‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 27 sur 168 · N«> XCI, riew séries · texte numérisé non relu

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u. En français dans le lexle.

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lire. Le peuple allemand a absolument besoin de colonies. Empê-

partout, où vous le pourrez, la presse de demander une compen-

ition ailleurs. Il est possible que la France offre le Congo. Cepen-

iiit l'Allemagne ne veut pas de compensation ailleurs, elle veut une

ut du Maroc. »

^ oilà l'objet désigné avec précision.

"tte agression provoqua une forte émotion parmi les iiiiistres français. Enverrait-on un navire de guerre en iM>nse à l'envoi du Panther? M. Delcassé, alors ministre 1 Marine, y fut opposé. On décida de conformer la con- Liite de la France à celle de la Grande-Bretagne, l'endant que M. de Selves était aux Pays-Bas, M. Gaillaux, -ident du conseil, avait pris l'intérim des Affaires étrans. Il eut une conversation avec M. de Gvynner, prési- ' de la Deutsche Bank, membre de la Chambre des - neurs de Prusse. Mais le Panther, petite canonnière de iiètres de long, fut remplacé par le croiseur Berlin, de mètres de long, ayant un équipage de deux cent soixante- /e hommes et treize officiers. La France reculait, l'Aliène avançait.

lie voulait-elle exactement?

I ne solution définitive de la question marocaine, disaient ^ô journaux officieux.!^ — Soit, par quels moyens? » Ici, il y vait des variations. Sir Edward Grey et M. Asquith, soutelus par M. Balfour, leader de l'opposition, et par M. Ramsay (iacdonald, leader du labour party, déclaraient nettement qu'ils auraient les égards requis pour la protection des ntérêts britanniques et l'accomplissement de leurs engageaenls contenus dans le traité avec la France ». Le comte )8ten Sacken, Lambassadeur russe, s'informait en même emps, d'une manière amicale, des vues du gouvernement llemand.

M. de Selves, ayant repris possession de la direction des Vffaires étrangères, demanda à M. de Schœn : « Que veut 'Allemagne? » M. de Schœn répondit « qu'il n'en savait rien ».

M. Paul Cambon avait pour instruction de demander à le Wilhelmstrasse la réponse que son ambassadeur à Paris! disait ne pouvoir donner. Le 8 juillet, M. de Schœn disail cependant, à titre personnel et privé, « qu'il pensait qu'il y avait un terrain d'entente : c'était le Congo 1 » Et, le lende-l main, le ministre des Affaires étrangères, M. de Kiderlen Wsechter, le disait officiellement. I

On a qualifié cette politique de chantage. L'Allemagne exigeait de la France qu'elle lui donnât le Congo en échange du Maroc, comme si le Maroc appartenait;;! l'Allemagne.

Les pourparlers furent étrangement cahotés. Le i5 juillet,! M. de Kiderlen Wsechter demandait tout le Gabon, tout le' Congo qui se trouvait compris entre l'Océan et la Sangha. Le gouvernement français répondit (( qu'il ne pouvait engager de! pourparlers sur cette base. » Le 23, M. de Kiderlen Wœchter; offrit en compensation le Bec de canard et le Togoland, et, en; même temps, il maintenait toujours des réserves sur des garanties spéciales à débattre en faveur de l'industrie et du commerce allemands au Maroc.

La fermeté de la Grande-Bretagne fit reculer la Wilhelm strasse. Elle abandonnait toute revendication territoriale au Maroc, mais elle réclamait toujours un régime privilégié au Maroc et le maintien du régime des protégés dont le gouvernement français demandait la disparition. Le i" août, M. de Kiderlen Wœchter demandait au Congo : r un accès à la mer entre Libreville et la Guinée espagnole, de manière que la possession allemande pût entourer cette colonie; 2" un accès territorial au fleuve Congo.

En retour, il laisserait à la France une liberté complète au Maroc.

L'accès au fleuve Congo coupait en deux l'Afrique équatoriale française.

Le 4 août, M. de Kiderlen Wœchter demandait plus de la moitié du Gabon et du moyen Congo. La France devait lui céder le droit de préemption sur la Guinée espagnole, et se mettre d'accord avec l'Allemagne en prévision de la dispa-

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ition du Congo belge. Le 9, il maintint toutes ses demandes ;,t retira l'offre du Togo. Le i4 et le 17, nouvelles demandes. L.es conversations furent interrompues par des absences du pinistre allemand des Affaires étrangères et du chancelier; itnais les journaux allemands formulaient de nouvelles .ixigences. L'empereur, dans un banquet offert par le Sénat te Hambourg, répéta de nouveau : « Soyez sûrs que personne le viendra nous contester notre place au soleil. » Ses audieurs et lui-même comprenaient par ces mots que, si les Ulemands demandaient une place déjà occupée par les rançais, ceux-ci devaient la leur céder.

