‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 15 sur 168 · I. Pensées et Souvenirs. T. II, p · texte numérisé non relu

I. Pensées et Souvenirs. T. II, p

i; L'empereur Guillaume là considéra comme une sorte de 'trahison à l'égard de l'empereur de Russie pour lequel il avait une profonde sympathie. Bismarck ne triompha de ses •scrupules qu'en « ayant recours au moyen très fâcheux de la ifquestion de cabinet^. Sa Majesté n'avait pas été convaincue ;par les arguments politiques : elle n'avait promis de ratifier Lee traité que par horreur d'un changement de ministère ». JEt Guillaume V crut loyal d'avertir confidentiellement Tem- •pereur de Russie du traité qui venait d'être conclu.

Ce traité, dit Bismarck, est publici Jurls. Une alliance défensive analogue entre les deux puissances contre la France n'est pas connue 2.

Bismarck constatait la haine des Russes contre tout ce qui est allemand, haine dont l'empereur de Russie devait tenir compte, même s'il voulait vivre en bons termes avec l'Allemagne.

Toutefois, ces sentiments d'hostilité dont, en Russie, la majorité du peuple fait preuve contre les Allemands, ne sont guère plus vifs que ceux des Tchèques, en Bohême et en Moravie, des Slovènes dans .l'ancien territoire de la Confédération et des Polonais en Galicle. Bref si, ayant le choix entre une alliance avec la Russie ou avec l'Autriche, j'ai choisi celle-ci, je n'ai nullement été aveugle, et j'ai été en proie à tous les doutes qui rendaient le choix si difficile.

Bismarck essaya de maintenir des relations de bon voisi-

; nage avec la Russie. Il ne voulait pas surtout que l'empire

^allemand fût entraîné dans la politique des Balkans. Il

s'efforçait de convaincre la Russie « du caractère inoffensif

de la politique allemande ».

Bismarck, envisageant l'éventualité où les Russes voudraient occuper Constantinople, répond qu'il considère

Pensées et Souvenirs^ p. 292.

Page 1