‹ Les Causalgies Post-Traumatiques de Weir-Mitchell et Leur DevenirChapitre 66 sur 69 · LEP PA · texte numérisé non relu

LEP PA

La publicatior de l’auteur constitue un travail certes intéressant, mais fil oublie de rappeler que de pareils faits avaient été observés antérieurement par Weir-Mitchell au cours de la Guerre de Sécession.

(25) Deserixe et Mouzon. — Les lésions des gros troncs

nerveux des membres par projectiles de guerre. Syndrome d’irritation. Presse Médicale, 10 mai et 8 juillet 1915, p. 245 à 249.

Dans la partie de ce travail concernant le syndrome d’irritation, les auteurs distinguent les syndromes d’irritatior légère, et les syndromes d’irritation graves. Ces derniers correspondent 4 la causalgie de Weir-Mitchell, dont les auteurs rapportent une trés belle observation persorrrelle.

Les Auteurs rappellent les troubles trophiques suivants Vatrophie cutanée qui donne lieu au « glossy-skin >, l’atrophie musculaire, les arthrites ankylosantes.

Quant aux lésions anatomiques, qu’il s'agisse d’irritation légère ou d’irritatior grave, les auteurs ont constaté surtout des lésions minimes, tantôt des fragments de projectiles, des esquilles osseuses, des cicatrices fibreuses ou des Cals, tantôt des scléroses fnterstitrelles ou fibroe intraneuralee.

Ce travail a, en outre, un fintérét historique, car il est Je premier en France, au cours de la guerre de 1914, à rappeler Fæuvre du premier neuro-chirurgier, et à montrer que le plus souvent, les formes douloureuses des blessures des nerfs ne sont autre chose que des causalgies de Weir-Mitchell.

(26) JumExTIÉ. — Cas de « pied douloureux » par lésion

traumatique légère du sciatique. Revue Neurologique, juin 1915, p. 576 à 578.

L’A, rappelle le travail paru peu de temps avant du Professeur Pierre Marie et de Mme Athanassio-Bénisty sur les zones douloureuses des blessures du médian et montre que les causalgies du meérmbre fnférfeur, sans étre aussi fréquentes que celles du membre supérieur, 1e sont cependant pas exceptionnelles, L’A. expose en détail une observation de causalgie par blessure du sciatique.

(27) Jumextié. — De l’emploi des papiers virants, et en par-

ticulier du papier au tournesol, pour l’étude topographique des sudations locales. Revue Neurologique, juin 1915.

L’A. rappelle que dans leur travail sur les sections totales des nerfs périphériques, ke Professeur Henri Claude et Stpehen Chauvet ont préconisé l’emploi du papier de tournesol, pol décalquer les troubles sudoraux. En ce qui concerrre les troubles sudoraux de la face, l'A. montre qu’on peut rendre le schéma ainsi obtenu encore beaucoup plus clair, en indiquant au crayon les grandes lignes directrices de la face (sourcils,

bord des paupières, ligne du nez, ouverture buccale, moustaches). Pour les membres, dessiner les contours et les aopphyses.

(28) Henry Mie et M"° ATHANASSIO-BÉNISTY. — Sur les formes douloureuses des Blessures des Nerfs Périphériques. Revue Neurologique, juillet 1915.

Après avoir rappelé le travail de Weir-Mitchell sur la causalgie, les A. exposent leurs statistiques des blessures des nerfs périphériques, qu'ils ont observées pendant la première année de la Gran edGuerre. Ils en concluent que les formes douloureuses existent dams le tiers des cas environ. Plus de la moitié de ces douleurs sont du type causalgique, et la très grande majorité de Ces cas appartient soit au médian, soit au sciatique poplité interne. Les A. font remarquer que les causalgies siègent particulièrement dans les régions de la peau où les papilles tactiles sont les plus abondantes et les plus variées: face palmaire de l'extrémité des doigts, talon des éminences thénar, hypo-thénar, plante du pied. Les corpuscules de Meissner et de Ruffini n’existent qu’à la paume de la main et à la plante du pied. Ceux de Pacini et de Golgi-Manzoni, quoique plus répandus, sont particulièrement abondants à la main et au pied:

Sur 1.051 corpuscules de Pacini, que Rauber à eu la patience de compter dans les ligaments d’une moitié au cœur, il y en a 414 dans la main, et 275 au pied. En outre, les A. irsistent sur ce que les nerfs s’accompagnant le plus souvent de causalgie, le médian et le sciatique possèdent une artère nourricière d’un assez gros calibre. L’artère du nerf sciatique est particulièrement volumireuse. Le merf médian reçoit l’artère de la fourche du médian, au niveau du bras, et l’artère au nerf médian à l’avant-bras. Les A. pensent avec justesse qu’il faut attacher une importance à l'aspect vascularisé du nerf, qui se présente dans les cas de causalgies sans grand délabrement, de forme presque normale, mais légèrement induré et très congestionné. ?

Les A. montrent que l’emploi continuel des pansemerts humides et des bains d’eau froide, finit par provoquer une macération de l’épiderme, avec ulcération et crevasses, qui sont autant de causes de nouvelles douleurs, sans parler de la possibiiité d’irfections.

Enfin, les A. rapportent des cas de causalgies simulées plus ou moins consciemment, qu’ils ont observés dans les hôpitaux militaires. Ces individus doivent être rapidement dépistés et sévèrement réprimés. Un examen attentif et la surveillance du malade suffisent d’ailleurs à éviter toute méprise.

