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multipres et très petits à la face interne d2 la cuisse droite dans son tiers inférieur, et on l’envoya à E.…. * À
Lors de l’arrivée du malade, nous constatons à l’examen la présence à la face postéro-interne de la cuisse droite au niveau du creux poplité, un peu au-dessus de l’interligne articulaire d’une vaste cicatrice étoilée épaisse, et adhérente aux plans profonds.
Cette cicatrice n'est pas douloureuse au toucher, mais le malade accuse des douleurs vives à la face externe de la cheville, du talom et du pied droits (territoire du saphène externe). Les douleurs sont parfois spontanées mais elles sont surtout provoquées. Sur le territoire indiqué, le moindre attouchement, le moindre frôlement de la peau produit une douleur avec sensation de brûlure intense. La pression profonde au coniraire n’est pas douloureuse. ’attouchement est beaucoup moins pénible si on vient à mouiller la peau de la région. Toutefois, nous n’avons pas observé de synesthésalgie. D’autre part, il n’existait aucun. trouble de la sensibilité superficielle ou profonde; les réflexes rotuliens étaient normaux; le réflexe achilléen gauche aboli. Pas de troubles moteurs bien nets, sauf peut-être un très léger degré de paresse des muscles de la région antéro-externe de la jambe. Notons que l’examen clinique était rendu très difficire par les douieurs vives que l’on provoquait dès que l’on voulait toucher le blessé. I1 fut alors envoyé à la radiographie, pratiquée par Je Docteur Bodriel, qui montra d’une part la présence d’éclats métaliiques multiples et d'autre part un ostéome adhérent à la face postérieure du fémur, ayant la forme d’un croissant placé dans le sens vertical, de trois à quatre centimètres de hauteur enviroimw
Pensañt que cet ostéome pourail être la cause de l’irritation nerveuse, nous en décidons l’ablation.
L'opération fut pratiquée le 12 août 1916, par le Docteur Didier, qui ayant fait une large imcision à la partie postérieure de la cuisse, et ayant pénétré jusqu’à l’os en passant entre le demi-membraneux et Je grand adaucieur, se trouva ‘en présence d’un ostéome volumineux, anguleux, portairt deux cornes dont l’une appuyait directement, à travers un très mince rideau musculaire, sur le nerf sciatique. L’ostéome fut isolé, réséqué. De plus, on put extraire dans la cuisse du demi-tendineux, un gros fragment de balle.
Dès ie lendemain de cette opération, les douleurs avaient complètement cessé. L’attouchememt de la région externe du pied n’était nullement douloureux; le malade put se lever au boui de quinze jours, sans ressentir aucune gêrie.
A l'heure actuelle, les sensibilités superficielles et profondes sont normales dans le territoire précédemment hyperesthésié. La force musculaire est bonne: seule persiste l’abolitionm du réflexe achilléen.
OBSERVATION XX Observation de Cotte.
I s’agit d’un individu de trente-six ans, qui fut blessé le 25 mars 1916 au bras droit par un éclat d’obus.
Douleurs cuisantes localisées à la main.
Paroxysmes à l’occasion des mouvements, de la chaleur, de la lumière solaire, des émotions et des bruits.
Paume et doigts rouges, suarmts, porteurs de sudaminas.
Pas de paralysie motrice; seule une diminution de la force des fléchisseurs des doigts.
Sensibilité objective normale.
Hypoexcitabilité électrique du médian.
Dénudation de l’artère humérale, 30 mars 1916.
Libération du nerf médian qui présentait un état congestif intense, avec de nombreuses arborisations vasculaires. Libération de l'artère, dont la dénudation fut très difficile. La gaine était très adhérente à la paroi artérielle; em un point même il y eut une petite déchirure qui
nécessita une ligature de l'artère. La gaine vasculaire fut enlevée sur six centimètres.
Dès le soir de l'intervention, la douleur était moins violente et la main présentait une coloration normale.
Cinq mois après l'intervention, disparition complète des douleurs et des troubles vaso-moteurs. Les réactions électriques du médian sont redevenues normales.
Revu en mars 1930, c’est-à-dire quatorze ans après. Guérison définitive.
Causalgies de Weir-Mitchell dans le domaine du trijumeau
OBSERVATION XXI Observation de Monbrun.
H.…., vingt-six ans, 352c régiment d'infanterie, voyageur de commerce.
Blessé le 29 août 1914 par éclat d’obus, qui produisit ure petite encoche du rebord orbitaire gauche. Persistance d’un moignoir atrophique.
Au moment de sa blessure, épistaxies, perte de connaissance pendant six semaines; puis pendant plusieurs semaines irmconscience plus ou moins nette.
Réformé en février 1915, il reprend ses occupatioms civiles, et ne commence à souffrir qu’en novembre 1915, soit quinze mois après la blessure, alors que celle-ci, parfaitement cicatrisée, ne présente aucun caractère inflammatoire.
Douleurs continuelles, jour et nuit, du côté gauche de la tête et de la face, avec exacerbation et phénomènes vaso-moteurs et sécrétoires, surtout au niveau du front. La rougeur, la sensation de chaleur et la sudation augmentent au moment des crises douloureuses. Irritabilité du caractère sur laquelle le malade insiste lui-même. Quelques troubles de la mémoire.
