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Sur 100 nojaax de calculs, Bigplow a trouTé comme composition :
Acide nriqoe, arates 33
Oialate de chaoi pur 16
Oialate mélansré à des urates et
phosphates 27
Phosphates, carbouatcs 11
Gïrps étrangers 13
Cette statistique montre que Tacide urique y tient le premier rang parmi les noyaux de calculs. D'après les auteurs français, il serait en proportion plus considérable, et loxalale de chaux en proportion moindre.
M. le professeur Bouchardat a résumé ainsi la composition des calculs déduite de i 000 analyses :
Oxalate de chaux 142
Acide oriquo par oa mêlé d*urales, de
phosphates oa d'oxalatcs 372
Calcals phospbaliqaes 253
Calculs à couches alternatives 233
On peut, par ce tableau, juger de la fréquence relative à chacun des éléments qui constituent la pierre dans la vessie.
Quelle que soit la nature du gravier arrivé dans la vessie, il pourra donc servir de noyau à un cal<^ cul lorsque Tirritation qu'il y détermine amè-
nera une inflammation chronique de la vessie avec ses conséquences, et, à plus forte raison, lorsque cette inflammation préexistera, comme chez les malades qui vident incomplètement leur vessie, soit qu'elle ait perdu de sa force contractile, soit que la prostate hypertrophiée ou des rétrécissements de l'urèthre mettent obstacle depuis longtemps à l'émission de Turine.
C'est pourquoi les vieillards sont beaucoup plus exposés à cette sorte de calcul que les graveleux adultes, dont ordinairement la vessie expulsera les graviers venus des reins.
Le dépôt de phosphates dans la vessie n'aura lieu, nous le savons déjà, que si l'urine est alcaline.
Nous ne reviendrons pas sur une explication que nous avons déjà donnée lors de l'étude de la gravelle phosphatique secondaire. (Voir p. 46.)
Nous devons maintenant aborder l'étude des calculs développés autour d'un gravier venu du rein dans la vessie sous Vinfluence de l'usage et surtout de labus des alcalins.
Cette étude n'est pas sans présenter pour nous une certaine difficulté, et quand, nous appuyant sur des faits nombreux, nous dirons à un malade qui a dans la vessie un petit gravier : Il est au moins imprudent de faire usage d'eau de Vichy, de Vais, de Carlsbad, qui peuvent amener la formation d'une pierre, au contraire, l'eau de Contrexéville, si elle n'en détermine pas l'expulsion, révélera du
moins la présence du gravier, on pourra nous dire avec Molière : «Vous êtes orfèvre, monsieur Josse. » Aussi devons-nous citer l'opinion d'auteurs non suspects de partialité avant d'aborder les faits qui nous sont personnels.
En première ligne, vient M. le professeur Boucbardat qui, dans son mémoire déjà cité^ dit :
w Les phosphates terreux se déposent dans les urines alcalines, quelle que soit la cause de cette alcalinité. L'usage et surtout l'abus des alcalins, bicarbonate de soude, de potasse, de sels de potasse ou de soude, dont l'acide est organique des eaux alcalines (exemple: de Vichy, de Vais, deCarlsbad), favorisent le dépôt des phosphates dans la vessie.
« Le traitement de la gravelle par les alcalins doit être surveillé; la réaction des urines doit être souvent interrogée, pour ne pas substituer une gravelle phosphatique à une gravelle urique, nous dit le docteur Jaccoud {Pathologie int., t. II, p. 536).
« Un calcul a presque toujours son origine dans un grain d'acide urique. Une fois descendu dans la vessie, ce sédiment étranger devient comme un centre d'attraction pour les éléments solides qui se trouvent dissous dans l'urine ; la partie la moins soluble de ces éléments se précipite peu à peu à la surface et grossit successivement son volume par la superposition découches nouvelles. » (Louis Figuier, Thèse de concours pour ragrégation en médecine.)
Marcet, Prout, Brodie ont écrit que si un alcalin est mêlé à de Turine récente, il apparaît un sédiment composé de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien.