(29) J.-A. SrcARD. — Traitement de Névrite douloureuse du Médian par l’alcoolisation tronculaire sus-lésionnelle, Bull. et Mém. de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 9 juillet 1915.

Dans cette publication, l’A. préconise un procédé qui lui a donné des succès dans un certain nombre de cas de mévrites douloureuses du médian. C’est l’alcoolisation du nerf. Après l'avoir découvert, il injecte à l’intérieur du tronc nerveux du médian, à la face imterne du bras, à quelques centimètres au-

dessus de la lésion, deux centimètres cubes d’alcoo! à 60°, La distension œdémateuse du tronc nerveux doit être visible; il présente une coloration blanche nacrée, caractéristique.

En ce qui concerne les blessés dont l’auteur rapporte les observations, sepl semaines après l’opération, les douleurs font toujours totalement défaut. L’anesthésie est complète dans tous le domaine cutané du médian. Les exanrens électriques décèlent umre réaction de dégénérescence partielle, et pourtant, résultat paradoxai, à première vue, les fonctions motrices ne sont que peu atteintes. La flexion des doigts est possible. et dès le lendemain de l'intervention, l’un des blessés pouvait tenir urre plume à écrire. On peut donc admettre que l’alcoo!] à 60° supprime les sensations, mais n’abolit pas dans les mêmes proportions l’influx moteur.

(30) Souques et MAUCLAIRE. — Paralysie douloureuse du

médian droit, aggravee par tout contact de la prume de la main gauche. Soc. Nat. de Chir., juillet 1915.

Les A. rapportent le cas d’une causalgie du médian avec douleurs répercutives. À l'opération, le nerf médian fut trouvé très entouré de tissu fibreux, et il fut libéré. Amélioratior progressive; six mois après l’opération, amélicration très nette.

(31) Ludwig Manxx. — Beobachtungen an Verletzungen Peri-

pherischen Nerven. Münchener Medizinische Wochenschrift, 27 juillet 1915, p. 1027 à 1029.

Dans son travail consacré aux blessures des nerfs périphériques, l’A. rapporte qu'après certains traumatismes des nerfs, particulièrement du médian, du cubital ou du sciatique, on observe des douleurs atroces, accompagirées de troubles vasomoteurs et trophiques. L’A. cite le « glossy-skin », et parle même de la décalcification des os. AU

L'auteur ne rappelle ni le nom de causalgie, ni l’ouvrage de Weir-Mitchell; il n’a pas eu Connaissance non plus du travail de Pierre Marie et de Mme Athanassio-Bénisty.

Brrrorr. — Ueber Schussverletzungen des peripheren Nerven. Neurologisches Centralblatt, 1 août 1915, p. 556 à 558.

L’A., montre qu’un certain groupe de blessures des nerfs, particulièrement du médian, offre un tableau spécial: légèreté des phénomènes paralytiques, mais douleurs cuisantes, des plus pénibles, calmées par immersion de la main dans l’eau froide. Troubles vaso-moteurs trophiques et sécrétoires. Peau mince, lisse et luisante. Dans la plupart des cas observés par l’auteur, l’évolution se fit progressivemert, et spontanément vers la guérison.

Mais l’A. ne mentionne pas le nom de causalgie; il semble donc ignorer l’œuvre de Weir-Mitchell, ainsi que d’ailleurs les travaux français parus depuis le début de la même année.

Néanmoins, au cours de sa publication, l’A. décrit sans le

savoir, une observation de causalgie du médian, et insiste sur l’étroite liaison qui lui paraît exister entre ces douleurs particulières et les troubles vas-omoteurs.

(33) Maurice Ducosré. — Les Syndromes cubitaux. Gaz. Hebd. des Sc. Méd. de Bordeaux, 15 août et 5 septembre 1915, p. 74 à 86.

Dans la partie de ce travail concernant les formes douloureuses des lésions des nerfs, l’A. voudrait substituer le terme de « dexalgie » à celui de Causalgie. A propos de celle-ci, les idées originales qu’il émet somt les suivantes: Il montre par des exemples personnels, que certaines causalgies, avec douleurs atténuées, ont passé aux yeux de certains observateurs, pour de simples neurasthénies. La seconde idée personnelle qu’on trouve, c’est que dans de mombreux cas de causalgies, les douleurs disparaissaient presque instantanénrent, par la compression de l’artère correspondante, humérale, radiale ou cubitale, pour causalgies du médian, fémorale, pour causalgies du sciatique poplité interne ou externe.

(34) André LÉrI. — Sur la forme douloureuse des lésions traumatiques et sur une déformation spéciale et constante du pied dans ces cas. « Le pied effilé ». Bull. de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 22 octobre 1915, p. 880 à 884.

L’A. signale les caractères du pied des sujets atteints de causalgie au tronc du sciatique, ou du sciatique poplité interne. Il montre que ce pied réalise un tableau typique, auquel il donne le nom de « pied effilé ».

(35) LoRTAT-JACcOB et A. SÉZARY. — Synesthésalgie et blessure du sciatique. Revue Neurologique, novembre 1915 Sp u0277ra01279;

Les A. rapportent le cas d’une causalgie du sciatique à forme Iischémique, et avec synesthésie, par blessure de Ja cuisse et durant Gepuis ün am. Les phénomènes douloureux sont augmentés par le bain de pied d’eau froide, ‘et au contraire atténués par le bain d’eau chaude.

