‹ Les causes d'erreur dans l'étude des empreintes végétalesChapitre 44 sur 59 · la présence de septa « bilamellaires · texte numérisé non relu

la présence de septa « bilamellaires

Mais un examen plus attentif ramène à leur juste valeur ces différences apparentes :

1. Parmi les diverses espèces de Caninia^ il en est à planchers assez espacés {Caninia cornucopiacy Caninia cylindrica); mais l'espacement des planchers est variable à différents niveaux d'un même individu. Chez ces espèces, dans la région centrale des planchers, les septa, ou bien font défaut [<:omme à certains niveaux du stade cylindrique de Caninia cornucopiae {1)]^ ou bien ils ont peu d'élévation. Il s'ensuit qu'une série de coupes horizontales présentera des sections d'aspect bien différent sous le rapport de l'avancement des septa vers le centre : les coupes montrant les prolongements des septa jusque près du centre seront les plus rares, parce qu'elles devront avoir été faites exactement au niveau d'un plancher. La plupart des coupes de Campophyllum de Thomson appartiennent à la catégorie, plus nombreuse, montrant les septa restant à une plus ou moins grande distance de la région centrale.

L'absence générale d'intersections tabulaires dans la région centrale dans les figures de Thomson ne peut se concilier avec la présence de planchers gondolés que représentent les coupes verticales du même auteur : d'ailleurs, l'auteur signale, dans son texte, ces intersections qu'il a omis de représenter dans ses dessins. L'emploi de la méthode photographique l'aurait mis à l'abri des omissions de cette sorte.

2. Gomme caractère des Campophyllum^ soigneusement répété dans la diagnose de chaque espèce, Thomson note « la pi^ésence de septa bilamellaires, les espaces interlamellaires étant occupés par du stéréoplasme ». Cette description ne pourrait s'appliquer à nos Caninia^ où le stéréoplasme enveloppe, comme d'une gaine, la lamelle septale qui est unique, ainsi que le montrent très bien nos photographies. Dans le Petit-Granit d'Y voir, à Yvoir, nous avons trouvé une forme dont les septa paraissent bilamellaires (pi. IV, fig. 1); en examinant au microscope, nous avons pu constater la présence, au milieu du stéréoplasme soidisant interlamellaire, d'une fine lamelle noire, qui représente bien la lamelle septale unique. Nous croyons que la disposition bilamellaire des septa dans les Campophyllum de Thomson est une fausse apparence.

En 1903, M. A. Vaughan (2) montre que le groupe du Zaphrentis cylindrica Milne-Edwards et Haime ne peut entrer dans le genre Campophyllum,:, il en forme un genre à part, pour lequel il reprend le vieux terme Caninia.

(i) Carrutmkrs, Geolog, Mag., dec. v., vol. V, 1908, p. 165, diagramme F. (2) A. Vaughan, Proc. Bristols Nat, Soc.» n. s., vol. X, pars II, 1903, p. 102.

En 1908, M. Carruthers donne d'excellentes raisons pour prouver que le génotype de Caninia Michelin est non Caninia cylindrica^ mais Caninia cornucopiae{i)^ dont la vësiculosité est beaucoup moindre.

M. Carruthers estime en conséquence qu'un nouvel examen serait nécessaire pour décider si les formes du groupe cylindrica peuvent être retenues dans le genre Caninia.

A la suite de ces études, M. Douglas (2) fît rentrer de nouveau, au moins à titré provisoire, dans le genre Campophjllum les formes très vésiculeuses pour lesquelles M. Vaughan avait repris le nom Caninia. Nous avons prouvé plus haut que cette thèse est impossible à soutenir. D'autre part, nos études nous ont montré qu'il estjmpossible de séparer génériquement ces formes de Caninia cornucopiae; nous avons été ainsi à même de définir les caractères distinctifs du genre Caninia de façon plus précise que n'avait pu le faire M. Carruthers.

Dans tous les exemplaires de Caninia dont nous avons examiné les caractères internes, tant du Carbonifère de Belgique que du Carbonifère anglais, les septa mineurs ne sortent guère, vers l'intérieur, de la zone vésiculaire externe. M. Stuckenberg décrit de nombreuses espèces du Calcaire carbonifère de la Russie, qu'il range dans le genre Caninia : dans certaines de ces espèces, les septa dépassent de beaucoup vers l'intérieur la zone vésiculaire externe.

Nous n'avons pas eu l'occasion d'étudier ces formes russes à septa mineurs très développés, que nous serions porté, d'après les figures, à séparer des Caninia : dans le doute, nous n'avons pas voulu faire entrer ce caractère dans la diagnose.

Nous ne pensons pas qu'il faille séparer du genre Caninia les formes pour lesquelles le même auteur a créé Pseudozaphrentoides (3). Il en est autrement du genre Zaphrentoides Stuckenberg qui se sépare des Caninia et des Pseudozaphrentoides par le fait que les septa vont jusqu'au centre, par labsence complète d'une zone vésiculaire {Endothekalgewebe) et la présence de planchers s'étendant jusque l'épithèque.

M. Vaughan a reconnu lui même (4) le bien -fondé de la réunion à Caninia par M. Carruthers du genre Amplexi-Zaphrentis Vaughan.

(i) Carruthkrs, Geohg. Mag., dec. v., vol. V , 1908, p. 158.

(2) Douglas, Quaierly Journal, vol. LXV, 1909, p. 578,

(3) A. Stuckenberg, Mim. Com. gioiog,, Saint-Pétersbourg, n. s., livr 14, 1904, p. 91.

(4) A. Vaughan, Quateriy Journal» vol. LXIV, 1908, p. 445 (pu note).

GANINIA GORNUGOPIAE Michelin.

Planche I» fig. 1-4.

Voir Carruthers (i), GeoL Magaz,, dec. V, vol. V, 1908.

Ajouter à la synonymie : 1873 Gampophyllam analogum, De Koninck, Nouvelles recherches^

p. 45, pi. ni, fig. 6.

Caninia cornucopiae Michelin a été très bien étudie par M. Carruthers. Nous en avons figuré (pi. I) les différentes phases d'accroissement d'après des spécimens que nous avons nous-méme débités en coupes sériées puis examinés. Nous ne donnons ici que les caractères essentiels du type, afin de comparer avec lui une variété non encore étudiée et d'un grand intérêt.

On peut distinguer, dans le développement de la forme typique, quatre ou même cinq phases désignées d'après le nom donné par Milne-Edwards et Haime ou par De Koninck aux formes dont le calice représente ce stade :

i"* phase vermicularis, à septa d'épaisseur uniforme gagnant le centre irrégulièrement ;

i"" phase Dumonti, à septa épaissis par du stéréoplasme, disposés régulièrement et s'étendant jusqu'au centre ou presque jusqu'au centre (pi. I, fig. ic, 2&, 3c)\

3« phase Nystiana, à septa épaissis par du stéréoplasme, mais s'ëloignant de plus en plus du centre; fossette septale courte et large (pi. I, fig. 16 et 35);

4'' phase Edwardsiana et

5° phase cornu-bovis, à septa très courts; fossette très peu profonde; un anneau de dissépiments marginaux (pi. I, fig. la et 3a}.

Ces phases ne sont pas vraiment ontogénétiques : ces difïérences sont dues à la forme que prend le polypier; les septa deviennent « amplexoïdes », donc se raccourcissent, lorsque la forme cylindrique est atteinte; or, cette forme cylindrique peut être atteinte à des âges très variés. La longueur des septa varie d'ailleurs fréquemment dans le cours du développement du polypier : elle est en relation avec la hauteur très variable des chambres intertabulaires : lorsque le plancher supérieur d'une chambre a plus lardé à se former, les septa ont pris un plus grand accroissement dans cette chambre, en longueur comme en hauteur. A plus forte raison, le développement des septa dans le calice n'a-t-il pas de valeur spécifique.

(i) M. Carruthers y donne une longue bibliographie; nous croyons inutile de la répéter ici.

Les constantes caractéristiques pour la détermination de cette espèce sont les suivantes (cf. Carruthers, op. cit., p. 164) :

I** i'épithèque est lisse, c'est-à-dire qu'elle n'a aucune striation longitudinale, mais elle possède une striation annulaire fine et serrée ;

2® il y a trente-deux ou trente-trois septa pour un calice d'un diamètre de io»5 à 2 centimètres;

S*" dans la partie inférieure et conique, un épaississement stéréoplasmique affecte les septa, d'abord de tous les cadrans, puis des deux cadrans cardinaux seulement ;

4'' il y a une phase à longs septa régulièrement disposés (phase Dumonti) ;

5^ un cercle mince dissépiraental peut s'observer, mais est relégué au stade le plus avancé d'accroissement (pL I, fig. la et 3a);

6^ les planchers sont bombés en forme de dômes dans la région inférieure et conique, mais ils s'aplatissent dans les portions cylindriques (coupe verticale).

Nous avons repris sur un grand nombre de beaux échantillons l'étude de cette espèce : ce qui nous permet de confirmer en tous points les conclusions de Garruthers, tant pour la synonymie (voir plus haut, page 7) que pour le développement ontogénique.

Nous pouvons en outre enregistrer deux résultats nouveaux, l'un relatif à l'ontogénie, l'autre à la synonymie :

I'' Grâce aux nombreuses coupes sériées que nous possédons de Caninia cornucopiae Mic^helin, nous avons pu observer très bien dans cette espèce le décollement (i) de la bande stéréoplasmique collée d'abord à l'épithèque, et l'intercalation entre cette bande et l'épithèque des vésicules caractéristiques du genre. Ce phénomène nous a donné la clef de tout le problème des Caninia. Nous donnerons une description complète de ce phénomène k propos de Caninia patula (2), espèce chez laquelle nous l'avons observé d'abord.

2"" De Koninck décrit sous le nom de Campophyllum analogum (3) une forme que nous devons rapporter à Caninia cornucopiae. Voici les caractères donnés par De Koninck pour cette espèce :

Polypier simple, assez long, de forme cylindro-conique, fortement recourbé à sa base, à bourrelets d^accroissement bien prononcés; à courbure régulière. Calice circulaire, médiocrement profond, à bords minces et fragiles. Une quarantaine de cloisons minces, légèrement flexueuses, s*avançant assez fort vers le centre et ne laissant libre qu'une faible partie du plancher; celui-ci est lisse. La fossette septale est étroite, peu profonde et située du côté de la grande courbure. Un égal nombre de cloisons rudimentaires s*observe entre les cloisons principales. Vésicules latérales petites, formant deux ou trois rangées superposées.

(i) Voir plus haut, p. 14.

(2) Voir planche VI, figure 2k.

(3) Dk Koninck, Nouvelles recherches, 1872, p. 45, pi. III, fig. 6.