Civiale et Leroy d'Etiolles père ont appliqué cette théorie à l'emploi de Teau de Vichy. Enfin, M. Leroy d'EtioUes flls, dans son Traité pratique delà gravelle (p. 536), après avoir parlé de quatre malades qu'il a opérés à Vichy, où ils s'étaient rendus dans l'espoir que le traitement alcalin dissoudrait les calculs^ ajoute :
« L'examen des fragments de pierre rendus par ces différents malades m'a mis à même de vérifier un fait déjà signalé par mon père et dont j'ai dit un mot à propos de l'influence du régime et du traitement sur la nature des concrétions. Certaines couches de ces calculs étaient plus pâles que les autres ; celui de Borda (un des malades opérés qui avait été quatre années à Vichy) en avait de tout à fait blanches ; c'étaient des couches formées à la surface du calcul pendant la durée du traitement alcalin. Lorsque le malade cesse le traitement alcalin et reprend son genre de vie habituel, le calcul continue à grossir, mais les couches de nouvelle formation sont alors de même nature que le noyau primitif. Un nouveau traitement alcalin donne lieu à une nouvelle couche blanchâtre, et ainsi de suite. »
Le même auteur dit encore :
« Ces couches sont en général formées par de Vurate de soude, de chaux, de magnésie, des phosphates doubles et triples, puis du carbonate de chaux, » et il ajoute plus loin : « Chez les malades que je viens de citer, il n'y avait pas de catarrhe vésical. »
Il n y a donc, dans ces exemples, pas de doute possible sur le rôle de leau de Vichy dans le développement des calculs.
Passons maintenant à Vexamen des faits qui nous sont personnels.
M. Peyronnet, pharmacien à Saint-Symphorien (Loire), m'est adressé de Lyon par le docteur OUier, le 6 juillet 1875. Ce malade, homme de quarantesept ans, de constitution robuste, est depuis vingt ans atteint de dyspepsie flatulente compliquée, eh 1870, d'accidents intestinaux. Il commença à axpulser, l'année suivante, sans douleur, des graviers d'acide urique et fît usage d'eau de Vais pour combattre l'apparition de cette diathèse. En 1873, le malade, sujet à des hématuries après la moindre marche, se fit explorer, et on constata la présence d'un calcul qui mesurait 11 millimètres de diamètre; malheureusement, la sensibilité de la vessie ne permit point de faire l'opération, et le malade se rendit à Vichy, croyant calmer ses douleurs et se faire opérer au retour. Malgré un traitement trèsprudent et très-modéré, ayant consisté en quelques bains et très-peu de boisson, l'irritation vésicale
augmenta, et M. Peyronnet dut cesser le traitement et ajourner l'opération.
Le malade, pharmacien et familier avec les théories médicales, se fit alors le raisonnement suivant:
« Ne pouvant être opéré, je veux faire en sorte que ma pierre ne grossisse pas; puisque je continue à produire de l'acide urique, je dois neutraliser cet excès d'acide urique par des alcalins. » Et il se mit à ingérer simultanément du carbonate de lithine et de leau de Vichy, source des Célestins ou de Vais, source Vivaraise n° 7.
En juillet 1874, une nouvelle exploration faite par M. OUier montrait que [la pierre avait un diamètre de 35 millimètres. Le malade fut débarrassé, après quatorze séances de lithotritie, d'un calcul dont le noyau était composé d'acide urique et les couches périphériques de phosphates alcalins. Les suites de l'opération furent des plus heureuses, et les urines examinées à l'arrivée à Contrexéville ne contenaient que quelques cristaux d'acide urique et d'oxalate de chaux, ainsi que de l'urate de soude.
Il serait difficile de rencontrer un exemple plus frappant de l'effet des alcalins sur un noyau d'acide urique; les deux mensurations des calculs, avant et après l'opération, donnent exactement la mesure de l'augmentation que ce traitement a fait subir à la concrétion. Les conditions particulières d'observa-
lion dans lesquelles se trouvait M. Peyronnet, qui, lui-même, a analysé avec le plus grand soin ses urines, ses graviers et le résultat de la lithotritie, donnent à ce fait une importance exceptionnelle ; du reste, non content de ses recherches, le malade se livra encore à l'expérience suivante, dont nous lui laissons toute la responsabilité.
Il prit trois graviers d'acide urique de 5 centigrammes chacun, rendus par lui avant l'exploration de sa vessie, et mit Tun dans 125 grammes d'eau de Contrexéville (source du Pavillon); le second, dans 125 grammes d'eau de Vichy (source des Célestins) ; le troisième dans la même quantité d'eau de Vais (source Vivaraise n° 7), et il observa le phénomène suivant :
Au bout de quatre jours, le gravier placé dans l'eau de Contrexéville avait disparu ; celui qui était dans l'eau de Vichy disparut également au bout de huit jours, et celui qui était dans Teau de Vais ne disparut qu'au bout de quinze. Nous répétons encore que nous laissons à M. Peyronnet, pharmacien à Saint-Symphorien, la responsabilité de son expérience, trop isolée pour que nous cherchions à en tirer des conséquences.
