OBSERVATION XVIII
Observation prise par nous-même sur un ancien malade de M. le Professeur Tixier. )
Causaigie au médian et äu musculo-cutané par luxation antérieure du semi-lurraire “en 1927. Guérison par résection de cet os. Evolution: la causalgie diminua considérablement après l'opération, cessa complètement e‘ définitiveinent deux mois après celle-ci, quatre mois après l’accident.
Actuellement, 1930, légers Signes d'augmentation de tonus du sympathique cervical âroit et d’hyperexcitabilité de l’hémimoelle correspordante.
D... Pierre, quarante-deux ans.
Antécédents héréditaires, rien de particulier.
Antécédents personnels: nie la spécificité et l’éthylisrne.
Caractère calme et tranquille, intelligermce peu vive, mais cerveau équilibre.
Sujei aux névralgies et aux migraines.
Myojie très marquée.
Acëident le 2 août 1927: par suite d’un choc, il est tombé d’un camion automobile, transporté à l’Hôtel-Dieu, service de M. le Professeur Tixier:
A l’examen, le poignet était alors très tuméfié. la main se trouvait en légère flexion palmaire, et était inclinée sur le bord radial et présentait l'attitude « clouée ». Le malade ressentait des fourmillements dans ses . doigts, qui étaïent également tuméfiés, et percevait une douleur exquise lorsqu'on palpait au niveau des styloïdes radiale et cubitale droites. A la face antérieure du poignet, on sentait une petite saillie qui faisait penser au semi-lupaire.
Examen radiographique: fracture des styloïdes radiale et cubitale droites, luxation antérieure du semi-lunaire, léger diastasis radio-cubital, augmentalion de la distance qui sépare les divers os du carpe, léger degré de dislocation carpienne.
Le 4 août, réduction, et mise en plâtre sous anesthésie par MM. de Rougemont ei Tillier.
Une radiographie de contrôle montre que le semi-lunaire a repris sa place; la réduction paraît bonne.
Du 4 août au 26 août, on laissa l’appareil plâtré; le malade commença à sentir de la chaleur pénible dans les trois premiers doigts, dans .la paume de la main et à l’avant-bras, dans le territoire du musculo-cutané, par suiic des anastomoses quelquefois très frappantes de ce nerf avec le médian. En outre, il continue à avoir des fourmillements dans les doigts.
Le 26 août, ablatior du plâtre. C’est alors que les douleurs s’acceniuèrent manifestement. Les sensations de chaleur pénible devinrent des sensations de douleur cuisante. Les territoires du médian et du musculocutané étaient également caractérisés par de la rougeur, du gonflement et de la transpiration. Sur ces mêmes territoires apparurent de petiles vésicules qui crevèrent et laissèrent échapper un peu de liquide séreux. Les ongles de la main droite présentaient un accroissement inmconsidéré, mais ils étaient excessivement friables et £e recourbaient sous forme de bourrelets. Les trois premiers doigts étaient œdématiés, et leur peau luisange était ‘tendue: on aurait dit qu’elle était prête à crever. Le malade ma présenté aucune manifestation oculaire ni auriculaire. Le psychisme fut peu moüiflé, mais il ne dormait plus et perdait l'appétit. Les doigts avaient de Ja peire à se mouvoir; les mouvements d'opposition du pouce avec le petit doigt étaient impossibles.
On pensa qu'avec le temps, les douleurs et les troubles trophiques finiraient par s’atténuer. Or, au contraire, la causalgie augmenta progressivemeont.
Si bien qu’à la fin du mois de septembre, on se décida à faire une nouvelle radiographie qui montra la récidive de la luxation antérieure du semi-lunaire, et le basculement du grand os, dont la tête faisait saillie en arrière.
On se décida alors à une intervention sanglamte qui fut bien accueillie par je malade et fut pratiquée par MM. Philippe Rochet, Pollosson et de Rougemont.
Intervention le 1° octobre 1927; anesthésie générale; jimcision longitudinale dcrsale pour éviter le médian et les tissus œdématiés, résection du semi-lunaire et de la tête du grand os, plâtre en flexion totale.
