‹ Les causeries de BianchonChapitre 16 sur 29 · PROTECTIONNISME HYGIÉNIQUE · texte numérisé non relu

PROTECTIONNISME HYGIÉNIQUE

meot paternelle. Les médecins refuseront de se prêter à la combinaison, tant que leur dénonciation ne sera pas vraiment utile. L’opinion publique leur donnera certainement raison.

Tout le monde, à présent, a lu le livre de Zola, et les professionnels de la critique ont fini d’en écrire ce que leur a dicté leur a conscience littéraire », autrement dit leur sympathie ou leur inimitié.

On a suffisamment parlé des mérites de l’œuvre et de l’intérêt artistique de ce toit du grand édifice : Vhistoire naturelle et sociale cVune famille sous le second empire; mais personne, à ma connaissance, n’a répondu à cette question que tout le monde pose, à ce petit cri de curiosité que, pour ma part, j’ai bien entendu vingt fois depuis vingt jours : « Où diable ce Zola a-t-ib été » chercher les étonnantes idées scientifiques dont est » fait le génie de son docteur Pascal? »

Même, quelques critiques qui manquaient, j’imagine, de compétence spéciale, se sont montrés étrangement sévères pour le côté savant du livre. Ils devraient pourtant bien savoir que le maître naturaliste a toujours eu coutume de se renseigner méticuleusement avant de parler de ce qu’il connaît mal.

Cette fois-ci, les circonstances m’ont mis à même.

mieux qu’un autre, d’éclairer d’un peu de précision ce petit coin d’histoire littéraire, d’autant plus captivant pour moi qu’il m’a permis de voir à l’œuvre, en mouvement, pour ainsi dire, celle de ses facultés que Zola proclame, trop modestement la meilleure : son génie d’assimilation.

Au lendemain de la Débâcle, Zola qui, depuis des années, honore d’un peu d’amitié le collaborateur médical du Figaro, s’en vint fouiller dans ma bibliothèque, en quête des ouvrages les plus récents, les plus définitifs sur l’hérédité : il possédait déjà la belle thèse d’agrégation de Déjerine, quelques notes de G. Pouchet ; et je lui prêtai le recueil de conférences de Weissmann, où il trouva la plus moderne théorie, celle dite du « plasma germinatif », que Pascal entrevoit au chapitre deuxième.

Ce même jour, Zola voulant quelques renseignements sur les aliénés de grand âge, nous allâmes ensemble tout au bout de Paris, rue de Charonne, demander avis au maître spécialiste A. Motet : la tante Dide, avec ses cent quatre ans, fut proclamée cas peu fréquent, mais admissible.

Pour la crise de neurasthénie dont son héros souffre cruellement au plus fort de sa passion pour Clotilde (ch. VI), il a suffi à Zola, j’imagine, de consulter ses souvenirs, la névrose étant, à un moment ou l’autre de la vie, le tribut nécessaire de tout esprit qui pense avec

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une exceptionnelle intensité. Je n’ai pas eu à ajouter beaucoup de documents aux siens.

La mort qu’il a choisie pour son héros, la mort par cardio-sclérose, la superbe et terrifiante agonie sous la griffe de fer de l’angine de poitrine, c’est la mort de Trousseau, celle du vieux Richet, la mort en brave, pas très rare dans le métier de médecin. Pascal agonisant pressent toute la phase ultime de son mal, décrit les lésions anatomiques de son cœur, « la fibre durcie et cassante, couleur de feuille morte, criant sous le scalpel qui tenterait de la couper... » Tous ces détails techniques ont été pris dans l’excellent petit manuel du professeur G. Dieulafoy, et la manière héroï-tragique de la scène est un peu celle de la fin de Jules Ferry, telle que je l’ai contée, sur les indications précises d’un témoin oculaire... mais mon pauvre récit, quelle allure il a prise sous la plume de l’Autre !

