NOTATION DES RÉSULTATS
La connaissance des limites de la précision que peuvent atteindre en pratique courante les numérations globulaires doit se traduire dans la notation des résultats.
On devrait toujours à côté de chaque résultat indiquer à la fois sa précision et sa probabilité, c’est-à-dire le nombre de chances qu’à l'erreur de ne pas dépasser la précision indiquée.
La rédaction qui, nous paraît la plus correcte est du type suivant :
Le sang de Monsieur X.. contient 3.900.000 héma-
DES re
ties par mm, résultats donnés avec une erreur probable inférieure à 7 % dans 90 % des cas.
Cette manière de rédiger ferait en même temps comprendre à un lecteur instruit que, avec la technique indiquée, l'écart significatif sera de 7 X y à — 10 %, c'est-à-dire que si une deuxième numération est faite
plus tard au même malade, la différence entre les deux
résultats a 90 % de chances de révêler une variation réelle du nombre des hématies si l’écart entre les deux résultats dépasse 10 %.
Il est un autre point sur lequel il importe d'attirer particulièrement l'attention, c'est qu'aucun résultat de numération ne devrait comporter plus de deux chiffres exacts à la gauche du nombre des globules. En l’état actuel de la technique si l’on trouve qu’un malade a 2.900.000 globules rouges, le chiffre 9 a une chance sur deux d’être exact et ce résultat signifie, non pas que le malade a réellement 2.900.000 hématies, mais qu’il a 90 chances sur 100 d’en avoir plus de 2.700.000 et moins de 3.100.000.
« Donner plus de deux chiffres exacts à la gauche du nombre des globules n’est donc pas seulement un geste inutile, c’est une faute lourde qui pour un esprit averti révèle de la, part de son auteur soit un manque complet de probité scientifique, soit une incompréhen- Sion totale ou une ignorance complète des possibilités de l’hématologie. »
Telle est l’opinion formelle de Monsieur BOCAGE qui pour la mettre en évidence compare la numération globuläire à la détermination de la taille moyenne des 20.000 hommes d’une division d'infanterie obtenue en ne toisant que quatre soldats chacun à 4 ou 5 centimètres près. En effet. chaque champ du microscope contient les globules de 1/20.000 de mm de sang, c’est-à-
dire représente un soldat de la division. Les erreurs sur.
la pipette et sur la cellule dépassent 2 %, c'est comme
sacoractilsaft its
de DO
si la toise pouvait varier de 4 centimètres au moins. Il est bien évident que quatre mesures avec un tel instrument ne permettent pas de donner une précision plus grande que celle de l’ordre du centimètre.
Sur les 100 champs photographiés par AUBERT, 99 donnent des nombres compris entre 256 et 334 pour une valeur moyenne de 298. Rapportée à une taille moyenne de soldats de 1 m. 70, ces chiffres signifieraient que dans une demi-compagnie de 100 hommes on en trouverait un de 1 m. 45 et un de 1 m. 90. La comparaison est donc valable.