(36) Pierre CAZAMIAN. — De l’emploi de la fibrolysine dans les lésions des gros troncs nerveux, par projectiles de guerre. Presse Médicale, 11 novembre 1915.

En vue de lutter contre les néo-formations fibreuses, l'A. préconise à juste titre les injections de thiosiramine dans les syndromes d’irritation, même à forme violente (causalgies de Weir-Mitchell), dus aux blessures nerveuses. Les résultats publiés sont assez encourageants.

(37) CESTAx et Paul DEscomps. — La Radiothérapie dans le traitement de certaines lésions traumatiques du Système nerveux. Presse Médicale, 25 novembre 1915,

Les A. exposent les résultats qu’ils ont obtenus par la radiothérapie, dans les mévrites douloureuses. Les facteurs de l’efficacité de la méthode sont la légèreté des lésions et la précocité de l’intervention. En outre, les nerfs avec lesquels on a le plus de succès sont, toutes choses égales d’ailleurs, le médian et le cubital.

(38) J.-A. Sicarp. — Traitement de certaines algies et acrocontractures rebelles, par l’alcoolisation nerveuse locale. Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 17 décembre EURE:

(39) René LERICHE. — De Ja causalgie envisagée comme une névrite du sympathique et de son traitement par la dénudation et l’ablation des plexus nerveux périartériels. Revue Neurologique, janvier 1916, p. 184 à 187.

Dans ce travail mémorable, l'A. est le premier à faire de :a causalgie décrite par Weir-Mitchell un syndrome sympathique. Il y voit l’expressiom d’une névrite du sympathique, et non pas d’une névrite tronculaire ascendante, comme le croyait Weir- Mitchell. Le sympathique suivant, dans sa distribution au niveau des meribres, avant tout, le trajet des artères, l'A. fait remarquer que les blessés des nerfs, des artères, des paquets vasculo-nerveux, sont en réalité des blessés du sympathique, et par suite, les troubles vaso-moteurs et douloureux, qui apparaissent quelques jours après les phéromènes paralytiques, sont l'expression d’une névrite sympathique.

L’A, a justifié son hypothèse; en agissant sur le sympathique périphérique. il est arrivé à guérir la causalgie de Weir-Mitchell dont il a trouvé du même coup la pathogénie et la thérapeutique.

En s'inspirant de certaines opérations de Jaboulay, il a découvert, dès 1913, la sympathectomie périartérielle (opération différente de la simple dénudation artérielle de Jaboulay, et devant être appelée opération de Leriche). C’est cette même intervention que l'auteur a appliquée avec plein succès dès la fin de l’année 1915, à un causalgique du membre supérieur.

(40) HESNXARD. — Radiothérapie des blessures des troncs nerveux. Paris Médical, 18 mars 1916.

(41) Lewis F. VEALLAND. —— Blessures du nerf médian, Causalgies, Injections d’alcool. Proceedings of the Royal Society of Medicine of London. Volume IX, numéro 8, Neurological Section, p. 61, 30 mars 1916.

Application de la méthode précomisée par Sicard.

(42) Henry ME1GE et M"*° ATHANASSIO-BÉNISTY. — Les signes

cliniques des lésions de l’appareil sympathique et de l'appareil vasculaire dans les blessures des membres. Presse Médicale, avril 1916, n° 20, p. 153 à 156.

Les A. rappellent que les blessures des nerfs peuvent donner lieu à des troubles vaso-moteurs, caloriques, trophiques, sécrétoires, et à des pnénomènes douloureux d’allure particulière.

Les A. rappellent que l'excitation du sciatique, chez l’animal, produit une vaso-dilatatoin et une hyperthermie de la patte. Pour les auteurs, il em sera de même des troubles vaso-moteurs et sécrétoires observés chez certains blessés du médian et dau sciatique.

Pour les auteurs. de même que pour Leriche, ces phénomènes seront la conséquence de lésions des fibres sympathiques intranerveuses et périvasculaires. La causalgie est exacerhée par toutes les causes qui produisent des réactions vaso-motrices. Les A. ont observé deux types de troubles vaso-moteurs: la main violacée et froide, et la main roùüge, chaude et suante.

(43) J. BagixsKkr et J. HerrTz. —- Oblitération artérielle et trou-

bles vaso-moteurs d’origine réflexe ou centrale. Leur diagnostic différentiel, par l’oscillométrie et l’épreuve du bain chaud. Bull. et Mém. de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 14 avril 1916, p. 570.

Recherche de l’amplitude des oscillations artérielles, à l’aide de l’appareil de Pacnon, avant et après réchauffement artificiel du membre malade. Moyen de diagnostic entre les troubles vaso-moteurs réflexes et les lésions artérielles. Les oscillations qui peuvent être abolies dans les deux cas, dans le membre malade, réapparaissert par le bain chaud, lorsqu'il s’agit de troubles nerveux d'ordre réflexe.

LERICHE. — De la Causalgie envisagée comme une Névrite du Sympathique et de son traitement par la dénudation et l’excision des plexus nerveux périartériels. Presse Médicale, 20 avril 1916.

Rappel du premier travail publié dans la « Revue Neurologique > au début Ge janvier de la même année.

(45) André LÉRI — Rréunion Naurologique, avril 1916.

Rev. Neur.

