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LA JALOUSIE MARITIME

jrande-Bretagne attachera à ses escadres l'importance jnelles méritent, il a accumulé contre elle des efforts rui- 1. ux mais décevants.

La guerre éclate : et l'amiral Tirpitz n'ose faire sortir ses il tadnoughts abrités derrière Heligoland ou dans le canal i. Kiel. Son essai de raid, pour venger l'échec des zeppe- >, sur des villes ouvertes, n'a pas réussi. Il lance les s-marins contre des navires de commerce. Le chef d'état-major de la marine allemande, von Pohl, a ii^drcssé, le 4 février, un mémoire aux nations neutres nnonçant qu'à partir du i8 février la marine allemande herchera à détruire tout navire marchand ennemi. Pourquoi ;ette date? Elle avait déjà usé de ce procédé en envoyant les sous-marins torpiller des navires à l'entrée du Havre et lans le canal de Saint-George; et, près de Boulogne, au nois d'octobre elle n'avait pas hésité à torpiller ÏAmiralrantheaume, navire des Chargeurs Réunis, transportant des éfugiés belges de Calais au Havre ; elle a essayé de torpiller lans la Manche un navire-hôpital, YAsturias. L'innovation éelle, c'est qu'elle menace de couler les navires neutres qui je trouveront dans toutes les eaux entourant la Grande-Breagne et l'Irlande, y compris la Manche. C'est la continuation le ses procédés de guerre par les bombes des tauben, les ncendies des maisons, les fusillades de vieillards, de femmes ;l d'enfants. C'est la manifestation de la fureur que lui donne jon impuissance.

Le Kaiser « ne tient pas le trident » et « l'avenir de TAlle- OQagne n'est pas sur l'eau ».

L'article ii du traité de Francfort. — Le commerce de la France ave^ ses principaux clients et ses principaux fournisseurs. — Chiffres fran çais et chiffres allemands. — Les grands objets d'importation en France Houille, machines, céréales. — Nos exportations de matières premières — Objets d'alimentation, produits chimiques. — Peaux et pelleteries. - Graines à ensemencer. — Industries textiles. — Bijouterie. — Tablel terie. — Automobiles. — Développement normal des échanges.

L'article ii du traité de Francfort a soumis « la France e rAllemagne au régime du traitement réciproque sur 1( pied de la nation la plus favorisée ». Il ne visait cette condi tion que pour six nations, l'Angleterre, la Belgique, le Pays-Bas, la Suisse, l'Autriche, la Russie. L'Allemagne ; étendu la clause de la nation la plus favorisée à plus d( quarante nations parmi lesquelles se trouvent la république de Saint-Marin et les îles d'Hawaï.

Des protectionnistes français furent très émus de cctt( extension. Je continue à ne pas comprendre leur émotion

Je prends les chiffres du commerce de la France de quatrtj années avec les peuples qui sont ses principaux clients el fournisseurs de manière à montrer la place qu'occupe l(j commerce allemand dans son commerce total.

Je choisis l'année igoS, parce qu'elle précède de dix am 1912, l'année igiS dont nous venons de recevoir les chiffrcj,' définitifs et l'année 1907, parce qu'elle a présenté unti activité exceptionnelle.

Voici, à ces quatre dates, le mouvement de nos importations ivec nos principaux fournisseurs.

1903. 1907. igiQ. 1913.

(Millions do francs.)

Royaume-Uni 556

Allemagne 444

( États-Unis 54o

Belgique 325

! Russie 3o2

Indes anglaises 245

io48

Voici, à ces trois dates, le mouvement de nos exportations lyec nos grands clients :

(Millions de francs.)

Royaume-Uni i 192 i 369 i 36i i 456

Belgique

Allemagne

États-Unis

Suisse

Italie

Les importations d'Allemagne en France ontaugmenté de 125 p. 100; les exportations de la France en Allemagne ont augmenté de 60 p. 100; mais les exportations du Royaume- Uni ont augmenté de 88 p. 100, tandis que nos exportations n*ont augmenté que de i4 p. 100.

Si nous contrôlons les chiffres de la douane française par les chiffres de la douane allemande, nous trouvons que le commerce de la France avec l'Allemagne, à ces quatre dates, a été en millions de marks :

Importations de France. . .

Exportations en France. . .

TTU aUTOT.

D'après les chiffres allemands de igoS à igiS, notre exportation en Allemagne aurait augmenté de 90 p. 100 au lieu de 60, et nos importations d'Allemagne auraient augmenté de 212 p. 100. Si nous convertissons les marks en francs (au pair de i fr. 28), nous trouvons que le chiffre des exportations d'Allemagne en France s'élève, en 1912, à 8/17 millions de francs, en igiS, à 972 millions.

Nous rappelons que le chiffre du pays importateur est toujours plus élevé que le chiffre du pays exportateur, pour deux motifs : i" l'objet exporté n'intéresse pas le douanier qui, étant avant tout un agent fiscal, ne demande pas à visiter la malle du voyageur qui sort; 2° il se contente de la valeur déclarée sans la vérifier; et cette valeur est celle du prix fob, franco bord, tandis que celle de la valeur importée est celle du prix cif, qui comprend des frais de transport et d'assurance.

