PRÉFACE. XXV
plète. Il va sans dire que le Correspondant l'a loué à outrance en compagnie de /'Ami de la religion qui existait encore, et du Journal des villes et des campagnes qui vit toujours, mais la sage et respectable Union elleméme lui a consacré six articles de compliments. Elle a fait, sans doute, plusieurs réserves, mais des réserves qui portaient principalement sur des théories de légitimité gallicane, dont elle est encore quelquefois l'organe habitudinaire, et que M. l'abbé Godard hlessait sans vergogne. ll est vrai que la plume était tenue dans cette circonstance par M. Alfred Nettement qui a rendu plus d'un service à la bonne cause, quoiqu'il ne se défie pas assez de ses systèmes préconçus dans leurs rapports avec la théologie et l'histoire ecclésiastique. N'avons-nous pas lu en août 1862, une variété littéraire signée de sa main, toujours dans un journal aussi grave que l'Union, où l'on expliquait l'évanouissement du héros en la personne du duc d'Anjou devenu Henri III, par cette raison que si le vainqueur de Jarnac et de Moncontour pouvait être le chef des catholiques, le roi de France ne le pouvait plus, la mission de la royauté étant de représenter tous les partis, autant le protestant que le catholique, et cela dix ans aprés la mort de Calvin! Quand la conciliation est si fort à la mode dans la meilleure compagnie, qu'on s'étonne encore qu'il y ait des énerguménes qui parlent de concilier enfin Dieu et Satan!
Nous discuterons donc le livre de M. l'abbé Léon
XXVI PRÉFACE
Godard sur Les principes de 89 et la doctrine catholique. Nous reproduirons à cette fin les articles que nous avons publiés dans le Monde avant la sentence de l'Indez, e& nous aurons bien peu de chose à y changer.
Les principes libéraux devaient surtout recruter leurs partisans parmi les catholiques laiques, qui moins versés dans les arcanes de la théologie, devaient étre plus facilement éblouis par les apparences de Secours que ces principes pouvaient apporter à la cause religieuse, quand l'opinion était mal disposée, et aussi, pourquoi ne le dirions-nous pas? parce que ces principes offrent aux hommes politiques des effets oratoires incomparables. Cette derniére remarque rappelle tout de suite le nom de M. de Montalembert et les services qu'il a rendus à l'Église, services incontestables et que l'ingratitude seule pourrait méconnaitre. Ses ouvrages étaient done naturellement indiqués comme ceux qu'il était le plus opportun d'étudier, afin d'en extraire les arguments les plus considérables dont la défense de la'liberté moderne pouvait se prévaloir. Cependant nous y avons renoncé. M. de Montalembert avoue lui-méme que la liberté a été la passion de sa vie, et l'on peut voir dans son dernier livre : Le P. Lacordaire, que la tombe à peine fermée de son vieil ami, loin de calmer cette passion, l'a plutót exaspérée. Or la passion ne raisonne pas. Elle ne construit pas un systéme. Elle parle sans suite