‹ Les catholiques libérauxChapitre 14 sur 52 · I.KGI.ISE HT I.E I.IBKR \LIS\1E · texte numérisé non relu

I.KGI.ISE HT I.E I.IBKR \LIS\1E

similitudes de noms et de formes ; bien plus, quand, désabusés par ses conséquences et épouvantés par ses excès, ils la répudieraient tout entière, de 1789 à ISIÎO, et de ITîKi à 1871, la révolution et la société modt'rne sont-elles forcément solidaires? Les libertés j)ubliques ontelles, pour lleurir, attendu partout la san;{lante aurore de la |)rise de la Bastille, et les franchises polititpies ne remontent-elles mille pari au delà du serment du Jeu de paume et de la Déclaration des droits de l'homme ? Notre horizon, dans le temps ou daus l'espace, est-il si borne (jue la liberté ne puisse nous apparaître en dehors des abstractions et des fornuiles françaises de la lin du dix-liuilième siècle, et que, hors le lejjs de la révolution, il n'y ait plus pour nous de civilisation moderne? Ne connaissons-nous |)as, dans notre voisinage même, des pays où la libirté, née sous d'autres auspices, a jeté des racines autrement fortes et j)rofondes que dans la patrie de la révolution? Que dis-je? sur ce continent, sur celte vieille terre française d'où devait, avec nos assemblées et nos armées, sortir le renouvellement violent de l'Kurope, le moyen âge, l'âge de la foi n'avait-ii pas de tous côtés semé des germes de liberté, et, si l'éclosion ou le développement en a été arrêté, la faute en revient-

elle à l'Eglise ou bien aux rois, à la noblesse, à la bourgeoisie?

La nolion de liberté politique est antérieure à la révolution aussi bien qu'à la reforme 5 et, alors même que la révolution, et avec elle l'extrême démocratie qui prétend la pousser jusqu'à ses dernières conséquences, serait réellement inconq)atible avec le catliolicisme, les catholiques n'en garderaient pas moins le droit de se réclamer des libertés civiles pour lesquelles, en Italie, en Angleterre, en Esj)agne, en Hongrie, en Pologne, en Flandre, en France même, leurs ancêtres ont j)lus d'une fois conibattu. Les libertés politiques auraient beau avoir clé conquises sans eux et malgré eux, que rien ne pourrait leur interdire d'en ftiire leur profit, ni personne les contraindre à s'en laisser frustrer.

Lue erreur fort accréditée, c'est de croire le catholicisme enchaîné par ses doctrines ou ses traditions à la monarchie absolue, à ce qu'on nonnne la royauté de droit divin. Rien de moins justifié. Il n'y a là, en fiiit, qu'une équivoque grossière, provoquée par une sorte de jeu de mois. Tout au plus y peut-on reconnaîlre une interprétation arbitraire de VOmnis potestas a Deo. A vrai dire, la théorie du droit lUviu n'est même pas d'origine religieuse, elle est plutôt

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