PLANCHE I
Champ Causalgique antér. en 1925 Champ Causalgique postér. en 1925
: Champ Causalgique antér. en 1927 Champ Causalgique Postér. en 1927
PLANCHE Il
Champ Causalgique postér. en 1928
Champ Causalgique antér. en 1928
Champ Causalgique postér. en 1929
Champ Causalgique antér. en 1929
raisons multiples. Quant à l'excitation cérébrale, le malade lui-même la reconnaît et sa femme également.
Considérations également intéressantes sont les manifestations vagotoniques que présente le malade. D’après une loi biologique inéluctable, le fonctionnement de tout tissu ou appareil exige un cycle. L’état vagosympathique normal ou pathologique passe donc par des phases différentes. Chez le caüsalgique, le sommet de la courbe figure au début du paroxysme douloureux. Alors, c’est la descente, c’est la période de vagotonie avec, chez notre malade, un cortège particulièrement riche et varié, lipothymie, nausées, dépression cardiaque et du pouls, pàleur, pseudo-coliques néphrétiques avec hématurie, coliques intestinales avec diarrhée sanguinolente, hémoptysies, crise de pharyngite et de toux spasmodique, pharynx richement vascularisé, sécrétion nasale baondante, hypersécrétion gastrique. ;
Bien que l’estomac n’ait aucun obstacle à son évacuation, il contient du liquide à tout moment de la journée, même cinq heures après le repas, ainsi qu’en témoigne le clapotage. Ce liquide particulièrement abondant dans les périodes paroxystiques, provoque chez le malade des sensations de brüûlure au niveau de l’estomac.
Naturellement, les périodes vagotoniques sont couronnées par un état d’anéantissement complet et de découagrement qui contrastent d’une façon surprenante avec les périodes de sympathicotonie.
En somme, ce qui caractérise cet ancien blessé, ce n’est ni un état de sympathicotonie, ni un état de vagotonie, c’est un état où l’équilibre vago-sympathique est constamment menacé et constamment rompu. Le déséquilibre se produit tantôt à la faveur du sympathique, par suite de l’irritation des fibres sympathiques en souffrance dans les nerfs altérés ; puis à propos d’une émotion, le sympathique qui est tendu, qui est, pour ainsi dire, sensibilisé, en état d’anaphylaxie émotive, présente, au moins au figuré, de telles vibrations, que des douleurs atroces se produisent, — douleurs qui s’irradient jusque dans les dents, par suite des anastomoses du sympathique cervical avec le racines sensitives du trijumeau, — et qui aboutissent alors, comme tous les états douloureux, à une situation où le tonus du sympathique s'effondre tandis
que le système vague prédomine et s’extériorise alors librement sur la scène clinique, par les phénomènes que nous connaissons, le tout couronné par une sorte de découragement. Cette phase d’hypervagotonie est proportionnelle à l’intensité de l'émotion qui a déchainé les fureurs du sympathique. Après cette phase d’hypervagotonie, le malade présente de la sympathicotonie; les contractions cardiaques et les pulsations reviennent à la normale. Les yeux deviennent brillants, l’œil droit particulièrement présente de la mydriase et se met à pleurer. Le malade présente alors une sorte d’excitation cérébrale où l’affectivité, l’intelligence, l'attention et la mémoire deviennent très vives. C'est grâce à ce moment-là, croyons-nous, que le blessé peut trouver l’énergie suffisante et nécessaire pour lutter contre une affection si douloureuse. C’est aussi grâce à cette tension du sympathique, — qui résulte d’une double cause: phase de post-vagotonie d’une part, irritation des fibres sympathiques des nerfs altérés d’autre part, — que le malade est plus sensible à la répercussivité des émotions, que ce soient les émotions-chocs produites par un bruit inattendu ou l’annonce d’une mauvaise nouvelle, ou que ce soient des émotions sentimentales, telle la symphonie d’une marche funèbre, ou la lecture d'un passage attendrissant.
D'ailleurs, tout ce que nous venons d’exposer se trouve confirmé par la recherche de deux examens: la recherche du réflexe oculo-cardiaque, et l'examen des pupilles dans la chambre noire.
La recherche du réflexe oculo-cardiaque, pratiquée de dix minutes en dix minutes, donne des résultats totalement opposés. Ainsi la première fois, nous avons trouvé un ralentissement de 6 pulsations à la minute, avec une différence de 74-68, traduisant la sympathicotonie. Durant notre second examen, qui eut lieu dix minutes après, notre malade, immédiatement avant de lui appuyer sur les yeux, entendit un bruit dans la pièce à côté, présenta un paroxysme douloureux, et le ralentissement noté fut alors de 24 pulsations à la minute avec une différence de 84-60. Cette différence traduit, d'une part, la vagotonie et elle montre, d’autre part, avec le premier chiffre de 84 pulsations, que le sujet avant qu'on lui appuyât sur les yeux, était dans un état de sympathicotonie
le rendant particulièrement sensible à la répercussivité de l'émotion.
L’examen des pupilles dans la chambre noire montre à différents moments, ainsi que c’est la règle chez les instables du système vago-sympathique, de notables variations. Chez notre malade, les pupilles, — particulièrement la droite, — sont tantôt punctiformes, telles des pupilles de tabétiques ou de paralytiques généraux, tantôt complètement dilatées, laissant
+ à peine deviner la couleur de Piris.
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