Nous avons fait des coupes sériées dans des échantillons auxquels se rapportait exactement cette description ; nous y avons constaté (pi. I, fig. 4) tous les caractères de Caninia cornucopiae de Garruthers.

A la synonymie déjà si vaste donnée par M. Garruthers, il faut donc encore ajouter Campophyllum analogum De Roninck.

Répartition stratigraphique.

Remarque — Pour le but que nous nous proposions, il était de toute nécessité de choisir des spécimens bien conservés, se piètant d'abord à la comparaison avec les espè es types de De Koninck et pouvant être débités en coupes sériées. Les échantillons de Tournai que nous avons utilisés se présentaient dans de pareilles conditions; mais on sait aujourd'hui que le Galcaire carbonifère du Tournaisis appartient à des niveaux stratigraphiques variés, et, d autre part, dans les collections de « fossiles de Tournai », on a généralement négligé de noter la provenance exacte des échantillons.

En Angleterre, dans le Sud-Ouest; Caninia cornucopiae atteint son maximum en G, (i).

Dans le comté de Glare, Caninia cornucopiae est abondant dans tout le Z^; d'après M. Douglas, il atteindrait son maximum en y; il devient rare en S, (2).

En Belgique (3)» le niveau le plus inférieur où Caninia cornucopiae nous soit connu est l'exlfême base du Calcaire de Landelies. Nous avons trouvé, en effet, sur le chemin d'Hastière à Insemont, dans des calcaires alternant avec des schistes immédiatement au-dessus des schistes à octoplicatusj des polypiers d'assez grande taille, dont la coupe nous parait se rapporter à cette espèce.

Il en est de même de polypiers que nous avons rencontrés à Yvoir dans le Galcaire de Landelies et dans les Galschistes de Maredsous; nous ne pouvons trouver aucune différence essentielle entre leur coupe et celle de Caninia cornucopiae; mais ils paraissent encore peu abondants.

Dans le Calcaire à cherts d'Vvoir^ de la carrière située derrière la station à Yvoir, M. J. Woot de Trixhe a recueilli une faune très abondante de polypiers bien dégagés; il a bien voulu nous en confier l'étude. Nous y avons reconnu Caninia cornucopiae abondant.

(i) A Vaughan apud Garruthers, Geoiog. Magaz,, n. s. dec. v., vol. V, 1908, p. 170; /iritish Assodation, Winnipeg, 1909, p. 109. Cf le tableau des zones dans notre Introduction. — Delépine, Geoiog. Magaz,, n. s. dec. v, vol. VII, 1910, p. 70.

(2) Douglas, Quaterfy Journal, vol. LXV, 1909, p. 579.

(3) Pour la définition exacte des différents niveaux, consulter de Dorlodot, Description succincte des assises du Calcaire carbonifère de la Belgique. {Bull, de la Soc, belge de GéoL, t. XXIII, 1909, Mém. p. 175.)

M. Delëpine (i) le renseigne au sommet des carrières d'AUain, dans de6 couches que M. de Dorlodot considère comme représentant la base des calcaires d'Yvoir (2).

Caninia cornucopiae devient tout à fait dominant dans le Petit-granit et dans les couches qui le surmontent (Calcaire de Vaulx et Calcaire de Paire). M. Delëpine le signale notamment dans le Petit-granit du Hainaut à Écaussines, à Feluy et à Lignjr (i); dans le Petit-granit du Gondroz aux Avîns (3); dans le Calcaire de Vaulx, aux carrières de Vaulx, Cherq, Galonné, Pont-à-Rieux et, plus au Sud, dans les carrières de la rive gauche de l'Escaut en face d'Antoing (i); dans les couches correspondant au Calcaire de Paire à Modave et à Petit- Modave (3) ; dans les calcaires noirs qui, à Landelies, se trouvent intercalés entre la dolomie à encrines et le niveau où apparaît Chonetes papilionacea (4) ; dans la dolomie à encrines correspondant au Petit-granit des vallées de l'Orneau et de la Mehaigne, ainsi qu'à Marche -les-Dames et Namèche, et entre Huj et Flémalle- Haute (5).

M. Delépine a observé encore Caninia cornucopiae^ mais moins fréquemment, dans les couches crinoïdiques ou oolithiques qui constituent le terme inférieur du Viséen (niveau à Cjathophyllum (p) ; il le signale dans la vallée de la Mehaigne (6), à Malonne et entre Huy et Flémalle-Haute (7), de même que dans les couches rapportées au Marbre noir de Dinant, de la tranchée du chemin de fer du Bocq, près de la gare de Sovet (8).

M. Grbber, dans son Essai de comparaison des couches fossilifères de Belgique avec les zones paléontologiques de Vaughan (9), ne cite nulle part Caninia cornucopiae. La chose peut certainement paraître étrange, vu l'abondance de cette espèce dans les couches qu'il décrit; peut-être cette omission doit-elle être mise en relation avec le fait que M. Grbber donne encore aux espèces qu'il cite les noms employés par Vaughan en 1905-1906, mais abandonnés (10) par l'éminent paléontologue de Bristol depuis la re vision de M. Carruthers en 1908 (11).

(i) Delépine, Bu//, de /a Soc. be/ge de Gio/., t. XXIV, 19 lo, Mém., p. 5.

(2) DE Dorlodot, Bu//, de /a Soc, bc/ge de Géo/., t. XXIII, 1909, Mém., p. 158.

(3) Delépine, Ann, de /a Soc. géo/. de Be/gigue, t. XXXVII, 1910, Mém., pp. 102 et 103.

(4) Idem, Bu//, de /a Soc. be/ge de Géo/,» t. XXIV, 19 10, Mém., p. 13.

(5) Idem, ibidem, pp. 10 et 16.

(6) Idem, ibidem, p. 12.

(7) Idem, ibidem, pp. 15 et 16.

(8) Idem, Ann. de /a Soc, géo/. de Be/gique, t. XXXVII, 1910, Bull., p. 221.

(9) P. Grôber, Bu// de /a Soc. be/ge de Géo/,, t. XXIV, 1910, Mém., p 25.

(10) A Vaughan, Quat Journ. geo/. Soc, vol. LXI, 1908, pp. 438 seq.

(11) Ainsi M Grôber dit encore Zap/irentis aff, cornucopiae pour Zaphrentis IConincki; Zap/irentis ajf, PhU/tpù pour Z, Oma/iusi ou Z. De/anouei,

GANINIA CORNUCOPIAE var. VESICULAR S nov. var.

Planchk I, fîg. 5.

Caractères externes.

Polypier simple, conique dans sa partie inférieure, mais devenant rapidement cylindrique et s'accroissant verticalement jusqu'à une grande hauteur en conservant la même largeur qui est faible. Sa forme est légèrement flexueuse.

Quelques bourrelets d'accroissement, avec parfois interruption de rëpilhèque; ces interruptions se rencontrent surtout à la partie supérieure. Une stria tion annu-* laire très serrée, mais bien marquée, orne le polypier*

Le calice (pi. I, fig. Sb) est circulaire et profond. Les septa descendent vers le centre du dernier plancher, obliquement, et laissent une partie du plancher à découvert. Ces septa sont fins, mais bien marqués.

Septa mineurs invisibles.

"La fossette est marquée par le raccourcissement du septum cardinal dans sa partie la plus rapprochée du plancher; elle apparaît comme une lacune dans la série des septa, mais on y observe à peine une très légère dépression du plancher^

Vers l'intérieur, les septa limitants ne se réunissent pas, de sorte que la fossette est du type « ouvert ».

Dimensions : Hauteur, lo cenlimètres; diamètre du calice, i*^"5; profondeur du calice, o^^S\ nombre de septa, 32.

Caractères internes.

Dans Caninia cornucopiae typique, la mince bordure dissépimentale est caractéristique ; mais son apparition est reléguée à une période tardive du développement du Y^olyipîiev (jnature growth stages : Carruthers, op. cit. y p. 162), ainsi que celle des septa mineurs. Il n'y a jamais dans les spécimens moyens (i^^^S à 2 centimètres) plus d'un anneau ou deux de dissépiments ; dans de rares cas, les formes exceptionnellement larges peuvent avoir trois ou quatre rangées (Garruthbrs, op. cit. y p. 164).

Dans la variété que nous appelons vesicularis^ cette bordure intervient immédiatement au-dessus de la partie conique (pi. I, fig. 5g). Cette précocité s'accompagne d'une extension de la bordure, puisqu'on peut compter trois rangées pour un diamètre de i«"5.

a) Sf.ctions horizontales.

Les phases Dumonti, Nystiana et cornuhovis sont bien marquées (i) :

Phase Dumonti (pi. I, fig. Si). Dans les cadrans cardinaux, les septa sont épaissis par du stéréoplasme sur toute leur longueur.

Les épaississements affectant des septa adjacents sont presque contigus et forment une grande plage allant presque jusqu'au centre.

Les septa, dont quelques-uns curieusement tordus, sont de la même grandeur, atteignant presque le centre, sauf le seplum cardinal qui est plus court, et le septum opposé qui est plus long. Ces septa se disposent régulièrement.

Phase Nystiana (pi. I, fig. 5A). Les septa sont encore épaissis dans les cadrans cardinaux, mais la plage stéréoplasmique s est réduite.

Les septa se terminent plus loin du centre et laissent libre environ un tiers de la coupe; ils sont à peu près d'égale longueur.

La fossette (dont la position est indiquée dans la coupe figure 9 par une interruption de la plage stéréoplasmique) est marquée par les traces courbes des intersections des planchers avec le plan de la coupe [intersections tabulaires).

La fossette est élargie et quelques traverses dissépimentales se montrent entre les septa à la périphérie. Ces traverses se trouvent à l'intérieur de la muraille stéréoplasmique, qui, comme à la phase précédente, est accolée à l'épithèque.

Phase cornuhovis (pi. I, fig. 5c — g). Septa courts, mais s'avançant cependant plus loin vers le centre que dans Caninia cornucopiae typique au stade cylindrique.

La fossette, limitée latéralement par les deux septa immédiatement voisins du septum cardinal, est fermée vers l'intérieur uniquement par une intersection tabulaire courbe.

Les traverses dissépimentales, qui sont apparues à la phase Nystiana (donc déjà dans la partie conique du polypier), se multiplient, et avant même que ne soit atteint le stade cylindrique (à une hauteur de i^'^S pour l'échantillon figuré de 10 centimètres), la muraille stéréoplasmique est séparée déjà de l'épithèque par un anneau vésiculaire périphérique qui comprendra au sommet trois rangées formant comme une tunique au polypier.

(i) L'état de conservation de nos échantillons né nous a pas permis de pousser nos coupes assez loin vers la pointe pour y observer la phase vermicularis. Cette phase est d'ailleurs commune à un grand nombre de formes. (Cf. Caninia patuia, pi. VI, ih),

b) Sections verticales.

(PI. I, fig. 5; et 5A.)

