L'AMOUR ET LES MÉDECINS
irritabilité. On augmente la dose du poison, parce que c’est le seul palliatif au poison lui-mème. Ainsi en amour, les deux amoureux se querellent, s’injurient, se battent, et plus que jamais sont nécessaires l’un à l’autre.
4° Phase de rupture :
Supprimez brusquement l’alcool à un alcoolique et il devient horriblement malade : il se croyait blasé, rassasié; mais on dirait que tout le vieux poison ressort de lui pour l’intoxiquer de nouveau, et il est si malade que l’on dirait qu’il est puni d’avoir voulu guérir. De même l’amoureux, qui rompt brusquement avec sa passion : plus que jamais elle le torture et bien souvent il y retombe, ni plus ni moins qu’un ivrogne ou qu’un morphinomane.
Je n’ai certes pas la prétention d’avoir donné en ces quelques lignes une étude définitive et véritablement scientiûque de l’amour. Le livre du D" Laurent m’a suggéré quelques idées fort décousues, fort incomplètes, mais qui, peut-être, pourront aider à mettre sur la voie les chercheurs méthodiques, les médecins qui s’en occuperont. Car si la question doit être quelque jour résolue, c’est, j’en suis convaincu, un savant qui en viendra à bout, et qui saura classifier, ranger en lois précises, les cas d’amour morbide, isolément étudiés par les littérateurs.
CONTRIBUTION A UÉTUDE