I. V. Journal des Économisles^ août iqi^i ch. iv el v
Ces deux groupes slaves sont-ils capables d'imposer silenct à leur amour-propre national, de faire coexister l'un auprès de l'autre leurs différences religieuses et lingustiques? sont ils capables de proclamer et de pratiquer l'égalité entre tous ces groupes qui comprennent tous les Slaves du Sud, du nord de ristrie, de la région d'Udine, de la Garniole, Slovènes, Serbo-Croates, Croates, Serbes, Dalmates?
Si de longues et douloureuses expériences peuvent servir aux peuples, la réponse est aflirmative; et elle paraît avoir déjà été faite.
Cependant, le clergé serbe se montra hostile au mouvement illyrien parce qu'il voulait conserver le slavon comme langue liturgique. Il redoutait, dans la généralisation d'un iJiome commun, un empiétement du papisme.
La différence de religion sépare surtout les clergés. Cependant, le concordat conclu en igi/i entre la Serbie et la papauté est une mesure de conciliation.
On rappelle qu'en 1902, les Serbes ont provoqué à Zagreb des rixes sanglantes, mais à la fin de mars igiS, les Slaves du Sud tinrent un congrès à Abbazia dans lequel on lut un mémorandum qui avait été remis à l'archiduc héritier, François-Ferdinand, par un groupe de membres (lu Parlement croate. Ils demandaient la substitution, au dualisme de 1867, d'une confédération dans laquelle entrerait la Serbo-Croatie, u Toute la jeunesse, y était-il dit, s'enthousiasme pour une union avec la Serbie et se sent attirée vers le Sud par les récents succès de la Ligue balkanique. En maintenant la Croatie sous le régime d'exception auquel elle est soumise, les gouvernements d'Autriche et de Hongrie prépareraient la voie à un grand mouvement séparatiste et peut-être à une révolution de tous les Slaves du Sud. ))