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CHAPITRE IV

Origines du mouvement catholique libéral. — Dans quelle mesure il se rattache au romatilisme. — (Comment c était lui aussi un mouvement d'émancipalion. — Knquel sens il relève du moyen àyc. — Comment il n'en demeure pas moins essentiellement moderne.

Il est (les saisons de |)riiiloiiij)s inlellecliiel où, dans tous les domaines, les idées semblent se renouveler. Telle a été la Restauration, telles ont été les premières années de la monarchie de Juillet, ce qu'on peut appeler la jeunesse ou l'adolescence du siècle. C'était l'époque oii le romantisme, exalté au souille de la Révolution, se répandait en tous sens , prétendant rajeunir le présent au nom du passé, mêlant clans ses bi- ^sarres hardiesses les réminiscences du moyen âge aux utopies incohérentes de l'avenir. Malgré «es excès et ses puérilités, un pareil mouvement ne pouvait demeurer sans écho chez les catholiques qui en avaient recueilli les prémices avec Chateaubriand et le Génie du christianisme.

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Le romanlisme, du rcsle, avec son dégoût de la vie ou de la réalité, avec sa iiosi algie de l'iiilini, provenait indirectement de Tlùangile, de l'agrandissenicnt , de i'aj)|)n>londissenjent de ràine humaine par la loi chrétienne et du vide creusé dons les cœurs par le scepticisme.

Au romantisme littéraire, à la fois conservateur et révohilioimaire, é|)ris en même tem|)S de restauration et d'innovation , sorte de Janus , jeune et vieux simultanément, hien qu'essentiellement moderne sous son déguisement moyen âge, mais à un romantisme plus sérieux, |)his convaincu, phis consécpient, moins de mois (jue d'idées, moins de forme (pic de fond, se rattachaient par plus d'un trait, à leur insu même, moins par le stjle et le tour de l'imagination que par le sentiment et le tour de la jx'iiséc, les premiers apôtres du libéralisme catholicpie; et La Mennais, avec ses paraboles orientales et ses versets rhythmés, La Mennaisdemeuré, par l'ampleur de la phrase comme par la chaleur et la couleur de la langue, l'un des maîtres de la prose nouvelle et des initiateurs de la j)oésie sans vers; et Lacordaire, atteint dans sa jeunesse du mal de René et d'Obermann, « rassasié de tout sans avoir rien conmi » , Lacordaire, autre poëte en prose, le grand romantique de la chaire, qui

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couvre en vain ses images et ses métaphores de noms ou de souvenirs classiques; et Montalenibert lui-même, le tiaducteur des Pèlerins polonais de Mickiewicz, le restaurateur des légendes monastiques et le pieux historien de la « chère sainte EUsabcth' » .

Certes, il serait souverainement injuste de réduire l'initiative de ces ardents et téméraires champions de TKglise à n'èlrt' qu'un écho j)rolongé du romantisme, comme il serait inique de n'y voir qu'un contre-coup de la révolution de Juillet. Telle n'est pas noire pensée; mais ce n'est point taire injure à ces vaillants esprits que de retrouver chez eux, dans leur langue, dans leurs idées, dans leurs espérances ou leurs illusions mêmes, la trace à demi elTacce des courants intellectuels qui, avec le romantisme, ramenaient partout en Europe des senlimenls nouveaux, élargissaient ])0ur le cœur et l'esprit les horizons rétrécis du dix - huitième siècle , réagissaient contre la sécheresse de sa philosophie et dj sa littérature, nous rendaient, avec rinlelligeuce de l'art gothi(pie, le goût et le sons du nmyen âge, et presque partout ramenaient les imaginations,

' Les Lettres ilc Moiitaicmbort à ini ami d ■ collnjc monirent combien dans sa jeunesse il élail un adepte eulliousiaste do l'école loinantique.

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