy will fîght the good (ight. Furthermore, my humble advice to ail the French Catholics would be to do the best under trying circumstances and to speak words of peace and conciliation rather than those of strife and rébellion ».

In relation to the same subject, it is well to mention a book which bas recently appeared, by M. Léon Chaîne, in which he undertakes to show that allthefaults committed and mistakes made are note to be put on the shoulders of those who got up the laws of congrégation. In one part of the book the author writes : « In a great measure the Catholics are to blâme for the storm which is breaking over thers heads. Why were they opposed to ail sensé of justice in the Dreyfus case ? They dide not sto pto think or to reason; they dashed headlong into condemning this and that which the fallible army and the clergy thought fit to condemn to meet their own ends. They acted like children and then they are surprised that government now treats them as such j^.

In another part of his book he tells us that the time bas passed when a Peter the Hermit would preach a crusade and battles could be fought as they are described in the Old Testament. AU the fervent Catholics willingly compared General Mercier to one of the faithful against the enemies of the Most High.

The book is the more telling that M. Léon Chaîne îs a fervent Catholic, who, since his youth, has regularly attended mass and is a (irm believer of the doctrines of the Roman Catholic Ghurch.

The second part of the book takes up the other side of the subject and shows where the Frcnch government is at fault. It ought to hâve drawn ihe line at the cloisters. In one of the chapters, the author says : « In what do the members of closed congrégations, who dévote their liyes to méditation and prayer, who are never seen either in schools, churches nor public places, do not use their influence preaching in pulpits, in what do thèse men do any harm ? What matters it to modem socîety, to republicanprinciples, whether a monk in a deserted place spends his life in kneeiing and praying? Whether he be a Chartreux or a Trappist, he has a right to live his life as he chooses D.

The following is what he writes to the unbelieving : You who are so unfortunate as to hâve no heavenly stay to console you, to giveyou hope in the dark days of adversity and suffering, ought no to try to take the faith away of those who trust in God and His saints. Wath harm does it do them and you if they kneel before the cross and pray to the consoling Saviour who knows what anguish is? You claim freedom, they hâve a right to it also, and as long as the religions man lives according to the civil laws of his country you hâve no right to want to control his religions and moral nature ».

Revue des Revues (Paris), t" octobre 1904.

A cette nouvelle édition de l'ouvrage dont nous avons déjà donné une analyse, Tauteur a ajouté les nombreux

articles qui Font accueilli. Nous y distinguons un courant d'esprit qui ne s'est manifesté jusqu'à présent que d'une façon isolée. Pourtant, on l'a remarqué, M. Aulard a rassemblé ces diverses tendances sous la dénomination commune d'Ecole de Lyon, M. Léon Chaine, par son livre paru il y a deux ans, en a peut être été l'initiateur; VEcole de Lyon est composée de catholiques ardents, fermement attachés à l'orthodoxie et répugnant avec une égale énergie aux doctrines et aux œuvres d'intolérance; ce sont des « catholiques anticléricaux 9. Ils se caractérisent par ces traits : fidélité à l'enseignement religieux de TEglise, réaction contre tout cléricalisme, œuvre d'apaisement et de réconciliation par le progrès et la liberté. Ils sont disciples du Père Hecker, ont pour soutien M^*" Ireland, et se vouent principalement à l'étude des questions sociales.

A quelque parti qu'on appartienne, les travaux de ces hommes de bonne foi et de bonne volonté nous intéressent dans le présent, et nous les suivrons dans l'avenir avec infiniment d'attention.

Collaborateurs de La Revue.

Les Annales de philosophie chrétienne (Directeur abbé Ch. Denis), 1" novembre 1904.

Pourquoi les catholiques ont perdu la bataille^ par Paul Naudet. — La grande faute des catholiques de France, par Ch. Bota. — Les Catholiques français et leurs difficultés actuelles, par Léon Chaîne.