Quels ont été les objets des importations qui ont causé l'augmentation de ces chiffres?

Voici les chiffres de la douane française :

Houille ào,2

Machines et mécaniques. . . 82,9 Céréales (grains et farines). . 2

De 1903 à 1913, l'augmentation de l'importation de la la houille, des machines et des céréales, est de 3ii millions sur une augmentation totale de 626 millions. Elle représente 49 p. 100 de cette augmentation.

Sur les trois produits, deux ont pour objet de répondre aux besoins de l'industrie et l'autre aux besoins de l'alimentation.

Nous exportons comme matières premières en Allemagne :

Laines et déchets de laines. . . .

Coton en masses et déchets de

coton 23,5

Cuivre 4

Pour les matières premières, si les Allemands nous ont pnvoyé, en igiS, 6 millions de tonnes de houille valant [65 000 000 francs, nous leur avons envoyé plus de Ix millions de tonnes de minerais, mais ne valant que 34 millions. I Sauf pour les minerais, la plupart de ces exportations de natières premières, sont d'origine étrangère. Elles sont liues à des arbitrages entre prix différents. Elles peuvent •eprésenter pour les vendeurs, soit des liquidations, soit les ventes avec gain. Cependant ce développement continu ndique que les exportateurs français y trouvent bénéfice. ', Nos importations d'objets d'alimentation représentent des : éréales et des pommes de terre, destinées non seulement 'ux personnes, mais encore aux animaux. Nos exportations [''objets d'alimentation sont d'une toute autre nature. Elles eprésentent des objets qui ne sont pas indispensables; lies se sont développées en raison de l'augmentation de la lichesse de l'Allemagne.

Fruits de table....

io,4

Vins

Quand on entre dans le détail des échanges entre la France trAUemagne, on constate le synchronisme d'importations t d'exportations de produits appartenant aux mêmes catégoies industrielles.

L'industrie chimique est la plus prospère de l'Allemagne. Ile nous envoie de ses produits, mais nous lui envoyons es produits de la nôtre.

Produits chimiques.

191Ï lyia

Importations d'Alleina}j;no.

Exportatn>ns en Allemagne.

Ci,a

L*augmenlation pour loo a été da igoS à igiS de 260 pou l'Allemagne, et de 3oo pour la France. Malgré leurs mine de potasse et leurs puissantes installations, les Allemand n'ont pas le monopole des produits chimiques, puisqu'il nous en achètent. Si nous totalisons les échanges, de igiS nous trouvons que nous vendons à l'Allemagne pour 3i p. 10 de produits chimiques, tandis qu'elle nous en vend pou 6g p. 100.

Elle nous envoie pour 6 3ooooo francs de teintures pré parées; nous lui en envoyons pour 1600000 francs.

Le commerce^ des peaux et fourrures a suivi les phase suivantes :

Ouvrages en peaux et pelleteries Peaux et pelleteries préparées, ouvrées

brutes. Peaux préparées. ou confectionnées.

Imp. Exp. Inip. Exp. Imp. Exp.

îQoS i4,2 46,8 i3,2 ir,3 io,4 5,5

igiS.... 23,6 75,5 20,0 22,0 45, G 32,4

Les graines à ensemencer sont un produit national. Volor tiers, on nous parle de la supériorité des méthodes d l'agriculture allemande : les cultivateurs de betteraves 01 déclaré que, même pendant la guerre, ils ne pouvaient s passer de graines de betteraves allemandes; mais les Ail» mands ont encore plus besoin de nos graines à ensemence puisqu'ils payent plus pour les nôtres que nous ne payor pour les leurs.

Importations d'Allemagne . 2,(x 4,9 7,7 7.o 7,6

Exportations en Allemagne. 11, 5 9,4 22,9 i3,3 17,0

L'importation de certains objets fabriqués n'a pas au

mente ou n'a augmenté que dans de faibles proportions. Tels sont les produits de l'industrie textile.

Fils 4,2 3,6 5,o 4,8 4,2

Tissus de lin, chanvre. 0,9 i,5 2,3 2,2 2,3

— coton 20,5 3i,i 28,1 28,2 26,2

— laine 12, 5 11,6 8,6 8,8 8,8

— soie et bourre

de soie i3,8 16,9 12,6 i3,4 12,8

Les importations des textiles allemands étaient restées stationnaires.

Voici nos exportations en Allemagne :

Fils io,i 22,9 17,0 18,5 23,6

Tissus de coton 5,2 12,7 9,8 i2,3 io,5

— laine 8,2 6,1 5,3 5,6 7,2

— soie et bourre

de soie 19,2 9,7 10,6 10,0 9,8

Pendant les trois années, igii-igiS, l'importation dos lils a été en moyenne de 45ooooo francs; noire exportation ' 19 millions. L'Allemagne nous envoie plus de tissus de ton et de laine que nous ne lui en envoyons. Si nous ne regardons tout d'abord que les chiffres de la ic, nous trouvons pour igii-igiS une importation moyenne inuelle de i3 5oo ooo francs de soie, tandis que notre exportation n'est que de lo millions. Mais il faut y ajouter les colis staux contenant des tissus de soie. Ils donnent :

Si nous prenons la moyenne des trois dernières années, tandis que l'Allemagne nous a vendu pour i3 millions de

soieries, nous lui en avons vendu pour 33 millions, soi i54 p. loo en plus.

