‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 111 sur 168 · I.S46, à Uskub, empereur des Serbes et des Grecs, publia, en · texte numérisé non relu

I.S46, à Uskub, empereur des Serbes et des Grecs, publia, en

3/19, le livre des lois du tsar Dushan, qui prouve l'état avancé

de la civilisation de la Serbie. Il mourut, en i355, au moment

où, marchant contre Couslauliuoplc, il es[)érait constituer

un État assez puissant pour résister aux Turcs. Ceux-ci, après une première victoire sur le Ténare, en 1871, remportèrent, en iSSg, la victoire de Kossovo qui leur livra la Serbie et la Bulgarie. Cependant, si la Serbie était tributaire de la Turquie, elle avait gardé son gouvernement; mais, en i459, elle devint un simple pachalik, gouverné directement par la Porte et resta dans cette situation jusqu'en i8o4, soit pendant trois cent quarante-cinq ans.

Nous ne pouvons pas nous imaginer, en France, l'état lamentable des populations soumises pendant des siècles à un pareil régime : et nous devons admirer d'autant plus l'énergie avec laquelle elles ont maintenu leur personnalité, leur caractère distinct, sans jamais se résigner à considérer leur servitude comme définitive.

Tout en luttant contre les Turcs, les Hongrois ne négligeaient pas d'assurer leur pouvoir sur la Croatie. En 1^90, Mathias Corvin dut leur abandonner la Slavonie ; mais son successeur, Ladislas de Pologne, s'intitula roi de Dalmatie, de Croatie et de Slavonie.

Après la bataille de Mohacs (i526), les Turcs étendirent leur domination non seulement sur la Hongrie, mais sur la Croatie si bien qu'en 1606, la Croatie occidentale seule, avec les villes de Zagreb, Karlstadt, Warasdin et Zengy, resta indépendante. Cependant, les Turcs n'essayèrent pas de coloniser la Slavonie et la Croatie et ne frappèrent pas les provinces d'une empreinte pareille à celle qu'ils ont laissée sur la Bosnie. Les différences qui existent actuellement encore entre les Bosniaques et les Serbo-Croates viennent de cette différence de régime.

Par la paix de Carlowitz, en 1699, puis par le traité de Passarovitz, en 17 18, les Turcs cédèrent à l'Autriche la Slavonie en même temps que la partie de la Hongrie qu'ils occupaient.

Le titre de Croatie fut appliqué officiellement aux provinces slavonnes de Visovitica, Pozega et Syrmie. De 1767 à 1777 î ces provinces, auxquelles fut ajoutée la Dalmatie,

eçurent le nom d'Tllyiie et furent gouvernées par Vienne; )uis elles fuient divisées; lé port de Fiume fut enlevé à la roatie et rattaché directement à la Hongrie. En 1809, ap'ès Wagram, Napoléon groupa de nouveau une large partie de a Croatie, la Dalmatie, l'Istrie, la Carinlhie, la Garniole, Sôrz et Gradisca, sous le nom de provinces d'Illyrie. Elles •estèrent jusqu'en i8i3 sous l'administration française qui eur rendit beaucoup de services; toutefois, ces services Haient compensés par la charge de la conscription à laquelle îlles ne se résignèrent jamais. En i8i4, la Dalmatie fut ncorporée à l'Autriche, tandis que l'Istrie, la Garinthie, la Garniole, Gorz et Gradisca, devinrent le royaume d'Illyrio l'Autriche qui subsista jusqu'en 1849; mais la Groatie et la Slavonie étaient déclarées apanages de la couronne de Hongrie.

D'après les Magyars, elles devaient être considérées comme partes adnexœ ou provinces sujettes; d'après les Groates et les Slavons, elles étaient des régna socia, ou royaumes alliés. Les Groates purent conserver leur langage comme langue officielle, une Diète élue. Un ban ou vice-roi les gouvernait au nom de la Hongrie.

Pendant toute cette période, chez les Groates, comme chez les Tchèques, eut lieu le même effort de reconstitution de leur nationalité, dirigé par un publiciste Ljudevit Gaj, puis par l'évêque Strossmayer et par le baron Joseph Jellachich qui devint Ban, en i848, quand les Illyristes parvinrent à prendre le pouvoir. Ils engagèrent une lutte armée contre les Hongrois, mais furent battus; cependant, Jellachich agit ensuite contre les Hongrois au nom du gouvernement de Vienne. La Constitution de 1849 sépara la Groatie et la Slavonie de la Hongrie et en fît une province de la couronne autrichienne. Fiume y fut annexée. Le régime de réaction pendant lequel il n'y eut ni ban, ni Diète, dura de i85oà 1860. Au lendemain de la guerre d'Italie, le gouvernement de Vienne lui octroya le « diplôme d'octobre », puis la constitution de février 1861 ; mais la diète élue fut dissoute imraé-

diatement parce qu'elle avait réclamé la formation d'une grande confédération slavonique du Sud, sous le gouvernement impérial.

