‹ Les causeries de BianchonChapitre 3 sur 29 · L’OPÉRATEUR · texte numérisé non relu

L’OPÉRATEUR

. . . Dans la salle d’opération où la lumière est si intense qu’elle y inet comme de l’espoir, il est debout, en habit noir, très grand, de carrure superbe, les deux poings au repos sur la saillie des hanches ; les favoris s’argentent par le bout, mais les cheveux longs, bouclés du bout ne se sont pas faits rares malgré les soixantecinq ans. Le regard clair sous les paupières lourdes, la figure impassible et grave naturellement, sans l’ombre d’une pose, sans une attitude cherchée, il attend avec patience, plein de force et de calme, que l’heure soit venue d’agir.

11 est, du reste, presque seul : la plupart de ses aides sont relégués dans la chambre voisine ; on a caché les instruments sous des serviettes, et rien d’effrayant ne paraît.

Menée par une religieuse, la malade tremblante essayant de sourire, le teint jauni par sa tumeur, les yeux agrandis par la crainte, la malade est entrée et c’est lui qui l’accueille, toujours du même mot, avec le même accent, l’accent de son pays de Beauce, dont il a conservé, dont il exagère parfois la rondeur et la bonhomie.

l'opérateur

— Ah ! voilà cette bonne dame.

Il fait un pas vers elle, et lui prenant la main dans les deux siennes :

— Allons, voyons, mon petit enfant, ne vous émotionnez pas ! ça va marcher comme sur des roulettes. Ma bonne sœur, couchons-là sur ce lit. . . Bon !... Ecoutezmoi bien, mon petit : le chloroforme picote un peu ; pour éviter qu’il n’irrite les yeux, nous mettons une compresse humide qui les préserve ; dans le nez et la gorge, ça ne piquera pas plus fort que du tabac...

Et quittant la malade ainsi doucement aveuglée par le linge mouillé qui ne laisse rien voir, étourdie par la promptitude avec laquelle on s’est emparé d’elle, réconfortée, touchée parce mot a mon petit » et par l’autorité puissante de cette voix, il l’abandonne alors aux mains de son élève qui entame l’anesthésie par ces mots rassurants : « J’ai donné le chloroforme plus de cinq mille fois, madame, et je n’ai pas eu d’accidents ! ...»

A ce moment, les autres aides apparaissent, jeunes docteurs accoutumés à lire dans les yeux le geste qu’il faut faire, l’instrument qu’il faut présenter, et le fournisseur d’appareils avec ses grandes boîtes nickelées.

Mais dans le simple sac de cuir qui le suit partout où il va, l’opérateur choisit de préférence ses fidèles outils, ses instruments de chaque jour, les armes faites à sa main, deux ou trois paires de ciseaux,

l’opérateur

deux ou trois douzaines de pinces, qui dorment entre deux besognes, liées ensemble et toujours embrochées par leurs boucles à un tube de caoutchouc ; jamais d’instruments compliqués. Et bientôt les aciers à manche de nickel stérilisés d’abord à l’eau bouillante, les rétracteurs coudés pour se donner du jour, les petites pinces légères pour arrêter l’hémorrhagie, les bistouris aigus aux lames minces, luisent sous l’eau phéniquée qui les baigne dans les récipients de porcelaine blanche.

La malade, tout à fait grise et sur le point de s’endormir, bafouille doucement dans la compresse à chloroforme, où goutte à goutte l’aide verse l’anesthésique.

C’est la toilette, maintenant.

La toilette de la malade, au sublimé et à l’éther; et la toilette du chirurgien.

Docilement, paisiblement, assis sur un grand escabeau, il se laisse habiller par les religieuses d’un tablier autour des reins, d’une serviette autour du cou, de manchettes en toile blanche serrées au poignet et fixées à l’épaule par des épingles de nourrice. Et cependant ses mains barbotent dans l’eau mousseuse, se purifient au sublimé, et sortent de là nettes, blanches, un peu tannées par les antiseptiques, ces mains géantes aux doigts énormes, que l’on jugerait incapables d’adresse et de légèreté.

