‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 31 sur 168 · LA NOUVELLE TRIPLE-ALLIANCE · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE TRIPLE-ALLIANCE

marck et la question d'Orient. — Guillaume II et la Turquie. — Accu- >ation de pots-de-vin par le Foreign office. — Condescendances des ambassadeurs britannique et français pour les Turcs. — Enver Pacha. — Le marchandage de l'alliance. — Le Djidah. — Allah et le vieux Dieu

le Kœnigsberg. — « L'Homme malade. » — Illusion de M. de Bulow.

Bismarck dit :- « t'absence de tout intérêt direct dans les fjiiestions d'Orient est d'un grand avantage pour la politique allemande*. »

Guillaume II a fait tout son possible pour le perdre.

Il voulut bien condescendre à laisser le gouvernement turc diriger ses affaires locales ; mais il entendit diriger les affaires internationales de la Turquie contre ses anciens amis et protecteurs, la Grande-Bretagne et la France, tout en prétendant servir les intérêts de la Bulgarie et de la Roumanie qui ne pouvaient être qu'opposés.

Il conquit l'amitié du gouvernement turc, soit : mais il provoqua la méfiance de la Russie, de la Grande-Bretagne et de la France. Où fut le bénéfice?

L'armée turque fut organisée par le célèbre von der Goltz, et, en 191 2, tous les états-majors européens, sur l'autorité de son organisateur, lui promettaient la victoire. Elle tomba en déroute au contact des Bulgares.

Cependant le prestige militaire de TAllemagne ne fut pas

i. Pensées et SouvtnirSy tmd. fr., t. II, p. 3i4.

i08 LES CAUSÉS POLITIQUES DE LA GUERRE

détruit. Le gouvernement turc investit du commandement « en chef de ses troupes le général Liman von Sanders; puis voa der Goltz alla reprendre son ancien poste.

Dès le lo août 191^, le gouvernement turc donna asile aux j navires de guerre le Gœben et le Breslau, puis il en fit un achat fictif, et, malgré les engagements qu'il contracta avec les nations alliées, il en conserva les équipages et les offi- ; ciers. Des officiers allemands venaient en grand nombre à ! Gonstantinople. Dans son communiqué, le Foreign office dit sans ambages que l'influence allemande s'exerçait « à l'aide de pots-de-vin distribués à profusion ».

Les ambassadeurs de la Grande-Bretagne et de la France se montraient cependant pleins d'indulgence pour le gouvernement turc. Ils lui disaient : « Vous commettez des actes qui, pour tout autre Etat, seraient des violations de la neutralité ; mais nous voulons bien ne pas nous en apercevoir parce que nous désirons que vous restiez neutre afin que vous ne compliquiez pas la situation du lendemain de la guerre par celle du démembremeiit de la Turquie. »

Pendant ce temps, le ministre de la Guerre Enver Pacha, dévoué à l'Allemagne, et ses conseillers allemands préparaient des forces pour attaquer l'Egypte par Akaba et Gaza et le canal de Suez,

Le cheikh Aiz Shawisl avait distribué dans la Syrie et probablement dans l'Inde un pamphlet exhortant les mahométans à combattre la Grande-Bretagne.

Cependant le grand vizir, le ministre des Finances Djavid Bey et la majorité des ministres étaient d'avis de maintenir la neutralité.

D'après la Gazette de la Bourse, renseignée, dit-elle, par une haute personnalité diplomatique, voici donc dans quelles conditions la Turquie se serait résolument engagée dans la guerre.

Au mois d'octobre, la Turquie se voyait obligée de payer les appointements de ses nombreux fonctionnaires, qui depuis plusieurs mois n'avaient rien touché. Pour se procu-

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