‹ Les catholiques libérauxChapitre 34 sur 52 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Conséquences du concile du \;ilican. — L'infuillibililé poiilificalc et les rapports de IlO'^lisi' cl des puissances. — l/iiiPaillibilité et la chute du pouvoir temporel des papes. — L'empire spirituel de la papauté est consolide au moment où vWc. est dépouillée de sa royauté terrestre. — Kst-il vrai (|ue rinfaillibilité papale élève une barrière de plus entre l'Kylise et les libertés modernes?

Ce qui noii.s intéresse surtout, ce sont les résultats prati(jues, c'est Tinipartial jufjemcnl des faits que rendent tôt ou tard les années, et qu'aucune autorité ne saurait casser ni contester. Or, si Ton regarde la sentence portée par le teinj)s, qui marche si vite aujourd'hui, sur ces controverses déjà si loin de nous, on s'aperçoit, nous seml)le-t-il, qu'ainsi qu'il arrive souvent dans la chaleur du combat, les différents partis et les divers acteurs ont attaché à leurs luttes une iniportance outrée; que, d'un côté et de l'autre, ils s'en exafjéraient les conséquences, et qu'à tout prendre, la nouvelle définition dogmatique n'a

valu à l'Eglise ni tout ce qu'en redoutaient les uns, ni tout ce qu'en espéraient les autres.

Est-ce à dire que toutes les appréhensions de la minorité du concile fussent vaines? \on, assurément. En Orient, en .Allemagne, en Suisse, en Italie, en France même, la proclamation de l'infaillibilité du Pape a été le signal, a été la cause ou le prétexte de scissions et de défections qui, pour n'avoir entraîné qu'un petit nombre de fidèles, ou mieux, d'indifférents sans foi, n'en ont pas moins été une plaie nouvelle au sein de l'Eglise. Chose plus grave que le schisme mortné des vieux catholiques, l'érection de l'infaillibilité pontificale en dogme a partout réveillé, contre le Saint-Siège, les défiances des peuples et des gouvernements. L'ombre en a paru s'étendre sur la société civile, et les pouvoirs laïques en ont été offusqués. En Autriche, M. de Beust profite des décisions du concile pour dénoncer le concordat de 1855, l'un des plus favorables à l'Eglise que Rome ait jamais signés. Les cours et les Etats non catholiques n'ont pas été les derniers à s'en alarmer. En Allemagne et en Angleterre, on a vu deux hommes d'Etat, de principes et de tempérament bien différents, mais à certains égards les deux plus remarquables de leur âge et tous deux se piquant également d'être

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