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80 LES CAUSES POLITIQUES DE LA GUERtlE
« qu'il serait utile à l'Allemagne que les Russes fussent établis solidement à Gonstantinople et qu'ils eussent à défendre la ville... » « Si j'étais ministre autrichien, dit-iU, je n'empêcherais pas les Russes d'aller à Gonstantinople, mais je ne chercherais à m'entendre avec eux que lorsque leur mouvement offensif serait exécuté. »
Bismarck trouvait un grand avantage pour la politique allemande, de n'avoir aucun intérêt direct dans les questions d'Orient.
Après avoir annexé, en 1882, l'Italie à l'alliance austroallemande, il essaya de conclure une autre triple alliance entre l'Allemagne, l'Autriche et la Russie. Il parvint à faice signer, le 24 mars i884, à Berlin, un traité qui fut ratiiié dans une entrevue entre les trois empereurs, à Skiernewice. Il lui donna le titre de « contre assurance ». Si un des trois pouvoirs faisait la guerre à un autre, les deux autres conserveraient une bienveillante neutralité. Bismarck aurait voulu ajouter, que si deux faisaient la guerre à un quatrième, le troisième resterait également neutre : mais la Russie eut de la méfiance. Elle considéra que cette clause visait la France et ne l'accepta pas. En cas de conflit dans la Péninsule Balkanique, chaque pouvoir agirait d'après ses propres intérêts, et en cas de conflit, le troisième pouvoir déciderait On ajouta un protocole permettant à l'Autriche d'annexer h Bosnie et d'Herzégovine, sans se préoccuper des autrei signataires du traité de Berlin. Du reste, les trois pouvoir.' se déclarèrent chargés par eux-mêmes de son exécution e de sa non-exécution. C'est pourquoi, ils déclarèrent qu'ih ne s'opposeraient pas à l'union de la Bulgarie et de h Roumélie-Orientale et ne permettraient pas à la Turquie d( fortifier les pays des Balkans. Si la Turquie permettait i un quatrième pouvoir (la Grande-Bretagne) d'entrer dam les Dardanelles, les trois pouvoirs interviendraient.