L’A. signale que dans les sections complètes des nerfs, les douleurs font défaut, ou sont très modérées, mais le malade éprouve rarement des causalgies. Cependamt, sur ce point, il ne faut pas être trop absolu. Un fait le prouve. Il s’agit d’un ancien blessé qui, la suite d’une blessure du sciatique à la fesse, a présenté très nettement une causalgie du pied. Or, ce malade,

par la paralysie et l’anesthésie absolues dans le domaire du nerf, l’intense atrophie musculaire, l’inexcitabilité électrique, avait tous les signes d’une section complète. Seule, la causalgie empêcha de porter ce diagnostic. Or, l’opération montra qu’on avait eu tort: le sciatique était complètemert sectionné et les deux bouts légèrement écartés l’un de l’autre.

(46) Maurice VILLARET. — Revue Neurologique, avril 1916, et Presse Médicale, 18 mai 1916.

De ses observations, l’A. croit conclure que l’hypertrichose localisée à la zone d’un nerf lésé, accompagnée habituellement d’hyperhydrose, constitue généralement un sigre de lésion incomplète, un signe d’irritation.

L’hypotrichose constitue au contraire souvent un signe de section complète. !

(47) CESTAN, Paul DEscomps et EUZIÈRE. — Les altérations des empreintes digitales dans les lésions nerveuses troumatiques. Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 28 avril 1916. Les empreintes digitales dans les lésions nerveuses du membre supérieur. Leur application au diagnostic des névrites traumatiques. Presse Médicale, Sin 1910:

Partant de l’idée antérieure du Professeur Henri Claude et de Stephen Chauvet, les A., d’après de nombreuses observations, concluent:

1° Dans les lésions du médian et du cubital, les altérations des empreintes digitales sont presque constantes. Toutefois, il n’y a pas de relation entre le degré de ces altérations et la gravité ou le siège de la lésion causale.

Dans les lésions au radial, elles se trouvent dans la moitié des cas.

Dans les paralysies fonctionnelles, elles sont exceptionnelles. On re les constate jamais que dans les cas où les phénomènes névrosiques sont provoqués par une épine irritative.

29 Les modifications des empreintes se présentent sous deux aspects:

Le premier groupe traduit soit l’amaigrissement de la main, par l’apparition des lignes blarches; soit l’existence à son niveau de troubles vaso-moteurs et sécrétoires, par l’augmentation de l'importance des pores, ou par l’écrasement des crêtes épidermiques.

Dans un second groupe, se rencontrent deux types, caractérisés par le morcellement des crêtes ou um bouleversement absolu. Les altérations de ce deuxième groupe se rencontrent presque uniquement dans les lésions du médian ou du cubital.

(48) Souques et Mie RATHAUS. — Synesthésalgie dans un cas de névrite douloureuse du sciatique. Revue Neurologique, mai 1916, p. 905 à 906.

bee

Les A. rapportent l’observation d’un blessé qui, après avoir reçu ure balle de fusil dans le tiers inférieur de la cuisse droite, présenta une causalgie de la plante du pied: Le frottement des mains, du tronc, du pied sain, par n’importe quel objet, produisait de vives douleurs dans la plante au pied droit. Lorsque ces différents territoires sont mouillés, les douleurs répercutives n’omt plus lieu.

(49) LAIGNEL-LAVASTINE et Paul COURBON. — Campodactylie,

Causalgie et Inversion du réflexe tricipital, par lésion de la septième racine cervicale. Revue Neurologique, mai 1916, p. 927 à 932.

Les A. présentent un blessé qui reçut dans le creux sus-claviculaire droit, un projectile, que la radiographie montre appliqué contre la septième racine cervicale. Ultérieurement, apparurent des phénomènes causalgiques, et ses doigts se courbèrerrt en avant, en même temps que le jeu des mouvements se limita davantage. Ces déformations ne dépendent pas de modifications du torus musculaire. Elles sont conditionnées par l’auparition des néoformations péritendineuses et aponévrotiques. Elles résultent de la perturbation du rôle trophique de la septième racine cervicale, rappelant très nettement, à la fois la campodactylie de Lamdouzy, et d’une facon moins évidente la maladie de Dupuytren. Les A. rappellent que Déjerine vit se développer une maladie de Dupuytren chez un homme qui, au cours d’une tentative de suicide, se logea dans la région cervicale inférieure, une balle de revolver qui atteignit la huitième cervicate et la première dorsale. Le cas de Laignel-Lavastine et Paul Courbon diffère de celui-ci, parce que la septième racine cervicale est seulement intéressée, d’où siège différent des troubles trophiques. En outre, l’inversion du réfiéxe tricipital est en faveur d’une lésion de C7. Quant à l’absence de troubles pupillaires, les A, l’expliquent par le fait que la septième racine cervicale n’erivoie pas toujours un rameau au ganglion cervical inférieur, et que même lorsque ce ganglion reçoit des fibres de plusieurs racines, C’est la première racine dorsale qui contient géréralement les fibres motrices destinées à liris.

MoxrRUN et M'"° ATHANASSIO-BÉNISTY. — Syndrome sympathique. (Troubles douloureux, vaso-moteurs et sécrétoires) dans certaines blessures de guerre de l’œil. Revue Neurologique, mai 1916, p. 906 à 911. MoxBRuN. — Altérations du Grand Sympathique dans les blessures de guerre de l’œil et de l’orbite. Archives d’ophtalmologie, mai-juin 1916.