Nous avons tenu à la rapporter, d'abord parce qu'elle est intéressante, et ensuite pour prouver que ce malade observait avec grand soin tout ce qui le touchait et nous a fourni, en s'accusant luimême d'avoir augmenté, par l'abus des alcalins,
le volume de sa pierre, la preuve de ce que nous cherchions à démontrer.
Nous ne voulons pas aborder dans ce travail la question de la dissolution de calculs, jugée aujourd'hui ; cette question a passionné vivement, il y a quarante ans, le monde savant.
Depuis les coquilles d'escargots vantées par Pline, jusqu'au remède de M"* Stephens qui, en 1740, eut une telle célébrité en Angleterre que le parlement lui accorda une récompense nationale (remède composé de coquilles d'œufs et de savon qui, commeles coquilles d'escargots, agissait par la chaux qu'il contenait), tout fut remis en question lors de lexamen, par l'Académie, de la proposition émise par Petit, que Vichy dissolvait les calculs.
Aujourd'hui, la dissolution des calculs est de nouveau retombée dans l'oubli, aussi bien celle que Ton cherchait à obtenir par les boissons que celle par les injections médicamenteuses dans la vessie, ou par l'électrolyse, comme MM. Prévost et Dumas l'avaient proposé. Les résultats peu importants obtenus par ces différentes méthodes, ainsi que les progrès faits depuis cette époque par la lithotritie, ont fait abandonner tout traitement médical des calculs, pour lui préférer l'emploi des instruments si perfectionnés depuis leur invention en 1822.
Du reste, un rapport, signé Pelouze et Gay- Lussac, fait en 1841, s'exprime ainsi :
m Certains réactifs acides el alcalins exercent sur les concrétions urinaires une action destructive qui porte moins sur les principes qui forment ces concrétions que sur la matière animale qui leur sert de lien.
. € Elle est toujours très-lente, même en dehors de la vitalité.
€ Elle peut être entravée par de nouveaux dépôts, dont il faut sans doute reporter la production à la saturation des acides libres ou des sels acides de Vurine. Ces dépôts constituent de nouvelles concret tiofis. »
Ces conclusions dauteurssi compétents, adoptées par l'Académie, viennent corroborer ce que nous avons dit de Teffet de Vichy sur les calculs vésîcaux. Il nous serait dailleurs facile de multiplier les exemples qui se sont le plus souvent produits dans les conditions suivantes. Des malades habituels de Contrexéville, où ils venaient chaque année expulser leurs graviers, se disaient ou se laissaient dire, quelquefois même par les médecins qui les dirigeaient, que cette eau alcaline était insuffisante à combattre chez eux la diathèse urique, et au lieu de réformer leur régime et d'observer une hygiène appropriée à leur maladie, ils se rendaient à Vichy, et, partis graveleux, en revenaient avec un calcul qui nécessitait une opération. Il n'est pas de médecin à Contrexéville qui n'ait observé de tels faits dans sa clientèle. Le docteur Le Cler rapporte, entre
— lubies conditions étaient, comme nous Ta fait voir l'opérateur, irrégulières et rugueuses; au contraire, les dernières couches, qui correspondaient à la période du repos de WillemshOhe et de Chîslehurst, étaient lisses et régulièrement stratifiées.
Le danger de l'usage des alcalins énergiques pour les malades qui peuvent avoir dans la vessie un gravier nous semble pleinement démontré. 11 nous reste maintenant à dire quels sont ces alcalins énergiques; car, à part l'observation de M. Peyronnet, qui a fait usage de carbonate de lithine et d'eau de Vais en même temps que d'eau des Célestins, les autres malades ne peuvent incriminer que Vichy d'être l'origine de leur calcul.
Nous allons, avant de les passer en revue, citer les expériences faites parle docteur Climent, publiées par lui chez Delahaye, en 1874, sur l'action des alcalins.
Cet observateur consciencieux a examiné l'état de ses urines, de son pouls, et compté les globules rouges et blancs de son sang par la méthode du docteur Malassez (1), après avoir ingéré successivement 8 grammes de bicarbonate de soude pendant six jours (on sait que 1 litre d'eau des Célestins à Vichy en contient 5^103).