Le 7 septembre, quand les conversations reprirent, tout îtait remis en question. Au Maroc, l'Allemagne se réservait e droit de s'entendre directement avec le sultan et enlevait, i la France même, le droit de conseiller des réformes au mltan. Deux zones étaient créées, l'une au nord, et l'autre lU sud de l'Oued Tensift. Dans la première, les Allemands levaient être assurés d'avoir une part de 3o p. 100 dans les djudications, et, dans la seconde, de 70 p. 100.

Il y avait une stipulation analogue pour les minerais le fer.

L'Allemagne proposait tranquillement de violer les stipuations de l'acte d'Algésiras. Cependant, elle devait reculer, ît, le 23 septembre, on paraissait d'accord, quand, le 27, A. Kiderlcn Wœchter remplaçait par de nouvelles exigences elatives au Maroc celles qu'il avait dû abandonner.

Le II octobre, on crut en avoir fini; mais les discussions éprirent sur la coupure en deux tronçons de l'Afrique iqualoriale française. M. de Kiderlcn Waechter consentit à e que la coupure se transformât en deux piqûres qui métraient le Cameroun en contact avec le fleuve Congo. Le «5 octobre, on est d'accord; mais le 26 octobre, M. de iiderlen Waechter souleva la question du droit de )réemption de la France sur le Congo belge, reconnu mplicitement par l'acte de Berlin de i885 et consacré formelement par l'arrangement franco-belge du 28 décembre 1908.

Enfin on trouva une formule, et le 4 novembre, la convention fut signée.

L'article premier reconnaissait à la France toute liberté d'action au Maroc. C'était pour ce résultat que l'Empire allemand avait menacé l'Europe d'une conflagration générale. Il est vrai qu'il avait obtenu une compensation, mais le moyen employé avait inspiré une nouvelle méfiance pour « l'éthique diplomatique >> de la Wilhelmstrasse. Les procédés de M. de Kiderlen Waechter pendant quatre mois, donnant, retirant tour à tour, introduisant de nouvelle? exigences inattendues, étaient ceux d'un maquignon maladroit. Les Allemands constatèrent l'échec, avec la restrictior que la question du Maroc était ajournée, mais non liquidée ^

Depuis 1871, les rapports de TAllemagne et de la Franc* comportent cinq menaces bien caractérisées contre la France : celle de 1876, l'affaire Schnœbelé, le voyage à Tanger, l'affaire des déserteurs de Casablanca et le coup d'Agadir. Ce sont là les menaces ouvertes : mais il faut y ajouter les menaces latentes, les mauvais procédés, l'attitude à la fois dédaigneuse, protectrice et exigeante de l'Allemagne, les discours du Kaiser et les discours de ses chanceliers, des ministres des Affaires étrangères et des ministres de h Guerre, enfin l'augmentation constante des armements militaires pour lesquels on invoque toujours en termes plus ou moins explicites et provocants, la menace de « l'ennemi héréditaire )>. Cette désignation est fausse d'ailleurs.

Dans son livre, la Politique allemande, M. de Bulow a constaté les motifs de l'attitude de l'Allemagne à l'égard d€ la France. Il dit :

Jamais une nation ne s'est relevée aussi rapidement de ses désastres, que la nation française; aucune n'a regagné si facilement soe élasticité, sa confiance en elle-même et son énergie après des défaites écrasantes.

1. Georges BlondeL Deutsch Kultur. Le Monde économique, 19 décembre iQiA, p. i355.

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La résistance de la France à récrasement de 1870 est un notif à la fois de rancune, de désappointement et d'inquiéude. L'ennemi qu'on croyait tué est vivant. Il est dans son urL

Jiismarck a voulu se débarrasser de la France en la lançant iaiisla politique coloniale. Elle s'y est lancée. Elle y a mieux (iissi que l'Allemagne. Nouveau motif de rancune et de alousie.

I^nfin, M. de Bulow reproche à la France de ne pas com-

H endre les nécessités politiques de l'Allemagne : par l'Al-

ace et la Lorraine passent les routes de Paris à Francfort,

Lt ipzig et Dresde, à Baie, à Munich, à la vallée du Danube

t à Vienne.

' a FrancQ ne comprend pas que ce qui lui paraît une brutale exiice du vainqueur est une question de nécessité nationale pour mus, Allemands.

Pourquoi ? parce que la possession de l'Alsace et de la raine donnait un pouvoir agressif à l'Allemagne contre rance. Mais alors sa possession est une nécessité natioaussi pour la France.

M. de Bulow n'a pas pensé à cette réponse. Il ne voit

1). l'intérêt de l'Allemagne. Il ne comprend pas que d'au-

- nations puissent songer à leur propre intérêt et à leur

' urité.

i)e là vient rincapacité des diplomates allemands : ils ne ivent pas comprendre les idées et les besoins des autres iples.

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