Les A. rapportent cinq intéressantes observations de causalgies survenues à la suite d’éclatements du globe oculaire avec conservation d’un moignorm répondant au segment postérieur (énucléation incomplète, amputation du segment antérieur), ou au moignon atrophié. Chez chacun des blessés observés, les phéromènes douloureux ont débuté très longtemps après la bles-

sure. Du côté atteint, l’hémiface présentait dans le territoire du trijumeau, des sensations de brûlure, de la rougeur, de la

chaleur e\ de la sueur, douleurs du type causalgique, sujettes à des exacerbations, provoquées par le moindre attouchement, la moiidre émotion, le moindre effort; retentissement mermtal important. Chez certains, les paroxysmes débutent par une sensation de striction de la racine dau rez, de la partie inférieure du thorax et du creux épigastrique. Les A. insistent sur l’irradiation douloureuse de la région du vertex, et rappellent que Head, étudiant la sensibilité sympathique, a décrit une zone d’hyperesthésie cutanée, au miveau du vertex, en rapport avec le ségment postérieur de l’œil. Dans un cas, l’insensibilité complète au trijumeau coïncidait avec la causalgie, Ce qui confirme l'importance des fibres sympathiques dans la pathogénie. Les A. rappellent que l’œil et l’orbite, par les nerfs ciliaires et le ganglion ophtalmique, sont en relation étroite avec le sympathique céphalique. La persistance du moignon oculaire explique le phénomène. Aussi, l’A., se basant sur la théorie de Leriche, épucléa le moigron en sectionnant au fond de l’orbite le nerf optique et l’artère ophtalmique. Il énucléa en même temps le ganglion ciliaire. Néanmoins, les malades n’ont pas été soulages par cette opération. Le ganglion, profondément situé au fond de la pyramide orbitaire, a échappé à l'intervention, ou bien, les lésions du sympathique ont dépassé en arrière les limites de l'orbite.

(5) J.-A. SIcARD. — Traitement des névrites douloureuses d2 guerre (Causalgies), par l’alcoolisation nerveuse locale. Presse Médicale, 1 juin 1916.

Après avoir rappelé le travail expérimental de Pitres et Vaillard et la publication de Pitres et Verger, celle-ci concernant les injections intragingivales, dans les névralgies faciales, l'A. expose sa technique et les résultats qu'il a personnellement ob-

0 tenus par lies injections irtranerveuses d’alcool sus-lésionnelles dans les causalgies.

Au point de vue algique, les résultats, au moins immédiats, sont très bons. Dès le lendemain de l'opération, disparition des douleurs.

Au point de vue moteur, cette méthode re doit s'appliquer qu’au cas de douleurs paroxystiques, avec troubles paralytiques marqués, Car l’injection d'alcool produit la paralvsie au moins pendant six à huit mois. On note une R. D. variable de degré et de durée.

Toutefois, certains opérés, quelques jours après l’alcoolisation, récupèrent une partie des mouvements qu'ils avaient per-

dus.

La méthode à été appliquée également dans des névromes de moignons.

(52) Lucio MicHELLI. — A propos de la synesthésalgie. Ospe-

tale Maggiore, juin 1916.

L’A. rappelle d’abord le phénomène auquel Souques donna le nom de synesthésalgie. Puis, il rapporte deux Cas de ce genre, tous les deux conséeutifs à des blessures du médian. Dans le premier cas, le plus net,.la friction de l’avant-bras blessé ou de la main du côté opposé, déterminait une sensation de cuisson ou de brûlure dans la main malade, sauf quand celle-ci était enveloppée d’un linge humide.

La synesthésalgie esi sous la dépendance du système sympathique. L’auteur pense que chez certains sujets à vaso-motricité particulièrement ‘excitable, l’attouchement de la peau saine en certaires régions provoque une réaction vaso-motrice générale, laquelle est douloureuse dans le territoire du nerf blessé.

(53) René BoursiEr. —— Contribution à l’étude du traitement

chirurgical de la causalgie. Thèse de Doct. Bordeaux, Brno

De ses observations, l’A. conclut :

1° La médication analgésique, soit générale, soit locale, n’a pas d'action sur l’évolution, ni sur la durée de la Causalgie.

20 La libération des troncs nerveux ne donne pas toujours des résultats favorables.

30 La méthode préconisée par Sicard donne presque toujours de bons résultats, lorsque l’alcoolisation intranerveuse a été pratiquée au-dessus de la lésion. L’inconvénient de cette intervention, c’est que généralement elle produit également une paralysie motrice qui, avec les injections d’alcool à 60°, dure environ de six à huit mois. is

(54) Kurt Rrepez. — Ueber Tropische Stôrungen bei den

Kriesgsverletzungen der Peripheren' Nerven. Münchener Medizinische Wochenschrift, 28 juin 1916, p. 913 à 916.

Ce travail est consacré aux troubles vaso-moteurs et trophiques, observés à la suite des blessures de guerre des nerfs périphériques, particulièrement au médian. Bien que l’auteur ne mentionne pas le rom de causalgie et ne cite pas le nom de Weir-Mitchell, il décrit ce que ce dernier à publié pendant la guerre de Sécession et cite cependant l'expression « glossyskin ». Aucune allusion aux travaux français parus depuis le début de la guerre; méanmoins, l’A., à la fin de sa publication, met les phénomènes observés sur le compte de perturbations sympatniques.

(55) OPPENHEIM. —— Fortgesetzte Diskussion über die trau-

matischen Neurosen. Neurol. Centralblatt, 1 juillet 1916, p. 530.

L’A., au cours d’une discussion sur les névroses de guerre, invoque à l’appui de ses idées les travaux de Charcot, et un article français récent, paru dans la « Presse Médicale », 1916, me 11, consacré aux troubles nerveux d'ordre réflexe. Cet article, attribué à Bolinski et Tromet, correspond exactement à celui de Babinski et Froment.