Les planchers, assez bien espaces, sont, en gënëral, bombes vers le haut dans leur partie médiane; leur portion la plus extérieure devient, pour un grand nombre d'entre eux, horizontale ou même concave vers le haut,

Les planchers ne pénètrent pas dans la tunique vésiculaire.

Cette tunique vésiculaire est formée de vésicules allongées en hauteur et convexes vers l'intérieur.

C'est peut-être à cette variété vesicularis qu'il faut rapporter le Pseudozaphrentoides Jerofejewi Stuckenberg, de D. Podmokloje (gouvernement de Toula) (i).

Une note de M. Vaughan (in Carruthers, op. cit., p. 169) décrit, sans la figurer ni la nommer, une mutation de Dg-Dg (Viséen) d'Oistermouth sur le promontoire de Gower (Glamorganshire). Cette mutation atteint très vite le stade cylindrique, et la fine « jaquette » vésiculaire persiste durant tout ce stade; la fossette est une large mais peu profonde dépression.

Si nous nous en tenons à cette description, la mutation viséenne difière uniquement de notre variété vesicularis par le plus grand nombre d'intersections tabulaires avec le plan de la coupe et le rapprochement plus fort des planchers.

M. Douglas signale également cette mutation D..3 dans le comté de Clare ; il la désigne Caninia aff. cornucopiae Mich. (2).

L'examen comparatif de nos séries de coupes figurées (pi. I) montre manifestement que Caninia cornucopiae typique et la forme que nous décrivons appartiennent bien à la même espèce.

Le grand intérêt de cette variété vesicularis réside précisément dans la présence, avec tous les caractères du type, d'une zone vésiculaire externe dés un stade jeune.

Les formes que nous étudions ci-après possèdent, elles, une zone vésiculaire externe développée. D'autre part, les caractères de leur fossette et de leurs plan-

(x) A. Stuckenberg, Anth. und Brioz. der Unter Kohlonkalk von Central Russlands. {Mêm. Com. géolog. Saint-Piiersbourg, n. s., liv. 14, 1904, p. 91, pi. VIII, fig. 5/1, b, c; pi. IX, fig. 7.) (2) Douglas, Quateriy Jourfial, vol. LXV, 1909, p. 579, pi. XXVII, fig. 14.

chers (sauf le degré de vësiculosité) sont esseatiellement les mêmes que dans Caninia cornucopiae.

Il était donc intéressant de constater que ces espèces, différant Tune et l'autre de Caninia cornucopiae typique par la grande importance de leur zone vésiculaire, se relient sous ce rapport à cette dernière par un chaînon intermédiaire constitué par Caninia cornucopiae var. vesicularis.

Cette constatation nous parait de nature à faire trancher affirmativement la question de la réunion dans un seul genre de ces différentes espèces.

CANINIA GYLINDRIGA Scouler.

Planches II, III, VI et V, pig. i.

184?. Sipbonophyllia oylindrioa Scouler in M'Coy, Synopsis Carb. Foss. Ireland, p. 187, pi. XXVII, fig. 5.

1847. Caninia gigantea MicheliD, Iconographie zooph., pp. 81 et 255, pi. XVI, fig. ta, ib, ic. (? coeteris), 1840-1847.

i85o. Caninia gigantea D'Orbigny, Prodrome, I, p. i58.

— Slpbonopbyllia oylindrioa Idem, ibidem.

i85i. Zaplventis oylindrioa MilneEdwards et Haime, Polyp. foss» des terrains paléos., p. 139.

— r-^i*<«ta^ gigantea M*Coy, Brit. Palaeoz, Poss., p. 89.

i85a. Zapbrentia oylindrioa Milne-Edwards et Haime, fin/. Foss. Cor., I, p. 171, pi. XXXV, fig. I, la, i^.

1860. Zaphrentis oylindrioa Milne-Edwards, Histoire naturelle des Corail., p. 345.

1872. — — De Koninck, Nouvelles recherches, p. 84, pi. VII, fig. 5; pi. VIII,

fig. i; pi. XV, fig. I.

— Zaphrentis boUata Idem, ibidem, p. 86, pi. VII, fig. 6.

1876. Cyathophyllnm (Caninia) gigantenm J. Thomson et A. Nicholson, Ann. and Mag. Nat. HisL, 4- sér., XVII, p. 66, pi. VI, fig. i ; VII, fig. 2 (? i et 3).

1880. Zaphrentis oylindrioa Roemer, Lethaea Palaeoz., I, p. 362,

1905. Caninia oylindrioa Vaughan, Quat. Journ., vol. LXI, pars a, p. 272.

1905. — — mut. Y Idem, ibidem, p. 273, pi. XXIII, fig. i.

Non Caninia oylindrioa var. Bristoliensis Vaughan, Proc. of the Bristol Natur. Soc, Q. s., vol. X, pars 2, 1903, p. 10}, pi. I, fig. 4.

Non Caninia oylindrioa mut. S. Vaughan, Quat. Journ., vol. LXI, 1905, p. 273, pi. XXlll, fig. la.

1906. CSaninoid Gyathophylla Sibly, Quat. Journ., vol. LXII, p. 367, pi. XXXI, fig. i.

1910. Canlnia oyllndrica mut. y Grôber, Bull, de la Soc. belge de GéoL, XXIV, Mëm. p. 4^, pi. lUfig. I.

— Ganinia oylindrioa mut. C„ Idem, ibidem, p. 4I, pi. II, fig. 3.

Non Ganinla oyllndrica mut. S,, Idem, ibidem, p. 43, pi. II, fig. 3.

Caractères externes.

Polypier simple, de très grande taille et très irrëgulier dans son accroissement ; conique dans la partie inférieure rarement conservée, il devient bientôt largement cylindrique. Des torsions violentes interviennent souvent au cours de la croissance, accompagnée fréquemment d'un aplatissement donnant en coupe une ellipse (pi. Il , fig. 2 et pi. IV, fig. 4).

Vépithéque possède une striation annulaire avec bourrelets d'accroissement très prononcés. Très souvent de fortes interruptions dans Tépithèque marquent un stade d'arrêt dans la croissance, suivi d'un renouveau d'accroissement.

Sur les échantillons observés, l'épithèque par endroit se présente comme éclatée, ce qui donne une structure écailleuse; sur d'autres parties, elle est complètement enlevée, laissant voir de larges vésicules.

Une striation longitudinale très fine et très serrée orne les parties restées intactes de l'épithèque.

Le calice typique (pi. III, fig. la) est peu profond ; les septa font saillie sur une épaisse muraille vésiculaire interne. Ils descendent un peu obliquement vers un lëu*ge plancher sur lequel ils se prolongent sous forme de fines stries presque imperceptibles.

Le calice dans les formes mouvementées a un diamètre moindre que la partie médiane du polypier (pi. II, fig. 6).

ÏaSl fossette est très ouverte^ dans ce sens que non seulement les septa limitants ne forment pas une bordure interne régulière, mais de plus ils ne se rencontrent pas dans cette région (i) (pi. III, fig. 2).

La fossette s'arrête bien loin du centre du calice; elle est située du côté de la grande courbure, généralement un peu sur le côté.

11 y a une soixantaine de septa majeurs assez serrés. Au pourtour du calice, on aperçoit, alternant avec les septa majeurs, des septa mineurs peu saillants.

(i) Il arrive qu'un dissépiment réunit entre eux les septa limitant la fossette; mais ce dissépiment ne ferme pas la fossette, puisque celle-ci se continue au delà du dissépiment. La figure 2 de la planche III illustre très bien cette disposition.

Caractères internes.

à) Sections horizontales.

Stade I (pi. III, fig. i/). — Les septa épaissis par du stéréoplasrae vont de rëpithèque jusqu'à proximité du centre de la coupe. Il n*y a pas de vésicules pour séparer Tépithèque de la bande stéréoplasrnique : les deux murailles sont donc accolées.

Les revêtements stéréoplasmiques afiectent également tous les septa des quatre cadrans.

La fossette très bien marquée est occupée par un long septum.

Stade II (pi. III, fig. ic, id et 3b). — On peut distinguer trois zones :

une zone centrale libre de septa;

une zone moyenne où tous les septa également épaissis décrivent une courbe concave vers la fossette; une série d'arcs stéréoplasmiques formant muraille interne sépare cette zone moyenne de la zone externe; dissépiments peu nombreux;

une zone externe vésiculaire très mince, dans laquelle les septa ne sont pas épaissis par du stéréoplasrae. Les vésicules sont allongées dans une direction tangentielle. Le plus souvent ces vésicules n'interrompent pas à cette phase la continuité des septa. Cette zone vésiculaire est très délicate; aussi là où Tépithèque n'existe plus, la zone en question a généralement disparu au moins en bonne partie. La coupe se trouve alors bordée par la muraille interne d'arcs stéréoplasmiques qui a des ondulations très capricieuses.

La rareté des spécimens possédant encore la partie inférieure conique donne un intérêt spécial à la description des premiers stades, description que nous avons pu établir sur des échantillons presque complets et bien caractérisés par ailleurs.

Stade III (pi. II, fig, 2-5; pi. III, fig. ib et 3a; pi. IV, fig. ib et 2c). — Les épaississements stéréoplasmiques tendent à se localiser pour ne plus occuper que les deux cadrans cardinaux. Les septa de ces cadrans sont recouverts de stéréoplasme sur une grande partie de leur longueur, et ce stéréoplasrae peut être épaissi au point de faire disparaître sur un espace assez considérable la lumière des chambres intercloisonnaires. Au lieu d'une simple muraille formée par les arcs stéréoplasmiques, on voit alors dans les cadrans cardinaux une vaste plage de stéréoplasrae parcourue par des rayons plus sombres qui appartiennent au sclérenchyme primitif des septa. Les dissépiments de la zone moyenne sont devenus plus nombreux.

Les septa décrivent encore une courbe concave vers la fossette.

La septum médian et les septa adjacents font saillie dans la zone vésiculaire externe.

La zone vësiculaire externe comprend deux sous-zones : la sous-zone la plus extérieure à grandes vésicules très larges, et une sous-/one plus interne ^ à vési^ cules plus petites et plus régulières. Les sepra ne se continuent pas dans la région la plus extérieure : ce qui a permis aux vésicules d'atteindre des dimensions dépassant la largeur des chambres intercloisonnaires. Cependant on voit partir de la paroi externe de certaines vésicules et se diriger vers l'intérieur de celles-ci, de petits prolongements radiaires et très fins qui se trouvent sur la direction des septa.

La fossette, outre le septum cardinal, contient encore de chaque côté un autre septum court. Elle est limitée vers l'intérieur par des intersections tabulaires courbes.

Les planchers sont très gondolés, de sorte que leurs traces sur le plan de la coupe dessinent des courbes à centres différents.

