‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 30 sur 168 · I. Gazette de Lausanne, 17 décembre 191/i · texte numérisé non relu

I. Gazette de Lausanne, 17 décembre 191/i

l'empire allemand et l'autrIche-hongrie 105

se vit obligée de déclarer, le 28 août, la guerre à la Belgique pour la punir d'avoir reçu le feu de ses canons mis au service

l'armée allemande.

L'état-major de Berlin a mis la main aussi sur le reste de l'armée autrichienne et l'a employée à défendre contre la Russie le territoire allemand :

L'Aulriche-Hongrie est sacrifiée; les horreurs de l'invasion lui sont > "rvécs pour que les populations de l'Allemagne n'aient pas trop à a inquiéter et à souffrir.

Non seulement le Kaiser a conduit à son gré, sans contrôle, la politique extérieure de l'Empire allemand; mais il a conduit aussi à son gré la politique de l' Autriche-Hongrie, et

turellement, les intérêts de l'alliée étaient subordonnés à acà convenances.

Le diplomate autrichien résume très bien la situation :

Depuis le 7 octobre 1879, le Ballplatz a marché dans les voies que

ilui traçait Berlin. On oublia les blessures de Sadowa, le souvenir du Saint-Empire, pour courir sus à l'Orient que nous désignait l'Allemagne comme une belle proie dont il nous empêchait toujours de us saisir. Nous servions à inquiéter la Russie, à menacer les intérêts (ifs puissances méditerranéennes, et ausssi à permettre aux chanceliers i allemands d'entretenir le malaise de la politique européenne, si nécessaire pour leur permettre de faire voler par le Reichslag les formidables crédits militaires destinés à entretenir l'armée et la flotte sur

' lesquelles repose la grandeur de l'Empire germanique.

Pour maintenir à son bénéfice le traité de Francfort, pour développer sa puissance dans le monde, l'Allemagne se servit de ses alliés, I laissant s'accumuler sur nos têtes toutes les haines de l'Europe.

La guerre a éclaté. Si l'Allemagne était victorieuse, elle

irait tout le bénéfice de la victoire. Le diplomate autrichien

iK' dit pas que l'Empire allemand exerce une puissante

ttraction sur les Allemands d'Autriche; que la victoire de

i06 LES CAUSES POLiTtQÙÈî^ DE tA GUERRE

l'Allemagne aurait eu pour conséquence de rejeter le centre de l'Autriche, de Vienne à Budapest; et que peut-être l'Empire allemand, aurait absorbé les provinces allemandes de r Autriche-Hongrie.

Mais le diplomate autrichien, ne prévoyant plus que la défaite, considérait que l'Empire allemand fera tout son possible pour faire supporter par l'Autriche-Hongrie « la plus grosse partie des frais de la politique aventureuse do l'Empire allemand ». 11 prévoyait un démembrement qui, pr< bablement, sera encore plus complet, qu'il ne le supposait.

Mais ce diplomate se faisait de grosses illusions en supposant que l'Autriche pouvait en négociant une paix séparée, (( reconquérir l'hégémonie sur les peuples germaniques de l'Europe centrale; que la monarchie autrichienne pouvait reconstituer, au détriment de la Prusse militaire et conquérante, l'empire germanique pour le grand bien de l'Europe et de l'humanité ».

Il est trop tard. L'Autriche « a lâchement et aveuglément suivi la politique de son ennemi héréditaire ». Elle est alliée à Berlin.

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