BaBinsk, J. FRoMENT et J. HEITZ. — Des Troubles vaso-moteurs et thermiques dans la paralysie et

contractures d’ordre réflexe. Annales de Médecine, septembre-octobre 1916.

Etude comparée de la circulation périphérique du membre blessé et du membre sain, dans les troubles nerveux d’ordre réflexe. Les A. sont les premiers à attirer Fattention sur les particularités suivantes :

1° Diminutiorm de l'amplitude des oscillations artérielles (oscillomètre de Pachon).

20 Abaissement de la tension artério-capillaire (appareil de Gaertner).

3° Absence de modifications de la pression artérielle systolique et diastolique.

49 Augmentation notable, sous l’action du bain chaud, de lPamplitude des oscillations, qui peut devenir, au membre malade, égale ou supérieure à celle des oscillations du membre sain.

Les observations résumées dans des tableaux portent non seulement sur les troubles nerveux d’ordre réflexe, sans lésion appréciable, des troncs nerveux, mais encore sur ceux qui s’associemt à celles-ci, ou à des lésions artérielles, et encore à titre comparatif, sur les troubles vaso-moteurs observés dans l’'hémiplégie. La plupart de ces tableaux ont été reproduits dans les Addendas du livre de MM. Babinski et Froment.

(7) POROT. — Manifestations réflexes consécutives à des

désarticulations des doigts. Presse Médicale, 5 octobre 1916, p. 439.

L’A., insiste sur les troubles trpohiques, vaso-moteurs, sensitils, l’hyperexcitabilité faradique des muscles, l’exagération de la réflectivité, consécutives aux désarticulations post-iraumatiques, métacarpo-phalangiennes et phalango-phalangiennes. Il met à juste titre la fréquence de tels troubles réflexes, dans de telles lésions, sur le compte de la richesse en éléments nerveux des appareils fibro-capsulaires êt cartilagineux, richesse sur laquelle Sappey avait déjà insisté dès 1866.

DE MASsARY. — Causalgie du sciatique. Résection des filets sympathiques, accompagnant l'artère ischiatique ; section de cette artère ; amélioration, mais guérison lente. Revue Neurologique, octobre 1916, p. 497 à 502.

L’A. rapporte le cas d’un blessé, atteint d’une causalgie du sciatique, qui fut améliorée par urre section des filets nerveux entourant l'artère ischiatique. Dans cette observation, il y à quatre faits intéressants:

19 Le rententissement psychique, à tel point que l’A. doute que la causalgie soit une souffrance organique, mais plutôt une algie mentale. Toutefois, à la fin. de l’article, l'A. écrit: « Il ne faut pas oublier que, si les Causalgiques sont des mentaux, les douleurs ressenties par eux, si elles ne sont pas mentales, peuvent créer l’état mental .

20 L’égalité de tension artérielle des deux jambes, et l’éga-

lité d’amplitudé des oscillations, fait qui s'explique par le fait, qu’à sa partie haute, le sciatique ne reçoit guère que des branches de l'artère ischiatique. De ce fait, l'artère fémorale ne subit aucurre répercussion.

39 A la suite &es plus intenses paroxysmes douloureux, ce blessé x présenté des diarrhées sanglantes, semblables à celles que nous avons observées dans de pareilles circonstances, avec notre Maître, M. !e Professeur J. Froment, et que nous comsidérons comme des manifestations vagotoniques post-paroxystiques.

49 L'amélioration progressive à la suite de la section et de la ligature de l'artère ischiatique.

(59) Michel ReGxarD et Robert DipiEr. — Douleurs à type causalgique, provoquées chez un ancien blessé, par l'irritation du sciatique par un ostéome. Ablation de lostéome, Guétrison immédiate. Revue Neurologique, octobre 1916, p. 525 à 526.

Les A. rapportent un Cas de causalgie, localisée au territoire du saphène externe (Pbranche du sciatique poplité interne), apparue chez un ancien blessé un an et demi après sa blessure, grâce à la formation d’un ostéome du tiers inférieur du fémur, comprimant le sciatique. Disparition immédiate et complète des phénomèrres causalgiques après l’ablation de cet ostéome.

(60) Fenri FRANÇAIS. — Lésion traumatique des nerfs. Traaux du Centre Neurologique d’Evreux. Revue Neurologique 1916, t. I, p. 660-661.

L'A. rapporte le cas d’une causalgie du médian, survenue à la suite d’une blessure par balle de fusil, à la partie inférieure du creux axillaire. A l'intervention, le médian fut trouvé indemne de lésion traumatique, et indemre d’adhérences, mais il était rouge, vascularisé, œdématié. En outre, l’artère humérale était englobée dans la gangue cicatricielle du tissu environnant. La libération de l’artère humérale, sur dix centimètres, produisit la disparition presque complète des douleurs.

Er outre, l'A. rapporte des cas de soulagement temporaire de causalgie par des injections intranerveuses, à travers les téguments, de solution de Cocaïne.

(61) BarINskr et FROMENT. — Parésie réflexe de la main gauche; troubles vaso-moteurs et sudoraux bilatéraux. Revue Neurologique, novembre 1916, p. 542 à 544.