Après Sadowa, sous le régime du dualisme, la Croatie et la Slavonie furent annexées aux pays de la couronne de saint Etienne.

En vertu de la Nagoda de 1868, elles sont subordonnées au gouvernement de Budapest. Le vice-roi ou Ban est nommé [jar Sa Majesté impériale et royale, en réalité, par le premier iniiiistre de Hongrie. Le gouvernement provincial comprend trois ministres; ils sont responsables devant le Ban qui n'(.st responsable qu'à l'égard du ministère hongrois, et de\ant l'assemblée nationale {Narodna Skupshtina) dont le contrôle est nul. Elle est composée de membres élus par des électeurs qui votent à haute voix devant des fonctionnaires qui dépendent du ban etde membres privilégiés, pris parmi Jes nobles, les hauts membres du clergé et d« l'administration. Tous les actes qu'elle adopte doivent être signés par un ministre sans portefeuille qui fait partie du cabinet hongrois. L'assemblée délègue à la Chambre des députés hongroise quarante membres qui ne peuvent intervenir que pour les affaires de la Croatie-Slavonie.

Par sa situation, Fiume est le port de la Croatie : et il en dépendit de i848 jusqu'en 1870, date où il fut donné, ainsi que son territoire de 20 kilomètres carrés, à la Hongrie. H est administré par le gouvernement de Budapest.

La Croatie ne s'est jamais résignée à ce régime. De 1876 à 1876, quand, sur l'initiative de la Bosnie, éclata la guerre contre la Turquie qui se termina par le traité de Berlin de 1878, un parti, ayant pour titre « le parti du droit » réclama <( une grande Croatie ». U n'obtint que la persécution. Son ,; chef fut emprisonné.

Depuis cette époque, la Croatie a été placée sous un régime : de despotisme. L'évêque Strossmayer fut obligé de se retirer, en 1888, parce qu'il avait envoyé un télégramme à l'église russe.

Les Croates en ont profité pour réclamer l'union avec la Bosnie et l'Herzégovine. En 1908, le baron Uauch, nommé îan de Croatie, refusa de convoquer la Diète.

Nous avons parlé des abominables procédés employés îontre les Croates ^

On a vu que la Serbie de i^Sg à i8o4 était restée un pachalik turc. A partir de cette date juscju'à l'automne de i8i3, elle se gouverna comme une nation indépendante. En 18 12, dans son traité avec la Turquie, la Russie ne protégea pas suffisamment les Serbes; mais, en 1817, la Serbie, après des batailles, regagna son autonomie sous la suzeraineté du sultan; en 1829, par le traité d'Andrinople, cette autonomie fut garantie par la Russie; mais les garnisons turques restèrent encore à Belgrade et dans d'autres villes de la Serbie jusqu'en 1867.

En 1876, quand la Bosnie essaya de secouer le joug de la Turquie, elle lui déclara la guerre en 1876. Elle fut battue; mais son action entraîna la Russie dans la guerre qui se termina par les traités de San-Stcfano et de Berlin. Le traité de Berlin affirma l'indépendance complète de la Serbie; mais il plaçait la Bosnie et l'Herzégovine sous l'administration de l'Autriche -Hongrie.

Le ministre Andrassy, d'origine hongroise, qui avait conclu l'alliance entre l'Autriche-lIongrie et l'Empire allemand, se retira plutôt que d'accepter ce cadeau.

Seulement, il y a des Serbo-Croates d'un côté de la frontière, il y a des Serbes de l'autre côté, il y a contigus aux uns et aux autres, des Bosniaques et des llerzégoviens : la pression de l'Autriche-Hongrie les unit. Le i3 mai i8/i8, quand les Serbes se constituèrent en nation indépendante, ils demandèrent l'union avec la Croatie.

On répète : u Deux aspirations sont en conflit : une grande Serbie et une grande Croatie : entre les deux, la Bosnie, l'Herzégovine et la Dalmatie. »

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