Ces trois volumes témoignent que certains catholiques font enfin leur examen de conscience. Il y a deux

ans que j'en fis autant dans les Annales en publiant les Leçons de V heure présente et la Situation intellectuelle

politique et sociale du clergé Depuis deux ans les

événements ont passé avec une rapidité peu consolante et ils ont eu le tort de me donner trop raison.

Donc les catholiques s'examinent, mais pas tous de la même manière. L'examen de M. Tabbé Naudet porte sur les fautes sociales, sur le ralliement de Léon XIII discuté et méconnu

Le livre de M. Bota ne saurait être lu sans être complété par ceux de MM. Naudet et Chaine. Il a pourtant bien des qualités

Avec M. Léon Chaine, on sait qu'on a affaire à quelqu'un que la casuistique de certains catholiques ne retient pas. Ce qu'il dit il le pense, il l'a médité et il ne se trompe guère. Je ne suis pas avec lui sur la culpabilité personnelle de Dreyfus que je crois réelle, mais pas plus grande que d'autres membres peu scrupuleux de TÉtat-Major. Je crois qu'on a arrêté Dreyfus trop tôt, que ceux qui l'ont dénoncé se sont servi de moyens peu scrupuleux et qui ne peuvent pas être des témoignages, que ceux qui l'ont chargé comme traître, l'ont fait avec passion et avec des procédés discutables, c'est le cas du commandant Henri ; je crois enfin que dans TEtat-Major et dans l'armée en général un laisser-aller déplorable existait avec d'autres choses aussi déplorables encore; mais je crois que l'affaire Dreyfus a servi de mauvais prétexte contre le clergé séculier, qu'elle est retombée sur les Jésuites qui ne sont nullement répréhensibles d'avoir eu des anciens élèves maladroits. L'imprudence du P. Du Lac n'est pas le fait d'un système, c'est une imprudence simplement. Enfin, je ne puis perdre de vue que l'affaire Dreyfus a été quelque chose de subit, d'imprévu, et que les cléricaux maladroits n'ont jamais pu tabler sur ce fait pour commettre des fautes et de mauvaises manœuvres. Lorsque l'aristocratie française, à la

suite de raffaire Dreyfus, rompit avec les salons de la société juive, elle ne le fit pas pour obéir à M. Drumont, c'est-à-dire à un antisémitisme étroit et systématique, elle le fit par patriotisme sincère; elle se mit prudemment en garde contre Taccusation possible de compromission coupable avec les coreligionnaires du traître. Mais après tout, ces réserves n'infirment en rien le livre courageux de M. Léon Chaîne, elles le justifient plutôt.

Pour tout le reste, M. Chaine n'a pas tort non plus; j'aime par dessus tout ses chapitres sur le clergé séculier et les congrégations, Tabus des dévotions nouvelles, la timidité intellectuelle de certains catholiques.

Comme M. Naudet et M. Bota, notre auteur manque aussi de précision sur la cause générale des difficultés dont il parle. Je dirai à M. Chaine comme aux autres : Quels sont ceux qui sèment la division parmi les catholiques français ? Tant qu'on cherchera des causes éparpillées, secondaires, on n'expliquera pas la constance du principe de désunion, la durée de la mésintelligence, et la cause visiblement uniforme et toujours identique de nos impuissances. J'attends avec impatience celui qui nous dira cela : je lui souhaite l'éloquence émue de M. Naudet, la sincérité de M. Chaine et la clarté méthodique de M. Bota, mais avec quelque chose de plus, quoi ? l'ironie

cinglante de Pascal

Ch. Denis.

Daily Mail (Londres), 6 novembre 1904.

M. Léon Chaîne has publisbed an interesting book entitled les Catholiques français et leurs difficultés actuelles^ dealing with the Church and State question

in France- It is of much value in view of the prominent part this question is plaving in the French Chamber, and it further possesses intrinsic value owingto its suggestîng a via média.

Le Siècle (Paris), 15 novembre 1904.

Page 1