Lés A. exposent le cas d’un capitaine qui, à la suite d’une blessure par balle au niveau du tiers inférieur de l’avant-bras gauche, présenta des sensations pénibles, des troubles vasomoteurs et sudoraux, d’abord localisés à la main du côté blessé, puis huit mois après, dans la main symétrique. Etant donné la répercussion des troubles vaso-moteurs sur le membre non traumatisé, les A. admettent à juste titre l’intervention d’un mécanisme pathogénique d’ordre réflexe.

62) Henri CLAUDE. —- L’inclusion de caouchouc comme isolement des nerfs douloureux. Travaux du Centre Neurologique Militaire de la Huitième Région. Revue Neurologique, novembre et décembre 1916.

L’A. préconise l'emploi de petites lanières de caoutchouc très minces qu'il enroule autour des nerfs, en empiétant à chaque Spire d’une tiers de largeur, sur la spire précédente. L'élasticité du caoutchouc et sa tendance à se recroqueviller, le malntiennent en place.

(63) J. TINEL. — Les Blessures des Nerfs, 1916, p. 192 à 196.

AU Cours d’uie excellente description des blessures des nerfs, l’A., à propos de la eausalgie du médair, ne rappelle les caractères d’une façon détaillée et cite, à la fin du chapitre, la méthode de traitement préconisée par Leriche, la sympathectomie périartérielle.

(64) ANDRÉ-THOMAS. — Variations et réactions thermiques locales dans les blessures du système nerveux. C. R. de la Soc. de Biologie, 4 novembre 1916, p. 952 à 970.

Une partie de ce travail nous intéresse spécialement. L'’A. a montré qu’en appliquant de la glace sur la poitrine d’un sujet, la température de ses mains subit d’abord une ascension, puis, au bout de quelques minutes, une diminution. L'’A. attribue à juste titre Cette répercussion, à un phénomène d’ordre sympathique. Dans les causalgies, on note au inoment de la réaction thermique, ds différences entre la main malade et la main saine. Si la main malade est la plus chaude, l’ascension thermique de celle-ci est supérieure à celle de la main saiie. Si, au contraire, la main malatte est la plus froide, l’ascension de celle-ci est inférieure à celle de la main saine.

(65) M'° ATHANASSIO-BÉNISTY. — Formes douloureuses des lés'ons du nerf médian et du nerf sciatique. Formes cliniques des lésions des nerfs. Edit. Masson, Paris 1916.

L'A., après avoir rappelé les états causalgiques décrits, dès 1864, par Weir-Mitchell, durant la Guerre de Sécession, rapproche de ces faits les cas récents qu’il a observés durant la première année de la Grande Guerre. L’A. caractérise le membre souffrant de la facon suivante: le blessé tient son coude fléchi, le poignet légèrement incurvé, la main levée, les doigts allongés, amincis, fuselés, présentant de l’hyperextension des dernières phalanges, donnant l'aspect de la main en calice. Les ongles sont bombés. La main, dans le domaine du médian, est d’une teinte rose, plus ou moins foncée, qui tranche nettement sur le territoire voisin du cubital. :

Les troubles vaso-moteurs sont généralement peu accen-

Ne

tués, s’effaçant pendamt les douleurs atroces de brülure accusées par les malades. Cependant, la main présente toujours une certaine faiblesse de la motilité. Cette gène est localisée dans les fléchisseurs des doigts, notamment de l'index, et dans les thérariens Dans les cas les plus graves, le long fléchisseur du pouce, les palmaires et les pronateurs peuvent être intéressés. Toutefois, la gêne des mouvements provient autant de la douleur que de la parésie des muscles, de sorte que dans l'intervalle des paroxysmes douloureux, les mouvements sont plus aisés. La sudation est augmentée, la sueur perle parfois en grosses gouttes sur tout le territoire cutaré du médian, qui tranche ainsi, de même que par sa coloration rosée, sur le territoire voisin du cubital. Parmi les causalgiques, les plus nombreux ont peu souffert pendant les premières heures, et ce n’est que huit, quinze jours après la blessure, que la douleur s’est fait sentir. Elle débute toujours par des fourmillemtents, de psicotements au bout des doigts, puis naît la sensation de brûlure, de cuisson dans la pulpe des doigts et dans la paume de la main.

L’A. décrit les crises paroxystiques et leurs facteurs, ainsi que l’extension de la thermophobie à la main saine et au pied.

L’A. rapporte le cas d’un de ses malades causalgiques, qui re pouvait marcher pieds nus qu’en mouillant la plante de ses pieds tous les cinq pas, ou ne pouvait se peigner qu'après avoir abondamment mouillé ses cheveux. Certains Causalgiques prétendent même que la vue d’un sujet to hant un objet sec, une brique, une barre de fer, un pique-feu, suffisent à augmenter leurs douleurs.

Les réflexes périostés et tendineux sont généralement plus vifs que du côté sain.

La contracture idio-musculaire est également vive. L’A., après avoir résumé les différents traitements, envisage la pathogénie de la causalgie qui, selon lui, est due à une inflammation des fibres sympathiques intranerveuses dont les radiations se prolongeraient d’une marrière centrifuge aux extrémités du membre, et produiraient les troubles vaso-moteurs et trophiques,

Enfin l'A. fait remarquer que les blessures du nerf grand sciatique peuvent également revêtir les caractères de la causalgie. Leur durée, parfois fort longue, est cependant gérérarement moindre que celle des causalgies du médian. L’A. fait remarquer également que le nerf sciatique, par analogie au médian, possède une artère très volumineuse, l'artère au nerf sciatique, branche de l’ischiatique.

(66) Giuseppe Viponi. — Trois cas de synesthésalgie. Rivista

di Psicologia, 1916, n° 16.