Les fins prolongements des septa vers l'intérieur suivent les planchers dans leur tracé ondulé; ce qui fait qu'on voit reparaître ces fins prolongements au voisinage des intersections tabulaires.

Stade IV (pi. II, fig. i ; pi. IV, fig. 3 et 5). -^ Les caractères qui distinguaient à la phase précédente la sous-zone la plus extérieure se sont étendus à toute la zone vésiculaire externe. Cette zone est plus large qu'au stade précédent relativement au diamètre de la coupe. Pas plus qu'au stade précédent, on ne rencontre de septa continus, de sorte que les septa ne commencent qu'à une distance relativement plus grande de l'épithèque.

Les épaississements stéréoplasmiques s'observent encore, mais leur développement est moindre qu'au stade précédent.

Les septa ne sont plus recourbés vers la fossette : ils ont pris une disposition nettement radiaire.

b) Sections verticales.

(PI. Il, fig. 7; pi. m, fig. ig.)

Dans la région médiane, région qui comprend la zone centrale et la zone moyenne, les planchers assez espacés avec individualité propre, mais ondulant fortement, s'étendent en travers de toute la partie de la chambre viscérale limitée par la muraille interne.

Au-dessus de chacun de ces planchers, on voit s'élever le tracé des septa.

Les échantillons de Caninia cjlindrica se laissent facilement briser en travers, et ces coupes grossières laissent voir très bien, sur les difiérents planchers, la faible saillie des lames qui n'atteignent pas dans la partie centrale la face inférieure du plancher immédiatement supérieur à celui qui les supporte.

Une zone vésiculaire externe montre des loges vésiculaires allongées dans le sens de la hauteur et dis])osées obliquement vers le haut et vers Textérieur.

Elles sont convexes vers le haut et vers l'intérieur.

La muraille interne, form^ du côté cardinal par Tëpaississement stëréoplasmique d'une portion des septa, marque une séparation nette entre la zone médiane et la zone vésiculaire externe.

Dimensions.

Dimensions moyennes. — Hauteur : 20 à 3o centimètres; diamètre du calice : 5 centimètres; profondeur du calice : 2 centimètres; nombre de septa pour les dimensions données : 62.

Nous avons rencontré dans la tranchée du chemin de fer à Liotte (Rivage) des Caninia cjlindrica géants atteignant plus de 60 centimètres de hauteur.

Michelin, après avoir créé le genre Caninia, décrivit sous le nom de Caninia gigantea un polypier de grande taille du Calcaire carbonifère de Sablé (France) et de Tournai. Un calice figuré [Icon. Zooph., pi. XVI, fig. la) montre bien la fossette « ouverte », la zone vésiculaire et les septa à bords descendant rapidement vers le fond du calice et se poursuivant ensuite par de fins prolongements sur un lai^e plancher, caractères qui distinguent également les formes que nous étudions ici.

M'Goy décrit, en 1843 [Sjn. Carb. Foss. IreL), une forme du Carbonifère d'Irlande, appelée par Scouler Siphonophjllia cjlindrica. En i85i {Brit. Pal. Foss.)^ il reconnaît l'identité de sa forme avec la Caninia gigantea Michelin et adopte non seulement le terme générique antérieur Caninia, mais aussi le nom spécifique de Michelin abandonnant ainsi le nom de Scouler qui avait la priorité pour Tespèce. Dans sa nouvelle définition, il s'appuie sur le caractère vésiculeux de la muraille, zone vésiculaire qui apparaît d'ailleurs manifestement sur le spécimen figuré par Michelin.

Le spécimen figuré par M'Goy (i) est une coupe verticale ir régulière d'allure, mais qui montre très bien les caractères de la fossette : dans ce type, en effet, les fossettes se présentent comme une série d'entonnoirs emboîtés, variables en largeur et en profondeur. On remarquera la même disposition dans les sections verticales passant par la fossette de nos spécimens figurés (notamment pi. III, fig. ig)\ à certains niveaux — qu'aucune loi régulière ne détermine d'ailleurs, — de l'influence combinée de la variation de largeur et de la variation de profondeur résultent des fossettes non plus en entonnoir, mais en simple dépression arrondie.

Le genre Caninia venant se fondre dans le genre Zaphrentis tel que l'entendaient Milne-Ëdwards et Haime, ces auteurs ne pouvaient donner à notre espèce le

(1) Nous tenons à remercier ici M. le D' A. Vaughan, qui nous a envoyé un moulage du spécimen-type de Scouler, conservé au Musée de Dublin.

nom de Zaphrentis giganiea : ce nom spécifique, en effet, avait déjà été donné en 1820 par Lesueur à une espèce dévonienne d'Amérique. C'est pourquoi ils reprennent le nom spécifique donné par Scouler (in M'Goy : Synopsis)^ et c'est le nom de Zaphrentis cylindrica que Ton retrouve chez ces auteurs, chez De Koninck et chez les autres paléontologistes jusqu'à Thomson et Nicholson.

Thomson et Nicholson ayant donné au genre Zaphrentis une définition nouvelle, devenue définitive, ne pouvaient conserver dans ce genre les formes du type gigantea Michelin. Ils notent les grandes ressemblances de Caninia gigantea Michelin avec Cjathophjllum : « planchers limités à la zone centrale, et présence d'une zone périphérique de vésicules disposées en couches inclinées vers le haut et vers l'extérieur ». Ils hésitent encore sur le point de savoir si les différences avec Cjathophyllum typique, c'est-à-dire <« présence d'une fossette très marquée et septa n'atteignant pas le centre », ne séparent pas génériquement cette forme du genre Cyathophyllum.

Bien que l'on puisse rencontrer entre Caninia^ tel que nous l'avons défini, et Cyathophyllum Goldfuss, des formes intermédiaires à caractères atténués, nous pensons qu'il existe des différences bien tranchées entre Caninia cylindrica Scouler revisé et Cyathophyllum Goldfuss, qui ne permettent pas plus de les ranger dans ce dernier que parmi les Zaphrentis.

Ces caractères sont :

i^ présence chez Caninia cylindrica d'une fossette a ouverte » bien marquée;

2<» distinction nette entre la zone vésiculaire externe et la zone moyenne, par suite de la présence d'un anneau stéréoplasmique ;

3* absence de septa dans la région la plus externe de la zone vésiculaire, ce qui détermine un manchon de grandes vésicules absentes dans Cyathophyllum;

4® présence chez Caninia cylindrica de planchers très ondulés, mais formant peu de vésicules par leurs anastomoses; sur ces planchers, les septa ne forment qu'une faible saillie dans la région centrale.

Caninia cylindrica mut. y Vaughan appartient bien à l'espèce de Scouler comme le pense M. Vaughan. Il nous est même impossible de reconnaître entre le type de Scouler et la forme de M. Vaughan, les légères différences qui motiveraient une distinction mutationnelle : en effet, M. Vaughan (1) caractérise sa mutation y par la faible extension des septa à l'extérieur de la vesicular wall^ de sorte que, en coupe horizontale, les septa sont seulement représentés dans cette région par de petits prolongements partant des vésicules. D'autre part, la Caninia cylindrica possède, d'après M. Vaughan, le caractère suivant : dans une coupe horizontale, les vésicules les plus extérieures de l'épaisse paroi ne présentent pas ordinairement de prolongement des septa; mais les prolongements deviennent

(1) A. Vaughan, Quaterly Journal, vol. LXI, 1905, p. 273, pi. XXIII, tîg. i.

plus longs et plus prononces à mesure que l'on avance vers l'intérieur. Nous devons bien avouer qu'il nous est impossible de séparer la mutation y de la Caninia cylindrica typique : en efiet, les deux dispositions rappelées se rencontrent dans le même individu de Caninia cylindrica (pi. II).

La coupe de mutation y figurée par M. Vaughan appartient à la fin du stade III •

M. le D' A. Vaughan nous a communiqué le spécimen- type de Can. y dont il a figuré une section horizontale, et il a poussé l'amabilité jusqu'à nous autoriser spontanément à y faire une section verticale. Nous avons veillé avec le plus grand soin à ce que cette section passe par l'axe de la fossette : nous avons pu ainsi nous rendre compte que, ici comme dans nos spécimens, aussi bien que dans les types de Scouler et de Michelin : i° les planchers sont individualisés; 2^ les fossettes se présentent comme une suite d'entonnoirs emboîtés, avec les variations rappelées plus haut.

Les Caninoid Cjathopkylla de M. Sibly sont bien des Caninia cylindrica \ le spécimen figuré (i) ressemble, d'après l'auteur lui-même, à Caninia cylindrica mut. Y Vaughan par la nature de ses planchers et par la présence d'une région périphérique purement vésiculaire. M. Sibly note comme différence : 1° l'étroitesse de la région vésiculaire périphérique; 2<* le plus grand nombre de septa qui sont faiblement épaissis; 3° le développement plus faible de la fossette.

Il est facile de constater que certaines de nos coupes prises à différentes hauteurs d'un même échantillon (pi. Il), différent plus entre elles que Caninoïd Çyathophylla de Sibly ne diffère de Caninia cylindrica mut. Y de Vaughan; et l'on se convaincra que les différences invoquées par M. Sibly ne permettent pas une distinction spécifique, encore moins une distinction générique.

M. Vaughan (2) décrit un polypier à zone vésiculaire s'enlevant facilement et présentant alors un contour festonné. Le savant professeur de Bristol en faisait une mutation locale de Caninia cylindrica se distinguant par sa petite taille, par conséquent par le plus petit nombre de septa, et par l'enlèvement fréquent de la zone vésiculaire externe. Les spécimens décrits de la collection Stoddart « proviennent d'une couche déterminée de l'Avon Gorge, où ils sont associés avec Litho* strotion Martini ». Cette mutation, qu'il appelle var. Bristoliensis^ est donc de la zone Sj (cf. le tableau de Vaughan dans notre Introduction, p. 8),

Dans la suite (3), le même auteur a fait rentrer cette variété dans la synonymie de Caninia cylindrica mut. S^, que nous rapportons à Caninia patula.

(i) Sibly, QiMterly Journal, vol. LXll, pars 2, 1906, p. 367, pi. XXXI, fig. i.

(2) A. Vaughan, Proc. Bristol Nat. Soc, nov. ser., vol. X, pars 2, 1903, p. 103, pi. I, fig. 4.

(3) Idem, Quaterly Journal, vol. LXI, 1905, p. 273, pi. XXlII, fig. \a.

M. Vaughan nous a confirme Tidentitë de sa var. Bristoliensis avec sa mutation S,, de sorte que nous l'excluons de la synonymie de Caninia cylindrica.

