‹ Les causes d'erreur des numérations hématologiquesChapitre 20 sur 26 · IV. — COMPARAISON AVEC LA RÉALITÉ. — CRITIQUE DES MÉTHODES EMPLOYÉES · texte numérisé non relu

IV. — COMPARAISON AVEC LA RÉALITÉ. — CRITIQUE DES MÉTHODES EMPLOYÉES

Nous avons cherché à comparer les deux méthodes avec la réalité; nous avons constaté que les hématies examinées au microscope sont très nettes, se détachant bien sur le fond des préparations et se rapprochant davantage au premier abord de leur représentation sur nos tests.

Notre expérimentation ne nous paraît pourtant pas parfaite et exempte de critiques:

La lecture au microscope fait intervenir l'éclairage artificiel, certainement cause d’ure plus grande fatigue pour l’opérateur. Nous avons, pour essayer de parer à ce défaut, estompé nos tests en les enduisant de crayon.

La répartition des hématies est beaucoup trop homogène sur nos représentations; les amas de globules tels qu’ils se produisent fréquemment sur les préparations sont plus difficiles à dénombrer que les globules espacés.

L’attention des opérateurs se sachant testés est cer-tainement plus grande que dans la pratique et de ce fait doit diminuer l'erreur.

Pour avoir une idée plus précise de la valeur des erreurs de lectures, ii serait nécessaire de comparer successivement les résultats obtenus, l’un par numération directe au microscope, l’autre par pointage sur une photographie ou sur une projection de la même cellule hématimétrique. Les conditions actuelles ne nous ont pas permis de pratiquer une telle expérience.

De grandes variations peuvent d’ailleurs exister d’un microscope à l’autre suivant la qualité des instruments employés. L'utilisation de microscopes mono ou binoculaires, l’éclairage plus ou moins intense de la préparation, les qualités optiques de l'objectif interviennent certainement sur la grandeur de l'erreur. Des laborantines habituées à travailler toujours dans les mêmes conditions, avec un microscope et un éclairage déterminés, se trouvent parfois désorientées lorsqu'elles changent d’instrument.

En résumé, il semble que les résultats fournis par notre expérimentation donnent des erreurs inférieures à celles obtenues dans la pratique des numérations par des laborantines expérimentées. Il est très difficile de déterminer avec précision l'erreur de dénombrement. Celle-ci varie non seulement avec les qualités optiques des appareils utilisés, mais aussi d'un opérateur à l’autre (nous verrons plus loin que ces différences sont

souvent importantes). Nous en donnons un ordre de grandeur que nous croyons assez proche de la réalité sans pouvoir l’affirmer.

Résultats obtenus. — Erreur de lecture probable.

La valeur des erreurs moyennés correspondant à chaque dilution sur nos tests a été :

# | dilution à 1/600°, erreur : 1,2 %; KG | D dilution à 1/400°, CRE VA E su G dilution à 1/300°, — 1,24 %; H | | J dilution à 1/200°, AE 5 AE k | = dilutioi à 1/10 0e 140.

dilution à 1/100°, —. 2,2 %.

Nous voyons, comme l'avait montré le Docteur BOCAGE, que l'erreur de dénombrement croît avec la concentration en hématies sur la surface de l’hématimètre. Cette erreur nous semble assez faible pour les dilutions utilisées couramment. Nous pensons que dans la pratique elle augmente dans des proportions plus grandes que ne semble le prouver nos résultats sur tests.

ue.

RM eS

Nous avons constaté qu’il existait des différences notables entre les divers expérimentateurs, les uns faisant des erreurs très faibles au-dessous de-1 %, d’autres, des erreurs beaucoup plus importantes, jusqu’à 3,8 % sur l’ensemble de nos tests c’est-à-dire près de quatre fois plus grandes. Mais un même sujet n'ayant pas forcément un grand coefficient d’erreur atteint parfois d’une facon accidentelle des erreurs beaucoup plus importantes, de l’ordre de 10 %. Cette inégalité des résultats nous a particulièrement frappé. Nous pensons que ces remarques ont leur importance, nous y reviendrons plus loin.

Nous avons recherché le nombre des résultats exacts trouvés pour chacun de nos tests et nous avons établi le pourcentage correspondant à chaque dilution. Nous avons constaté que cette valeur décroît très rapidement lorsque la dilution devient plus concentrée.

En relevant le nombre des erreurs par excès et par défaut, nous avons été surpris de constater qu’il existait pour les dilutions envisagées un pourcentage à peu près constant, 1/3 environ, de résultats par excès et que les erreurs par défaut varient en raison inverse des résultats exacts. Autrement dit, dans une numération globulaire faite avec un hématimèêtre de Malassez

pour une dilution à 1/600° on a plus de chances d'obtenir un résultat par excès,

pour une dilution à 1/400° les chances sont sensiblement égales.

Ensuite les chances sont d’autant plus grandes d’avoir une erreur par défaut que la dilution est plus

faible. Pour les dilutions au 1/200° et au 1/300°, fré-.

quemment utilisées en pratique, les résultats obtenus comportent le plus souvent (dans 60 % des cas environ) une erreur par défaut.

Nous avons établi ensuite l'erreur sur les résultats

* inexacts relative à chaque dilution, nous avons cons-

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