‹ Les Causalgies Post-Traumatiques de Weir-Mitchell et Leur DevenirChapitre 12 sur 69 · DR PE · texte numérisé non relu

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tard, perdant la guérison de la plaie. Le siège de prédildction, c’est le pied ou la mai; elle affectionne les régions qui subissent les altérations nutritives les plus considérables. Ainsi, la paume de la main, la face palmaire des doigts, la face dorsale du pied (territoire du médian ou du sciatique poplité externe). Rarement, elle envahit le dos de la main ou la plante du pied. Lorsqu'elle a atteint d'emblée tout le pied, ou la main tout entière elle persiste plus longtemps dans les régions que nous avons indiquées comme siège de prédilection. Le plus grand nombre des patients décrit la douleur comme localisée à la superficie, mais d’autres prétendent la ressentir dans la profondeur et presque dans les jointures. Quoi qu’il en soit, lorsqu'elle a duré longtemps, elle paraît se réfugier sous la peau.

Son intensité varie depuis une simple sensatiorr de cufsson jusqu’à un état de torture à peine croyable, capable de réagir sur toute l’économie et de compromette la santé générale. Non seulement la partie affectée souifre de cette sensation de brûlure, mais l’hyperesthésie exalte sa susceptibilité nerveuse, au point qu’un simple choc, un léger attouchement avec le doigt, provoque une exacerbation de la souffrance. Les malades evitent l’exposition à l'air, avec des précautions qui semblent ridicules; quelques-uns passent leur temps à mouiller continuellement leur main avec de l'eau froide. Deux de ces malheureux transportaient partout avec eux une bouteille d'eau et une éponge, afin de pouvoir humecter continuellerment leur main.

A mesure que la douleur augmente, le retentissement sur tout l’organisme s'accroît; le caractère s’aigrit: le visage exprime l'anxiété; le regard laisse lire la fatigue et la souffrance; les nuits sont sans repos. L’état général, réagissant à son tour sur la bessure, exalte encore l’hyperesthésie, et alors le froissement d’un journal, le souffle du vent, le pas d’un homme, le claquement d’une porte, les vibrations produites par une marche militaire, le choc du pied contre le sol, exaspèrent la douleur. En un mot, le patient devient hystérique, pour employer le seul terme qui convienne à cet état. La démarche est cauteleuse, il soutient le membre blessé avec le membre sain, il est tremblant, nerveux, recourt à toutes sortes de moyens pour atténuer sa soufframce. Dans deux circonstances, les malades n’éprouvaient de soulagement qu’en remplissant leurs bottes avec de l’eau froide. Lorsqu'on leur en demandait la raison, ils prétendaiert, en agissant ainsi, diminuer les chocs que provoque la marche. Nous me pouvons nous expliquer comment et pourquoi il en était ainsi. Une de ces hommes poussait les choses jusqu’à mouiller la main saine lorsqu'il devait toucher l’autre, et, lorsqu'un observateur voulait l’examiner, il insistait pour qu’il prit la même précautiom La saison froide était ordinairement la plus favorable. La saison chaude, la chaleur ou la déclivité du membre, étaient mal supportées.

Dès les premiers moments, nous avions cherché l'explication de ces phénomènes dans des affectioms réflexes; il nous paraissait probable que Pirritation traumatique qui existait en un point du trajet nerveux, était simplement rapportée à la périphérie, conformément à une loi bien connue.

L'étude ultérieure nous amène à soupçonner que l’irritation du nerf au niveau de la plaie donre lieu à des désordres circulatoires et trophiques à la périphérie. Ceci pourrait bien être la véritable cause des phénomènes douloureux. Les considérations suivantes corroborent cette manière de voir et nous permettent de nous rattacher à cette idée que la semsation de brûlure a bien son origine dans les points mêmes où elle est ressentie. Si, en effet, la sensation de cuisson était vraiment une sensation subjective, rapportée faussement à la périphérie, il est évident qu’elle devrait se rencontrer quelquefois dars les cas de division com plète des nerfs, et par conséquent dans des régions frappées d’anesthésie tactile. Or, jamais ce fait ne s’est présenté à nous. D’autre part, la sensation de cuissom $’accompagne souvent d’hyperesthésie. N’est-il pas naturel que les désordres de nutrition, Souvent si marqués dans la peau congestionnée, dénudée et: altérée, puissent donner naissarce à une affection des extrémités terminales des fibres sensitives? La douleur se produit précisément quand om fait agir les irritants sur l'enveloppe tégu-

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