A. Struve, dans Abhandlung ûhcr die Schichtenfolge in den Carboahlagerungen in sudltchen Theil des moskauer Kohlenbeckens (i), décrit comme Caninia cylindrica une forme fort diHérente de la nôtre :

1° La zone vésiculaire est très serrée et il n'y a pas de grandes vésicules;

2"" Les septa sont épaissis dans tous les cadrans et il existe une muraille interne mince et continue;

3"* Les septa mineurs dépassent de beaucoup la zone vésiculaire externe;

4" Les planchers ne sont pas gondolés, mais plats.

M. A. Stuckenberg, qui a étudié à nouveau les échantillons de Struve, Ta appelée Caninia rossica (2).

La forme figurée par ce dernier auteur comme Caninia cylindrica dans Korallen und Brioz. der Steinkohlenablagerungen des Urals und des Timan (3) n'est pas l'espèce décrite ici : en efiet, les septa y sont très courts, mais vonr jusqu'à la paroi; il n'y a pas de grandes vésicules; les planchers sont serrés et plus vésiculeux; les vésicules périphériques ne sont pas allongées dans le sens de la hauteur, mais elles sont presque hémisphériques (4).

Quant à Caninia Gebaueri Stuckenberg (5), elle se rapproche de Caninia cylindrica; elle en diflère surtout par l'absence de grandes vésicules.

Nous rapportons à notre Caninia cjlindrica^ la Caninia cylindrica mut. Y que M. Grober (6) décrit et figure comme identique en tous points à la mutation de Vaughan. Nous ferons observer à ce sujet combien la seule coupe figurée par M. Grober diffère de celle figurée par M. Vaughan; pour pouvoir faire pareille assimilation, il aurait fallu admettre notre thèse d'après laquelle toutes ces formes, qui paraissent si différentes lorsqu'on n'en examine qu'une seule coupe, ne sont en réalité qup des modifications intervenant au cours de la croissance d'une même forme, comme l'examen de nos coupes faites dans un même polypier le démontre manifestement.

Cet examen amène également à reconnaître que la Caninia cylindrica mut. C2 (7) de M. Grober ne peut être séparée de cylindrica typique.

(1) Miin, Acad, imp, des Sciences, Saint-Pétersbourg, t. XXXI V, n«> 6, 1886.

(2) Mém, Cani, géolog., Saint-Pétersbourg, 1904, n. s., liv. 14, p. 88 du texte allemand, pi. IV, fig. i.

(3) Ibidem, 1895, vol. X, liv. 3, pi. VIII, fig. i.

(4) D'après la fig. id (coupe verticale), une autre différence des plus notables semblerait exister entre l'espèce figurée par Stuckenberg et C. cylindrica, c'est-à-dire le bombement du milieu des planchers vers le bas. Nous croyons cependant que la coupe figurée est retournée; il serait difficile, en efiet, de la concilier avec i^, où les planchers possèdent une forte dépression latérale.

(5) A Stuckenberg, op. cit., p. 195, pi. IX, fig. 2.

(6) P. Grober, Buli. de la Soc, belge de GéoL, t. XXIV, 1910, p. 43, pi. II, fig. i.

(7) Idem, ibidem, p. 43, pi. II, fig. 3.

Quant à Caninia cjlindrica mut. S, de M. Grbber, elle doit être rapporlëe à Caninia patula (voir à cette espèce), de même que Canin o cyathophjllum mut. Cg. Quant à la mut. G^, nous la discuterons à propos de Caninia patula.

Le procédé de représentation des coupes employé par Thomson ne nous permet pas de décider quelles sont les formes de ses Campophjllum (i) qui doivent se rapporter à notre Caninia cjlindrica. Nous ne doutons pas cependant qu'une étude sur les spécimens mêmes analysés par Thomson ne fasse rentrer dans l'espèce Caninia cylindrica^ telle que nous la délimitons ici, plusieurs des espèces de Campophyllum décrites en i883 et 1893 par cet auteur. Notons que M. Vaughan (2) a rapporté déjà, quoique avec doute, à la Caninia cylindrica Scouler, les formes Campophyllum Murchisoni, Campophyllum cjlindricum et Campophyllum giganteum Thomson (i883). Nous pensons donc que la synonymie que nous donnons ci-dessus devra encore être élargie.

De Koninck mentionne, pour caractériser Zaphrentis bullata (3), la présence de larges vésicules. Les échantillons de Zaphrentis De Koninck dont nous disposions étaient tellement friables que, malgré de multiples essais, nous ne sommes pas parvenu à y faire une série de coupes complètes. Cependant l'étude comparative de plusieurs coupes fragmentées nous a permis de constater que ces formes réalisaient les stades I et début de II que nous décrivons ci-dessus. Nous nous croyons donc autorisé à considérer Zaphrentis bullata De Koninck comme la forme jeune de Caninia cjlindrica Michelin.

Si Caninia cjlindrica doit entrer dans un genre différent de Cjathophjllum et de Zaphrentis^ peut-on les ranger dans le même genre que Caninia cornucopiae Michelin emend. Carruthers?

Caninia cjlindrica diffère de Caninia cornucopiae :

i® par une taille plus grande;

2" par un plus grand nombre de septa, qui, par conséquent, sont plus serrés;

3'' par la largeur et l'apparition plus précoce de la zone marginale de dissépiments, alors que Caninia cornucopiae n'a qu'une mince bordure dissépimentale et que celle-ci n'apparaît qu'au stade final;

4'' par la présence dans la région la plus externe de grandes vésicules, dont le développement fait disparaître, dans cette région, les septa continus.

La présence d'une fossette « ouverte » et bien apparente, la nature des

(i) Thomson, Prac PhiL Soc, Glascow, vol. XIV, 1883, pp. 376 seq.; Froc. Irish Acad,, ser. 3, vol. II, 1893, pp. 697 seq.

(2) A. Vaughan, Ouater ly Journal, vol. LXI, 1905, p. 272.

il) De Koninck, Nouvelles recherches, 1872, p 86, pi. VII, fig. 6.

planchers essentiellement semblables dans les deux espèces sont des caractères autrement importants au point de vue générique que la taille et le nombre de septa.

Le troisième point de difiérence, c'est-à-dire l'apparition plus précoce d'un tissu vésiculeux, marque certainement chez Caninia cjlindrica une tendance plus marquée vers la structure Gyathophylloïde ; cependant la séparation d'avec Cjathophjllum est très nette, et cette tendance commence d'ailleurs à se manifester dans Caninia cornucopiae^ puisque nous y observons aussi, — seulement à l'âge adulte il est vrai, — des vésicules périphériques identiques à celles qui forment la zone externe de Caninia cjlindrica^ et que la variété vesicularis a déjà ses vésicules dès le jeune âge.

Le quatrième point différencie notre espèce de Cjathophjllum autant que des autres Caninia. C'est le seul, à notre avis, qui pourrait légitimer la création d'un nouveau genre; mais comme il ne s'agit en somme que d'un mode spécial de développement du tissu vésiculeux, nous n'avons pas cru devoir lui attribuer une valeur générique.

Répartition stratigraphique.

En Angleterre, dans la région de Bristol (i), Caninia cjlindrica se rencontre occasionnellement au sommet du Zg, devient fréquent en y et se continue en C. M. Vaughan le signale notamment à Glifton, Leigh, Woods, Failand, Tytherington, Clevedon.

M. Vaughan donne un second maximum en S,, en se basant sur sa var. Bristoliensis de Caninia cjlindrica. Nous n'avons pas repris ce second maximum pour Caninia cjlindrica, parce que nous rapportons celte forme à Caninia patula (voir à cette espèce) et non à Caninia cjlindrica^

Dans la région des Mendip Hills, notamment dans la district des Ebbor Rocks et à Burrington, M. Sibly (2) note également l'apparition de Caninia cjlindrica dans la sous-zone Zg, avec maximum à l'horizon y. La même remarque que plus haut est à faire au sujet de la mutation S^.

A Weston (Somerset), M. Sibly l'a rencontré en Z^ et jusque dans Cg (3). Dans le Westmoreland et le West Yorkshire, il caractériserait Cg et Sj d'après M. Garwood (4).

En Belgique, nous avons trouvé Caninia cjlindrica dans le Calcaire à cherts d'Vvoir. De même dans le Petit-granit d'Y voir, où M. Grbber le signale

(i) A. Vaughan, Quat. yourn, Geol. Soc, vol. LXI, 1905, p. 243.

(2) Sibly, Quat, yourn, Geol, Soc, vol. LXII, 1906, pp. 329 et 365; Proc. Geol, Assoc, London, vol. XX, pars 2, 1907, p. 68,

(3) Idem, Quat. yourn, GeoL Soc, ibidem, vol. LXI, 1905.

(4) CiARWOoî), Geol. Magaz., d. s., dec. V, vol. IV, 1907, pp. 70 et 73.

également (mut. y) (i). Cette espèce est d'ailleurs assez abondante dans tout le Petit-granit; elle est notamment signalée à Lignj et à Feiuy par M. Delépine (2), aux Ecaussines et à Soignies par M. Delépine et par M. Grdber (i).

D'après Delépine, Caninia cylindrica serait cependant plus abondant dans les couches qui surmontent le Petit-granit; outre les endroits précités, il note encore Vaulx, Ghercq, Galonné, Pont-à-Rieux (2).

Les gisements précédents se trouvent dans des couches qui doivent être rapportées au Tournaisien. On a rencontré encore Caninia cylindrica au niveau inférieur du Viséen : à Landelies, le Calcaire gris-noir à Chonetes papilionacea^ à Marche-les-Dames, à Namèche et entre Huy et Flémalle-Haute dans la dolomie à encrines et à Cjathophyllum o (2) .

Enfin, on le rencontre (3) dans les bancs de Calcaire noir rapporté au Marbre noir de Dinant à Sovet (vallée du Bocq) (4).

CANINIA CYLINDRICA var. HERCULINA De Koninck.

Planche V, fîg. a.

1872. Zaphrentis Heroulina De Koninck, Nouvelles recherches^ p. 8g, pi. IX, fig. la et ib.

De Koninck, dans ses Novvelles recherches (p. 89), décrit une forme pour laquelle il a créé le nom de Zaphrentis Herculina :

Polypier très long, subcylindrique, irrégulièrement conformé et contourné sur luimême, à épithèque très forte et à bourrelets d'accroissement très épais et irréguliers. Le calice est subcirculaire, en forme d'entonnoir très profond et peu évasé; le nombre total de ses cloisons est de quatre-vingt-dix; elles sont minces, ondulées sur leur bord et alternativement un peu plus petites les unes que les autres; elles se dirigent en rayonnant vers le fond du calice qui parait être formé d'un petit plancher lisse et central; la fossette septale est petite, peu distincte et située du côté de la courbure principale. Les loges interseptales sont très vésiculeuses; les vésicules sont assez petites et s'observent facilement par l'enlèvement de la moindre partie de l'épithèque.

(i) Grôber, Bu//, de /a Soc. be/ge de Géo/., vol. XXIV, 1910, Mém. cité.