L’A. tend à assigner un rôle important au psychisme dans la genèse des douleurs répercutives observées chez les causalgiques. ,

MEDEA. — Les lésions traumatiques des nerfs périphériques. Atti della Societa Lombardo di Science Mediche et Biologiche, 1916, n° 1 et 2.

Après avoir relevé les dernières statistiques, montrant la très grande fréquence des blessures des nerfs périphériques,

dans la guerre de 1914, l’A. apporte des observations de causalgies.

(68) Gaston Corre. — Trois cas de causalgies traitées par intervention sur le sympathique périvasculaire. Bull. et Mém. de la Soc. de Chir. de Paris, 6 décembre 1916, p. 2840 à 2842.

L’A. a eu trois fois l’occasion d'intervenir sur le sympathique pour des troubles nerveux avec causalgie. Dans deux cas de causalgie du membre supérieur, la démudation de l’artère humérale a fourni des résultats complètement satisfaisants. Dans le troisième cas, il s’agissait d’une causalgie rebelle du sciatique: dénudation de la fémorale et résection de sa gaine sur une grande étendue, disparition des troubles vaso-moteurs mais persistance de douleurs.

(69) DOBROKHOTOFF M.-S. — Causalgie, synesthésalgie. Psikhiat. Caz. Petrograd, 1916, p. 297 à 299.

(73) Bagrxsxr et FROMENT. — Hystérie-Pithiatisme et Troubles n>rveux d’ordres réflexe en Neurologie de guerre. Edit. Masson, Paris, 1917.

Cet ouvrage, après avoir exposé Ja conception moderne de l’hystérie-pythiatisme, expose, dans tout son ensemble, les troubles nerveux d’ordre réflexe étudiés par MM. Babinski et Froment au cours de la guerre de 1914. Une partie de ce travail nous intéresse particulièrement, puisque les :A. se sont efforcés de montrer que les troubles nerveux d'ordre réflexe s’associent fréquemment aux formes douloureuses des névrites. En effet, les neurologistes qui ont étudié la causalgie du médian depuis Weir-Mitchell ont été frappés par la diffusion des troubles trophiques et vaso-moteurs: amyotrophie audessus du niveau de la lésion, et n’appartenant pas au territoire du médian; hyperhydrose et hypertrichose de l’aisselle; exagération des réflexes périostés et temdineux du membre correspondant. Pour MM. Babinski et Froment, ce dernier caractère implique une irritation centrale, et il y a tout lieu de faire rentrer, dans le groupe des phénomènes d’ordre réflexée, ces troubles qui débordent la sphère du médiam Les mêmes auteurs admettent également l'intervention d’un facteur réflexe dans les cas de causalgie du sciatique.

(71) LoRTAT-JACOB, R. OPPENHEIM et A. TOURNAY. — Topo-graphie des modications de la sensibilité, au cours des troubles physiopathiques. Constitution d’un syndrome radiculo-sympathique réflexe. Progrès Médical, 10 mars 1917, p. 77 à 81.

Les A. rapportent différentes observations de troubles nerveux d'ordre réflexe, et s’appuyant sur le schéma de Morat, ils attribuent aux troubles physiopathiques um mécanisme pathogénique à la fois radiculaire et sympathique.

(72) ToBras. — Vergleichende Betrachtungen über deutsche und franzôsische Kriegsneurologie. Neurol. Centralglatt, 16 mai 1917, p. 407.

Etude comparative des travaux publiés en France et en Allemagne sur la neurologie de guerre. L’A. affirme que jusqu’au 12 mars 1917, l’Allemagne était sans renseignements sur les travaux français publiés pendant Ja guerre, et cependant Oppenheim lies mentionnait dès juillet 1916.

(73) Clovis VINCENT. — Sur le traitement et le pronostic des phénomènes pithiatiques. Revue Neurologique, juin 1917.

L’A., qui avait préconisé la méthode de rééducation intensive, aidé de l'application galvanique méthodique dans le traitement des phénomènes pithiafiques, et qui l'avait pratiquée avec succès, montre que les troubles nerveux d'ordre réflexe se comportent tout autremrent et sont des plus tenaces.

(74) J. Baginski et J. FROMENT. — Troubles physiopathiques d'ordre réflexe. Association avec l’hystérie. Evolution. Mesures Médico-Militaires. Presse Médicale, 9 juillet 1917, p. 385 à 387.

(75) John $S. SropForp. — Thermalgie. The Lancet. Vol 193, 11 août 1917, p. 195.

Dans cet article l'A. n’apporte de nouveau que le nom de thermalgie, qu’il voudrait, — à tort, suivant nous, — substituer à celui de causalgie.

(76) Pirres et MarcHAND. — Note relative à l’Etude des injections intranerveuses d’alcool dans le traitement des causalgïes. Presse Médicale, 6 septembre 1917.

Les A. préconisent d'autant mieux la méthode de Sicard que, antérieurement, l’un d’eux, Pitres, avec Vaillard, avait étudié expérimentalement les névrites provoquées par le contact de l’alcool sur les nerfs périphériques.

Les résultats obtenus par les auteurs sont semblables à ceux de Sicard. En outre, ils attachent de l’importance à ce que le titre de l’alcooi ne dépasse pas 60°, titre qui interrompt la conductibilité sensitive, et altère peu la condictibilité motrice.

Ils confirment enfin que les injections au niveau de la lésion nerveuse elle-même aboutissent à des échecs, à des récidives.

Page 1