La combustion spontanée, le tout en fumée du vieux Macquart, est de science moins classique ; mais c’est là le seul point où l’on puisse chercher chicane. Littérairement admirable et nullement invraisemblable au point de vue strictement médical, la mort par saignement de nez du petit Charles est le très saisissant et très juste symbole de l’épuisement de la race, de l’impuissance à vivre, de la rentrée dans le néant d’où le charmant et misérable petit être avait à peine pu sortir.

Mais la partie du livre qui vaut le plus d’être expliquée, celle qui a suscité la plus vive curiosité, c’est la thérapeutique inventée par Pascal, et cet étrange testament scientifique qu’il lègue à Ramond, son disciple, dans un suprême élan d’enthousiasme.

Suivons les phases de l’idée.

La lecture d’un vieux grimoire traitant de la « médecine des signatures » éveille dans le cerveau de cet alchimiste moderne l’espoir que des injections souscutanées de substance nerveuse parviendraient peut-être à réveiller l’énergie vitale de ces victimes de l’hérédité que Pascal a passé sa vie à étudier et qu’il voudrait tenter de sauver maintenant.

C’est, à peu de chose près, la doctrine de M. Brown- Séquard; c’est surtout celle de M. Constantin Paul.

Précurseur génial de ces chercheurs contemporains, le héros de Zola traite par les piqûres un ataxique, un poitrinaire, un fou; il se soigne lui-même et se guérit de sa neurasthénie. Il améliore les autres, espère un moment les sauver; mais l’un d’eux meurt de septicémie, le liquide à injections ayant été fort mal filtré et pas stérilisé du tout.

Un moment désespéré par le douloureux accident du cabaretier Lafouasse, Pascal en vient à substituer de l’eau pure à sa solution de substance nerveuse : l’effet

produit est de même ordre et bientôt il est amené à conclure que tout liquide inofïensif, introduit sous la peau de l’homme, lui apporte un rehaut de forces, lui permet une utilisation plus complète de sa vigueur d’esprit et de son énergie physique.

Puisque la qualité chimique du liquide n’importe absolument pas, il lui faut bien admettre que l’action des transfusions hypodermiques est de nature mécanique, au même titre que celle de la douche, de la friction sèche, du massage, de la puissante cure d’air. .. Et c'est alors que Pascal conçoit, dans la sérénité dernière, ce grandiose testament médical et philosophique où, au vieil arsenal des drogues, à l’ancienne chimie, il ajoute la thérapeutique encore inexplorée, la mécanique de l’organisme vivant, cù il découvre les sources naturelles de la force humaine et la façon dont il y faut puiser.

A mon point de vue personnel d’homme au courant de la question, la page est admirable; mais je conçois qu’elle déroute le lecteur insuffisamment préparé, voire qu’elle surprenne un médecin pas très... dernier bateau.

C’est que cette doctrine est de date toute récente, que le livre où elle est scientifiquement établie n’a paru en librairie que huit jours juste après le Docteur Pascal; c’est, pour tout dire, que Zola a donné par anticipation l’essence de ce livre considérable sur les

lois de Vhypodermie, qui réitère comme le témoignage d’une des meilleures conquêtes thérapeutiques de ce temps.

Dans cet ouvrage, deux graphiques démontrent que l’eau stérilisée ou le sérum artificiel de J. Chéron ont une action analogue à celle de la séquardine ou du suc nerveux de C. Paul... C’est la trouvaille même du Docteur Pascal, plus précise dans le livre de l’homme de science, volontairement enveloppée d’un peu de mystère et comme d’alchimie dans le livre du romancier. Ce qui est vérité précise en 1893 ne pouvait être que vision de précurseur en 1863. Mais comparez le chapitre XII de Zola au chapitre XI de Chéron, et vous verrez sur quels solides arguments repose, en réalité, la vision dernière de Pascal.

