LA RUSSIE
Contre le Panslavisme, développement des États slaves. — Capacité (( d'amalgamation » des Rasses. Leur coexistence avec les musulmans. — Le péril slave. — Opinion de Mazzini. — Alliance italienne avec la famille slave.
Un professeur de l'Université de Gralz, M. Gumplowitz, donnait un bon conseil aux hommes d'Etat autrichiens, hantés par la terreur du panslavisme en les engageant à laisser développer le nationalisme des groupes slaves. La Prusse et l'Autriche, disait-il, ont à conserver et à fortifier la nationalité polonaise.
Le seul moyen efficace pour préserver la Bohême du panslavisme, c'est de laisser la nationalité tchèque se développer en complète liberté. Il en est de même pour les autres nationalités slaves méridionales de l'Autriche-Hongrie. La liberté assurera leur individualité : l'oppression les livrera à la Russie.
Il montrait, à l'appui de sa thèse, que la Bulgarie, affranchie de la Turquie grâce à la Russie, avait mis son indépendance à l'égard de la Russie au-dessus de sa reconnaissance. Il rappelait que la reine Nathalie avait été expulsée de la Serbie comme trop dévouée à la Russie.
Ces conseils étaient pleins de sagesse parce qu'ils étaient basés sur la réalité. Mais les gouvernements de Vienne et de Budapest ont continué de pratiquer la politique qui pouvait éloigner d'eux les Slaves et les rejeter du côté de Saint-Pétersbourg.