(2) Delépine, Bu//, de /a Soc. be/ge de Géo/.j vol. XXIV, 1910. Mém. cité.

(3) Delépine, Ann. de /a Soc. géo/. de Be/gique, vol. XXXVII, 1910, Bull., pp. 920 et 921.

(4) Nous avons trouvé en plusieurs endroits, notamment à Hastière et à Insemont, à partir du niveau calcaréoschisteux qui surmonte immédiatement le Calcaire d' Hastière, de très nombreux polypiers de taille élancée. Déjà nous possédons de très belles séries de coupes de ces formes qui nous ont paru d'un grand intérêt; nous en avons commencé Tétude dont nous publierons les résultats dans un prochain mémoire. — Ces formes paraissent se rapporter à Caninia cy/indrica, mais comme des mutations antécédentes se distinguant notamment par le faible développement de la zone vésiculaire.

Nous avons examine au Musée d'histoire naturelle de Bruxelles rëchanrillon unique sur lequel De Koninck avait fonde son espèce : le nombre /o^a/ des cloisons n'est pas de quatre-vingt-dix, mais de cent-six, nombre que donne d'ailleurs la figure la, planche IX de De Koninck.

Ayant eu la bonne fortune de mettre la main sur un autre échantillon de Zaphreniis Herculina possédant tous les caractères décrits par De Koninck et tout à fait semblable au type, avec soixante-deux septa principaux, nous en avons fait l'étude à l'aide de coupes minces.

Caractères externes.

\aQl forme extérieure et les caractères de Vépithèque sont complètement identiques k ceux que nous avons donnés pour Caninia cjlindrica typique.

Le calice est très profond, un peu évasé. Les septa descendent vers un plancher ràluit, sur lequel ils se prolongent en formant une très légère saillie, mais laissant toutefois un petit espace libre au centre.

1^ fossette n'est pas très marquée, mais elle est a très ouverte ».

Pour un diamètre du calice de 7 centimètres, il y a soixante-deux septa principaux, avec lesquels alternent des septa mineurs assez marqués.

Caractères internes.

à) Sections horizontales.

(Pi. V, fig. 2c et 2d.)

Une seule difiérence existe avec les sections horizontales de Caninia cjlindrica typique; au dernier stade, la zone vésiculaire externe se compose encore de deux régions : une région à vésicules plus petites et une région, plus extérieure, à grandes vésicules.

La région à petites vésicules est de loin la plus large ; les septa majeurs ne vont pas jusqu'à l'épithèque, mais les tronçons qui sont sur leur direction vers Textérieur intéressent plusieurs vésicules, au lieu d'être, comme dans Caninia cylindrica typique, de simples saillies sur la paroi externe des vésicules.

b) Sections verticales.

(PI.-V, fig. 2a.)

Nous ne pourrions que répéter ici la description que nous avons faite des sections verticales de Caninia cjlindrica typique. La seule comparaison de la figure ig de la planche III, avec la figure 2a de la planche V, est suggestive.

Une coupe verticale grossière à travers Caninia cylindrica var. Herculina montre, comme dans le type, la faible saillie des septa au centre du polypier. (PI. V, fig. 2b.)

Les septa n'y atteignent pas le plancher immédiatement supérieur à celui qui les porte. Du peu d'élévation des septa en cet endroit et de l'espacement des planchers il résulte que la généralité des coupes horizontales ne présentera que des septa assez distants du centre, et ayant, par conséquent, un certain aspect amplexoïde.

La ressemblance frappante des caractères de notre forme avec ceux de Caninia cylindrica typique ne nous semble pas permettre une distinction spécifique; nous la considérons donc comme une simple variété de Caninia cylindrica, caractérisée par la persistance à l'âge adulte de la sous- zone à petites vésicules et par une réduction moins complète des septa dans la zone vésiculaire externe.

CANINLA. PATULA Michelin.

Planches VI, VII et VIII, figure i.

1826. ? Gyathophyllnm plicatum Goldfuss, Pelref., p. 54, pi. XV, fig. 2.

1842. GyathophyUam plicatum De KoDinck, Description des anim* foss.^ p. 22, pi. C,

fig. 4a, 4* (coeteris excl.).

1846. Caninia patula Michelin, Icon. zooph.^ p. 255, pi. LIX, fig. 4.

1849. — M'Coy, Ann. and Mag. of NaL Hisi., 2« sér., t. III, p. i33.

i85o. — D*Orbigny, Prodrome^ I, p. i58.

i85i. Zapbrentis tortnosa Milne-Edwards et Haime, Polyp.Joss. Terr. Pai,, p. ^35.

-- Zapbrentis patnla Idem, ibidem, p. 338.

— Gyathopsis fongites M*Coy, Brit. Pal. Foss,^ p. 91.

i852. Zapbrentis patula Miloe- Edwards et Haime, Brit. Foss. Corals, p. 171. 1854. — J. Morris, Cat, ofBrit. Foss., p. 69.

1860. Zaphrentis tortuosa Milne-Edwards, Hist. nat. des Corail., III, p. 342. ~ Zaphrentis patula Idem, ibidem, p. 345.

1861. Zaphrentis tortuosa De Fromentel, Introd. à l'étude des Pol.foss., p. 283.

— Zaphrentis patnla Idem, ibidem, p. 286.

1868. ~ ]. Young, Trans.of IheGeol. Soc. ofGlascow,l, p. 58.

1869. — B. Craig, ibidem, III, p. 290.

1871. — De Koninck, Nouvelles recherches, p. 87, pi. VIII, fig. 2.

iSyi. ZMjgHxreaU» torduMa Idem, ibidem, p. 91, pi. IX, fig. 2.

1876. Cyattophyllnm sp. Thotnsoa et Nicbolsoa, Afin, and Mag. Nai. Hist.^ sér. 4, vol. XVII, p. 63, pi. VII, fig. 8.

igo3« CftnfnlA eylindiiea var. Brlstolienflls Vaughan, Proc. Bristol Nat. Soc., n. s., vol. X, pars a, p. 10?, pL I, fig. 4.

1905. Caninla eylindrlca, mut. S„ Vaughao, Quat. Joum. GeoL Soc., vol. LXI, p. 27?, pi. XXIII, fig. la.

190Q. CSampophyllam eylindricnm Douglas, Quat. Joum. GeoL Soc., vol. LXV, p. S78, pi. XXVn, fig. 8 (non Thomson).

1910. Caninla eylindrlca, mut. S„ Grôber, Bull, de la Soc. belge de Géol., XXIV, Mëm., p. 43, pi. Il, fig. 2.

— ? Cjanlno-eyatbophyllam C^, ibidem, p. 43, pi. II.

— Ganino-oyatliophyllam C,, Idem, ibidem, p. 44, pi. II, fig. 4.

— GyattioptayUam aff. 9 Idem, Ibidem, p. 45, pi. II, fig. 5-6.

Caractères externes.

Polj^pier simple, ayant ordinairement Taspect d'une cx)rne, se présentant le plus souvent sous deux formes : Tune s'élargissant rapidement {Zaphrentis patulà)^ l'autre s'allongeant très fort et devenant cylindrique en coupe {Zaphrentis tortuosa) (i). Le polypier est souvent plus ou moins toi-du, surtout dans la partie inférieure.

L'épithèque, dans les échantillons bien conservés, montre une striation longitudinale très apparente, croisée par une striation annulaire plus grossière. Souvent l'épitbèque est enlevée et laisse apercevoir un tissu vésiculeux.

Nombreux bourrelets d'accroissement avec plusieurs interruptions de continuité dans répithèque, le polypier reprenant la croissance avec un rayon plus petit.

Calice profond, subcirculaire, à bords tranchants; par suite du remplissage des espaces intercloisonnaires par des traverses dissépimentales, les septa majeurs apparaissent comme de faibles saillies; presque nulle à leur extrémité supérieure, leur saillie s'accentue un peu à mesure qu'ils s'approchent du fond du calicci vers lequel ils descendent sous une inclinaison très forte.

Arrivés au fond du calice, les septa s'incurvent et courent sur le plancher, souvent en se bombant un peu vers le haut. Ils se réunissent en formant une légère dépression, située un peu plus près du bord cardinal que du bord opposé.

Les septa mineurs sont à peine marqués.

(i) Nos études nous ont fait reconnaître que ces deux formes, décrites jusqu'aujourd'hui comme des espèces distinctes, ne diffèrent absolument que par le caractère que nous venons d'indiquer.

La fossette entaille fortement la paroi du calice, mais sans grande profondeur dans le plancher. Elle n'est pas fermée vers l'intérieur par la réunion en bande continue des septa avoisinant le septum cardinal ; plusieurs septa voisins du septum cardinal se terminent à leur extrémité interne en chevauchant irrégulièrement les uns sur les autres.

Au milieu de la fossette se trouve le septum cardinal avec deux ou trois septa plus longs que le cardinal, mais moins saillants que les autres septa majeurs.

La fossette, en général, se trouve du côté de la grande courbure du polypier avec une tendance à se reporter latéralement.

Caractères internes.

a) Coupes horizontales.

Stade I (pi. VI, fig. \h et 2A-;; pi. VII, fig. ze et 2/; pi. VIII, fig. i/). — Les septa vont jusqu'à l'épithèque; ils laissent au centre du polypier une région variable en étendue et occupée par une ou deux intersections tabulaires.

Ces septa sont entourés sur toute leur longueur d'un revêtement de stéréoplasme qui va en s'amincissant de l'extérieur vers l'intérieur. Ces épaississements se limitent très tôt aux deux cadrans principaux, ou, en tout cas, les aôectent de préférence.

Faisant corps avec les épaississements des septa, une bande de stéréoplasme formant une muraille continue se remarque contre l'épithèque.

A certains endroits, elle se décolle de l'épithèque, préludant ainsi au stade suivant (pi. VI, fig. 2A).

La fossette est marquée par un espacement plus grand des deux septa avoisinant immédiatement le septum cardinal : ces deux septa s'écartent, en effet, un peu obliquement du septum cardinal en avançant vers l'intérieur (pi. VI, fig. 2Î).

La fossette est du type « ouvert » et le reste jusqu'au stade le plus différencié. Des intersections tabulaires pourraient faire croire à première vue à l'existence d'une bordure interne continue, mais on s'aperçoit rapidement que même le septum cardinal peut dépasser cette pseudo-bordure interne.

Le septum cardinal est droit.

Entre les septa il y a très peu de dissépiments.

Stade II (très vite atteint) (pi. VI, fig. xe-g et zg\ pi. VII, fig. 2c, 2(f et 3/; pi. VIII, fig. le). — La muraille, collée au premier stade contre l'épithèque, se détache complètement de celle-ci; il y a maintenant une zone vésiculaire externe d'abord d'une seule rangée, qui va se développer par addition de nouvelles rangées de vésicules (pi. VI, fig. 2^).