Le jour où je mis Zola en rapport avec un des élèves favoris de Chéron, je pensais bien que mon jeune confrère lui apporterait une théorie curieuse, un peu utopique, sans doute, mais tout à fait conforme au génie même du héros. Maintenant que j’ai lu dans son entier développement la coircoption de la thérapeutique dynamique telle que l’a réalisée le médecin de Saint- Lazare, je pense que Zola a eu la rare chance de donner à son docteur Pascal la primeur d’une des plus hardies,, d’une des plus vastes et, je crois bien, d’une des plus logiques doctrines scientiliques de ce temps.

LA GÉNÉRATION MONTANTE

La jeune génération littéraire est assez mal connue du grand public.

Une minute, les Décadents, par l’excès même de leur étrangeté, étaient parvenus à éveiller la curiosité. Elle s’est rendormie depuis que leur Ecole est morte, plus démodée et plus oubliée désormais que le romantisme à pourpoints.

Mais il s’est fait, depuis, une autre poussée littéraire. Une autre école se dessine, qu’aucune œuvre maîtresse n’a précisée encore, mais qui s’oriente déjà et manifeste des tendances assez inattendues pour être intéressantes.

Etudier cette « génération montante » — c’est le mot dont ils se désignent — montrer comment ces jeunes vivent, dire de quoi ils causent et ce qu’ils espèrent écrire — sans critique, à titre de renseignement — c’est ce que je voudrais tenter pour ceux de mes lecteurs qui ne veulent rien ignorer du mouvement artistique moderne.

LA GÉNÉRATION MONTANTE

Les jeunes gens de lettres vivent, en ce moment, de façon très bourgeoise.

Il est rare qu’on les rencontre dans les cafés ou dans les brasseries.

Sur une quinzaine qu’ils peuvent être, j’en connais six ou sept qui, tout jeunes, sont mariés. Les autres sont en faux ménages, et quasi-mariés aussi, car ils restent beaucoup chez eux, et, sans produire énormément, paraissent travailler considérablement.

C’est, sans doute, qu’ils réfléchissent, qu’ils raisonnent et qu’ils méditent, évidemment préoccupés d’habiletés mélangées de scrupules, de mille projets d’avenir.

Ils ont peur de perdre du temps, évitent d’aller dans le monde et ne veulent point vivre la vie ardente, mouvementée, passionnée, où se trempaient autrefois les poètes, où nos pères gagnaient, au prix d’expériences souvent cruelles, la science du cœur humain.

Ils se rencontrent dans quelques dîners mensuels, ou chez leurs maîtres préférés. Ce qu’ils y disent les révèle.

Leurs conversations démontrent qu’ils sont lents à l’enthousiasme, prompts au mépris et au dénigrement ; qu’ils sont extrêmement sévères pour tout ce

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qui leur paraît porter atteinte à l’honneur littéraire, à la dignité de l’artiste ; qu’ils sont, enfin, terriblement et constamment tourmentés par la volonté d’être originaux, d’inventer du nouveau, de ne ressembler à personne.

L’énorme succès du naturalisme les hante, mais ils veulent le renier et chercher dans une autre voie.

Je ne crois pas qu’ils aient trouvé encore de formule précise, et cependant ils s’orientent presque tous, en théorie, du moins, vers un certain nombre d’idées communes, dont voici les plus caractéristiques :

En fait de religion, ils ne sont point tentés de piété quotidienne et pratique, mais ils sont spiritualistes, et le mot Mysticisme est l’un de ceux qu’ils prononcent le plus.

En fait de politique, ils détestent l’opportunisme ; il s’en est fallu de très peu qu’ils ne devinssent boulangistes, et maintenant, les voilà presque tous antisémites, monarchistes ou socialistes, ou l’un et Tautre en même temps.

Leur philosophie dérive évidemment du pessimisme: ils n’ont d’espoir qu’en la métaphysique, et professent un grand mépris pour l’école positiviste.

