‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 35 sur 168 · I. Edouard Glunet. Le Temps, 28 décembre · texte numérisé non relu

I. Edouard Glunet. Le Temps, 28 décembre

M. (le Bulow a montré combien les Allemands sont peu psychologues. Dans son livre sur La Politique allemande, il constate qu'après l'annexion de la Bosnie et de l'Herzégovine, la Russie n'osa pas intervenir ; que la France et la jGrande-Bretagne s'abstinrent, lien conclut qu'elles cédèrent idevant le prestige de l'Allemagne. La conclusion est beaucoup plus simple : la Russie n'étant pas en état d'intervenir là ce moment, la France et la Grande-Bretagne ne devaient pas se substituer à elle.

I Conclusion allemande : « La Russie a cédé en 1909, donc elle cédera en 1914. La France ne s'est pas substituée à la Russie en 1909, donc elle ne la suivra pas en 191/4. L'Anglelerre n'est pas intervenue en 1909, donc elle se tiendra à •l'écart en 1914, même si nous violons la neutralité de la (Belgique. »

i Les Allemands ont pensé encore que la Serbie était inconmue de la plupaitdes Français et que, par conséquent, en nde majorité, ils refuseraient de se laisser entraîner J.i;i3 une guerre au sujet des démêlés de l'Autriche-ÏIongrie lavec elle.

^ Sans doute il n'y avait pas d'intérêt direct entre la France 'et la Serbie ; mais les Français ont compris, à l'unanimité, que l'Autriche-IIongrie et l'Allemagne voulaient écraser un

fit peuple; que si la Russie n'allait pas à son secours, il

it impossible désormais pour la France, si elle se trouvait dans une situation semblable, de compter sur elle ; que si la France ne marchait pas avec la Russie, personne ne pourrait désormais avoir confiance en elle, et qu'elle se placerait dans un isolement méprisé, en face de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongric qui, à la première occasion, (a traiteraient comme elles traitaient la Serbie. Chacun s'est dit : «Il fallait que cela arrivât tôt ou tard! » et chacun a pris résolument son parti de cet événement fatal, si épouvantable qu'il fût.

Les Allemands ont montré la même ignorance psychologique, en entraînant la Turquie à proclamer la guerre sainte.

YTB» OUYOT. y

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Les musulmans du Soudan ont répondu que la guerre ac-| tuelle n'a rien de religieux puisqu'elle a pour but de sou tenir l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, qui ne pratiquent pas plus la religion d'Allah que la Grande-Bretagne et la France ^

Même avant les événements actuels, des Allemands onl bien voulu reconnaître qu'il leur manquait quelque chose au point de vue politique. Le prince de Bulow cite dans sor livre le passage suivant du docteur Althoff :

Nous sommes, Allemands, la nation la plus instruite du monde nous avons les meilleurs soldats, nous avons fait de grandes» choset dans les sciences et dans les arts : les plus grands philosophes, les plus| grands musiciens sont des Allemands. l

Nous avons naturellement occupé la première place dans les sciencee naturelles. Mais nous avons un point faible, nous sommes dcî ânes en politique.

Le prince de Bulow approuve et répète : « Nous ne sommes pas un peuple politique. »

Il a prouvé lui-même la vérité de cette constatation, pendant sa présence à la chancellerie; car il n'a pas modifié It caractère de la diploniatie allemande.

Elle est à la fois hypocrite et violente, et sa violence découvre si bien son hypocrisie, qu'elle ne parvient à trom per personne.

Elle a su par ses entreprises et ses menaces réunir contre l'Empire allemand les trois plus grandes puissances di l'Europe et deux petites, la Serbie et la Belgique, dont l'héroïsme a joué un rôle de premier ordre dans les opé rations militaires. Elle a perdu un des alliés de la Triple Alliance, l'Italie; et au moment décisif, le second allie qu'elle avait poussé en avant, a failli reculer en voyani

I. V. Le Times, Ihe Sudan and the War i Unanimoas Loyalty. Sir R Wingatea tour, 29 çjeçember 191/i.

rabîme auquel elle l'entraînait. Elle aurait pris à tâche de liguer contre elle toutes les forces des nations avancées en jévolution qu'elle n'aurait pas agi autrement. j La diplomatie allemande s'estrendue complice des attentats Ipratiqués par les armées allemandes, en violation de la (convention de La Haye; et les attentats ont revêtu un tel degré d'horreur, qu'en les excusant, elle a exclu l'Allemagne (de la société des nations civilisées.

I Je livre ces résultats de la diplomatie allemande à l'admitration de ceux de nos compatriotes qui, depuis 1870, ipar une lâche aberration s'aplatissaient devant l'Allemagne !et comprenaient le patriotisme en criant bien haut que tout iy était parfait, tandis que tout était détestable en France.

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