Puis il s’en vient auprès de la malade, s’assied

l’opérateur

commodément pour éviter les courbatures ; on met à sa portée un petit baimde Van Swieten pour les ablutions fréquentes, une grosse éponge à la main, chaque aide prend sa place, et tout autour du lit, glissant sans bruit dans leurs chaussons conventuels, les religieuses s’empressent pour que rien ne manque au docteur.

A présent, la malade ronfle d’un souffle lent, égal, paisible. L’aide du chloroforme soulève l’un des bras, il retombe comme une chose ; il effleure la conjonctive, où le reflexe est aboli...

— Vous pouvez aller, mon cher maitre. La malade dort tout à fait.

Alors, sans hâte, une dernière fois les doigts du chirurgien parcourent la tumeur, la mesurent, la circonviennent, démasquent ses retranchements ; ses yeux aux trois quarts clos calculent la longueur à donner à l’incision. Sa main gauche étale la peau ; sa main droite se tend vers l’aide aux instruments, et il sait très exactement tout ce qu’il lui faudra faire au moment où ses lèvres disent le mot qui ouvre les hostilités :

— Bistouri !

Et dès lors il agit d’une haleine, pour ainsi dire.

Autour de la tumeur, le bistouri court intelligemment, incisant puissamment la peau, d’un bout à l’autre, d’un seul geste : elle s’ouvre, écartée par les

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aides des deux côtés , et les tissus sous-cutanés paraissent, la graisse jaune, la nacre bleue des aponévroses, où perle le sang noir des veines, où jaillit brusquement, à petits jets rythmés qui vous aveuglent, le sang rouge vif des artères.

— Éponges! dit le patron, la voix paisible, la main prompte... Éponge propre, encore, bien!

L’aide appuie, avec son éponge, puis la retire brusquement ; l’artère se révèle au jet dru qu’elle darde. Mais lui la muselle du coup, fixe la pince qui l’écrase, puis une autre, encore et encore, les pinces si légères, se maintenant fermées sans qu’on y touche, supprimant la perte du sang; il les prend au vol et les pose impeccablement où il faut, ferme leur cran, les laisse dans la plaie qui en est toute hérissée; et loin de s’en embarrasser, il s’en sert, au contraire, pour écarter les chairs, les mettre hors d’atteinte et trouver son chemin.

De nouveau, le bistouri plonge, décollant les tractus fibreux, glissant docilement, inofïensif où il ne faut pas mordre, tranchant tous les liens qui font la tumeur prisonnière. La voilà qui cède... c’est fait!

Ainsi qu’une mauvaise bête qu’on a mise hors d’état de nuire, l’opérateur la garde un instant dans sa main, l’examine de près pour voir si c’est bien comme il avait pensé, puis il la jette sous la table, dans un bassin qui la reçoit.

l'opérateur

Et tout cela s’est fait très simplement.

Je connais des chirurgiens que le plus mince obstacle met en rage. D’autres qui doivent cacher leur émotion sous des jurons ou sous des gaudrioles ; d’autres qui prennent volontiers des attitudes théâtrales.

Lui grogne à peine, deci-delà.

Il ne plaisante pas et il n’est pas ému.

Ce qu’il fait n’a pour lui rien d’anormal ni d’extraordinaire : il accomplit sa vocation ; il fait exactement ce qu’il était né pour faire.

Quand on le fait par trop attendre :

— Allons voyons , ma bonne sœur , un peu plus vite, s’il vous plaît !

11 parle peu, d’ailleurs, voilant — on dirait qu’il le fait exprès — sous des phrases poncives, la justesse des observations qu’il fait aux assistants. Ou, parfois, il se plaint, sans esprit mais sans amertune, presque gaiement,, des médisances de ses confrères.

— Ces gens-là, voyez-vous, ils sont comiques, tout de même !