Puis, après huit jours de repos, M. Climent a pris pendant quatre jours du carbonate de lithine,
[\) Dtla numération dts ghhuhs rovge dn Ètmg. Paris, 1873.
les deux premiers jours à la dose de 1 gramme, et les deux autres à la dose de 2 grammes.
Dix jours ont été nécessaires pour pouvoir commencer l'expérience avec le benzoate de soude pris pendant quatre jours à la dose dé 2 grammes.
Parmi les médicaments administrés dans la diathèse urique, ceux-ci, on le sait, tiennent le premier rang; les eaux de Vichy et de Vais agissent surtout par le bicarbonate de soude qu'elles renferment.
Voici, présentés sous forme de tableaux, les résultats auxquels est arrivé cet expérimentateur :
Bicarbonate de soude.
SUBSTANCES INGÉRÉES.
Carbonate de lithine.
8 grammes par jour pris en quatre doses dlwoutes dans 80 gr.
d'eau .
48 grammes en 6 jours.
Deux Jours à. . 1 gr Deux jours à. . 2 gr.
Chaque dose dans 1 00 gr. d'eau de Seltz.
6 grammes en 4 jours
Benzoate de soude.
î grammes par jour pris en granules et en deux fois.
8 grammes en 4 jours.
Sombre des globules rouges par miUimèlre cube.
2« jour. 4,392,400 4t — 3,475 000
Nombre de globules blancs par milUmèlre cube.
4« jour, 4,150 e« — ft.OOO
Quanlitédei urines en vingt-quatre heures, 1
!•» jour 1390 acides.
2« — 1320 nombre.
3» — 1336 alcalines 4* — 1300 — S« *- 1382 — .«• -P 1350 —
1483 alcalines.
1350 faible acidité.
Toutes ces expériences ont été faites le matin, à jeun, suirant un r^me uniforme; le malade avait, avant Tingestion des divers médicaments, des urines acides dont il expulsait en vingt-quatre heures 1 260 grammes, 80 pulsations à la minute, 1531400 globules rouges et 6950 globules blancs par millimètre cube.
Ces résultats se résument ainsi : le bicarbonate de soude a produit une déglobulisation plus rapide qu'avec toutes les autres substances; le pouls a dV bord conservé sa fréquence normale pendant deux jours, puis s*est abaissé jusqu'au sixième joar (62 battements par minute); les urines, neutres le premier jour, puis alcalines, ont conservé cette réaction jusqu'au septième jour.
Nous regrettons que M. Climent, dont nous ne saurions trop louer la précision en toutes ces observations, n ait pas songé à employer un moyen analogue à celui dont nous nous sommes servi lors de rélude des causes de la gravelle phosphatique (voir p. 34) pour chiffrer Facidité ou Falcalinibé de ses urines. Sous Finfluence du carbonate de lithine, les effets produits se rapprochent beaucoup des précédents, si ce n'est que le pouls a été très-irrégulier, que la quantité des urines a augmenté davantage et qu'elles sont devenues fortement alcalines dès le début.
Sous Finfluence du benzoate de soude, la diminution des globules, assez marquée dans les pra
miers jours, est restée stationnairedans les derniers, « ce qui nous autorise à dire, écrit l'auteur de ces expériences, que ce médicament ne déglobulise pas d'une manière progressive, mais qu'il pourrait entretenir l'état anémique. » Nous ajouterons que le pouls était légèrement descendu de 80 à 72. Les urines avaient augmenté en quantité, leur acidité s'était affaiblie.
Tel est, en résumé, le résultat des expériences de M. Climent sur Teffet des alcalins les plus usités. On voit donc que ces doses, surtout celles de carbonate de lithine, seraient dangereuses pour les malades dont nous! nous occupons; que la dose de bicarbonate de soude représente celle qui contient un peu plus de 1 litre et demi d'eau des Célestins à Vicby et un peu plus de 1 litre d eau de Vais, qui en contient jusqu'à 7 grammes, et qu'il est facile de tirer des conclusions de ces expériences, en répétant avec le professeur Bouchardat : Les phosphates contenus dans une urine normale se précipiteront si celle-ci devient alcaline, quelle que soit la cause de cette alcalinité.
Ajoutons que si la vessie est saine et exempte de coïps étrangers, ils seront entraînés avec l'urine ; mais que, s'il existe un petit gravier dans la vessie, ils pourront, en se déposant à la surface, donner lieu à une pierre plus ou moins volumineuse, comme l'ont prouvé les exemples que nous venons de citer.
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