Ils causent aussi de science ; mais les méthodes actuelles sont bien loin de les satisfaire, car ils s’intéressent surtout aux sciences occultes : spiritisme, fakirisme, magie, sorcellerie, tout ce qui est surna-

LA GÉNÉRATION MONTANTE

turel, modernisé par eux, leur paraît appelé à um renouveau très prochain.

Ils pensent qu’en littérature il faut chercher de& sujets neufs, bizarres, les plus étranges maladies^ morales, les mœurs très exceptionnelles.

Ils estiment que, jusqu’à présent, on a donné bien trop de place à la peinture de la vie vivante extérieure, à la poésie naturelle. Ils voudraient des livres plus raisonnés, la contemplation de soi-même, l’autobiographie intime, des rêveries métaphysiques et non pas des descriptions.

Tout paraît être chez eux affaire de raisonnement, même la question du style. Autrefois, on y mettait toute son âme, simplement ; on n’y pensait qu’en écrivant, et les plus raffinés ne voulaient que charmer le lecteur par la trouvaille du mot juste et l’harmonie des périodes.

Les jeunes d’a présent décident par avance du langage qu’ils écriront.

Partant de ce principe théorique qu’il faut un langage complexe à une société elle-même très compliquée, ils ne veulent admettre qu’une prose nouvelle subtile, extrêmement savante, et la cherchent de tous leurs efforts.

Ils en trouvent les éléments chez quelques maîtres préférés, Goncourt et Huysmans notamment, dans les auteurs du seizième siècle, dans les vocabulaires d’anatomie et de chimie, et surtout dans ce précieux

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Dictionnaire de l'Analogie par Boissière, qu’ils consultent à tout moment, et où ils trouvent, sans grands efforts, les mots rares que l’usage n’a pas encore « éculés », comme ils disent. Il leur faut aussi force néologismes. Si le public ne comprend pas, tant pis.

C’est un symptôme vraiment curieux, cette recherche volontaire, méditée, d’un art original.

Il est d’usage de dire aux débutants : « Si vous ne devez pas nous donner du nouveau, il est inutile d’écrire.»

Autrefois ce précepte n’était pas moins vrai qu’aujourd’hui ; mais on se contentait de travailler comme on pouvait, au risque de débuter médiocrement par des pastiches, et de laisser sa personnalité, si on en avait une, se dégager spontanément et peu à peu.

La critique moderne — les jeunes en font presque tous — a fait d’eux des théoriciens, des raisonneurs, n’abandonnant rien au hasard, n’écrivant rien sans préméditation.

Et l’exemple de quelques maîtres autrefois décriés, maintenant populaires, les préoccupe énormément : celui de Zola, notamment, et surtout celui de Wagner.

Les littérateurs qui débutent savent tous qu’on a longtemps considéré les œuvres du maître allemand comme absolument inintelligibles, et qu’aujourd’hui tout

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le monde en raffole. Et comme ils raisonnent toujours, ils se croient autorisés à en déduire qu’on peut écrire obscurément, étrangement, confusément, avec la certitude de triompher un jour des répugnances du public.

Cela leur donne pour le moment l’auréole des incompris, en leur laissant de grands espoirs pour l’avenir.

J’affirme que beaucoup n’ont pas d’autres motifs pour écrire comme ils écrivent.

En même temps, cela les autorise à mépriser, du haut de leur intransigeance, ceux qui dédaignent moins de plaire au grand public.

Car jamais, à aucune époque, les jugements des jeunes ne furent plus sévères, ni leur esprit plus soupçonneux.

L’accusation de mercantilisme revient à tout instant dans leurs causeries. Quiconque n’écrit pas à la façon qui leur est chère ou, plus simplement encore, quiconque gagne de l’argent avec ses livres leur paraît un traître, un vendu.

Voici, du reste, quelques-uns de leurs jugements coutumiers :

Loti ne sait pas son métier d’écrivain.