Dans ces moments, l’accent devient inénarrable, et l’œil brille d’une malice vraiment réjouissante pour un observateur impartial.

l’opérateur

Mais tout cela tombe bien vite : l’opération le reprend.

La tumeur a fait des petits. Il existe quelques ganglions au fond de la plaie, derniers retranchements où se cache le germe des redoutables récidives. La tumeur renaîtra si on en laisse une parcelle : il faut les extirper, ces rejetons plus traîtres que leur mère. Et ils sont nichés toujours aux endroits périlleux, dans la gaine des gros vaisseaux, le long des nerfs qu’il ne faut pas couper. Le bistouri aux dents comme un vulgaire porte-plume, se servant de ses doigts, utilisant ses ongles, il va les chercher un à un, péniblement, car ça tient dur, doucement pour ne rien blesser dans l’entourage. Et il fait la grimace, un peu, à ce moment : ses paupières se ferment et ses lèvres se mordent, son front se plisse dans l’effort de sa volonté pour localiser toute l’attention dont il est capable dans ses doigts qui furettent- là où les yeux ne peuvent pas atteindre, il n’y épargne pas son temps, lui si pressé, et c’est bien nettoyé, quand il dit à son entourage :

— Il n’y a plus rien là dedans !

l'opérateur

Et ce n’est qu’un jeu celle-là, le vieux jeu, la vulgaire tumeur du sein , l’opération classique, le petit combat d’avant-garde en comparaison des batailles rangées de la chirurgie abdominale, des kystes de l’ovaire pour lesquels on ouvre le ventre, des fibromes et des cancers pour lesquels il a inventé toute une stratégie, « morcellement par les voies naturelles », la plus chère de ses victoires. Mais ce sont des champs de bataille qu’on ne peut vraiment pas décrire.

Et quand il a fait ses sutures, couvert la plaie d’iodoforme qu’il prend à pleines mains sans souci de la puanteur, au moment où il achève le pansement, où il met la dernière épingle, on sent qu’il pense déjà à l’autre, à' l’opéré de tout à l’heure, chez lequel il arrivera en retard d’une demi-heure.

Et son pardessus boutonné sur son éternel habit noir, ses recommandations faites au médecin traitant, tandis que la malade à demi réveillée, grise de chloroforme, pleurniche en refusant de croire que c’est fini, tandis que la famille, essuyant une larme, remercie le maître à mains jointes, il abrège le plus qu’il peut les encouragements suprêmes :

— Je vous l’avais bien dit que ça marcherait bien. Ne vous émotionnez pas, c’est parfait! Allons ! Allons !...

Qu’on soit de ceux qui l’aiment ou de ceux qui l’abhorrent — il a de nombreux ennemis — il faut

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admettre que probablement il incarnera pour des générations entières le type du chirurgien légendaire, le tailladeur de chair humaine épique, qui fait la besogne sanglante par vocation vraie, par tempérament même, comme d’autres peignent des fleurs ou restent amoureux toute leur vie.

Lui n’aime rien que son métier, la gloire et l’argent qu’il rapporte. Riche comme un banquier, il ne veut pas, il ne peut pas se reposer ni s’amuser, ni goûter aux joies de la vie. Son tempérament est son maître. Le jour où sa main droite ne pourra plus tenir un bistouri, je ne serais aucunement surpris qu’il m(’urut de chagrin.

COMMENT IL FAUDRAIT SE SOIGNER

A l’heure d’abandon où l’on fume un cigare, un médecin qui n’est pas sans mérite me dit un jour : — « Voyez-vous, mon ami, tant que nous ne faisons » que des recherches théoriques d’hôpital ou de labo- » ratoire, nous pouvons nous considérer comme exer- » çant une profession libérale, et nous allons de pair » avec les écrivains, les peintres ou les autres sa- )) vants; mais, du moment précis où nous avons la )) prétention de guérir nos semblables, nous sommes » tous un peu des charlatans!... »

Jolie boutade, amusante entre augures, mais dont l’auteur aimera mieux, je pense, que je n’imprime pas son nom, car il voit de nombreux malades, et peutêtre les perdrait-il s’ils le savaient aussi sceptique?

