‹ Les causes et les conséquences de la guerreChapitre 47 sur 168 · RalTalovich. Le Marché financier, 19121913, p · texte numérisé non relu

RalTalovich. Le Marché financier, 19121913, p

LES CARTELS ET LE DUMPING l6l

Les cartels ont comme principe la limitation de la production en attribuant un contingent à chaque participant. Ils }euvent se trouver dans la situation oii s'est trouvé le Syndicat rhénan-westphalien. Les difficultés qu'il avait apportées à l'extension de la production et à l'ouverture de nouvelles mines ont abouti à ce résultat qu'en 1906, il fut obligé d'acheter de fortes quantités de charbon en Angleterre, son extraction étant insuffisante pour répondre à la demande.

Six mois après, il y avait surproduction. Les mines pour occuper leursouvriers étaientobligées d'accumuler les stocks et de vendre à bas prix à l'étranger.

Le cartel a la prétention de régulariser les conditions de l'industrie. Toutefois, malgré tous ses efforts pour subordonner la demande à sa convenance, il ne parvient pas à la régler. De temps en temps, le consommateur prend sa revanche, en lui prouvant qu'il n'est pas fait pour le producteur, mais qu'il est la raison d'être du producteur.

Les cartels ont pour résultat l'écrasement des petits établissements au profit des graiids.

Mais ils provoquent aussi ce qu'on appelle a des combinaisons ». Pour se soustraire aux exigences du cartel, des fonderies exploitent des mines, des établissements de produits puis, pour ne pas subir les exigences des divers cartels, concentrent les fabrications des objets dont ils ont besoin. La maison Hendschel und Solm de Gassel, qui fabrique des locomotives, a acquis des hauts fourneaux et une mine de houille. Nombre de hauts fourneaux et d'aciéries sont maintenant désignés comme mines-usines {Hiittenzechen). D'un autre côté la grande Société minière de Gelsenkirk s'est annexée deux grandes usines métallurgiques, loiHachener HiïttenvereinRote Erde et la Schalker graben-und Hilttenverein qui étaient déjà des usines combinées.

Au moment d'une crise, les cartels essayent « d'empêcher les prix de baisser proportionnellement à la diminution de la demande ». Ils maintiennent les prix sur le papier, sans tenir compte de la demande. Magnifique résultat! dit le producteur

YVES GUVOT. ir

au premier moment. Les prix restent suspendus très haut, mais la demande les respecte sans y toucher. Ils ne sont là que pour la montre. Ces prix factices ont pour conséquence de prolonger la crise. La baisse de prix provoquerait des achats, des fabrications de la part de ceux qui, ayant des capitaux disponibles, profiteraient du bon marché pour être en mesure de bénéficier de la reprise des affaires. Cette hausse fictive la retarde. M. Liefmann constate que c'est surtout pendant les périodes de dépression qu'on se plaint le plus des cartels et de leurs prix élevés.

Mais le cartel lui même ne peut résister à la concurrence des usines qui, n'ayant pas à soutenir des usines plus faibles, et produisant à bon marché, démontrent aux acheteurs les avantages de l'industrie libre.

Le k juin 1908, le Syndicat rhénan-westphalien dut commencer à procéder à des réductions de la production du coke qui atteignirent jusqu'à ko p. 100; à dater du mois de mars, il dut réduire aussi la production du charbon.

Les cartels ne peuvent stabiliser les prix : quelquefois ils sont une cause de perturbation.

La dissolution de divers syndicats au 17 janvier 1909 a provoqué une lutte très violente. Les grandes usines mixtes ont ramené à 46 48, en août 1909, la fonte Thomas qui cotait 75 à 76 marks au début de 1908.

En 1909, après la dissolution des groupements du ciment en Silésie, à Berlin, dans l'Allemagne centrale, il y eut une lutte acharnée entre eux et les outsiders. Le syndicat rhénan-westphalien abaissa le prix de vente de 4oo marks à265<.

Le 22 janvier 1913, il éleva le prix du charbon de 27 pfennigs à I mark pour le coke et celui des briquettes de charbon à i mark. Il expliqua cette hausse en disant que la condition de la grosse métallurgie s'était améliorée, que les

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