L'EMPIRE ALLEMAND ET L'AUTRICHE-HONGRIE
JOe Beust, François-Joseph et Andrassy. — Raisons du traité de 1879. — » Annihilation de l'Empereur d'Autriche. — Subordination de l'Autrichei Hongrie à l'Allemagne. — Le démembrement comme conséquence.
: Bismarck a raconté comment il n'avait cessé de lutter contre l'Autriche depuis 1862. Il se plaignait « qu'elle traitât la Prusse abominablement, si bien que nous fûmes obligés un beau jour de lui donner une preuve matérielle que nous pouvions nous passer de son concours. En 1866, nous prîmes [la première occasion qui se présenta et nous flanquâmes l'Autriche à la porte*. »
Sans rancune, Bismarck tenta de se réconcilier avec l'Autriche; mais de Beust avait le mauvais caractère de ne pas oublier Sadowa.
François-Joseph n'éprouvait pas tant d'amertume de sa défaite. Il félicita l'empereur allemand de sa victoire sur la France. Il alla, en 1872, à Berlin lui faire hommage de sa soumission. Il expliqua à de Beust qu'il devait le sacrifier à Andrassy qui, représentant la Hongrie, éprouvait la plus vive reconnaissance pour la Prusse d'avoir, par sa victoire, forcé l'Autriche à consentir au compromis de 1867 qui instituait le dualisme.
Bismarck apprécie, de la manière suivante, son traité d'alliance avec l'Autriche-Hongrie en 1879.
I. Les Mémoires de Bismarck recueillis par Maurice Busch. T. II, p. i4i
Il fallait empêcher la monarchie dualiste de s'entendre avec la France. Cet objet était maintenant atteint sans nous imposer l'obligation de défendre Trente, Trieste ou la Bosnie contre les Italiens, les Turcs ou les Slaves du Sud.
Bismarck estimait qu'il mettait la main sur les Allemands d'Autriche en même temps que sur les Hongrois. Dans sa conception, l'empereur d'Autriche ne conservait qu'une façade de pouvoir; en fait, il avait reconnu l'autonomie de la Hongrie et, pour sa politique étrangère, il était tenu en laisse par le chancelier.
Bismarck achevait pacifiquement l'œuvre de 1866. H aurait même voulu pour la consacrer a une alliance constitutionnelle et indissoluble ».
Andrassy lui fit observer que c'était trop et qu'il risquait! des difficultés avec le Reichsrath.
La Gazette de Lausanne^ a publié les doléances d'un diplomate autrichien sur les rapports de l'Autriche-Hongrie avec l'Empire allemand.
Loin de contester que l'Empire allemand voulût la guerre, il constate qu'il ne cherchait qu'un casus belli. Mais il fallait qu'il fût de telle nature que l'Autriche-Hongrie ne pût pas reculer.
L'affaire de Serbie était excellente sous ce rapport. Berlin incita notre diplomatie à l'intransigeance, et le jour 011 les affaires parurent, malgré tout, s'arranger, il lança son ultimatum à la Russie. Nous étions ainsi acculés à la guerre.
Notre pays est le seul qui n'ait pas, à l'heure actuelle, publié ses documents diplomatiques touchant la période qui précéda la guerre; il ne peut le faire sans découvrir l'Allemagne.
L'Allemagne emprunta à l'Autriche-Hongrie son artillerie lourde pour faire le siège des places belges; et l'Autriche