Paradoxe injuste, d’ailleurs; le malade n’est pas si bête ni le médecin si canaille. Le client qui nous paie — et même celui qui oublie de nous régler nos honoraires — a droit à autre chose qu’à un simulacre de traitement, et nous faisons toujours de notre mieux pour l’améliorer.

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Certes nous ne pouvons que rarement guérir, au sens complet du mot, les maladies dûment constituées, mais nous sommes puissamment armés pour ^es tuer dans l’œuf, les empêcher d’éclore.

La vérité, c’est qu’on devrait aller trouver le praticien avant même d’être malade : et telle que, l’idée peut paraître encore assez paradoxale pour qu’il me faille expliquer ma pensée avec plus de détails et quelques preuves à l’appui.

A quelques semaines de distance, un très remarquable discours à l’Académie de mon maître et ami Albert Robin, et deux belles leçons du professeur Grasset (de Montpellier) viennent de rajeunir la vieille doctrine du vitalisme et sa querelle séculaire contre V organicisme.

En quelques mots, voici comment.

La science moderne admet les deux notions fondamentales que voici :

1° Bon nombre de maladies sont occasionnées par la survenue de microbes empoisonnant notre organisme ; mais pour que cet empoisonnement se réalise, pour que la maladie éclate, il faut en outre que notre corps vivant soit en état propice, et suffisamment affaibli pour ne plus pouvoir lutter victorieusement contre l’envahisseur.

Exemple . dans l’atmosphère d’une chambre où nous sommes cinq personnes à respirer habituellement, flotte, nombreux et partout répandu, le bacille de Koch ; nous

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en absorbons tous, et tous à dose égale. Et cependant, un ou deux d’entre nous seulement seront frappés de la tuberculose, parce que ceux-là seulement ont un organisme débile, insuffisamment armé pour la lutte : leur terrain est propice à l’éclosion du germe.

2“ En outre, beaucoup de maladies chroniques, avant d’être constituées par des lésions formelles, par de profonds délabrements de tel ou tel organe, ne sont, pendant longtemps, que des troubles de fonctions, de simples variations nerveuses du fonctionnement de l’organe.

Exemple : un homme politique — le Thuringe de M. Barrés (1), par exemple — est, par profession et par tempérament, prédestiné aux émotions angoissantes, aux palpitations. Ce n’est rien, tout d’abord, qu’un cœur qui bat plus vite, avec un spasme nerveux, insignifiant, passager de l’aorte ; mais à la longue, l’aorte se déformera, le cœur se faussera. Et il aura suffi d’un phénomène moral fréquemment répété pour déterminer lentement une maladie organique, celle-là même dont est mort M. Jules Ferry.

C’est l’histoire des cardio-scléroses de M. Huchard, et les albuminuries phosphaturiques d’Albert Robin sont phénomènes de même ordre.

(1) Une journée parlementaire, pièce en trois actes. G. Charpentier, éditeur.

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Donc il nous faut admettre que presque toutes les maladies formelles sont précédées d’une période de préparation, d’une phase prémonitoire qui n’est, à tout prendre, qu’une fatigue de l’organisme, un épuisement de la force de résistance. C’est le ralentissement de la nutrition de M. Bouchard ; c’est l’état d'hypotension de M. J. Ghéron. Cela signifie simplement que la cellule vivante, diminuée dans sa vitalité, n’est plus apte à lutter contre l’ennemi qui l’assaille.

Voilà la notion qu’il importait de mettre en relief. C'est elle qui explique et justifie de toutes pièces ce que je disais tout à l’heure.