Maupassant n’est qu’un Paul de Kock.

Bourget n’est guidé que par la crainte de déplaire.

Zola, n’étant ni psychologue ni styliste raffiné, n’est plus qu’un gros industriel.

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Quant à Daudet, voici textuellement ce que je lis dans une revue juvénile :

Alphonse Daudet : exportation.

Ernest Daudet : un peu, un peu plus de talent que son frère.

M’étant interdit toute critique, je transcris sans apprécier.

La question, très actuelle, de l’Académie, les indigne terriblement. Ils pensent que la candidature de Zola est une trahison, d’aucuns disent une infamie. Si vous leur objectez que Vdctor Hugo n’a pas été diminué par son entrée sous la coupole, si vous leur dites que Zola est un de ces conquérants que tente toute conquête nouvelle, ils vous répondent qu’il se déshonore, voire même qu’il en a perdu son génie.

Le fond de tout cela est cependant une poussée généreuse, un sentiment très exalté de la dignité artistique, la haine du « struggle for life ».

Le fameux manifeste des cinq, qui a failli, dit-on, se renouveler ces jours-ci, en est une preuve éclatante. On a pu croire qu’il ne s’agissait là que d’une manœuvre habile de jeunes ambitieux. Il y avait bien un peu de cela, j’imagine, mais pour une bonne part aussi, de l’indignation sincère de la conviction profonde, car l’état des esprits est ainsi maintenant.

Leurs œuvres de début s’en ressentent, du reste.

Ce sont, en style nébuleux, riche, savamment orchestré, des autobiographies tristes, où toujours on fustige la

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<( muflerie contemporaine », « les atrocités de ce siècle de luxure et d’argent », où l’on prêche l’antisémitisme le refuge aux sommets de l’art et le retour à la mysticité.

L’amour du moyen âge emplit ces jeunes cœurs. Ils veulent réagir contre tout le courant moderne. L’un d’eux me disait récemment, le plus sincèrement du monde : « Oh! le Grand Interdit de France! Voilà le temps où j’étais fait pour vivre ! » Car ils trouvent mauvais tout ce qui est actuel, même l’Eglise d’aujourd’hui, qu’ils jugent trop conciliante, tombée dans la diplomatie.

Symptôme caractéristique, ils ont tous beaucoup de talent.

Aucun n’a pris la tête encore, mais il n’en est pas un qui ne soit capable d’écrire un roman très bien fait, ingénieux, savamment composé et surtout savamment écrit, et qui ne soit un virtuose.

En somme, ils sont intéressants, puisqu’ils semblent vouloir s’opposer à toute la marche en avant de ce siècle, à la conquête progressive et lente de la liberté politique, de la science positive, de l’art vivant, sincère et clair; puisqu’ils renient la vieille tradition française qui, de Rabelais à Zola et de Hugo à Maupassant, donnait raison aux œuvres mâles, optimistes et panthéistes.

Ils rebroussent chemin, ils cherchent dans la voie contraire.

Triompheront-ils quelque jour? La gloire et l’argent.

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qu’ils méprisent en ce moment et qu’ils souffrent de n’avoir pas, leur viendront-ils tout de même, demain ?

Il faut attendre, il faut les suivre, s’ils restent convaincus et fidèles à leur doctrine. On ne saurait se prononcer encore, et je n’ai pas qualité pour prophétiser l’avenir.

Tout ce qu’on peut en dire, c’est que leur méthode est hardie, qu’elle avait paru stérile à tous nos devanciers, et que, peut-être, un jeune mâle, moins scrupuleux, moins raisonneur, plus vigoureux et moins savant, amoureux de la vie et vorace de gloire, viendra demain pour culbuter leurs théories, restaurer l’ancienne manière, pleine d’espoir en l’avenir, joyeuse, ardente, lumineuse, et replanter le vieux drapeau gaulois.

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