Pour certains objets, le caractère des importations e exportations se dégage nettement.

Importation d'Allemagne :

bijouterie fausse 3,2 6,2 36,5 39,5 37,7

Exportation de France : orfèvrerie et bijouterie or. 5,6 7,4 8,8 9,3 7,4

Nous échangeons de la tabletterie, des éventails, de la bim beloterie: mais évidemment les objets que représentent cei mots ne sont pas identiques.

Importation d'Allemagne. 11,7 12,2 i5,7 i8,3 19,7 Exportation en Allemagne. 9,5 16, 4 19, 3 16,0 18,9

Nos exportations sont restées jusqu'à ces deux dernièrei années supérieures à celles de l'Allemagne.

La carrosserie et les automobiles présentent les chiffre: suivants :

Importation d'Allemagne. 3,o 10,2 5,8 4.o 7,0 Exportation en Allemagne. 6,5 i4,5 i4,4 16,9 22,0

Notre supériorité est incontestable.

11 n'y a d'augmentation d'importations sans réciprocitt que pour les poteries, verres et cristaux.

Importation d'Allemagne. 17,4 29,4 42,i 44,5 37,4 Exportation en Allemagne. 3,4 4,2 4,6 5,o 4,8

CARACTÈRE DU COMMERCE FRANCO- ALLEMAND l99

! Un fait ressort immédiatement de la comparaison du détail i;des importations et des exportations.

1 L'Allemagne a envoyé à la France, en igiS : ! Comme objets d'alimentation : céréales : 87 millions de [francs; comme matières premières : houille : i65 millions i,de francs ; comme objets fabriqués : machines et mécaniques : yi32 millions de francs.

■ Si on déduit du total des importations d'Allemagne en France i65 millions de francs de houille, on trouve : 904 mil- 11 )iis. Entre les importations allemandes et les exportations françaises, la différence se réduit à 87 millions.

Mais si l'importation de 87 millions de francs de grains

' farines a eu lieu, c'est apparemment parce que nous en

>ns besoin, et les agriculteurs ne peuvent se plaindre

elle ait écrasé les prix, car ils ont été très élevés.

I 'autre grand objet d'importation, ce sont les machines et

caniques. Elles ont été achetées par qui ? Par des indus-

liicls français pour les besoins de leur industrie. Elles con-

tiibuentdonc au développement économique de la France.

Nous n'avons pas de céréales à envoyer en Allemagne ;

us n'avons pas de houille, et enfin, si nous importons les

chines et les mécaniques que font les Allemands, ils ont

<oin aussi de machines et mécaniques que nous fabri-

ms> puisqu'ils en importent régulièrement pour 8 ou

^ millions par an.

Au fur et à mesure que la richesse de l'Allemagne augmentait, elle devenait un meilleur client pour nous, malgré la douane; nous devenions de même un meilleur client de l'Allemagne. En réalité, les deux peuples étaient de bons clients l'un pour l'autre, et si la conception de l'impérialisme économique n'était pas intervenue, leurs affaires se seraient développées d'une manière normale, pour leur plus grand avantage réciproque.

Idée d'un État commercial fermé. — Fichte, Oldenberg et Wagner. ■ Protectionnisme agrarien du chancelier. — Répercussion électorale. • Le tarif de 1909. — La multiplication des articles. — L'article io3. • Une spécialisation. — Pas d'échanges de bovins. — Échanges inutil de vaines paroles. — L'article i5 de la loi de 1892. — Réplique < l'Allemagne. — Les vins mousseux et les excès de vie. — Analyses. • Le comité da commerce français avec VAllemagne. — Tarifs des chemii de fer allemands. — La fièvre de l'exportation en Allemagne. — E 1913, dénonciations contre tous les pays. — Jalousie commerciale, ign rance économique, procédés hypocrites et déloyaux.

Les échanges entre la France et l'Allemagne n ont p£ cessé d'augmenter en dépit des protectionnistes des deu pays, qui les forçaient d'échanger de mauvais procédés.

Fichte avait eu la conception d'un état commercial fermi le Geschlossener Handelsstaat, En 1897, cette thèse fi reprise par Oldenberg et appuyée par le fameux professeu Ad. Wagner. Il voulait que l'Allemagne se suffît à elL même. Dietzel lui répondit par les arguments du libi échange. Oldenberg s'écriait avec terreur : u Si les pays pn ducteurs de blé, les États-Unis, la Russie, deviennei industriels, ils ne nous prendront pas de marchandise nous serons condamnés à mourir de faim.

Ad. Wagner, dans un volume intitulé : VAllemagne^ éU industriel et agricole, conclut :

Nous devons nous préoccuper de ralentir raccroissement consid rable de notre population*.

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