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le mieux réussi. Le cartel de V alcool Central fur spiritus Verwertunga pour adhérents les grands propriétaires de l'Est.
Le cartel du sucre a été tué par la conférence de Bruxelles en 1902^. (( Le Central fiir spiritus Verwertung, dit M. Souchon, ne résisterait; pas mieux à une semblable épreuve. »
Les cartels agricoles provoquent les méfiances et les colères des consommateurs. M. Souchon reconnaît que pour le cartel du sucre, ils n'avaient pas tort^
Les cartels, cependant, ne parviennent pas toujours à maintenir des prix élevés parce que, donnant l'espoir d'une' hausse de prix, ils développent la production.
Toute l'organisation économique de l'Allemagne a en vuej la production sans s'occuper des besoins et du pouvoir! d'achat des consommateurs : si les consommateurs font! défaut, ils sont coupables.
Donc, l'Allemagne jettera le surplus de sa production, chez les étrangers : et si ceux-ci ont la mauvaise grâce de ne pas le recevoir avec enthousiasme, le Kaiser les menacera de sa colère.
I. Voir Yves Guyot. La question des sucres en 1901. — Uindustrie du, sucre sur le continent. Journal de la Société de statistique, novembre 1902.
|\.es cartels sont des monopoles de ventes, non de production. — Ils datent [i du tarif de 1879. — Les cartels et l'industrie chimique. — M. Lief- 1 mann : suppression de l'individualisme économique. — Le prix de l revient et le prix de marché. — La lutte contre les clients. — Le consommateur fait pour le producteur. — Les cartels et la potasse. — Gaspillages. — Limitation de la production: importation de houille par le syndicat rhénan-westphalien. — Surproduction. — La revanche du consommateur. — Ecrasement des petits producteurs. — « Les combinaisons. » — Maintien factice des prix. — Effet : prolongation de la crise. — Impuissance à stabiliser les prix. — L'Etat prussien industriel et les cartels. — Le Dumping. — Favorisent industriels étrangers. — Rotterdam. — Primes à l'exportation pour les produits finis. — Conséquence contradictoire. — Tôles allemandes et tôles anglaises. — VEcoj nomie nationale de List fait des cadeaux à V étranger. — Agressions. — The nobel Dynamite trust C" limited. — L'Union européenne du pétrole et la Deutsche Bank. — L'industrie et les Banques. — Les financiers et les cartels. — Conclusions.
M. Robert Liefmann* a défini les cartels « de libres consentions entre des entrepreneurs de la même branche qui 'X>nservent leur indépendance et qui se proposent d'exercer lur le marché un pouvoir de monopole ».
I. Cartels et trusts, par Robert Liefmann, professeur à l'Université de Tibourg-en-Brisgau, 1009; trad. française, 1914. i vol. in-8. Paris. — 'i'usls, cartels et syndicats, par Arthur Raffalovich, 2" édit.,i9o3. — Cartels t trusts, par Martin Saint-Léon, i vol. in-18, 3" édit., 1909. — Consulter urloul le Marché financier que M. A. Raffalovich publie annuellement cl lans lequel on trouve le récit de tous les événements concernant les arlds depuis vingt-cinq ans (Paris, F. Alcan).
Les mots « conservent leur indépendance » ne sont pai exacts, car les adhérents du cartel sont soumis à un contin gent de production qu'ils ne peuvent pas dépasser et ils n* peuvent disposer de leurs produits comme ils l'entendent Mais cette définition a l'avantage d'être franche en disati que le cartel a pour objet d'exercer un monopole de yent« dans le but d'imposer aux consommateurs le prix qu'il lu convient.
Chaque participant reste libre de ses moyens de produc| tion. C'est là ce qui distingue le cartel du trust. Il ne cons titue, dans presque tous les cas, qu'une opération d'accapa rement pour la vente.
Quelques cartels allemands s'étaient fondés antérieure rement à 1870. Le grand krach du milieu de cette année er provoqua le développement. Toutefois ils ne représentaien que des phénomènes isolés. L'ère des cartels date du tari protectionniste de 1879.
M. Liefmann dit que cette réaction douanière a été noi| pas un motif, mais un moyen pour fonder des cartels. !
Admettons cette assertion pour la plupart des cas. Gepenj dant il reconnaît qu'en 1879, le tarif ayant amené un ren chérissefnent de la matière première dans l'industrie di savon et de la dynamite, les producteurs durent adapter, ai moyen de conventions, leurs prix de vente aux prix pluf élevés de la matière première. Les cartels se sont développés surtout au moment de l'expansion industrielle de 1888 à 1890 de 1895 à 1900 et de 190/i à 1907; donc non pas pour maintenir les prix, mais pour les élever.
D'après l'enquête de 1908, faite par l'Office impérial de l'inté rieur, ils étaient au nombre de 335, dont 182 pour l'industrif des briques, 62 pour l'industrie du fer, 19 pour l'industrie du charbon, 46 pour l'industrie chimique, 27 pour l'indus trie de la pierre et de la terre, 17 pour l'industrie alimen taire. Ils représentaient quinze groupes d'industries, ^ compris l'industrie textile qui en comptait 27. Mais en fait, ils n'ont pas pu s'y adapter. Ils ne conviennent qu'à de§
Les CARIKI.» hl LK DUMI'i.M. 159
industries dont les produits présentent un caractère de
simplicité et d'uniformité. De là des sous-cartels, surtout
dans l'industrie chimique, qui ne visent qu'un produit : tel
le syndicat du bismuth. On peut compter plus de 5oo car-
I tels actuels ayant fait l'objet de « cartelisation », dont un
j certain nombre ont disparu et ont été remplacés par d'autres.
Les Allemands ont complété leurs cartels nationaux par
des cartels internationaux, dont plus de la moitié appartien-
; nent à l'industrie chimique : les autres concernent les rails,
! les tuyaux, d'autres produits métallurgiques. La plupart de
;; ces cartels sont limités à l'Autriche et à la Belgique.
M. Liefmann célèbre, avec un enthousiasme plein de franp chise, l'avènement des cartels. Ils ont supprimé l'individua- !» lisme économique. Adam Smith avait constaté que, dans un y marché libre, la concurrence avait une tendance à rapprocher ^ le prix de vente du prix de revient. Les producteurs étant rivaux, le consommateur était le tertius gaudens. Le cartel a i transformé la lutte pour les clients en lutte contre les clients*. C'est la conception militaire que l'individu n'est qu'un moyen. Le producteur n'a plus pour objet de satisfaire les besoins du consommateur, c'est-à-dire de tout le monde, dans les meilleures conditions possibles. Il entend être le maître du consommateur; et le consommateur n'est pour lui qu'un moyen de faire de bons profits. Dans le régime de la libre concurrence, les profits résultent de la satisfaction du consommateur; dans le régime du cartel, les profits résultent de l'exploitation du consommateur. Dans le régime de la libre concurrrence, le producteur a plus besoin de l'acheteur que l'acheteur n'a besoin du producteur. Le régime du cartel essaye de subordonner l'acheteur de telle sorte qu'il soit forcé de se fournir au cartel. L'achat exclusif est une des conditions qu'il impose.
Seulement les cartels n'arriventpas à réaliser toujours cet