Après l'opération, les semsations de chaleur cuisante, la rougeur et le gonfliement diminuèrent considérablement, mais ne cessèrent compilètement qu'à la fin du mois de novembre, c'est-à-dire deux mois après l’opération, quatre mois après l’acciderrt.
Pendant l'hiver 1927-1928, l’ancien blessé se plaignait continuellement de froid à la main droite.
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Etat actue!, janvier 1930: au point de vue moteur, les mouvements d'opposition du pouce sont limités, les doigts sont moins agiles, 1a main est légèrement maladroite. Tous ces phénomènes sont particulièrement nets le matin et ont obligé l’ancien traumatisé à changer d'emploi.
Au point de vue trophique, on mote de l’atrophie musculaire de la main et de l’avant-bras du côté droit, dont les circonférences sont inférieures à celles du côté gauche.
La peau des trois premiers doigts à un aspect corné; les pulsations radiale, cubitale et humérale du côté droit semblent moins amples que du côté gauche et expliquent l’hypothermie actuelle de la main.
D'ailleurs, du côté droit, l'iris du globe oculaire est légèrement plus dilaté que au côté gauche, le blanc de l’œil et le pharynx sont moins vascularisés que dau côté opposé.
Au point de vue sensitif: du côté droit les réfrexes tendineux, tricipital, cubito-pronateur et périosté-radial sont nettement plus vifs. qu’à gauche; on à noté également une hyperexcitabilité de l’hémimoelle correspondante, constituant avec l’augnrentation de tonus du sympathique cervical droit des reliquats de la causalgie.
La sensibilité objective me présente pas de troubles; l’ancien blessé ressent encore à l’occasion des changements de temps des picotements au niveau de ses anciennes fractures styloïdiennes, radiale et cubitale, mais de causalgie il na plus été question depuis la fin novembre 19927.
OBSERVATION XIX Observation de Michel Regnard et Robert Didier.
Causalgie localisée au territoire au saphène externe (branche du sciatique poplité interne), apparue chez un soldat un an et demi après sa blessure, grâce à la formation d'un ostéome dau tiers inférieur du fémur compriaunt le sciatique. Disparition immédiate et complète des phénomènes causalgiques après l’ablation de l’ostéome.
Le nemmé D..., soldat d'infanterie, âgé de 29 ans, exerçant dans le civil la profession de peintre, est entré le 24 juin 1916 dans le service chirurgical de l'Hôpital Saint-Joseph à E.…. 4
Cet Eonime se plaignait de douleurs très vives dans la partie externe de la jaiibe et du pied droits. Ces douleurs étaient consécutives, disait-il, à une biessure qu’il avait reçue neuf mois auparavant dams les circonstances suivantes :
. Le 25 septembre 1915, à T.…, en Champagne, il avait été frappé au cours d’une attaque par une balle qui avait pénétré dans le tiers inférieur de la cuisse droite un peu au-dessus du creux poplité. Le soldat avait ressenti um choc très violent; il était tombé par terre, et malgré tous ses efforts, il n'avait pu se relever. Sa jambe droite était paralysée, disait-il, et il ressentait une douleur très vive jusqu’au bout du pied; il aurait eu en même temps une très forte hémorragie. Ce n’est que deux jours après que des brancardiers purent le relever sur le champ de bataille er le transportèrent dans une ambulance où on lui fit un pansement et d'où on l’évacua de suite à l’intérieur.
Dés son arrivée, le 1er octobre, on l’opéra. Il ne se souvient pas au juste de quelle opération fut pratiquée, mais d’après les dires du blessé, l’interverltion fut très longue et il perdit encore beaucoup de sang. Il resta pendant cinq mois à cet hôpital, pendant lesquels la blessure suppura abondamment. Enfin, après une convalescence, notre blessé rejoigrait son dépôt. La blessure était totalement cicatrisée.
Dès le mois de novembre, il dit avoir ressenti les douleurs qui l’amènent dalrs notre service, et dont nous verrons plus loin les caractères, mais dans la suite, elles devinrent de plus en plus intenses. Sur sa demade, il part de nouveau au front au mois de mai, mais ne peut faire son service, ses souffrances deverant très violentes. I1 fut alors évacué à G.…., où lon constate à la radiographie la présence d’éclats métalliques