I. V. Debidour. Histoire diplomatique, t. I", p
Egypte, une politique de conflits. Il réussit : et, les protec- \ tionnistes français faisaient tout le nécessaire pour exas- ! pérer les Anglais.
! Il était très facile au petit-fîls de la reine Victoria de mainj tenir un bon accord avec la Grande-Bretagne ; mais il ne fallait pas qu'il s'engageât dans une politique « dépassant les limites de celle de Bismarck ». Guillaume II « entendit donner à I l'Empire allemand un rôle prépondérant dans le monde » et, (! selon une de ses expressions « lui remettre le trident ». j M. de Bulow*, s'est vanté d'avoir poursuivi cette politique; ; et pour la justifier, il raconte que, quoique Friedrichsruh ■ ne fût pas éloigné de Hambourg, Bismarck n'y était pas ' venu depuis très longtemps. Quelques années après sa I retraite, à l'âge de quatre-vingts ans, sur l'invitation de Ballin, le directeur de la Hamburg American Unie, il s'y rendit et fut stupéfait de la grandeur et du luxe des paquebots : — C'est un nouvel âge, un nouveau monde, dit-il.
M. de Bulow, en tirant de ces mots une adhésion à la politique navale et mondiale du Kaiser et la renonciation à la politique de prudence que Bismarck n'avait cessé de pratiquer et de recommander depuis 187 1, montre une singulière hardiesse. C'était sur un paquebot pacifique que Bismarck prononçait ces paroles ; ce n'était pas sur un Dreadnought.
Par son attitude et son allure, par son programme naval, le Kaiser présenta un double danger pour la Grande-Bretagne : une politique continentale inquiétante et la volonté d'intervenir dans les questions du reste du monde, avec des prétentions conquérantes, menaçantes pour tous.
Le mouvement pangermaniste a commencé vers iSgS, sous rimpulston du Kaiser, de l'amiral von Tirpitz et de von Biexberstein. Il s'appuyait sur la disposition suivante de l'article 4 de la constitution de l'Empire allemand :