La sëparation entre la zone moyenne et la zone vësiculaire externe est très nette dans les cadrans cardinaux, par suite des arcs st(^réoplasmiques réunissant les septa et formant muraille interne; la se^paration est moins tranchée dans les cadrans opposés où la muraille n*a plus cette importance; cependant la zone vësiculaire a de nombreuses vésicules, tandis que la zone moyenne n'a que quelques lignes dissépimentales (pi. VI, fig. i^).

Dans tous les cadrans, les septa traversent la zone vésiculaire, mais n'y sont pas épaissis; ils sont cependant nettement marqués et vont jusqu^à Tépithèque.

Dans les formes tortueuses, les vésicules se développent plus tôt dans les cadrans opposés, de sorte que la bande stéréoplasmique est encore collée contre répithèque dans les cadrans cardinaux, alors que déjà les vésicules sont développées dans les deux autres cadrans (pi. VIII, fig. le).

La fossette est maixjuée par l'espace plus grand que laissent entre eux le septum cardinal et les deux septa voisins : ces derniers courent maintenant presque parallèlement entre eux et au septum cardinal.

Les septa épaissis des cadrans principaux s'infléchissent pour converger vers un point excentrique situé sur Vaxe de sjmétrie du côté de la fossette; mais ils peuvent s'arrêter avant d'y parvenir en se terminant par leur extrémité contre un autre septum.

Les extrémités internes des septa sont souvent très curieusement tordues.

Stade III (pi. VI, fig. ic, id et ^a-f^ pi. VII, fig. 2a, zh et 3d\ pi. VIII, fig. i6 et lûf). — Les septa mineurs ont fait leur apparition; ils ne dépassent jamais, vers l'intérieur, la zone vésiculaire externe.

La coupe comprend trois zones, larges toutes trois :

1° Une zone vésiculaire externe à fines vésicules. Elle est délicatement radiée jusqu'à l'épithèque par les fins prolongements des septa majeurs et par les fins septa mineurs. C'est la présence de ces derniers qui rend les vésicules plus petites qu'au stade précédent. Par-ci par-là, on peut voir cependant une vésicule plus développée qui interrompt la continuité de certains septa.

2** Une zoije moyenne limitée extérieurement par la muraille interne que forment, dans les cadrans principaux, les arcs stéréoplasmiques et, dans les cadrans opposés, une ligne de vésicules plus serrée et plus irrégulière. Dans cette zone, quelques lignes dissépimentales unissent les septa. Elle n'est pas nettement limitée de la zone centrale.

Le septum cardinal et les septa immédiatement voisins font saillie dans la zone vésiculaire par leur épaississement stéréoplasmique ; la muraille interne à cet endroit pénètre dans la zone vésiculaire externe.

3° Une zone centrale. Les septa majeurs y atteignent presque le centre, et quelques-uns d'entre eux semblent se prolonger par quelques intersections tabulaires.

La fossette garde les caractères du stade précédent, mais, vers la fin de la phase, la symétrie radiaire s'accentue.

Stade IV (pL VIT, fig. 3b et 3c; pi, VIII, fig. là). — Un quatrième stade peut être atteint, qui rapproche Caninia patula de Cjathophjllum.

La symétrie bilatérale tend à disparaître pour faire place à une symétrie radiaire. La convergence des septa vers un point rapproché de la fossette a cessé; répaississement stéréoplasmique seul, et d'ailleurs beaucoup diminué, permet de reconnaître encore un septum cardinal parce que, en ce point, cet épaississement fait saillie dans la zone vésiculaire.

b) Coupe verticale (pi. VII, fig. i et 4).

Zone centrale : planchers très rapprochés, s'élevant vers le haut en forme de tertre légèrement ondulé; leurs anastomoses, d'ailleurs peu serrées, limitent quelques très larges vésicules.

Zone moyenne : la rencontre de la trace des planchers avec celle des septa détermine un marquetage très serré. Les septa ne montent pas en courbes régulières, mais ils sont très sinueux.

Zone externe : vésicules allongées dans le sens de la hauteur, convexes vers l'intérieur et obliques vers le haut et vers l'extérieur. Cette zone commence à une certaine hauteur du polypier (stade II), puis s'élargit au fur et à mesure de l'accroissement. Les vésicules qui se trouvent à la limite interne de cette zone sont plus petites et plus serrées. Les planchers ne s'étendent pas dans cette zone vésiculaire, mais s'arrêtent net.

Dimensions moyennes.

Hauteur d'un individu adulte : forme large {patula)^ 6 centimètres; hauteur d'un individu adulte : forme longue tortuosa)^ 12 centimètres; diamètre du calice : 3 centimètres; profondeur du calice : i<^°*5; nombre de septa majeurs dans le calice pour les hauteurs données : 5o.

Sous le nom de Cjathophjllum plicatum Goldfuss, De Koninck décrit, dans sa Description des animaux Jossiles (i), et figure quatre échantillons de Tournai au sujet desquels, dit-il, « il n'a aucun doute que ses échantillons ne soient parfaitement identiques avec l'espèce décrite par Goldfuss », la comparaison qu'il a pu établir entre eux a dans la collection même du Musée de Bonn le rassure complètement à cet égard ».

Dans ses Nouvelles recherches, De Koninck dit avoir reconnu qu'il a confondu plusieurs espèces complètement différentes : des quatre échantillons de son soi-disant Oyathophjllum plicatum Goldf., le premier devient un Amplexus ibicinus (2);

(r) Dk Koninck, Description des animaux fossiles, p. 22, pi. C, fig 4, /i, ^, r, </, ^,/, g, (2) Idem, Nouvelles recherches, p. 69.

le deuxième, un Zaphrentis patula (i); le troisième, un Zaphrentis tortuosa (2); enfin le quatrième, un Cjathaxonia Konincki (sic) (3).

La figure que donne Goldfuss de son Cyathophyllum plicatum (4) nous inclinerait à identifier cette espèce avec celle que nous étudions; dans ce cas, le nom de Caninia plicata devrait lui être attribué. Mais, comme il s'agit là d'une espèce américaine, et que l'occasion ne nous a pas été donnée de voir le type figuré par Goldfuss, nous avons préféré ne pas donner à notre espèce le nom d'une espèce à laquelle elle ne se rapporte qu'avec doute.

L'espèce figurée par Michelin [Icon. Zooph.y p. 255, pi. LIX, fig. 4) sous le nom de Caninia patula et provenant du Calcaire carbonifère de Belgique, nous paraît bien être la forme large de notre espèce au stade II, lorsque la zone vésiculaire est encore faiblement développée.

Parmi les caractères décrits par Milne-Edwards et Haime (échantillons non figurés) et par De Koninck de Zaphrentis patula^ il faut surtout noter une large « fossette ne s'étendant pas jusqu'au centre, quaranfe à cinquante cloisons bien développées et n'atteignant pas le centre du calice ».

Ces caractères concordent parfaitement avec ceux énoncés plus haut pour les premiers stades. Ces auteurs ne mentionnent pas de zone vésiculaire externe; cependant la figure donnée par De Koninck [Nouvelles recherches, pi. VIII, fig. 2) montre bien ces vésicules périphériques; nous avons vu d'ailleurs au Musée de Bruxelles l'échantillon figuré : la zone vésiculaire y est 1res marquée, il représente le stade II à un degré plus avancé que le spécimen de Vlconographie de Michelin (5).

Cette zone vésiculaire, au contraire, est mentionnée pour Zaphrentis tortuosa (De Koninck, Nouvelles recherches, p. 91) (6), en même temps qu'une « fossette pas très large, mais très apparente » et cinquante septa majeurs se réunissant au centre en s'infléchissant un peu sur eux-mêmes à une petite distance de celui-ci (stade III et début de IV).

Nous rapportons au même stade de Caninia patula Michelin revisé une coupe figurée par Thomson et Nicholson (7). Les arcs stéréoplasmiques n'y existent pas, mais les épaississements des septa persistent, et il y a une saillie extraordinairement forte dans la zone vésiculaire externe de cet épaississement affectant les septa de la fossette.

(i) De Koninck, Nouvelles recJurchcs, p. 87.

(2) Idem, ibidem, p. 91.

(3) Idem, ibidem, p. 112.

(4) Goldfuss, Petref,, pi. XV, fig. 12.

(5) Le calice est identique à celui que nous avons figuré planche XIII.

(6) L'échantillon figuré, que nous avons vu au Musée royal de Bruxelles, a une zone vésiculaire très épaisse.

(7) Ann. and Magaz. Nai. Hist., 4» sér., vol. XVII, 1876, p. 62, pi. VII. fig. 8.

Un bel exemple de la fin du stade III, mais avec ëpaississement exceprionnellement notable dans les cadrans opposés, est fourni par la forme dëcrite par Vaughan sous le nom de mutation S, de Caninia cjlindrica,

M. Vaughan a eu Tamabilité de nous envoyer le spécimen figuré par lui [Quat. Journ., vol. 6i, 1909, pi. XXII, fig. id) sous le nom de Caninia cjlindrica mut. S". L'examen de cet échantillon nous a confirmé dans l'opinion que nous nous étions faite d'après la figure. Bien que cette forme possède une zone vésiculaire externe plus développée que dans les échantillons de Caninia patula que nous possédons, pour le même stade d'épaissement stéréoplasmique, nous n'y voyons aucune différence spécifique et nous rapportons Caninia cjlindrica mut. S, (r=a Caninia cjlindrica var. Bristoliensis) à Caninia patula.

L'absence de toute figure et l'obscurité de la description donnée par De Angelis d'Ossat d'une forme de Monte Pizzul, qu'il nomme Caninia cf. Koksharoivi (i), ne nous a pas permis de juger avec certitude si cette forme se rattache à l'une des espèces que nous décrivons. Nous sommes tenté de la rapporter à Caninia patula à cause des caractères que l'auteur a pu constater malgré l'état de conservation défavorable de ses échantillons : fossette renfermant un court septum; pour une taille de 20 millimètres, soixante septa majeurs atteignant le centre, ceux avoisi' nant la fossette étant imprégnés de stéréoplasme ; suture des septa très visible; zone vésiculaire externe délicate, dans laquelle les septa ne sont plus épaissis par du stéréoplasme.

Nous avons déjà dit, lors de la discussion du genre Caninia^ que M. Douglas se rangeait à l'avis de Thomson pour placer nos grands Caninia dans le genre Campophjllum. Il ne faudrait pas cependant s'imaginer que la forme décrite par Douglas sous le nom de Campophjllum cjlindricum Scouler (2) soit Caninia cjlindrica. Voici les caractères que cet auteur donne de ce Campophjllum cjlin^ dricum :

Large zone vésiculaire externe complètement radiée par les deux séries de septa; sous ce rapport, ressemble à la forme caractéristique de S, dans le Sud-Ouest de la Grande- Bretagne. Il possède cependant des septa plus nombreux et plus épais, sa structure étant quelque peu Cyathopbylloîde en apparence, bien que la fossette septale et les septa épaissis associés soient très marqués.