En face des maladies chroniques définitivement installées, le médecin ne peut que rarement prétendre à nous guérir complètement : il soulage le patient, il empêche le mal d’évoluer trop vite, et c’est là que se home le secours qu’il peut apporter.

Mais pendant cette période prémonitoire des maladies, s’il y voit clair, il est le maître, car il ne s’agit plus pour lui que de régler le fonctionnement du système nerveux de qui dépendent la force et la fatigue, la sagesse ou la folie de nos organes.

Ce côté éminemment pratique de nos acquisitions scientifiques, il faut que le public en fasse son profit. Sans tomber dans l’excès de ces mères, tout de même trop alarmistes, qui voient toujours leur fils à deux

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doigts de la mort et qui envoient sonner chez le docteur dès que le marmot éternue, il faut que tout le monde s’accoutume à l’idée de prévoyance médicale.

Un exemple que j’ai vu de près donnera la mesure de ce que^ je veux dire.

Voici deux ans je fus accidentellement appelé à soigner un jeune homme opéré récemment de tuberculose ganglionnaire.

Lorsque la plaie opératoire fut tout à fait guérie, quand le convalescent fut tout à fait sur pied, la mère me demanda quel était mon avis sur l’avenir réservé à son fils : cette tuberculose localisée ne risquait-elle pas de se généraliser un jour et de gagner le poumon ? Telle était son inquiétude.

J’auscultai : les poumons n’avaient pas de lésion précise. Mais poursuivant mon interrogatoire, j’appris que, des deux branches de la famille, l’une était surchargée de névropathes et de fous, et l’autre de phtisiques. L’adolescent était, d’ailleurs, de caractère irascible et fantasque, intelligent, mais incurablement distrait, lent au travail, incapable d’attention soutenue, dénué d’énergie. Il mangeait peu, digérait mal, dormait irrégulièrement. A cela près, « il se portait très bien ».

Je pensai qu’il fallait l’astreindre à une sévère

Causeries. — 4.

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hygiène, le tonifier puissamment et méthodiquement, pour essayer de le soustraire à l’une ou l’autre des deux tares héréditaires qui le guettaient. Mais, trop jeune praticien pour n’être pas deux fois prudent, je l’envoyai tout d’abord consulter le médecin de vieille expérience qui soignait sa famille.

Sa réponse fut celle-ci :

— Mon confrère fait trop de zèle : si cet enfant devient malade, nous serons bien à temps de le soigner ; en attendant laissez-le donc tranquille.

Un peu confus et plein de respect pour l’ancien, je me repliai en bon ordre ; mais quelques mois après, on revint me chercher. L’énervement et la fatigue empiraient chaque jour, et la famille me confiait l’enfant avec d’aimables insistances.

Les jeunes médecins ont des loisirs et de l’ambition : je m’occupai beaucoup de mon malade. Guidé par les conseils d’un maître clairvoyant, je m’appliquai à restaurer la vitalité de ce déprimé, à régler l’emploi de ses forces physiques et de ses facultés intellectuelles. Le résultat passa mon espérance : on lit un homme, un homme actif et vigoureux de cet héréditaire malingre et inutile.

Je rougirais d’en tirer gloire, et tout autre aurait pu faire ce que j’ai fait.

Mais le cas est si net, si probant, ce me semble, que j’ai voulu le raconter. 11 me permet de terminer cette causerie par un conseil absolument pratique et vraiment utile, je crois. Il peut se résumer ainsi:

COMMENT IL FAUDRAIT SE SOIGNER

Dans la famille où la tuberculose, la goutte, le nervosisme — les maux héréditaires — ont déjà fait quelques ravages, surveillez les enfants, les adolescents surtout : ne laissez pas leur organisme s’habituer à la faiblesse, à l’anémie, à l’instabilité nerveuse. La médecine moderne commence à savoir à quelles sources il faut puiser pour ranimer la force humaine, pour activer la vitalité organique : c’est bien le moins qu’elle utilise ses conquêtes, à l’heure où il est temps encore d’aviser.

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