CG
senti. Il est même une variété de la formule baïn, la plus radicale, qui empêche le remariage, à moins que la femme renvoyée n'ait été épousée par un autre homme et répudiée à nouveau. La formule « redjaï » n'oblige les époux qu'à se séparer. Le mari n'a plus le droit de coucher ou même de manger avec sa femme, mais il peut la reprendre quand il veut. La répudiation est toujours « baïn » lorsqu'au moment où elle est faite, la femme n'a pas eu de rapporls sexuels avec son mari ou si la formule employée est « triple », dans les autres cas elle est « redjaï ». Enfin elle peut être pure et simple ou conditionnelle.
Telle est la législation du Koran en matière de causes de divorce; législation certainement large, mais qui réglemente néanmoins la matière avec beaucoup de circonspection. Tout en tenant compte des exigences du climat et des forces ethniques, elle a entouré le divorce, toujours possible en thèse, de formalités longues et minutieuses, qui obligeaient le demandeur à réfléchir avant ou pendant le procès, et assuraientdans une certaine mesure la stabilité du mariage.
En face de cette législation d'Orient, l'Eglise catholique de Rome nous montre au xme siècle la théorie du mariage indissoluble arrivée à l'état de doctrine incontestable. Désormais, le moyen-âge avec son esprit fort disputeur mais point critique, va se dépenser tout entier à chicaner sur des controverses interminables, des conciliations de mots inconciliables. Peu novateur, il se garda bien de rien toucher aux lignes principales de l'édifice lentement construit par les siècles : il en fut ainsi relativement au droit matrimonial et aux causes de divorce.
i^3Ôg*X*?XP*i&i -, :.
Au xvie siècle, au contraire, l'esprit est tout différent : c'est l'époque du libre examen ; il s'agit de réformer l'Eglise » in capile et inmembris ». La question des causes de divorce et le principe de l'indissolubilité vont, eux aussi, comme toutes les institutions nées du droit du moyen-âge, comme celles transmises par l'antiquité, être soumises à la discussion.
Du Concile de Trente sortira le principe de l'indissolubilité, confirmé et plus solidement assis dans le catholicisme d'occident; mais partout ailleurs, les lois positives et religieuses affranchies après la lutte, admettront librement et d'une façon définitive des causes de divorce.