Il est manifeste qu'il s'agit là de Caninia patula : la figure donnée par Douglas correspond parfaitement aux nôtres et les descriptions sont identiques.

M. Grober propose « de diviser la zone à Syringothyris en quatre parties, dont la supérieure est caractérisée par Cjathophjllum tp Typus et Canino cjathophjllum C^, la partie C3 par Cjathophjllum aff. 9, la partie Cg par Canino

(i) Contribuzione allô studio délie fauna fossil paleozoica délie Alpi Carnichi. I. Coralli et Briozi del Carbonifero. Aiiidclla R.Accadeinia dei Lincci, sér. V, 1895, Mem. clas. scienze.

(2) Douglas, Quat. Journ. Geolog. Soc,^ vol. LXV, 1909, p. 578, pi. XXVU, fig. 8.

cyathophyllum {\ ». « Je n'ai pas trouve, ajoute-t-îl, assez de fossiles dans la partie inférieure G| pour pouvoir indiquer de fossiles raractéristiques ( i ). »

Canino cyathophyllum C^ et les Cyathophyllum aff. 7 ne sont pas autre chose que Caninia patula^ comme une simple inspection des figures permet de le vérifier. Il ne peut donc être question d'en faire les caractéristiques de deux horizons paléontologiques dans la zone G.

Quant à Canino cyathophyllum mut. G^, en Tabsence de toute figure, nous croyons devoir réserver notre opinion. £n effet, nous n'avons jamais rencontré dans aucun poljpier la tendance à passer au stade de petites vésicules après avoir passé par un stade à larges vésicules. D'autre part, Caninia patula^ auquel pourrait s'appliquer la description au stade adulte, ne présente à aucun stade de son développement une zone à larges vésicules.

Pour la revision de cette espèce, nous ne nous sommes pas contenté de faire quelques coupes à des hauteurs différentes dans le polypier; mais, pour serrer de plus près la question des variations intervenant au cours de la croissance, nous avons multiplié les coupes dans plusieurs des échantillons examinés. G'est ainsi que nous avons réussi à obtenir quarante coupes dans Téchantillon représenté planche VI, figure 2, et dont quelques-unes seulement sont reproduites. De cette façon, nous avons pu, pour ainsi dire, suivre pas à pas le processus évolutif du type étudié et éliminer de la description des éléments variant sans cesse, pour nous attacher aux caractères vraiment distinctifs des stades d'accroissement.

Caninia patula diffère de Caninia cornucopiae Michelin emend. Garruthers :

i"* par sa zone vésiculaire développée;

z"" par l'absence de phase à septa amplexoïdes.

Ges deux espèces se ressemblent :

i"" par les caractères de la fossette ;

2"" par la présence d'une muraille stéréoplasmique ;

3"* par leurs planchers bombés vers le haut et individualisés;

4"" par la disposition des septa épaissis et«concaves vers la fossette.

Ges ressemblances, portant sur des caractères très importants qui séparent précisément ces deux espèces du genre Cyathophyllum, nous décident à les placer dans le même genre.

Caninia patula diffère de Caninia cylindrica tel que nous le décrivons : a) En coupe horizontale :

i" dans Caninia cylindrica il y a une bordure extraseptale de larges vésicules périphériques, tandis que chez Caninia patula, les septa se continuant jusqu'à

(i) Grôber, Bu//, Soc, be/ge de Gio/ogie^ XXIV, 1910, Mhn. p. 30.

l'ëpithèque, les vésicules sont interseptales dans toute la largeur de la zone vësiculaire ;

2'' dans Caninia cylindrica^ les septa mineurs, dans la zone vësiculaire, n'apparaissent que comme de légères saillies sur les parois des vésicules; dans Caninia patula^ ils sont régulièrement développés dans toute la zone vésiculaire;

3"" dans Caninia cylindrica^ le septum cardinal est toujours court; il varie de longueur et est parfois fort long dans Caninia patula;

4** dans Caninia cjlindrica^ les septa ne convergent pas vers un point excen* trique situé du côté de la fossette; chez Caninia patula^ cette disposition est réalisée.

Ce dernier point de différence est particulièrement important pour la détermination des échantillons en pleine roche; en eSet, la zone vésiculaire externe est assez souvent détruite, et l'aspect si caractéristique des vésicules ne peut, dans ce cas, être invoqué pour la distinction des deux espèces (i).

h) En coupe verticale :

1** les planchers, chez Caninia cjlindrica^ sont plus espacés, moins surélevés et ne présentent presque pas d^anastomoses; ils décrivent des courbes plus régulières ;

2** dans la région centrale de Caninia cylindrica, les septa ne s'étendent pas en hauteur d'un plancher à l'autre, tandis qu'ils sont continus dans Caninia paiula.

CjathophjHum 9 Vaughan, au stade jeune ^ tel que le représente M. Vaughan, ressemble beaucoup à Caninia patula. Il en diffère par le nombre plus élevé de ses septa et la finesse de ses vésicules interseptales.

Le Cjathophyllum 9 Vaughan adulte diffère de Caninia patula :

i"* par Tabsence de tout épaississement stéréoplasmique localisé^ ce qui donne une épaisseur uniforme aux septa, et l'absence de muraille interne stéréoplasmique remplacée ici par une muraille de vésicules plus fines et plus serrées, caractère qui, chez Caninia patula j ne commence à être indiqué que dans les cadrans opposés ;

2** par le nombre plus grand de ses septa, la régularité et le nombre plus grands de ses vésicules interseptales;

3"* par l'absence d'une fossette bien marquée.

L'échantillon de Cjathophyllum 9 Vaughan, que nous avons figuré planche IX, figure 4, comme tjpe de comparaison, a été recueilli aux Avîns (horizon Gg de Vaughan). Il nous a été gracieusement donné par M. Delépine, maître de conférences à la Faculté libre de Lille.

(i) Le fait que, en pleine roche, la zone vésiculaire est souvent détruite, doit rendre circonspect dans la

Répartition statigraphique.

En Angleteure. — Dans les régions de Bristol et des Mendip Hills, Caninia patula apparaît dans la zone G et abonde ensuite dans S,.

MM. Vaughan et Sibly (i), qui y ont observé cette forme, la désignent sous les noms de Caninia hristoliensis et Caninia cjlindrica mut. Sj. M. Vaughan notamment renseigne la même forme à Glifton, Leigh Voods, Sodbury, Thytherington (2), et dans le Yorkshire, à Ingleton (3) ; M. Sibly, à Gheddar {4).

Sous le nom de Campophjllum cylindricum Scouler mut. S, («» Caninia)^ M. Douglas signale sa présence dans le comté de Glare (5).

En Belgique. — Nous tenons de M. Delépine, qu'il a trouvé dans les calcaires à cherts de la base des Galcaires de Vaulx, de très nondbreux échantillons d'un polypier identique à notre Caninia patula.

Il nous est arrivé de voir également cette forme dans des pierres taillées ayant la texture du Petit-granit, mais dont nous ignorons la provenance. Sa présence dans le Petit-granit est d'ailleurs confirmée par l'identité, avec notre espèce, des polypiers que M. Grbber a trouvés en place dans le Petit-granit et qu'il a décrits et figurés sous le nom de Canino cyathophjllum Q^ (6) .

Les observations faites jusqu'à présent ne sont pas suflSsanles pour déterminer exactement l'extension verticale de Caninia patula.

CANINIA PATULA var. DENSA nov. var.

Planche VIII, Fig. 2.

Nous avons vu que Caninia patula typique pouvait atteindre un quatrième stade dans lequel l'épaississement stéréoplasmique et, par conséquent, aussi la muraille stéréoplasmique diminuent beaucoup d'importance, en même temps que la symétrie bilatérale tend à disparaître.

détermination des formes où manque l'épithèque. Nous avons figuré, pi. V, fig. i, un exemple typique de cette disparition de la zone externe de C. cylindrtcaf exposant l'observateur non prévenu à une grave erreur. On pourra par là se rendre compte de la nécessité d'utiliser, pour une étude du genre de celle que nous poursuivons ici, des échantillons bien dégagés et possédant leur épithèque. (i) Sibly, Quat, Journ.^ vol. LXII, 1906, p. 367.

(2) A. Vaughan, Quat, Journ.^ vol. LXI, 1909, pp. 105 seq.; British Associniion, Winnipeg, 1909, p. 189.

(3) A. Vaughan apud Cosmo Johns, Geo/. Magaz., n. s., dec. V, vol. III, 1906, p. 322.

(4) Sibly, Proc. GeoU Assoc, London, vol. XX, pars 2, 1907, p. 69.

(5) Douglas, Quaterly Journal, vol. LXV, 1909, p. 578.

(6) GrôBER, Bull, de la Soc. belge de GéoL, t. XXIV, 19 10, Mém. 44, pi. Il, fig. 4.

Dans la variété que nous appelions densa, cette atténuation des caractères du type intervient à un stade beaucoup plus précoce.

Celte variété diffère du type de Caninia patula par les caractères suivants :

i"* le développement de la zone vésiculaire externe est plus rapide et plus considérable : les vésicules y sont plus serrées et en même temps mieux ordonnées ;

2"" les septa des cadrans cardinaux, présentant d^ailleurs à la partie inférieure du polypier l'épaississement stéréoplasmique bien marqué, perdent graduellement cet épaississement, et bientôt la muraille interne devient très mince et n'est plus constituée que par un ensemble de traverses dissépimentales plus serrées et très irrégulières ;

3** dans la zone centrale, les intersections tabulaires se multiplient et s'entrecroisent irrégulièrement; les planchers deviennent donc plus serrés et donnent lieu à un tissu plus vésiculeux et d'allure plus irrégulière.

Il y a donc dans l'ensemble de ces modifications une tendance bien marquée vers les caractères du genre Cyathophyllum Goldfuss.

La ressemblance de cette variété avec un Cyathophyllum parait même si grande à première vue, que nous l'aurions peut-être prise pour une espèce de ce genre, si l'étude détaillée que nous avions faite de Caninia patula ne nous avait rais à l'abri d'une méprise de cette sorte.

M. Grbber (i), à notre sens, fait précisément cette confusion en désignant comme Cyathophyllum aff. cp une forme possédant une fossette septale, quoique faiblement indiquée, et un tissu vésiculaire à vésicules petites et irrégulières. Ce Cyathophyllum aff. cp est notre Caninia patula var. densa.

(i) P. Grôber, Bu//, de /a Soc, be/ge de Gio/., t. XXIV, 1910, Mém. p. 45, pi. II, fig. 7.

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