Anesthésie totale aux 3 modes, dans tout le territoire cutané du trijumeau gauche. Anesthésie des fosses nasales du même côté, et de la cavité buccale également du même côté. Gênes de la mastication: les aliments restent emtre les joues et les dents.
Légère paralysie faciale. L’oreille présente une surdité totale avec tympan scléreux. L’œil blessé n’a pas été énucléé; éclaté, il s’est atrophié. Il existe un moignon. L’œil droit est normal; présente une dilatation moyenne: réagit bien.
Le 25 avril 1916, énucléation du moignon avec section du nerf optique au fond de l'orbite; depuis l’intervention, les douleurs persistent avec les mêmes caractères.
1916 à 1957: le malade a été revu de temps à autre et présentait toujours les mêmes phénomènes; il présentait une légère hyperhémie de côté lésé, et les émotions continuaient à accroître ses douleurs. En outre, les contacts superficiels de tout son corps, et plus particulièrement de ses membres inférieurs provoquaient des paroxysmes douloureux dams son hémiface.
OBSERVATION XXII Observation de Tinel.
Causalgie du nerf maxillaire inférieur consécutive à une avulsion den-
taire, précédée d’une manœuvre maladroite sur le nerf. Une femme de trente et un ans vient consulter pour une sorte de
névialgie faciale gauche datant de quatre mois, apparue après l’avulsion d’une grosse molaire.
En réalité, il n’y a pas de névralgie faciale, mais une algie à caractères sympathiques très caractérisés. Cette femme était en traitement pour une petite carie d'une grosse molaire inférieure gauche. Un opérateur mécanicien voulut dévitaliser la dent et crut enlever le nerf, mais il le manqua, et obtura malgré tout le canal dentaire. Il en résulta des névralgies dentaires très violentes. On désobtura le canal ‘et l’on essaya sans succès d’enlever le nerf, atrocement douloureux. Ne pouvant réussir, on décide l’avulsion de la dent, après laquelle les douleurs névralgiques disparaissent rapidement. Mais apparaît alors une sorte de 1révralgie faciale à forme vaso-motrice, d’allure. particulière, qui à persisté pendnt cinq mois, «et que la malade attribue à l'injection d’adrénaline pratiquée au moment de l’avulsion.
Cette névralgie d'allures si particulières dure déjà depuis deux mois lorsque nous voyons la malade. C’est une sensation de chaleur brûlante avec battements artériels de la partie inférieure de l’hémiface gauche, et de la région susmaxillaire du même côté. La malade a recours pour se soulager à l'application d'une serviette mouillée d’eau froide.
Il existe des exacerbations paroxystiques, véritables crises de battements et de cuissons localisées; elles apparaissent suriout la nuit.
A l'examen (25 mars 19£1), on observe une rougeur assez vive de la partie inférieure gauche de la face et du lobule de l'oreille.
Revué un mois après, le 20 avril, les troubles se sont plutôt accentués; les sensations éprouvées sont plus vives; il existe même une légère irradiation douloureuse vers 1es régions homologues du côté opposé.
Mais surtout, la perspective d’une opération proposée par un chirurgien (grattage du maxillaire où persiste probablement un petit point de nécrose), à mis la malade duns un état d’énervement extrème, avec Insomnies et agitation anxieuse, Cette agitation s’accuse encore les jours suivants et s'accompagne d’une exag6ratiorr extrême des sensations éprouvées. |
La malade accuse maintenant une sensation permanente d’engourdissement de l’hémiface gauche, qui lui semble comme morte. Elle dit avoir un masque de carton sur la figure. Elle éprouve des bourdonnements et des sifflements de l’oreille gauche. En outre, la malade souffre toujours de la sensation très vive de chaleur cuisante de la partie inférieure de l’hémiface gauche.
i'état d’agitation et d’énervemrent devient tel, que la malade se décide à entrer darrs une maison de santé; mais la veille de son entrée, brusquement, sans cause, se produit une accalmie; toutes les sensations anormales s’apaisent et en même temps se calme l'agitation nerveuse. Elle arrive à Paris à peu près. guérie (21 mai).
Cette accalmie ne: dure qu’un jour et demi. Dans la nuit du 22 au 23, également sans cause apparente, la malade est reprise de toutes ses sensations anormales et de son agitation.
Le 23 mai, vers midi, en mangeant, de mouveau tous les troubles disparaissent brusquement, faisant plase à une sensation de calme et de bien-être. Cette accalmie dure de six à sept jours.
Le 1er juin, réapparition sans cause des sensations anormales qui s’accusent en deux ou trois jours et reprennent toute leur acuité première, avec retour de l’agitation nerveuse. Elles persistent pendant trois jours, puis dispuraisserrt à nouveau brusquement.
On observe ensuite pendant un mois environ, des alternatives irrégulières d’accalmie et de reprise des douleurs, Mais les crises ont manifestement une tendamce à s’espacer et à diminuer d'intensité. Leur apparition se fait généralement d’une facon progressive en quelques heures, mais leur terminaison est toujours brusque. Enfin, um mois après (le jer juillet), les crises disparaissent à peu près complètement. La malade se considère comme guérie et reprend sa vie normale. La guérison se maintient actuellement depuis trois mois.
Formes à prédominance ischémique