I. Raffalovich
j: salaires et les frais généraux des charbonnages avaient
' augmenté. Le i4 octobre, en fixant le prix pour 1913-1914, il
[[Qcéda à une hausse nouvelle. Des protestations accusèrent
syndicat de ne tenir aucun compte des intérêts généraux,
tre uniquement guidé par le désir d'augmenter les
léfîces et les dividendes des participants.
:.e fisc prussien intimidé dénonça son arrangement avec
syndicat.
L'État prussien est embarrassé. Il produit plus cher que '"•idustrie privée. Il voudrait bien vendre cher, mais il
int les récriminations des consommateurs. Toutefois il
t que ses usines lui rapportent des bénéfices. Le fisc n'est
- entré dans le syndicat, mais il charge le syndicat de
idre toute la partie de la production que l'Empire et la
iisse ne prennent pas.
, La Gazette de Francfort di traité cette combinaison de capitulation de la part de l'État prussien.
Le renouvellement du syndicat des aciéries pour une période de cinq ans qui a eu lieu en 1912, ne fut signé qu'à trois heures du matin dans la nuit du 3o avril au i*"" mai. Trois nouvelles usines produisant de l'acier Thomas réclamaient leur part dans les produits A, (mi-ouvré, matériel de chemins de fer, fer façonné). Elles devaient forcément prendre sur la part des anciennes usines affiliées. De plus le Deutsch-Luxembourg entendait avoir le monopole des poutrelles du système Grey dont il avait le brevet. La répartition s'est faite entre vingt-cinq membres. On dut tenoncer à faire comprendre dans le syndicat les produits B, ■er en barres, fils laminés, tôles, tuyaux, pièces coulées et ■orgées. Les usines pures travaillant l'acier Martin payent eurs matières premières aux prix fixés pour les produits A. Elles cherchent à se les procurer dans les établissements ibres. Les usines mixtes ont trouvé, au contraire, un appui ians le syndicat.
Le charbon que les mines prenaient pour leurs usines le participait pas aux charges communes et n'entrait pas
dans leur contingent. Elles ont dû accepter de contribuer pour une plus large mesure aux dépenses communes ; mais elles restreignent le débouché des usines simples, puisqu'elles pourvoient elles-mêmes à leur consommation.
Le renouvellement du syndicat des houilles ne s'était pas fait sans difficulté.
Une dépêche du ii janvier annonçait qu'il serait dissous cette année.
Un des grands moyens d'action du cartel est le dumping, la vente à l'étranger à un prix inférieur à la vente aux nationaux. La prospérité industrielle de Rotterdam est due en grande partie, au dumping. Ses usines reçoivent des tôles à bon marché qu'elles peuvent transformer en chaudières et en péniches pour les revendre en Allemagne.
Le syndicat allemand des pointes (Drahtstiftverband), dans le second semestre de 1900 perdit, par suite de ses ventes à l'étranger, 869000 marks, mais réalisa par sa vente à l'intérieur un bénéfice de i 177 000 marks.
On a reproché au syndicat rhénan westphalien de vendre i5 p. 100 à l'étranger meilleur marché qu'en Allemagne. On a cité des ventes qu'il avait faites à la Compagnie P.-L.-M. franco Rotterdam à 8 shillings (10 fr.) la tonne, équivalant à 6 marks sur le carreau de la mine.
Donc, les cartels favorisent les industriels étrangers au détriment des industriels allemands qui ont besoin de houille, de fer, d'acier et de divers autres produits mi-finis ou finis.
Pour atténuer les récriminations des fabricants consommateurs de leurs produits, les cartels leur donnent des primes à l'exportation (Ausfuhrvergûtungen). Ils leur payent une indemnité pour les quantités de produits employés par eux à leurs objets exportés. Depuis 1902, le syndicat du coke et du charbon, le syndicat des aciéries ont établi, à Dusseldorf, un bureau de règlement pour procéder, d'une manière uniforme, dans la concession des primes à l'exportation. Quand ces primes étaient accordées aux fabricants,
ils se faisaient concurrence sur les marchés extérieurs. Maintenant, elles ne sont plus accordées qu'aux cartels; mais ces primes se retournent alors à l'étranger contre les vendeurs de produits non finis; et ce sont eux-mêmes qui les fournissent I
Du i5 décembre 1909 à fin mars 1910, le syndicat rhénanwestphalien accordait une bonification de i,5o M. par tonne de charbon du syndicat, employée dans la fabrication de produits finis exportés. A partir de cette date, la bonification était réduite à i mark et toujours révocable après un préavis de huit jours. Elle a été supprimée àlafin de 1911.
On sait que les matériaux employés à la construction des navires sont exempts de droits en Allemagne. Dans la commission d'enquête de 1903, M. Reumer, national libéral, que M. Singer appelait le commandant des cartels, dit :
Il faut que notre industrie de la grosse tôle entre en concurrence avec l'Angleterre pour livrer des tôles à la construction allemande. Mais il est impossible d'obtenir des commandes sans offrir des produits à un prix moindre que les produits anglais, sans faire de sacrifices. Cest le syndicat qui fait ces sacrifices *.
Le grand système d'économie nationale aboutit à ce résultat ironique : au lieu de « protéger le travail national », le cartel donne de Vouvrage aux ouvriers étrangers. La politique de List subordonne l'industrie allemande à l'étranger et lui fait des cadeaux.
Mais en même temps, les Allemands cherchent à écraser, par leurs primes, telle ou telle industrie que pratique une autre nation.
Il y a aussi, dit M. R. Liefmann, des entreprises qui n'exercent aucune activité économique et qui n'ont pour but que de contrôler d'autres entreprises, grâce à la possession de leurs actions.
. Cité dans Trusts et Cartels, par Raffalovich, p. 3i4.
Quelques-unes de ces entreprises se proposent d'établir un monopole : elles veulent créer, pour une industrie tout entière, au moyen' de la participation, une organisation uniforme et une concentration.' La plus ancienne de ces entreprises est The Nobel dynamite trust Company limited, qui fut, sans doute, une société anglaise, créée à Londres en 1886, dans la forme de l'institution anglaise des trusts, mais qui, en dehors de cela, -est surtout allemande^ et ne comprend qu'une fabrique anglaise de dynamite. Elle possède des actions de toutes ses succursales, qui restent extérieurement des entreprises indépendantes, ont leurs dividendes propres, mais rapportent ces dividendes au trust et ont une même administration.
La première société de contrôle, créée en 1901, fut la Société de riz et de commerce, qui comprend tous les moulins allemands de riz. La plus importante est VUnion européenne da pétj'ole. Il a abouti à un monopole impérial, exercé par une compagnie privée, sous le contrôle de l'État et avec remise de ses bénéfices à l'État.
« On a prétendu, dit M. Raffalovich^, que la Deutsche Bank qui a de gros intérêts dans l'industrie du pétrole et qui avait conclu avec le Standard OU Company, un contrat désavantageux dont elle a voulu se débarrasser, a poussé à la combinaison; on dit aussi qu'il y avait des rivalités d'inîluence avec un autre groupe financier {Disconto Gesellchaft). »
Les grandes fabrique s électrique s A ngemeigf Me Eie/c/rizi^a^À- Gesellschaft et Siemens und Halske se sont annexées par des fusions et des participations des entreprises de toute nature ayant quelquerapportavecl'industrie électrique. Les grandes sociétés ont, à côté d'elles, des souches particulières qui n'ont d'autre but que de s'approprier les actions des usines locales d'électricité.
En Allemagne, la plupart des industries, loin d'entraîner
1. P. 195. Voir aussi le Journal des Économistes, août 1914, p. 253.